C.y etc i5 .^ 56 444 20 looo
L'empereur* • • 44 ^^ ^^'i
Le roi de France. 55 88 5oi ii5o
Le ministre • •. . 26 90 101 2020
Le cardînaL • • • 5o 5oi 4^^ '^
L'armée des alités. 80 95 1020 888
Ârantage, • « • 18 75 65
Dësonir, etc. • • 22 79 io5 etc.
On a soin de ranger par ordre alphabétique les noms substantifs , les verbes et les phrases selon leurs lettres initiales, pour la commodité du chiffreur ; et Ton emploie divers nombres , dont lechiffi-enr peut se servir à son choix , pour désigner le même mot, afin qu'en cas d^accident, il soit plus difficile de déchiffrer la dépêche.
Les articles dWe dépêche qui méritent le secret , se chiffrent tout au long ; on n'y écrit point de mots en caractères ordinaires , parce que ces mots j quelque indifférens qu'ils puissent pa-
— ifi« —
raître ^ se trouvant dans le chifire , peuvent faire deviner une partie du reste , ou du moins dëcou* vrir la matière qu^on traite. Il ne faut pas négliger de distinguer tous les mots par un point qu'on met derrière chaque nombre , puisque , sans cette précaution , une dépêche serait indéchiffrable pour le correspondant , qui ne pourrait se servir de sa clef, et qui veiTait les nombres confondus.
Le chiffre déchiffrant marque , dans la première colonne à gauche, tous les nombres dont le chiffre chiffrant est composé , depuis le plus bas jusqu'au plus haut , dans leur ordre naturel ; et la colonne contient le mot , la phrase ou la lettre que chaque nombre désigne. Lorsqu'on veut déchiffrer quelque dépêche, on cherche dans le chiffre déchiffrant la signification de chaque nombre qui se présente ^ et on Fécrit au-dessus, entre les lignes , lesquelles , à cet effet , doivent être espacées convenablement , et les nombres éloignés les uns des autres à une juste distance. On peut aussi déchiffrer sur une feuille séparée ; mais l'ouvrage est plus long et plus pé« nible , quoique en général il soit moins difficile de déchiffrer que de chiffrer.
Pour peu qu'on soupçonne que les chiffres ont été vendus , dit un auteur, on trompe la puissance qui a feit l'acquisition de notre. chiffre, par son
propre artifice. La Cour écrit à son ministre^ ou le ministre mande à sa Cour ^ le contraire de sea Yeritables intentions , ou des nouvelles qu'on veut se communiquer* On met ensuite un signe, une marque, un caractère, un mot, ou une phrase (dont on est convenu avant le départ du négo* ciateur ) , qui annuité non-seulement tout ce qui vient d'être dit , mais qui désigne aussi que Foa doit Fentendre dans le sens oppose, et c'est ce qu'on appelle le chiffre annulant. Lorsqu'on découvre qu'une puissance essaie de corrompre nos employés , et d'obtenir par ce moyen la clef de DOS chiffres, on lui fait parvenir adroitement un faux chiffre , et on l'induit en erreur eu écrivant mille contre-vérités. Sur ces entrefaites, on envoie les véritables , ou par des courriers , ou par d'autres voies indirectes. En fin l'industrie des hommes, aiguUlonnée par l'intérêt et la nécessité, a inventé et invente encore tous les jours des chiffres et des règles pour les déchiffrer, des piégés pour y prendre l'ennemi, et des moyens de s'en garantir soi-même. Un volume entier ne suffirait pas pour exposer en détail toutes les inventions de cette nature , connues dans les cabinets des ministres et des négociateurs.
La Cour donne quelquefois un chiffre différent à chacun de ses ministres dans les pays étrangers ;
mais comme il importe souvent au bien des affaires gënëralea que ces ministres lient entre eux des correspondances particulières , on leur remet an chiffre banal qui leur est commun à tous j et doat ils peuvent se servir pour se communiquer des nouvelles bu des découvertes importantes. 11 eet fait sur le modèle des autres chiffres. Au reste, Tart de déchiffrer sans clef est un art aussi pénible qu'incertain ; et quoi qu'en disent des hommes qui se vantent de tout déchiffrer à force de travail et de patience , nous pourrions citer tel chiffre qu'ils ne devineront jamais. Les livres qui traitent de l'art de déchiffrer nous donnent des règles bien vagues et bien peu satisfaisantes ; toute leur théorie est fondée sur des conjectures ; et un déchiffreur qui a de l'habileté , ne doit souvent sa réputation qu'à la négligence de ceux dont il devine le chiffre. Ceux qui se vantent, dit Voltaire ^ de déchiffrer une lettre sans être instruit des affaires qu'on y traite^ et sans avoir des secours préliminaires, sont de plus grands charlatans que ceux qui se vanteraient d'entendre une langue qu'ils n'ont point apprise.
Le^chiffre à simple clef est celui où l'on se sert toujours d'une même figure pour signifier une même lettre , ce qui peut se deviner, avec quelque application , et sur les moindres données.
Le cfaifire k double clef est celui où Ton change d^alphabet, à chaque mot, ou dans lequel ou emploie des mots inutiles.
Une manière qui est plus simple , et qu'on peut même rendre sûre ayec quelques précautions, est de convenir d'un très ancien livre peu connu , et qui a eu des éditions différentes. On compose la clef de trois chiffires : le premier marque la page dû livre que Ton a choisi ; le second en désigne la ligne ; et le troisième marque le mot dont on doit se servir. Cette manière d'écrire et de lire ne peut être connue que de ceux qui devineront d'abord le titre du livre dont on se sert, et ensuite l'édition de ce livre; elle présente d'autant plus de difficulté, que le même mot, 8e trouvant en diverses pages du livre, il est presque toujours désigné par difierens chiffres : le même chiffre revient rarement désigner le même terme.
Nous terminerons par une remarque sur l'exécution manuelle du travail. Il paraîtra minutieux peutrêtre de recommander aux chiffreurs la formation correcte des signes qu'ils emploient dans les dépêches cryptographiées , néanmoins il nous est permis d'espérer qu'ils nous pardonneront cette observation, en apparence puérile, lorsqu'ils auront lu la citation suivante qui est extraite des TOME n. g
et lier ses phrases en les joigaani naturellement
€t sans recherche sensible.
n importe .surtout que les entretiens sur affaires j les discussions verbales soient bien expliques. Cest ici qu^il faut employer toutes les couleurs de la diction pour reproduire toutes les nuances de la parole. L'expression j toutefois fidèle, doit être tour à tour vive et fraîche, réfléchie et profonde; en un mot, telles qu^ëtaient les paroles qu'elle doit rendre. S'il est essentiel que le rapporteur n'omette et n'ajoute rien , il n'importe pas moins qu'il ne dénature point les discours par la narration , et qu'il n'empêche pas de juger du sens des paroles , en renrersant les expressions. Il doit donc avoir fait une étude toute particulière de cette partie du style de ses dépêches , et ne pas croire avoir satisfait à son devoir, si, en reproduisant les paroles , d'un entretien , il n'est parvenu à en rendre le vrai sens.
3^ Nous avons nommé en troisième lieu le texte délibératif des dépêches. On entend sous cette dénomination la partie du rapport d'un agent diplomatique , par laquelle il rend compte de sa négociation , expose l'état des affaires , demande des ordres particuliers à son gouvernement^ lui fait des représentations sur des doutes ou des observations survenues, et , en un
— ISi —
mot, dans laquelle il traite de consultations OQ délibérations. Il serait tout aussi difficile de fixer des règles pour les variations du style admises dans cette partie essentielle du corps des dépêches , que de faire Ténuméràtion des objets mêmes auxquels on aurait à les appliquer. Nous Dous bornerons à observer, que dans le style délibëratif , il convient d'abord de tout dire, afin de tout soumettre à la réflexion. Ici la recherche de concision serait non-seulement déplacée, mais elle pourrait même nuire à Feiqposition. On doit s'attacher à . reprendre sou sujet sur tous les points , pour qu'aucune obscurité ne subsiste : on doit , pour cela même , éviter avec le plus grand soin toute expre^ssion louche .et ambiguë, et rejeter toute phrase qui nécessiterait une interprétation ultérieure. Les argumens perdent leur force , lorsque les termes dans lesquels on les offire , ne sont pas concluans , et jamais on ne sera parvenu à épuiser son sujet , si on ne l'a exposé avec des expressions claires et analogues.
Le ministre aura soin cependant de ne point Êitiguer l'attention par des longueurs , et d'éviter toutes les observations et réflexions superflues > ou qui ne seraient point en rapport nécessaire avec son but. Lorsqu'il se verra dans le cas de donner son opinion sur les affaires et sur les
— ISfi —
mesures à prendre , il fera un choix prudent -d'ex* pressions , afin de ne point paraître vouloir faire des représentations qui pourraient dëplaire, ou prétendre éclairer le gouvernement, dont il attend les ordres. Enfin , il redoublera de prudence et de soin pour la tournure de ses phrases , lorsqu'il sera obligé de faire à sa Cour quelque communication désagréable ; il modérera les choses par les paroles , toutefois sans les dénaturer , et témoignera la peine qu^il ressent de se voir l'organe d'aussi fâcheuses nouvelles.
Quant à la forme des dépêches , elle est exactement la même que celle de toute autre lettre. Oa se sert de Tallocntion et de la courtoisie finale ordinaires , en les modifiant suivant que l'exige la qualité des personnes auxquelles elles sont adressées , ou que le demande le style de chancellerie de la mission , s'il y en avait un qui fût particulièrement introduit. Lorsqu'on a quelque nouvelle ou quelque réflexion à ajouter après la conclusion de la dépêche, on en fait un post-scriptum , qu'on ^e coutente souvent de signer sans répétition de courtoisie.
' La relation générale , faite par un ministre , à la fin de sa mission , et dans laquelle sont récapitulés tous les points principaux de la négociation , s'appelle un rapport. Les formes et les règles du
style j sont les mêmes que dans toute autre dépêche; le contenu seul établit la différence. Le rapport que rédigea M. de Yergennes , au retour de sa mission de Gonstantinople ^ est un modèle en ce genre.