IODE
que lorsqu'il ny en a pas (Marsson). Cette méthode donne des indications presque aussi snres que celle que nous avons indiquée antérieurement cl qui consiste à traiter le mélange par le protochlorure de palladium : elle donne du reste un résultat plus rapide.
Si, en traitant par les méthodes indiquées un mélange salin qui peut contenir des traces d'iodure, on n'a pas trouvé d'indication nette de la présence de l'iode, il faut faire digérer ce mélange avec l'alcool : on évapore ensuite la dissolution alcoolique que l'on a séparée par décantation de la portion qui ne s'est pas dissoute et on en chasse l'alcool ; on dissout ensuite dans un peu d'eau le résidu desséché, et on traite la dissolution de la manière qui a été indiquée précédemment.
Si l'on ajoute du chloroforme à la dissolution d'un iodure, il ne se produit une coloration pourpre que lorsqu'on a ajouté un peu d'eau de chlore. Si Ton ajoute une plus grande quantité d'eau chlorée, la coloration pourpre est détruite : il faut cependant une assez grande quantité d'eau de chlore pour opérer la décoloration totale. On peut reproduire la couleur pourpre au moyen de l'acide sulfureux et de la dissolution d'hydrogène sulfuré; mais elle paraît alors plus faible qu'auparavant : avec l'hydrogène sulfuré, le tout devient laiteux par suite du soufre qui se sépare.
Le sulfure de carbone se comporte presque comme le chloroforme à l'égard de la dissolution d'un iodure. Si l'on ajoute une très petite quantité d'eau de chlore, on obtient avec le sulfure de carbone presque la même couleur pourpre qu'avec le chloroforme. La liqueur qui surnage le précipité, est brunâtre ; et elle ne devient incolore que lorsqu'on ajoute une quantité un peu plus grande d'eau de chlore. 11 faut cependant employer une grande quantité d'eau de chlore pour décolorer le sulfure de carbone de couleur pourpre qui contient de l'iode. Si l'on ajoute de petites quantités d'acide sulfureux ou d'hydrogène sulfuré dissous, on peut, lorsqu'on opère avec soin, reproduire la couleur pourpre; mais elle est alors plus laible et disparaît lorsqu'on ajoute un très petit excès de réactif. Lorsqu'on emploie la dissolution d'hydrogène sulfuré, le tout devient laiteux.
Si l'on ajoute de Yacide nitrique de moyenne concentration aux dissolutions des iodures et de l'acide iodhydrique, elles deviennent seulement jaunâtres à froid; mais elles se colorent en brun-rouge par l'action de l'acide nitrique à chaud; il se dégage des vapeurs violettes d'iode et il se dépose de l'iode sous la forme d'écaillés noires. — Si l'on emploie de l'acide nitrique pur très étendu, cet acide, en réagissant sus les dissolutions des iodures, n'en sépare pas d'iode libre à la température ordinaire : l'empois d'amidon, pas plus que le sulfure de carbone, ne peut indiquer la présence de l'iode libre. Mais si l'acide nitrique étendu que l'on a employé contient seulement des traces très faibles d'acide nitreux, l'iode devient libre et peut être reconnu à l'aide des réactifs indiqués. — Si l'on ajoute à une dissolution d'un iodure une dissolution d'un nitrate alcalin, et si l'on traite ensuite par l'acide sulfurique étendu le mélange des deux dissolutions, il ne se sépare pas d'iode. Mais si le nitrate alcalin contient
une trace de nitrite : si, par exemple, le nitrate a été fondu seulement à une faible chaleur, il se produit une séparation d'iode dans les circonstances indiquées : l'empois d'amidon et le sulfure de carbone peuvent alors en indiquer la présence.
Si l'on ajoute de Yacide chlorhydrique a la dissolution d'un iodure, la liqueur reste incolore.
Lorsqu'on ajoute à une dissolution de chlorate de potasse une dissolution d'iodure de potassium et de l'acide sulfurique étendu, la liqueur devient jaunâtre à la température ordinaire; elle devient brune par l'action de la chaleur et colore l'empois d'amidon en bleu. — Si, au contraire, on mélange une dissolution de perchiorate de potasse avec une dissolution d'iodure de potassium et avec de l'acide sulfurique étendu, il n'y a pas de modification à la température ordinaire ; à chaud, il se produit une faible coloration jaunâtre et l'empois d'amidon se colore alors faiblement en bleu.
Si on ajoute de Veau de chlore aux dissolutions des iodures ou à celle de l'acide iodhydrique, elles se colorent immédiatement en brun-rouge : si l'on ajoute une plus grande quantité d'eau de chlore, la dissolution redevient claire. La même réaction se produit lorsqu'on ajoute du chlorure de chaux et un peu d'acide chlorhydrique étendu à la dissolution d'un iodure. — Le chlore est un réactif encore plus sensible pour retrouver les plus petites quantités d'iodure ou d'acide iodhydrique dans une dissolution ou dans un mélange salin que pour découvrir de très petites quantités de brome. On reconnaît la présence de très faibles traces d'iode au moyen de l'eau de chlore et de l'éther de la même manière que cela a été indiqué (p. 598) pour retrouver de très petites quantités de brome. 11 faut seulement observer ici que de petites quantités d'iode donnent avec Téther une couleur bien plus foncée que cela ne se présente pour les mêmes quantités de brome. La couleur brune de la dissolution éthérée ne se modifie pas à la longue et reste encore brune, même au bout d'un temps trè* long. Ce caractère distingue essentiellement la dissolution éthérée d iode de la dissolution éthérée de brome produite de la même manière i p. 599).
La modification de l'oxygène que l'on appelle ozone, se comporte comme le chlore a l'égard des iodures. Pour voir si des gaz, et notamment l'air atmosphérique, contiennent de l'ozone, on met en contact avec ces gaz une bande de papier qui a été trempée dans une dissolution d iodure de potassium à laquelle on a ajouté un peu d'empois d'amidon. La bande de papier se colore en violet plus ou moins foncé, lorsque les gaz contiennent une petite quantité d'ozone.
Si l'on ajoute de Vacide sulfurique qui ne soit pas très étendu aux dissolutions concentrées des iodures et de l'acide iodhydrique, la dissolution est colorée eu jaune par l'iode qui se sépare et, par l'action de la chaleur, elle devient bruu-rouge. Dans les dissolutions plus étendues, on ne peut pasobserver aussi bien cette réaction; et dans les dissolutions très étendues, il ne se sépare pas d iode; et l'amidon que l'on ajoute ne produit pas de eo-
10DK. «15 loration bleue comme cela a été indiqué précédemment (p. 610 . Une dissolution d'ioduredc potassium qui est mélangée avec une quantité d'acide sulfurique assez faible pour qu'elle paraisse très faiblement colorée en jaune à la température ordinaire, ne décolore pas la dissolution d'indigo, même à chaud. — Lorsqu'on met les iodures à l'état solide dans un tube de verre blanc bouché à une extrémité, lorsqu'on verse ensuite de l'acide sulfurique concentré et lorsqu'on chauffe, il se dégage des vapeurs d'iode qui remplissent la partie froide du tube et qui peuvent être reconnues à leur couleur violette caractéristique : il se produit aussi en même temps de l'acide sulfureux et même du gaz hydrogène sulfuré, mais il ne se produit pas d'acide iodhydrique. On peut décomposer de cette manière même les iodures dont les chlorures et les bromures correspondants ne peuvent pas être décomposés par l'acide sulfurique coin entré : l'iodure de mercure par exemple, est de ce nombre. Si l'on mélange un iodure avec le peroxyde de manganèse ou avec l'oxyde rouge ou l'oxyde puce de plomb, et si on chauffe le tout avec l'acide sulfurique concentré, il ne se dégage que des vapeurs d'iode et il ne se dégage pas d'acide sulfureux. — Au lieu d'acide sulfurique, on peut se servir de bisulfate de potasse et l'employer de la même manière qu'on l'emploie pour reconnaître la présence du brome dans les bromures (p. (iOO . . En les faisant fondre ensemble, on obtient des vapeurs d'iode que l'on peut facilement reconnaître à leur couleur violette.
Si l'on ajoute de l'acide sulfurique très étendu à la dissolution d'un iodure et ai l'on ajoute ensuite un i>elit morceau de zinc métallique, il se produit seulement un dégagement de gaz hydrogène très lent ; mais il ne se sépare pas d iode et l'empois d'amidon ne devient pas bleu; le chloroforme n'est pas non plus coloré en pourpre, pas plus que le sulfure de carbone. On ne |>eut obtenir les colorations a l'aide de ces réactifs que lorsqu'on a ajouté de l'eau de chlore ou d'autres substances oxydantes avant d'y mettre du zinc.
Si l'on mélange avec du carbonate alcalin l'iodure d'argent, l'iodure de plomb et les autres iodures non volatils, et si l'on fait fondre ensuite, ils sont décomposés comme les chlorures correspondants p. 579; et il se forme un iodure alcalin.
Si l'on traite les iodures par le chromate neutre ou par le bichromate de potasse et l'acide sulfurique, il ne s'en dégage que de l'iode. Lorsqu'on trait»' de la même manière un mélange d'un iodure avec un chlorure, on n'obtient pas de chromate de chlorure de chrome p. 580); mais il se dégage d'abord du gaz chlore, puis il se montre ensuite «les vapeurs d'iode; et il ne se forme pas de chlorure d'iode. Ce n'est que lorsque la quantité du chlorure prédomine beaucoup qu il se produit du chromate de chlorure de chrome.
Les combinaisons de l'iode avec les métaux alcalins ne sont pas décomposées lorsqu'on les calcine au contact de l'air : il ne s'en volatilise une petite quantité qu'a une température très élevée, et la volatilisation s'opère comme pour les chlorures correspondants : elles se volatilisent plus faci-
fil6 ANALYSK Ql AU TATIYE .
lement au contact de l'air qu'à l'abri du contact de l'air. La plus grande partie des autres iodures sont décomposés partiellement par la caleination au contact de l'air : l'iode se dégage ordinairement sous forme de vapeurs violettes et l'oxyde reste pour résidu.
Les iodures, mélangés avec le chlorure d'ammonium, sont décomposés en grande partie, mais incomplètement, par la caleination. Après beaucoup de calcinations de l'iodure de potassium avec le chlorure d'ammonium, la plus grande partie, mais non la totalité de l'iodure, s'est transformée en chlorure de potassium.
Au chalumeau, les iodures, ajoutés à une perle de sel de phosphore qui tient en dissolution de l'oxyde de cuivre, communiquent à la flamme une belle couleur vert-émeraude (Berzelius).
Lorsque l'iode est combiné avec un métal et que la combinaison qui se forme est soluble dans l'eau, le mieux est de rechercher l'iode au moyen de la dissolution de l'amidon ou du sulfure de carbone et de l'eau de chlore. On peut de cette manière retrouver l'iode dans toute espèce de dissolutions, même lorsqu'elles contiennent d'autres substances; mais on doit prendre garde à celles qui pourraient empêcher l'apparition de la couleur bleue. Si, au contraire, la combinaison dans laquelle on doit rechercher l'iode est insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique étendu, le mieux est de la traiter par l'acide sulfurique concentré ou de la faire fondre avec du bisulfate de potasse, pour obtenir des vapeurs violettes d'iode. Dans le premier cas, il est bon d'ajouter à la substance un peu de peroxyde de manganèse pour empêcher la production de l'acide sulfureux. Si la quantité de l'iode est trop faible pour qu'il se dégage des vapeurs violettes bien nettes, on peut s'assurer de la présence de l'iode en mélangeant la combinaison avec du peroxyde de manganèse, introduisant le tout dans un flacon et versant de l'acide sulfurique. On place alors dans l'espace vide du flacon un morceau de papier qui est imprégné d'empois d'amidon ; le mieux est de le serrer entre le col du flacon et le bouchon. Au bout de quelque temps, le papier devient bleu, même lorsque la combinaison contient de très petites quantités d'iode.
Dans les dissolutions, on peut aussi reconnaître la présence d'un iodure au moyen de la dissolution de protoxyde de palladium.
AfJI>K ionique, 1*0*.
L'acide iodique cristallisé se dissout facilement dans l'eau : il est peu soluble dans l'alcool et n'est pas sensiblement décomposé par ce réactif. En contact avec l'air sec, il ne subit aucune modification. A une temj>érature élevée, il fond, bout et se décompose en iode et en gaz oxygène, sans laisser de résidu.
La dissolution aqueuse d'acide iodique rougit d'une manière durable le papier de tournesol. Kilo rougit aussi d'autres matières colorantes
IOIIK. 617 végétales : mais la couleur n'est pas durable et ces matières blanchissent ensuite. *
L'acide chlorhydrique décompose la dissolution d'acide indique : il se produit, au bout d'un certain temps , mais non immédiatement, une forte odeur de chlore et la liqueur devient jaunâtre.
Vacide iodhydrique produit immédiatement dans la dissolution d'acide iodique un abondant précipité d'iode qui se dissout dans l'excès d'acide iodhydrique et donne une liqueur brune.
Le gaz hydrogène sulfuré décompose également l'acide iodique : si l'on ajoute à une dissolution d'acide iodique une petite quantité de dissolution d'hydrogène sulfuré, il se forme un précipité brun d'iode ; il se produit ensuite une dissolution brune d'iode dans l'acide iodhydrique qui devient incolore par l'action d'un excès d'hydrogène sulfuré en déterminant la séparation d'une certaine quantité de soufre.
L'acide sulfureux , ajouté en petite quantité à une dissolution d'acide iodique, détermine la production d'un précipité d'iode, qui se redissout lorsqu'on ajoute une plus'grande quantité d'acide sulfureux.
Vacide sulfurique, même à l'état concentré, ne modifie pas la dissolution d'acide iodique.
I : acide nitrique, même à l'état concentré, n'agit pas non plus sur la dissolution d'acide iodique ; mais si l'acide nitrique contient de l'acide nitreux, il se produit une séparation presque complète de l'iode sous la forme d'un précipité noir, cristallin : la liqueur qui surnage le précipité, est seulement d'une faible couleur jaunâtre.
Si l'on ajoute de Yamidon (empois) à la dissolution d'acide iodique, il ne se produit aucune modification. Mais si l'on ajoute ensuite une petite quantité d'hydrogène sulfuré dissous, d'acide sulfureux, de protochlorure d'étain ou d'autres substances réductrices, il se forme immédiatement de l'iodure bleu d'amidon. Si l'on ajoute une dissolution d'acide arsénieux, la couleur bleue ne paraît qu'au bout de quelque temps.
La dissolution de Y hy permanganate rouge de potasse n'est pas décolorée immédiatement parla dissolution d'acide iodique, mais elle est décolorée au bout de quelque temps ; il se dépose un précipité jaune.
L'acide iodique forme avec les bases des sels neutres : avec quelques bases, comme la potasse par exemple, il forme aussi des sels acides. La plupart des combinaisons de l'acide iodique avec les bases sont peu solubles ou insolubles ; mais les combinaisons de l'acide iodique avec les oxydes alcalins font exception à cette règle : à l'état neutre, elles sont un peu moins difficilement solubles.
Le chlorure de baryum produit immédiatement dans la dissolution des iodates alcalins un précipité d iodate de baryte p. 23).
Une dissolution de chlorure de calcium ne se trouble pas immédiatement; mais, dans les dissolutions concentrées, elle produit au bout de quelques instants un précipité d'iodate de chaux 'p. 33 1 .
Une dissolution de nitrate de protoxyde de palladium produit immédia-
«18 ASAI.YSK ULALI'I AÎIVK.
tement dans les dissolutions des iodates alcalins un précipité volumineux, abondant, de couleur Manche, qui a une très faible pointe de jaunâtre. Ce précipité est soluble dans l'acide chlorhydrique et même dans l'acide nitrique. Il est transformé immédiatement en iodure noir de palladium par l'action de l'acide sulfureux : l'acide sulfureux produit aussi immédiatement de l'iodure noir de palladium dans la dissolution chlorhydrique et dans la dissolution nitrique du précipité. — Dans une dissolution de protochlorure de palladium, il ne se forme pas de précipité par l'action de l'iodate de potasse ; mais lorsqu'on ajoute de l'acide sulfureux , il se produit immédiatement de 1 iodure de palladium.
L ue dissolution de ùichlorure de platine produit dans la dissolution d'iodate de potasse le précipité jaune de chlorure double de platine et de potassium.
Une dissolution de nitrate d'argent produit un précipité blanc d'iodate d'argent qui est presque insoluble, mais qui n'est pas complètement insoluble dans l'eau. Soumis à l'influence de la lumière, ce précipité ne noircit pas. Il est insoluble ou presque insoluble dans l'acide nitrique, mais il est soluble dans l'ammoniaque. Si l'on sursature par l'acide nitrique la dissolution ammoniacale de l'iodatc d'argent, on n'obtient qu'une liqueur opaline ou un très faible précipité. — Si l'on verse une dissolution d'acide sulfureux sur le précipité d'iodate d'argent, l'iodatc d'argent se transforme en iodure d'argent qui a une pointe de jaunâtre et qui n'est pas soluble dans l'ammoniaque, mais qui devient seulement blanc par l'action de ce réactif (p. 166).
l ue dissolution de nitrate de protoxyde de mercure produit immédiatement un précipité blanc d'iodate de protoxyde de mercure, qui est presque entièrement insoluble dans l'acide nitrique. Ce précipité devient noir par l'action d'une dissolution d'hydrate de potasse. Il est soluble dans l'acide chlorhydrique : la dissolution qui se forme par l'action de ce réactif contient alors du bicblorurede mercure et donue avec la dissolution d'hydrate de potasse un précipité jaune.
Une dissolution de nitrate de plomb produit un précipité blanc d'iodate de plomb, qui n'est presque pas soluble.
Dans une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, il se forme un précipité volumineux, abondant, d'iodate de protoxyde de fer. Ce précipité est soluble à la température ordinaire dans l'acide sulfurique étendu. Cette dissolution contient encore le fer à l'état de protoxyde ; mais si on chautté, le protoxyde de fer s'oxyde et se transforme en sesquioxyde.
Si l'on ajoute à la dissolution d'un iodate alcalin de Yacide sulfurique concentré, il ne se produit pas de modification ; même lorsqu'on verse de l'acide sulfurique concentré sur un iodate alcalin desséché, il ne se produit pas de décoiii|M)sition de l'acide iodique. Du peut même chauffer l'acide sulfurique avec le sel desséché sans décomposer l'acide iodique : le sel se dissout dans l'acide sulfurique concentré sans se décomposer. Si l'on chauffe une dissolution d'iodate de potasse avec l'acide sulfurique étendu
♦M si Ton ajoute de l'empois d'amidon, il n'est pas coloré on bleu. —L'acide nitrique no décompose pas non plus l'acide iodique des i(Mlates alcalins. Même lorsqu'on fait bouillir avec l'acide nitrique la dissolution d'iodate de potasse et lorsqu'on ajout»; ensuite de l'empois d'amidon, ce dernier n'est pas coloré en bleu. Mais si l'acide nitrique contient de l'acide nitreux, l'iode devient libre et colore la dissolution en brun : l'iode peut même être précipité en partie. Cependant, dans une dissolution de ce genre, on ne peut obtenir une coloration bleue au moyen de l'amidon que lorsqu'on a ajouté à la dissolution un réactif réducteur, comme l'acide sulfureux, par exemple. Si l'on ajout»' de l'acide chlorbydrique et de l'acide nitrique à une dissolution d'iodate de potasse, elle devient jaunâtre par l'action de la chaleur; mais si on y ajoute de l'empois d'amidon, elle ne peut pas le colorer en bleu. — V acide cldorhydrique ne colore pas immédiatement la dissolution d'un iodate alcalin, mais il la colore, au bout de quelque temps, en jaune, et il se dégage du chlore : si l'on ajoute de l'empois d'amidon, il n'est pas coloré en bleu. Lue dissolution d'iodate de potasse, à laquelle on a ajouté du chlorure de sodium et de l'acide sulfurique '-tendu, n'est pas décomposée à la température ordinaire ; à chaud, elle devient jaunâtre et laisse dégager une odeur de chlore.— L ue dissolution d'iodate de potasse, mélangée avec du bromure de potassium et de l'acide sulfurique étendu, devient brun-jaune, même à la température ordinaire : par l'action de la chaleur, il se dégage des vapeurs de brome; l'empois d'amidon est alors coloré en rouge-orangé, et n'est pas coloré en bleu. — Par l'action de V acide sulfureux sur les dissolutions des iodates alcalins et sur les dissolutions d'acide iodique, l'iode devient libre immédiatement et se précipite : l'empois que l'on ajoute devient alors immédiatement bleu. — Le gaz hydroijènc sulfuré donne, mémo à froid, de l'acide sulfurique en réagissant sur la dissolution d'iodate de potasse ou d'iodate de soude. Cette dissolution devient brun-rouge par suite de la présence de l'iode libre qui se sépare; elle colore alors l'amidon en bleu, mais elle se décolore par l'action ultérieure de l'hydrogène sulfuré. Le dépôt de soufre qui se produit ainsi provient de la transformation de l'iode devenu libre en acide iodhydrique et de la décomposition de l'hydrogène sulfuré qui en résulte. Après la décomposition, la dissolution rougit fortement le papier de tournesol : elle contient de l'acide sulfurique et de l'acide iodhydrique, mais ne contient plus d'acide iodique.
Si l'on ajoute une dissolution d iodure alcalin à la dissolution d'un iodate alcalin, il ne se produit pas de modification; mais si l'on ajoute un acide quelconque, l'iode devient immédiatement libre ; la liqueur se colore ou en jaune ou en brun, ou laisse déposer un précipité considérable d'iode, suivant la proportion de l'iodure par rapport à l'iodate. Les plus petites quantités d'iodate alcalin contenues dans une grande quantité d'iodure peuvent être reconnues de cette manière avec certitude. Si, par exemple, on a préparé l'iodure de potassium en traitant par l'iode une dissolution d'hydrate de potasse et calcinant la masse évaporée à siccité, une trace d'io-
620 ANAI.YSK OIALITAIIYK.
date de potasse peut quelquefois avoir éehappé à l'action de la chaleur rouge. On retrouve cette trace d'iodate en ajoutant de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide chlorhydrique à la dissolution de la masse calcinée ; la dissolution devient alors plus ou moins jaunâtre, et si l'on ajoute de l'empois d'amidon, il devient bleu. — Les iodates alcalins se combinent en proportions simples et définies avec les iodures alcalins, et forment des combinaisons cristallisées. La dissolution de ces combinaisons donne immédiatement un précipité d'iode lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide chlorhydrique.
Si Ton ajoute de l'acide sulfurique étendu, et ensuite un petit morceau de zinc à la dissolution d'un iodate, cette dissolution se colore immédiatement en brun, et l'iode de l'acide iodique est entièrement séparé. Même si l'on n'a employé que de petites quantités d'iodate, l'empois d'amidon se colore en bleu , et le sulfure de carbone, aussi bien que le chloroforme, prennent une couleur pourpre lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique étendu et du zinc à l'iodate. Pour de très petites quantités d'iodate, le sulfure de carbone est encore coloré en rouge de cette manière, tandis que l'empois d'amidon ne donne qu'une très faible réaction bleue, et le chloroforme ne peut plus être coloré.
Cette méthode est la meilleure pour reconnaître avec certitude si les mélanges salins ou les eaux salées qui contiennent des traces excessivement faibles d'iode, contiennent l'iode à l'état d'iodate ou à l'état d'iodure. On ajoute de l'acide sulfurique étendu et un très petit morceau de zinc ; puis, lorsque le dégagement du gaz, qui du reste doit être lent, a duré quelque temps, on ajoute du sulfure de carbone. Lorsqu'il y a un iodate, le sulfure de carbone prend une couleur rougeàtre lorsque l'amidon et le chloroforme ne donnent plus de réaction ou donnent seulement une réaction qui n'est pas nette.
Si, au contraire, la dissolution contient de l'iodure, il ne se produit pas de réaction de cette manière. On doit alors ajouter à la dissolution d'abord un peu d'eau de chlore et ensuite de l'acide sulfurique étendu afin de faire passer l'iodure à l'état d'iodate : on peut ensuite ajouter du zinc pour obtenir les réactions de l'iode.
Si une dissolution saline ou un mélange salin contiennent en même temps un iodate et un iodure, il s'y produit, par l'action de l'acide sulfurique très étendu, de l'iode libre que l'on peut reconnaître à l'aide des réactifs que nous avons indiqués. Mais lorsque la proportion d'iodure est excessivement faible par rapport à l'iodate, on peut souvent à peine reconnaître à l'aide des réactifs la petite quantité d'iode devenue libre par l'action de l'acide sulfurique étendu. Si l'on ajoute alors une petite quantité d'iodure de potassium , une plus grande quantité d'iode devient libre.
Si l'on essaye par la méthode indiquée le nitrate de soude qui vient du Chili, on trouve que l'iode qu'il contient est en grande partie à l'état d'iodate de soude, qui est ordinairement accompagné d'une très petite quan-
IODE. G2I tité d'iodure de sodium. Far suite l'acide sulfurique très étendu détermine la séparation d'une quantité d'iode excessivement petite, qui ordinairement ne peut être reconnue presque qu'au moyen du sulfure de carbone, et ne peut pour ainsi dire pas être reconnue au moyen de l'empois d'amidon. Mais si Ton ajoute du zinc, et si l'on laisse dégager le gaz hydrogène pendant quelque temps, on observe la séparation d'une quantité d'iode beaucoup plus considérable.
II faut observer ici que lorsqu'on essaye de cette manière des combinaisons salines, le sulfure de carbone, aussi bien que le chloroforme, surnagent ordinairement à la surface de la dissolution, après que l'on a agité ; leur coloration peut être alors mieux observée que lorsqu'ils tombent au fond du vase avec le zinc. Si la dissolution a une assez faible densité pour que les réactifs que nous venons d'indiquer se séparent au fond du vase après l'agitation, on doit enlever le morceau de zinc au bout de quelque temps afin de pouvoir mieux juger de la coloration.
On peut aussi, dans ces expériences, au lieu d'acide sulfurique, employer de l'acide nitrique ; en effet, le bioxyde de nitrogène qui se dégage par Faction du zinc, opère la réduction de l'acide iodique. On peut, même dans ce cas, au lieu de zinc, se servir d'un petit morceau d'étain. Cependant, pour distinguer avec certitude un iodate d'un iodure, on doit préférer l'emploi de l'acide sulfurique et du zinc.
Si l'on veut essayer, pour y rechercher l'iode, l'acide nitrique qui, lorsqu'il en contient, le contient toujours à l'état d'acide iodique, on étend d'eau, on ajoute un peu de zinc ou d'étain, et on laisse le tout reposer pendant quelque temps. L'empois d'amidon, mais mieux encore le sulfure de carbone, indiquent alors la présence de l'iode.
Quelques iodates seulement sont décomposés par l'action de la chaleur de la même manière que les chlorates et les bromates correspondants. 11 se dégage de l'oxygène et il reste un iodure comme résidu. Les iodates alcalins fixes et l'iodate d'argent se comportent de cette manière : cependant l'iodate de soude perd, parla calcination, outre l'oxygène, une quantité d'iode qui du reste est très faible. Si l'iodate est acide, il se dégage, en même temps que l'oxygène, des vapeurs violettes d iode, et il reste un iodure. — Les autres iodates neutres dégagent par la calcination du gaz oxygène et de l'iode, et il reste pour résidu ou de l'oxyde pur, comme cela arrive pour la plupart des combinaisons de l'acide iodique avec les oxydes métalliques proprement dits, ou un mélange d'oxyde et d 'iodure, comme cela arrive pour l'iodate de plomb et l'iodate de bismuth. Lorsqu'on calcine la combinaison de l'acide iodique avec la baryte, la strontiane et la chaux, il se dégage du gaz oxygène et de l'iode, et il reste pour résidu un hyperiodate basique.
Les iodates, mélangés avec les corps combustibles, détonent par l'action de la chaleur, mais avec bien moins de force que les chlorates et les bromates correspondants. Si l'on jette du soufre sur un iodate alcalin en fusion, il se dégage beaucoup de vapeurs d'iode. Si on broie fortement les
«22 ANALYSE Ol AMTATIYK.
iodates alcalins avec du soufre et du charbon dans un mortier de for, ils produisent des explosions excessivement faibles, à peine sensibles.
Les iodates en dissolution peuvent par conséquent être reconnus facilement à ce que les substances réductrices comme la dissolution d'hydrogène sulfuré, l'acide sulfureux, et spécialement l'acide sulfuriquo étendu et le zinc métallique, en séparent à l'état libre l'iode dont on peut reconnaître de très petites quantités au moyen du sulfure de carbone et de l'amidon. La séparation de l'iode par l'action de l'acide sulfuriquo très étendu après addition d'un iodure est également caractéristique pour les iodates. A l'état solide, on reconnaît les iodates, dans certains cas, au dégagement de gaz oxygène qui se produit lorsqu'on les calcifié, en mémo temps qu'il reste un iodure, ou dans d'autres cas au dégagement do gaz oxygène et d'iode qu'ils produisent lorsqu'on les calcine. Les iodates alcalins se distinguent facilement desbromatos à l'état soc parla manière différente dont ils se comportent à l'égard de l'acide sulfuriquo concentré.
ACIIIE IlYPERlOPIyl'E, P0T.
L'acide hyperiodique peut être obtenu , par l'évaporation de sa dissolution aqueuse, sous forme de cristaux incolores qui contiennent de l'eau et qui ne se modifient pas au contact de l'air. Chauffé jusqu'à 130 degrés, il perd son eau de cristallisation et se décompose d'abord en gaz oxygène et en acide iodique : si l'action do la chaleur est plus prolongée, ce dernier se décompose en gaz oxygène et on iode Magnus et Ammerniuller).
L'acide hyperiodique forme avec les bases dos sels neutres, basiques et acides. Môme la dissolution de l'hyperiodato de potasse à un atonie de base rougit le papier de tournesol. Les combinaisons de l'acide hyperiodique avec les oxydes alcalins, et notamment avec la potasse, sont très peu solubles dans l'eau. Les dissolutions d'hyporiodate de potasse se comportent avec les réactifs comme il suit :
Une dissolution do chlorure de baryum trouble seulement la dissolution d'hyporiodate de potasse.
Lue dissolution do chlorure de calcium ne produit pas de précipité-.
Les dissolutions dos hyperiodates alcalins ne sont précipitées ni par le protochlorure de palladium, ni par le nitrate de protoxrjde de palladium. Si l'on ajoute de l'acide sulfureux, il no s'y produit pas d 'iodure noir de palladium. Lorsque cependant on ajoute à la dissolution d'un hyperiodate alcalin un peu d'acide sulfuriquo étendu et une dissolution d'hydrogène sulfuré, lorsqu'on détruit ensuite l'excès d'hydrogène sulfuré au moyen do l'acide sulfureux, et lorsqu'on fait ensuite chauffer le tout, il se précipite dans la liqueur filtrée de l'ioduro de palladium lorsqu'on y ajoute du nitrate de protoxyde de palladium ou du protochloruro de palladium. On peut aussi, dans les hyperiodates alcalins, précipiter l'iode à l'état d'ioduro do palladium en ajoutant à la dissolution do l'acide sulfuriquo étendu, et
IOIIK. «*J3 ensuite du zinc métallique. Lorsque la transformation de l'aride hy périodique en induré est opérée, l'iode est précipité à l'état d'induré de palladium au moyen d'une dissolution de protoxyde de palladium.
I ne dissolution de nitrate d'arfjfnt, ajoutée à une dissolution acide d'hyperiodate alcalin , donne un précipité brun qui se rassemble au bout de quelque temps, et parait alors dense et de couleur noire. Cette transformation s'opère immédiatement par l'action de la chaleur. Le précipité est soluble dans l'acide nitrique. Si , après avoir traité un hyperiodate alcalin par le nitrate d'arpent et avoir ajouté de l'acide nitrique, il reste un précipité blanc insoluble, c'est que l'hyperiodate alcalin contient de l'iodate, et le précipité blanc qui n'est pas soluble dans l'acide nitrique est de l'iodate d'argent. — L'hyperiodate d'argent récemment précipité est soluble dans l'ammoniaque; si l'on sature avec précaution cette dissolution par l'acide nitrique, le précipité reparait avec sa couleur brune. Lorsqu'au contraire l'hyperiodate d'argent s'est aggloméré par le temps ou par Faction de la chaleur sous la forme d'un précipité noir et lorsqu'il a pris par suite de la densité, il se dissout très difficilement dans l'ammoniaque.
Lue dissolution de nitrate de protoxyde de mercure donne un précipité? jaune. Ce précipité est soluble dans l'acide nitrique ; la dissolution contient encore du protoxyde et donne avec l'hydrate de potasse un précipité noir. Si l'on ajoute à l'hyperiodate de protoxyde de mercure un peu d'acide chlorhydrique, il devient blanc et se transforme en protochlorure de mercure : une plus grande quantité d'acide chlorhydrique le dissout.
Fnc dissolution de nitrate de plomb produit un précipité blanc, abondant, qui est soluble dans l'acide nitrique.
Lue dissolution de sulfate de protoxyde de fer ne produit pas de précipité. Si l'on ajoute de l'acide sulfurique étendu , le protoxyde ne passe pas à un degré supérieur d'oxydation à la température ordinaire, mais l'oxydation s'opère par l'action de la chaleur.
Si Fou ajoute de l'acide sulfurique à la dissolution d'un hyperiodate alcalin, il ne se produit pas de modification, même lorsqu'on fait chauffer les liqueurs jusqu'à l'ébullition. Aussi lorsqu'on verse de l'acide sulfurique concentré sur un hyperiodate. alcalin desséché, l'acide hyperiodique n'est pas décomposé. L'hyperiodate se dissout à chaud dans l'acide sulfurique concentré. — Lorsqu'on emploie même de Facide nitrique rouge fumant qui contient beaucoup d'acide nitreux , il ne se sépare pas d'iode, même par l'action de la chaleur, et si l'on ajoute de l'amidon , il ne devient pas bleu. — L'acide chlorhydrique n'opère pas à froid la décomposition de Facide hyperiodique; mais, par l'ébullition, la dissolution devient jaunâtre.— La dissolution d'acide sulfureux ne décompose pas Facide hyperiodique même par l'ébullition; et si l'on ajoute de l'amidon, il ne devient pas bleu. — La dissolution d'hydrogène sulfuré, au contraire, détermine dans la dissolution d'hyperiodate de potasse une séparation d'iode, et si Fou ajoute de l'amidon, il devient bleu.
Si on ajoute à la dissolution d'un hyperiodate alcalin la dissolution d'un
chlorure, il ne se produit pas de modification , infime lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique étendu, et lorsqu'on chauffe. Si l'on ajoute à la dissolution un bromure alcalin, il ne se produit pas non plus de modification; mais si Ton ajoute de l'acide sulfurique étendu , le tout se colore en jaune par suite de la présence du brome devenu libre, et, par l'action de la chaleur, il se dégage des vapeurs de brome. Si l'on ajoute alors de l'empois d'amidon, il se colore en jaune tirant sur le rouge-orangé. Si on ajoute à la dissolution de l'hyperiodate alcalin une petite quantité d'une dissolution d'iodure de potassium, la dissolution devient jaune, même à la température ordinaire, et l'empois d'amidon est alors coloré faiblement en bleu. Cette réaction a lieu non-seulement pour la dissolution de l'hyperiodate de potasse, qui ne contient que 1 atome de base, et dont la dissolution a une faible réaction acide sur le papier de tournesol, mais aussi pour l'hyperiodate de soude, qui contient 2 atonies de base. Dans ce dernier cas, la coloration jaune ne se produit pas immédiatement, mais seulement au bout de quelque temps. Si l'on ajoute de l'acide sulfurique étendu, on obtient un abondant précipité d'iode : les plus petites quantités d'un hyperiodate alcalin contenues dans un iodure, et aussi réciproquement les plus petites quantités d'iodure contenues dans les hyperiodates, peuvent être découvertes immédiatement par la séparation de l'iode qui se produit lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique étendu : mais il faut remarquer que les dissolutions des iodates présentent des réactions analogues.
Si l'on ajoute de l'acide sulfurique étendu et ensuite un petit morceau de zinc à la dissolution d'un hyperiodate, l'iode devient immédiatement libre. Si cependant la dissolution de l'hyperiodate est très étendue, on ne peut reconnaître au moyen des réactifs la présence de l'iode libre qu'au bout d'un certain temps, et plus facilement au moyen du sulfure de carbone qu'au moyen de l'empois d'amidon. Toutefois la séparation de l'iode s'opère incomparablement plus vite par la méthode que nous venons d'indiquer lorsqu'on opère sur les iodates que lorsqu'on opère sur les hyperiodates, et l'iode peut par conséquent être plus facilement reconnu par cette méthode dans les dissolutions très étendues des iodates.
Beaucoup d'hyperiodates se décomposent par l'action de la chaleur, comme les iodates correspondants, en iodures et en gaz oxygène. L'hyperiodate de soude perd au rouge faible les trois quarts de son oxygène et se transforme en iodure de sodium et en une combinaison de soude et d'un oxacide de l'iode qui contient vraisemblablement moins d'oxygène que l'acide iodique : le dernier quart de l'oxygène contenu dans l'hyperiodate ne se dégage que lorsqu'on expose le tout à une calcination prolongée à une température rouge intense. Les hyperiodates basiques laissent pour résidu de l'oxyde en même temps que l'iodure. Les combinaisons à plusieurs équivalents de base que l'acide hyperiodique forme avec la baryte, la strontiane et la chaux, ne dégagent pas d'oxygène, même lorsqu'on les calcine au rouge, au moins dans une atmosphère d'oxygène : car les iodates
des mêmes hases donnent par la calcination des hyperiodates à plusieurs équivalents de base (p. 620).
Les hyperiodates, mélangés avec les corps combustibles, détonent par l'action de la chaleur. Si l'on projette du soufre sur l'hyperiodate de potasse chauffé, il s'en dégage beaucoup d'iode en vapeur. Si l'on broie avec force les hyperiodates alcalins avec du soufre et du charbon, il se produit des explosions qui sont bien plus faibles que lorsqu'on traite de la même manière les chlorates et les pcrchlorates alcalins, mais qui sonf beaucoup plus fortes que lorsqu'on emploie les iodates alcalins.
Les hyperiodates ressemblent par conséquent beaucoup aux iodates, spécialement dans la manière de se comporter à une température élevée ; mais l'acide hyperiodique est d'une bien plus grande stabilité que l'acidg iodique et ressemble sous ce rapport à l'acide perchlorique qui se décompose bien plus ditlicilement que l'acide chlorique. La difficulté plus grande que l'on éprouve à décomposer^l'acide hyperiodique rend un peu plus difficile la recherche de l'iode dans les hyperiodates, surtout lorsqu'ils sont en dissolution : on n'arrive à y reconnaître la présence de l'iode qu'en ajoutant à ces dissolutions de l'acide sulfurique et du zinc ou en les traitant par l'hydrogène sulfuré.
Dans les dissolutions, on peut du reste distinguer facilement l'acide hyperiodique de l'acide iodique au moyen du nitrate d'argent qui produit avec l'acide hyperiodique un précipité brun, soluble dans l'acide nitrique, et avec l'acide iodique un précipité blanc qui n'est pas soluble dans l'acide nitrique.