LETTRES DE CABINET
Lettre du Roi de France au Roi d^ Espagne.
Monsieur mon Frère et Cousin ,
J'ai reçu la lettre par laquelle V- M. m'annonce qu'elle a jfigé convenable d'accéder aux vœux de son peuplé, en rétablissant la constitution de 1812. J'ai pris le plus vif intérêt à cette résolution, tant par la sincère affection que je professe pour V. M. , que par celle que m'itispira ioulonrs la nation espagnole; me flattant de l'espoir que cette mesure aura pour résultat d'assurer en même temps la félicité personnelle de V* M. et de sa femîUe , et la prospérité de la monarchie que la Providence a confiée
à aies soins : le bonheur dontjouira l'Espagne ne pourra qu'augmenter toujours celui de la France, en cimentant les relations qui subsistent si heureusement entre les deux États Yoîsîns.
Je prie V. M» d'agrëer l'assurance de ces sentimens et celle de la haute estime et de l'amitié inyiolable avec lesquelles je suis , Monsieur mon Frère et Cousin , de Y. M*
Le bon Frère et Onde ,
Signé y LOUIS.
Paris y le 20 avril 1820.
Lettre du souverain Pontife»
( Traduite de l'espagnol ).
A notre très cher fils en Jësus-Ghrist , Ferdinand , At>t catholique des Espagnes y
Pie VII , Pape.
Notre très cher Fils , nous ayons reçu la lettre^ datëe da 25 mars, par laquelle Y. M. catholique nous annonce qu'a jant connu les besoins de son peuple , et désirant ardemment sa félicite y elle a accédé à ses désirs , en jurant la constitutioa promulguée par lescortès généraux et extraordinaires à Ca« dix, en 1812, pendant sa captivité, Yous nous avez très bien jugé, cher Fils en Jésus-Christ, en supposant que nom nous intéressons beaucoup à la tranquillité et à la félicita des peuples que la Providence divine à mis à votre charge; nous avons la confiance .que Y. M. sera persuadée qu'au milieu de nos soins , ces objets ne cessent d'occuper notre attention principale. Nous avons toujours professé et nous ne
cessons pas de professer nn amour particulier pour V. M* Noos ayons aussi toujours eu une estime singulière pour'la nation espagnole, à cause de ses (]ualitës|excellentes, et particalièrement à cause de son ftutique constance à suivre et conserrer la religion catholique; de sorte que nos -vœux pour la tranquillité et la prospérité d'une nation aussi glorieuse ne sont pas moins ardens que ceux qu'exprime la lettre de Y. M. Le principal yœu de notre cœur est que cette très sainte religion se conserve et se fortifie dans tontes les possessions de la monarchie espagnole. Nous espérons dans le Përe des miséricordes que l'illustre nation des Espagnes, toujours si fidèle à la religion de ses pères , gardera , dans tons les temps et dans toutes les circonstances , cette pureté de la foi y cette sainteté de mœurs et cette exacte obéissance ans lois ecclésiastiques , qui forment son héritage. Animé de cet espoir , nous tous donnons avec le plus vif attachement, très cher Fils en Jésus-Christ, ainsi qu'à toute votre royale famille , notre bénédiction apostolique.
Fait à Rome, le 5o avril 1820, de notre pontificat le vingt-unième.
( Suit la signature )«
Lettre autographe de Pempereur (F Autriche au roi dès
DeuX'Siciles.
Monsieur mon Frère et très cher Beau-Père ,
De tristes circonstances ne m'ont pas permis de recevoir les lettres que V. M. m'a adressées depuis quatre mois ; mais les événemens auxquels ces lettres ont dû se rapporter n'ont cessé de faire le sujet de mes plus sérieuses méditations , et les puissances alliées se sont réunies à Troppau pour considé- TOME m. i5
rer ensemble les suites dont ces ëvënemens menacent le reste de la péninsule italienne , et peut-être l'Europe tout entière* En nous décidant à cette délibération commune , nous n'avons fait que nous conformer aux transactions de i8i4> i8i5 et 1818 y transactions dont V. M., ainsi qae l'Europe , connaît le caractère et le but , et sur lesquelles repose cette alliance tutélaire uniquement destinée à garantir de toute atteinte l'indépendance politique et l'intégritë territoriale de tous les États , et à assurer le repos et la prospérité de l'Europe par le repos et la prospérité de chacun des pays dont elle se compose* V. M* ne doutera donc pas que l'intention des cabinets assemblés ici ne soit de concilier l'intérêt et le bien-être , dont la sollicitude paternelle de V. M* doit désirer £aire jouir ses peuples , avec les devoirs que les monarques alliés ont à remplir envers leurs États et envers le monde. Mais nous nous féliciterions y mes alliés et moi, d'exécuter ces engagemens solennels avec la coopération de Y. M« ; et , fidèles aux principes que nous ayons proclamés , nous demandons aujourd'hui cette coopépération. C'est dans ce seul but que nous proposons à Y. M. de se réunir à nous dans la yille de Laybach. Yotre présence y Sire , hâtera, nous en sommes sûrs , une conciliation aussi indispensable ^ et c'est au nom des intérêts les plus chers de notre royaume et avec cette bienveillante sollicitude ^ dont nous croyons avoir donné plus d'un témoignage à Y« M. , que nous l'invitons h venir recevoir de nourelles preuves de la véritable amitié que nous lui portons , et de la franchise qui fait la base de notre politique.
Recevez l'assurance de la considération très distinguée et de l'inaltérable attachement avec lequel je suis , de Y. M*
Le bon Frère , Gendre et allié.
Signé j François.
Troppfiu, le oo novembre t8aio«
Lttiredu Roi de NàpleSj en réponse à la lettre de P Empereur
éPAutrichem
Monsieur mon Frère et cher Gendre ,
Si dans les circonstances actuelles mon cœur a pu s'ou- ; Trir encore aux impressions de la joie , c'était sans doute an moment où j'ai reçu la lettre deV. M* I.^, datée de Troppaa, et celles des monarques alliés gui y sont réunis. J'ai été touché au-delà de tonte expression de la grandeur d'ame qui dirige toutes vos démarches pour le bien des nations européennes et de l'intérêt particulier , sincère , et dont j'ai déjà eu antérieurement de fré(juentes preures , que tous prenez pour ma personne et pour les peuples que la Proyiclence a confiés à mes soins , et dont le bonheur , le repos et le bien-être sont le but de tous mes efforts. D'après cette expression franche de mes sentimens, Y. M« pourra aisément imaginer avec quelle Tive reconnaissance j'ai reçu Finritation que vous m'ayez adressée, ainsi que LL. MM. Pempereur de Russie et le roi de Prusse , de prendre part ata délibérations de Laybaeh, qui n'ont pour objet que d'affermir le but de la plus sainte des alliances. Je yoîs dans cette inyitation an nouyeau bien&it de la Pi-ayidènce qui m'ouyre une yôie pour travailler, avec mes illustres alliés , «an ouvrage qui rendra letir nom cher à la postérité la plus r^ecttlée , et avoir ainsi quelque part h la gloite qui les srtteiid. Y. M. ne doutera pas de mon empressement à mé tendre à une telle invitation , et mon départ set*a aus^si ffomptqaeles circonstances pourront le permettre.
Ce sera une cdiisôlation particulière p(»ttr moi dé revoir V. M. I. , et de faire persotmcfHement éontiaissanee avçc
LL. MM. l'empereur de Russie et le roi de Prusse, de devoir à votre sagesse et à votre bienveillance la paix de mon pays , et ma plus agrëable occupation sera d'imprimer à tous les membres de ma &mille les sentimens de reconnaissance dont mon cœur est pënëtré*
Agrëez l'assurance de la considération distinguée et] du dévouement invariable avec lesquels je suis , de V. M. , le bon Frère et Beau-Père.
Ferdo^and.
Naples y le 1 i décembre 1820*
Lettre de S. A. R. le prince souverain de... . à S> A»S»
le Prince de • , ••
Mon Cousin ,
Le vœu unanime d'une nation instruite par Pexperience et reconnaissante des services de notre maison, vient de se prononcer sur le plus grand de ses intérêts politiques et sociaux , en nous appelant à la souveraineté. Acceptant ce témoignage éclatant d'amour et de confiance , nous venons de nous déclarer prince souverain de* . *
A ce titre tout est maintenant rallié autour de nous , et la concentration du pouvoir eu nos mains va dissiper à l'avenir toutes les anciennes collisions , extirper toutes les semences de discorde , assurer la prospérité de l'État, son indépendance et son rang.
Nous nous plaisons à prévoir , que vous accueillereî cette communication , avec un intérêt [proportionné à son importance; que vous y distinguerez une nouvelle garantie
de ce système d'ordre , de jasiîce , de stabilité et d'équilibre, qae réclame si impérieusement l'Europe entière ; un heureux acheminement à la paix générale par l'anéantissement d'on de ses plus grands obstacles ; et dans l'empressement qae nous mettons à vous en faire part , un gage des sentimens y qu'en toute occasion , nous nous attacherons à manifester envers tous.
Sur ce, nous prions Dieu, mon Cousin, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
( Suit la signature).
A*....., le
— NOTIFICATIONS DE MABIAGE. —
Lettre de S. M* le Roi de. . . à S* M» le Roi de, . .
Monsieur mon Frère ,
Je m'empresse de communiquer à Y. M. le mariage arrêté entre mon très cher fils, le prince de. ... et . • . madame la princesse de. • . . dont les fiançailles ont eu lieu à. . . le. • • En me faisant acquérir une belle,-Êlle dont les vertus et les éminentes qualités promettent de £iire le bonheur de mon fils , cette alliance va accomplir tons les vœux que peut former un père. Je suis trop persuadé des sentimens que Y. M. me porte , ainsi qu'à ma maison , pour ne pas être assuré qu'elle partagera la satis^ction que cet heureux événement me feit éprouver. Il m'est infiniment
agréable qae cette occai ion me procure celle de lui renonyeler l'expression 4e l'e9time et de l'amitié sincère avec les^ quelles je suis,
Monsieiir mon Frère y
, de votre Majesté ,
le bon Frère
A , le
Lettre de S* M* le Roi de* • • • à S* A» S. le Prince de. . é •
Monsieur mon Consin,
L'intérêt qne V. A. S. a toujours pris aux éyénemens qni concernent ma personne et ma maison , me donne la confiance , qu'elle partagera la satisfaction que me fiiit éprot^ver le mariage de ma très-chère 6Ile. • • princesse, arec son À. R« le prince. • • , mon neveu ; la célébration solennelle en a eu lieu à • • • le 1 4 de ce mois* Je profite avec empressement de cette occasion pour exprimer àV. A. S* l'intérêt réciproque que in'inspire tout ce qui peut influer sur son bonheur et sur celui de sa famille j et pour lui renouveler l'assurance du sincère attachement y et de la haute estime , avec lesquels je suis ,
Monsieur mon Cousin,
De votre Alteste sérénissime , le bon Cousin ,
le