‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 85 sur 102 · IODE · texte numérisé non relu

IODE

l'iodure à l'insolubilité dans l'ammoniaque du précipite'; obtenu au moyen de la dissolution de nitrate d'argent; du reste ou peut aussi la reconnaître par d'autres moyens; mais on peut ne pas s'apercevoir de la présence du chlorure d'argent. Le mieux est, dans ce cas, d'ajouter de l'ammoniaque en excès à la liqueur dans laquelle le précipité s'est produit par l'action d'un excès de dissolution de nitrate d'argent, et de sursaturer ensuite par l'acide nitrique la liqueur que l'on a séparée de l'iodure d'argent par filtration. S'il se produit de cette manière un abondant précipité, c'est que la dissolution d'iodure contenait aussi un chlorure : si la liqueur devient seulement opaline, c'est qu'il n'y avait pas de chlorure, ou c'est qu'il y en avait seulement une très petite quantité. — Lorsqu'un iodure et un bromure se trouvent ensemble, on peut reconnaître la présence du dernier de la même manière.

L'iodure d'argent est soluble en petite quantité dans une dissolution d'iodure de potassium : si l'on ajoute de l'eau à la dissolution, l'iodure d'argent s'en sépare. Une dissolution très concentrée de chlorure de sodium et même de sulfate de soude trouble la dissolution de l'iodure d'argent dans l'iodure de potassium. — L'iodure d'argent est également un peu soluble dans une dissolution concentrée de nitrate d'argent; mais si l'on ajoute de l'eau, l'iodure d'argent se sépare.

Si l'on fait passer à une température élevée un courant de chlore gazeux sur l'iodure d'argent, il est complètement transformé en chlorure, et l'iode devient libre. Il se produit une décomposition analogue lorsqu'on verse sur l'iodure d'argent de l'eau de chlore concentrée : il se produit du chlorure d'argent. L'iode devient alors libre et colore le chlorure d'argent en brun; à chaud, le ballon ou le matras dans lesquels on opère, se remplissent de vapeurs d'iode. Si l'on traite l'iodure d'argent par l'acide chlorhydrique, il se dissout, par l'action de la chaleur, un peu d'iodure d'argent qui se sépare de nouveau lorsqu'on étend d'eau ; mais il ne se produit pas de décomposition, pas plus lorsqu'on emploie l'iodure d'argent desséché que lorsqu'on l'emploie à l'état humide et récemment précipité. Si on verse au contraire une dissolution d'iodure de potassium sur le chlorure d'argent, il se colore immédiatement en jaune et se transforme en iodure d'argent. Si l'on traite le chlorure d'argent par une petite quantité d'iodure de potassium, la liqueur filtrée au bout de très peu de temps ne contient que du chlorure de potassium et ne contient plus d'iodure de potassium.

L'iodure d'argent est décomposé à une température élevée par la vapeur de brome : il se forme du bromure d'argent et l'iode devient libre. De même lorsqu'on verse de l'eau bromée sur l'iodure d'argent, l'iode devient libre et se volatilise par l'action de la chaleur. Mais lorsqu'on traite le bromure d'argent par une dissolution d'iodure de potassium, il se forme de l'iodure d'argent et du bromure de potassium (Field). Si on traite le bromure d'argent par une petite quantité d'une dissolution d'iodure de potassium et si on filtre au bout de quelques instants, la liqueur filtrée ne

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contient plus d iodure de potassium ; mais elle contient seulement du broinure de potassium.

Si une dissolution contient simultanément un iodure, un bromure et un chlorure, et si on y ajoute peu à peu une dissolution de nitrate d'argent, il se précipite seulement d'abord de l'iodure d'argent. Ce n'est que lorsque l'iodure d'argent est conq)Iétement précipité que le bromure d'argent commence à se séparer; et ce n'est qu'après la précipitation complète de ce dernier que commence la production du chlorure d'argent.

Nous avons déjà indiqué pages 139, 185 et autres comment les dissolutions des iodures peuvent servir à reconnaître les dissolutions de l'oxyde de plomb, de l'oxyde de mercure, ou des autres oxydes.

l ue dissolution de nitrate de protoxyde de palladium produit , dans des dissolutions qui ne contiennent même que de très petites quantités d'induré, un précipité noir foncé d iodure de palladium. Le précipité d'induré de palladium se dépose complètement au bout de quelque temps. — Le protochlorure de palladium agit de même : seulement, dans ce cas, le précipité ne se dépose pas bien; mais il reste longtemps en suspension. Le précipité d iodure de palladium n'est pas soluble à froid dans l'acide nitrique ; mais il se dissout bien dans un grand excès d iodure. La dissolution a une couleur brune très foncée (p. 202 i. — L'iodure de palladium n'est pas soluble au contraire dans la dissolution d'un chlorure alcalin.

Pour reconnaître avec certitude de très petites quantités de bromure mélangées avec de grandes quantités d'iodure, on doit ajoutera la dissolution un excès de protochlorure de palladium ou de nitrate de protoxyde de palladium. Dans le dernier cas, il est utile d'ajouter à la dissolution un peu de chlorure de sodium, s'il n'y avait pas déjà un chlorure dans la dissolution. On chauffe le tout et on sépare l'iodure de palladium par filtration. Dans la liqueur filtrée, on sépare le palladium en excès au moyen d'une dissolution d'hydrogène sulfuré : on filtre alors la liqueur pour en séparer le sulfure de palladium et on traite ensuite par l'eau de chlore la liqueur filtrée, sans en avoir préalablement chassé l'hydrogène sulfuré en excès : on peut alors y retrouver avec certitude les plus petites quantités de brome au moyen de 1 ether [p. 598).

Lne dissolution de bichhrure de platine produit immédiatement dans les dissolutions des iodures un précipité noir fnncé qui ne se sépare que par l'action de la chaleur et dont une partie recouvre ordinairement les parois du vase sous la forme d'un dépôt noir, ayant l'éclat métallique. — Lorsqu'on verse une dissolution d'iodure de potassium dans une dissolution de bichlorure de platine, il ne se forme pas de précipité jaune «le chlorure double de platine et de potassium, même si on ajoute de l'acide ehlorhydrique ou de l'acide sulfurique, et si on chauffe le tout.

Si l'on ajoute du sulfate de cuivre à une dissolution d'un iodure alcalin, il se forme un précipité blanc d'iodure de cuivre p. 155 . — Si l'on ajoute une ou deux gouttes de la liqueur sur une lame d'argent, il se produit sur

lODt. bit

celte lame une tache noire comme pour les chlorures p. 579 et les bromures (p. 598i dans les mêmes circonstances.

Si l'on ajoute de Yamidon ou mieux de Yempvis d'amidon] à la dissolution d'un iodure ou de l'acide iodhydrique incolore, il ne se produit pas de modification ; mais si Ton ajoute ensuite un peu d'eau chlorée ou un peu d'eau bromée, on obtient l'iodure d'amidon avec sa couleur bleue : mais cet iodure est détruit immédiatement lorsqu'on ajoute un excès d'eau de chlore ou d'eau de brome. Un peut, par cette méthode, au moyen de l'empois d'amidon et de l'eau de chlore, retrouver dans une dissolution les plus petites quantités d'iodure ; mais on doit avoir soin de verser avec beaucoup de précaution lorsqu'on ajoute l'eau de chlore, parce que les plus petites quantités d'eau de chlore en excès pourraient détruire la couleur bleue dont on aurait pu souvent ne pas observer la production antérieure. C'est pour cela qu'il vaut mieux, dans ce cas, se servir d'eau de chlore étendue d'une grande quantité d'eau et l'ajouter avec beaucoup de précaution. La couleur bleue, détruite par le chlore ou par le brome, peut être reproduite par les réactifs réducteurs comme l'acide sulfureux et la dissolution d'hydrogène sulfuré, et peut être détruite de nouveau lorsqu'on ajoute un excès de ces mêmes réactifs comme cela a été indiqué (p. 603). La dissolution d'hydrogène sulfuré doit dans ce cas être préférée à l'acide sulfureux.

lorsque l'acide iodhydrique n'est pas complètement incolore, mais lorsqu'il s'est oxydé au contact de l'air et lorsqu'il a pris une teinte légèrement jaunâtre ou légèrement brune, il donne avec l'amidon une couleur bleue sans avoir besoin d'être traité par l'eau de chlore.

Nous venons de voir que l'eau de chlore et l'eau de brome produisent une coloration bleue lorsqu'on les ajoute à la dissolution des iodures ou de l'acide iodhydrique qui contient de l'amidon ; il en est de même de l'acide nitrique, lorsqu'il n'est pas trop étendu , et on peut ajouter un excès plus considérable de ce dernier sans que la couleur soit détruite, pourvu qu'on opère à froid et que l'acide ne soit pas trop ceiieentré. On peut même ajouter un excès de l'acide même assez concentré sans que la couleur bleue soit détruite : ce n'est que par un contact prolongé qu'elle disparait peu à peu. Mais lorsque l'acide nitrique contient de l'acide chlorhydrique, il détruit facilement l'iodure bleu d'amidon. Si, par suite, une dissolution d'iodure contient de grandes quantités de chlorure, l'acide nitrique peut souvent n'y pas produire de coloration bleue, bien qu'on ait ajouté de l'amidon, tandis que dans ce cas l'eau de chlore la produit. — Cette réaction de l'acide nitrique est importante à considérer lorsqu'on veut rechercher les iodures, et un chimiste peu exercé peut reconnaître plus facilement la présence des iodures au moyen de l'amidon et de l'acide nitrique lorsqu'il n'est pas trop étendu, qu'au moyen de l'amidon et de l'eau de chlore. Cependant lorsqu'il n'y a que des quantités excessivement faibles d'iodure en dissolution et surtout lorsqu'il y a en même temps une quun- . tité considérable de chlorure, on doit préférer l'emploi de l'eau de chlore

étendue; niais on doit alors opérer avec beaucoup de précaution. Comme les. indurés qui se trouvent dans la nature ne s'y rencontrent presque qu'accompagnés d une très grande quantité de chlorure , il faut ordinairement employer l'eau de chlore pour s'assurer de leur présence.

Si I on ajoute à la dissolution d'un iodure, de l'amidon empois), et de l'acide chlorhydrique étendu, la coloration bleue ne se produit pas, mais si l'acide contient seulement en dissolution des traces très faibles de chlore libre, il se produit une coloration bleue, ou seulement une faible coloration violette ou rougeàtre. On ne peut d'aucune autre manière découvrir une trace très faible de chlore libre dans l'acide chlorhydrique. — La coloration bleue se produit également par l'action de l'acide chlorhydrique et de l'amidon lorsque l'iodure contient seulement une trace d'iodate.

L'acide sulfurique très étendu ne produit pas de coloration bleue dans la dissolution d'un iodure à laquelle on a ajouté de l'amidon ; mais si l'acide est un peu concentré ou si la dissolution de l'iodure n'est pas très étendue, il se forme de l'iodure bleu d'amidon.

Si l'on a ajouté à la dissolution d'un iodure une quantité d'une dissolution de bichlorure de mercure assez grande pour que l'iodure rouge de mercure qui se forme puisse se dissoudre dans l'excès de bichlorure de mercure, et si l'on ajoute ensuite de l'amidon, l'acide nitrique ne peut, pas plus que l'eau de chlore, produire de l'iodure bleu d'amidon.

Si une dissolution contient une quantité excessivement petite d'un iodure, il est difficile, après avoir ajouté un peu d'amidon, de produire la coloration bleue par l'action d'une petite quantité d'eau de chlore : en effet un très petit excès d'eau de chlore peut détruire la coloration bleue qui s'est produite antérieurement. 11 est très difficile, dans ce cas, de reproduire la coloration bleue au moyen de l'acide sulfureux ou de la dissolution d'hydrogène sulfuré : on peut alors opérer avec beaucoup plus de certitude de la manière suivante : on ajoute de l'acide sulfurique étendu à la dissolution et on y met ensuite un petit morceau de zinc, de manière a déterminer un très faible dégagement de gaz hydrogène. La coloration bleue se produit alors avec une bien plus grande certitude que par tous les autres réactifs réducteurs (O. Henry).

Lorsqu'une dissolution contient un bromure et un iodure, il est possible de découvrir leur présence à tous deux au moyen de l'amidon, surtout lorsque le bromure prédomine et lorsqu'il n'y a qu'une très petite quantité d'iodure. On ajoute à la dissolution un peu d'empois d'ami don , et on verse ensuite peu à peu avec précaution de l'eau de chlore faible, jusqu'à ce que la réaction bleue de l'iode apparaisse. On continue ensuite à ajouter avec précaution de l'eau de chlore. S'il n'y a que de l'iode, la couleur bleue passe au rouge-vineux et finit par disparaître. Si la couleur bleue m; passe pas au rouge-vineux par l'addition de l'eau de chlore, mais passe au rouge-orangé et enfin au jaune, c'est qu'il y avait du brome en même temps que l'iode. La couleur du bromure d'amidon qui se produit dans ce cas, est d'un brun plus foncé lorsqu'il y a de l'iode

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