TOME n. I
Les nations ne pouvant traiter immédiatement , ni par elles-mêmes, ni par les chefs de leur gouyernei^ent, un seul moyen se pr^ntait ; il fallait con&er à des ministres cette importante mission y leur donner des pouvoirs assez étendus pour la remplir ^ et les investir du caractère sacre de la représentation de l'Etat. De là , Forigine des ambassades.
Le but que se proposent les puissances par rétablissement d'une pareille mission , est non seu* lement de préparer et- de conclure des traités j mais aussi de veiller aux rapports légaux j conventionnels et politiques qui existent entre elles.
Les puissances européennes y au moyen âge , n'envoyaient des délégués munis de pleins-pouvoirs que temporairement , et lorsqu'une affaire import aiite rendait cette mesure nécessaire ; mais dès la fin du seizième siècle, une foule de raisons impérieuses leur fit sentir le besoin d'établir des conununications non interrompues , qu'une simple correspondance n'aurait pas suffi pour entretenir ; et parmi ces causes , il faut placer au premier rang , les grands rapports de commerce ouverts par la découverte de l'Amérique et la nouvelle route aux Indes orientales ; lés relations littéraires, étendues au moyen de l'iraprîmeriè et activées par la réforme; le soin des intérêts
réciproques des paiissances, devenu plus facile depuis qu'un nouvel ordre de choses eut mis un terme aux troubles intérieurs; enfin les rapprochemens que nécessita le danger commun dont les menaçait souvent la force prépondérante d'un prince ambitieux.