‹ Traite complet de l'anatomie de l'homme: comparée dans ses points les plus importans, a celleChapitre 3 sur 12 · DES OS OU DE L'OSTÉOLOGIE · texte numérisé non relu

DES OS OU DE L'OSTÉOLOGIE

§ V\ — Considérations générales sur le Sfsième osseux , ei sur les Parties dures

qui en tiennent lieu*

Le fondement sur lequel s'appuie Fédifice entier du corps de rHomme et des autres Animaux vertébrés et à sang rouge, les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons , est une sorte de charpente intérieure , dont les nombreuses pièces , mises en mouvement par les muscles qui les recouvrent , et ar* ticulées les unes avec les autres , portent le nom collectif ^Os , soit qu'elles forment des cavités protectrices pour les centres nerveux et vasculaire , soit qu'elles servent de soutien aux membres pour la locomotion.

Ces Os, partie passive de l'appareil locomoteur et dont aucun n'est extérieur, sont les organes les plus durs , les plus solides , les plus secs , les plus compactes , les plus résistans du corps de ces animaux \ peu flexibles , non exteùsiblés , et cependant évidemment doués d'tme certaine élasticité , surtout dans les jeunes sujets , ils peuvent se briser avec facilité \ en général , leur couleur est d'un blanc opaque, jaun&lre ou rougeàtre à l'extérieur, d'un rouge plus ou moins foncé à

rintérieur quand ils sont frais. Une membrane fibreuse, appelée périoste \ les revêt immédiatement à Textérieur^ et un fluide huileux les abreuve dans tous leurs points.

Nous examinerons successivement leur structure mécanique > leur nature chimique, et les variations qu'ils subissent dans les diverses classes d^animaux.

Les Os reçoivent leur nourriture du sang que des artères y apportent, et dont le résidu est repris par des veines qui accompagnent celles-ci. On n*a point encore pu y apercevoir de vaisseaux lymphatiques -, mais le professeur Duméril et quelques autres anatomistes , depuis lui , ont vu des nerfs pénétrer dans leur tissu conjointement avec les artères. Les phénomènes de la formation du cal à la suite des fractures , une longue macération dans une eau acidulé, démontrent que les os contiennent beaucoup de tissu cellulaire.

Mais , en examinant ces organes sous le rapport de leur composition intime , on remarque que deux élémens principaux les constituent ^ savoir : d'une part , un parenchyme organisé , formé par de la gélatine ; de l'autre , une substance inerte , salino-terreuse , qui remplit les aréoles, les mailles de ce parenchyme, et qui ne se trouve au milieu de ces parties vivantes que pour leur donner une dureté , une solidité indispensables à l'exercice des fonctions qui leurs sont dévolues.

L'existence du parenchyme organisé des os est clairement démontrée par :

i^ Leur macération dans un acide minéral étendu d'eau , lequel enlève la substance saline , et laisse intact un corps mou , souple , flexible et cartilagineux de la même figure que Tos soumis à l'expérience \

2^ Leur ébullition dans le digesteur de Papin , qui produit un efiet contraire ; le parenchyme dissous forme une gelée, et l'os réduit, pour ainsi dire, à son squelette , conserve sa forme , mais est devenu friable * ;

3® L'efiet de certaines maladies, dans lesquelles les os deviennent mous et presque cartilagineux ^ ^

Si, au contraire, on calcine un os, on détruit sa portion gélatineuse et l'on obtient l'autre élément, qui est blanc ^ friable et cassant , à moins que le feu n'ait été poussé assez loin pour le réduire à un état de demi-vitrification, de por-cellanisation.

Si on le laisse long-tems exposé aux injures de Fair, il tombe en poussière par la même raison.

' «fpc auêffur ,o9Tgov , os,

' Cest ce qui arrive encore quand , par le procède de MM. Gadct-de-Vaux et D^Arcet , on extrait la gelatiae des os ccaeasaës.

' G*e8t ce qui arriye dans le rachitis sp^îalement, et voilà pourquoi plusieurs Dosologistei modernes ont donné à cette affection morbide le nom ^osiéomalaxie , comme qui dirait : ramollissement des os.

Si Ton verse de la potasse dans le liquide acide où un os a été en partie dissous, la matière terreuse se précipite.

Quelques maladies , enfin , le cancer entr'autres , rendent les os trcs-fragiles , à cause de la proportion relativement plus grande de cette dernière matière.

Voilà quatre preuves diverses de Texistence d'une substance inorganique dans les os, à opposer aux faits qui démontrent celle de leur parenchyme gélatineux.

La coinposition intime de la substance des os est à peu près la même dans tous les animaux. La gélatine et la graisse représentent plus de la moitié de leur poids; l'autre partie de ces organes est due à la matière inorganique , formée généralement elle-même par des phosphates de chaux , de magnésie , de fer, de manganèse , par du carbonate de chaux ; enfin , par de la silice et de l'alumine , ainsi que l'a démontré M. Vauquelin. On a cru aussi y avoir rencontré du sulfate de chaux, du fluate de chaux, du phosphate d'ammoniaque et de la soude. Mais c'est , sans aucun doute , le phosphate de chaux qui est le principe le plus abondant dans les os , et voilà pourquoi , par la suite , et à l'exemple des anatomistes les plus recommandables, sacrifiant une exactitude minutieuse à la clarté, nous désignerons sous le nom de phosphate de chaux tous les matériaux inorganiques des os , tant ce sel lui-même , que les autres produits du même genre découverts dans les analyses les plus récentes.

Quoi qu'il en soit, d'après les expériences du célèbre chimiste Berzélius ', les os .de THomme contiennent :

Matière animale et gélatine soluble 32, 17

Substance animale insoluble i^iS

Phosphate de chaux * 5i, 4

Carbonate de chaux. . ! 11, 3o

Fluate de de chaux a, o

Phosphate de magnésie' i?i6

Soude et hydro-chlorate de soude 1,20

' Gehlev, Joumaljûr die Chemie ; (III, i,p. i.)

' GVstle chimiste Schëele qui a annoncé le premier que la partie terreuse des os était du phosphate de

chaux.

» Suivant Fourcroy et Vauquelin {Annales de Chimie, tom. xlyiT, n° i4i ), d'une part, el Hildebrandt (voyez UJournai/Ur Ckemie und Phfsik de Schweiger, tom. viii, p. 1 ), de l'autre, les os de l'homme ne contiennent point de magnésie.

Ceux du Bœuf, d'après Fourcroy et Vauquelin , contiennent approximative ment :

Tissu cellulaire se fondant en gélatine 5o

Phosphate de chaux 87

Phosphate de magnésie i,3

Sous-carbonate de chaux 10

Alumine

Silice

Oxyde de manganèse ^ • • •. • • ''7

Oxyde de fer

Perte

Les divers élémens dont il vient d'être question forment, par leur réunion, des fibres d'une nature identique dans tous les os , mais qui se présentent sous deux aspects difierens. Aussi a-t-on , quoique la densité du tissu osseux soit partout très-grande, distingué, dans la structure de ces organes, deux tissus, le lïssu ceUuleux, aréolaire ou spongieux, et le Tissu compacte ^ qui, du reste, ne sont qu'une seule et même substance diversement disposée ; raréfiée dans une partie , condensée dans l'autre et arrangée d'une manière spéciale dans chaque sorte d'os , ou dans les diverses régions d'un même os.

Le premier de ces tissus est le résultat de l'entrecroisement d'une foule de lames, de filamens , qui se dirigent dans tous les sens , et laissent entr'eux des vacuoles ou des cellules d'une étendue variable , d'une forme en général très-irrégulière , et qui communiquent toutes ensemble ( pi. y, fig. i , i , &,* fig. 3 , fig. 4 ) » comme on peut s'en assurer en y faisant passer du mercure. Ce tissu occupe presque constamment l'intérieur des os (pi. v, fig. i i , 6) : les cornets inférieurs du nez , selon la plupart des anatomistes , font seuls exception *, nous examinerons plus tard cette dernière opinion et nous saurons jusqu'à quel point elle est fondée.

Le lïssu rétkûlaire des auteurs ( pi. v, fig. i , e,e, fyfy fig. 5 ) , n'est qu'une variété du tissu celluleux , où les cellules sont plus vastes et où les lames et les fibres qui les circonscrivent sont beaucoup plus minces et plus fines.

Le Tissu compacte ( pi. v, fig. ly a^a; fig. a , a , a , a ,* fig. 5 , a, a ,* fig 6 , a , a) , est formé par des fibres juxta-posées de manière à ne laisser aucun intervalle entr'elles, sans tenir cependant les unes aux autres par de petites chevilles , ainsi que l'avait imaginé le professeur romain Gagliardi. Ce tissu est , en général , cortical ,

c'est-à-dire, répandu à la surface des os, et tapisse les ouvertures diverses qu ils peuvent présenter. Quoiqu à Toeil nu , on n'y aperçoive pas les intervalles des fibres ou lamelles qui le composent , celles-ci cependant sont percées de trëspctits canaux visibles au microscope, et longitudinaux en particulier dans les os longs.

La^grandeur des os varie beaucoup ^ quelques-uns ayant le quart, le cinquième, le sixième de la longueur du corps des animaux où on les examine ' ; d'autres offrant un diamètre qui en représente à peine la 10,000* ou la 100,000* partie '.

Leur forme est constamment symétrique ; les uns étant impairs et méd^'ans ; les autres latéraux et pairs, et situés à droite et à gauche de la ligne médiane à une distance plus ou moins grande.

Dans les premiers, chacune des deux moitiés latérales est semblable à l'autre ^.

Dans les autres , chacun des os est semblable' à celui du coté opposé du corps ^.

Sous le rapport de la figure , on a distingué les os en longs , en plats et en courts^ suivant que la longueur ou la largeur prédominent dans leurs dimensions^ ou qu'elles sont égales à l'épaisseur. Cette division, fondée sur le rapport qu'ont entr'elles leurs trois dimensions géométriques , est cependant sujette à quelques exceptions, et l'on, observe en effet certains os qui , sous un point de vue , appartiennent à la classe des os longs , tandis que, sous un autre , il faut les ranger parmi les os plats; telles sont par exemple , les cotes ; telle est aussi la mâchoire inférieure ^ , etc.

i® Des Os longs, Ossa longa seu cylindrica.

Les os longs, spécialement destinés à la locomotion, se rencontrent dans les membres où ils constituent des colonnes brisées ^ articulées , et ou ils sont d'autant plus longs et moins nombreux qu'on les exaôaine plus près du tronc. Leurs Extré^ mités sont volumineuse , renflées \ leur partie mayenne , qu'on nomme leur Corps ou leur Diaphyse, est rétrécie , le plus souvent de la figure d'un cylindre légère-* ment prismatique , à trois arêtes , arqué ou courbe et tordu sur lui - même. Leur centre est creusé par une cavité cylindrique, qui est appelée le Canal médullaire

' Le fémur , Phumëri^^, le tibia , etc. , sont dans ce cas.

* Tels sont les osselets de l'ouïe , du carpe, du tarse, les dernières phalanges des doigts ou des orteils, etc.

' Le frontal , Toccipital , le sphénoïde , le sacrum , etc. , peuTent être app'^rtés ici en preuve.

^ Il en est ainsi des os maxillaires supérieurs, des omoplates, des os coxanz , des os de la pommette, des eMfs , des rotules , etc.

* Ce sont les os de ce genre que oertains antcars oat appela (h mixtes, Osto mixta.

( pl. T , fig, i y fy f, fig. a 9 i) , qui donne plus de force à Toft sanft augmenter la quantité de substance qui entre dans sa coinpositi0&, qui le rend plus léger d ailleurs, et est d'autant plus développée qu'on est plus avancé en âge. Cette cavité est comme divisée en plusieurs loges par les filets du tissu réticulaire dont nous avons parlé naguère , et qui sont étendus en différens sens d'une de ses parois à l'autre '.

Le corps de ces os , plus blanc que le reste de leur étendue , est surtout formé par un tissu compacte lisse et trës-épais , dont une couche mince seulement recouvre le tissu spongieux , comme fibro-cellulaire , abondant et lâche , qui , presque exclusivement , en remplit les extrémités. Les fibres qui le composent ne sont pas simplement disposées longitudinalement, ainsi que le croyait Clopton Havers '. Elles s'inclinent en diverses bçons les unes sur les autres , s'unissant fréquemment par des fibrilles transversales et obliques, et constituent des plaques superposées à peu près de la manière indiquée par le professeur romain Gagliardi '^ par Reichel * , par Havers lui-même , et plus récemment par le docteur Medici * .

a"" Des Os plats ou larges, Ossa plana ^ Ossa lata.

Ces os sont, le plus souvent, destinés à protéger des viscères importans, et forment , en se réunissant plusieurs ensemble, les parois de certaines cavités , comme celle du crâne j celle du bassin , etc. Aussi , pour la plupart , sont-ils convexes sur une de leurs faces et concaves sur l'autre.

Us sont presque tous contournés sur eux-mêmes, et leur circonférence, en général UA peu renflée , sert à des articulations ou à des insertions musculaires. Elle est ^néralement aussi demi-circulaire , quadrilatère ou polygonale.

Us sont formés par du tissu celluleux renfermé entre deux tables minces de tissu compacte à fibres souvent rayonnées et divergentes du centre à la circonférence. Aux os du crâne en particulier , ce tissu ceUuleox a reçu les noms de Diploë ei de MeditailUunu

* Le tissu réticulaire , simple Tar eU^ du tissu spongieux , ne paratt même avoir d^autre usage connu que celui-là.

* OsiBolof^a nova ,orsome new Obserpatians on the Bones, London , i6gi , pag. 33 , 37. \ Anatome Ossiian novis invetifii iUustrata* Romic , 1689, in-80.

^ Ueossmm ortu aique stmetwrd , Lii>sii , i960.

* Ssperiente intomo aila Teaitura organka dtiU ossa. {Opusc- scicnitfici di Boiogna, Tom. ir , 1S18).

3° Des Os courts^ Ossa crassa.

Les 08 de cette sorte sont constamment peu volumineux, et, en général, globuleux, tétraëdriques , cuboldes , cunéiformes ou polyédriques, ils se trouvent rassemblés en grand nombre dans les régions qu'ils occupent , comme au tarse , au carpe , à la colonne vertébrale. Leur superficie , toujours très-irrégulière et trèsinégale , présente beaucoup de cavités plus ou moins profondes , et d'éminences ' plus ou moins saillantes, et, de même que les os plats , ils ne sont point creusés par un canal médullaire. Leur blancheur, chez Fhomme, au moins, n'est jamais aussi grande que celle de ces derniers et de la diaphyse des os longs.

Le plus communément aussi , ils ne se touchent que par de larges surfaces. Du tissu cclluleux , enveloppé d'une lame compacte peu épaisse , à fibres entrecroisées dans tous les sens , les constitue presqu en totalité.

Telles sont les formes générales du système osseux chez Fhomme , au moins en particulier ^ car nous devons noter que , dans chacun des animaux vertébrés , la structure , la substance , les dimensions, la densité des organes qui le composent par leur réunion, varient beaucoup, et que le même os peut changer tellement d'apparence, que, dans telle espèce , il appartient à une tout autre classe que dans telle autre , sous le rapport des dimensions géométriques par exemple et abstraction faite de la question de savoir s'il faut appeler os et squelette toutes les partie» dures et sèches du corps des êtres animés , celles qui en déterminent la forme et en facilitent les mouvement , ou s'il faut réserver ces dénominations aux parties dures des animaux vertébrés uniquement. Le nombre même des os ne saurait être fixé d'une manière rigoureuse j il varie non-seulement pour les classes , les ordres , les familles , les genres ou les espèces de ces animaux , mais il présente une foule de variétés individuelles , indépendantes de l'âge ou de toute autre circonstance habituelle et constante , et quelquefois même pouvant être considérées comme des accidens dans le mode de développement , comme des aberrations dans la série des phénomènes qui constituent l'ostéose , suivant qu'on examine des sujets de tel ou tel âge , et même des sujets du même âge.

Entrons à ce sujet dans quelques détails.

Dans tous les animaux à sang rouge , les Mammifères , les Oiseaux , les Reptiles et les Poissons, les os ont une organisation et une manière décroître bien différentes de celles des parties dures qui les remplacent dans les animaux invertébrés. Mais , parmi ceux-là même , de nombreuses différences se retrouvent d'espèce en espèce ,

«lon-seulement à Tcgard du squelette entier , maïs cîncore par rappdrt a cWqae W en particulier.

Le tissu des os de rtiomme, par exemple , est constammc^it plus fin , plus serre , ^lus dense par conséquent que celui de la plupart des quadrupèdes; les lames de sa «pongiosité sont tantôt minces et rapprochées (pi. v, fig. 3, 4 ) » ^^ tantôt fibrîlleuses, longues, déliées, et comme réticulées (pi. vi, fig. 5). Dans les autres Mam*miferes, ce tissu est en générsll plus grossier, et dans les Cétacés, spécialement datis ies Baleines, les Dauphins , les Marsouins, les Cachalots , il est plus lâche, composé de cellules moins étroites , d'aréoles plus vastes , formé de lames plus larges , et jamais il ne sert à former les parois d'une cavité médullaire centrale dans les os même les plus longs.

^uoi qu'il en soil , chez tous les MAMMirôREs , à l'exception de ces derniers, là

texture du tissu osseux est à peu près de la même nature que chez l'Homme , ainsi

-qu'on peut le conclure de l'examen approfondi des os sains et malades , des os entiers

•€t privés de substance terreuse, des os avant et après leur complet développement^

<^n^orte que , dans les animaux de cette classe , on peut considérer la fibre osseuse

comme très-analogue à la fibre cellulaire, et comme, seulement de plus qu'elle >,

chargée d'une quantité considérable de matière calcaire , contenue dans des cavités

e&tremement étroites, à peu près comme l'eau e^t emprisonnée datis le tissu d'une

éponge humide. Elle y forme , de même "que dans l'espèt^e humaine , en effet , une

4rame aréolaire, comme celle des autres tissus , mais qui ne saurait être considérée.,

^nsi que le veulent quelques-uns, cominfe le résultat d'une combinaison intime de

gélatine et de phosphate de chaux , et , encore moins , malgré l'autorité de l'illustre

Mascagni , comme une <:ollection de vaisseaux absorbans remplis de ce même sel.

Les os des Mammifères ne sont donc que des parenchymes celluleux , dans les vacuoles , les aréoles desquels sont contenus de petits crystaux , dont ils séparent les molécules du sang en circulation , et dont ils ^'encroûtent par une force inhé^ rente et particulière à leur base organique.

•Plusieurs xi'entre ces animaux aussi , comme les Cétacés et les Phoqtièà , be présentent aucune trace du canal médullaire "à l'intérieur de leurs os longs. D'autres , oomme l'Homme, le Cochon, le Bœuf, le Mouton, etc. , ont plusieurs de leurs os plats creusés par des cavités vides, auxquelles on donne le nom de sinus.

Quoi qu'il en soit encore , les os , dans cette classe d'animaux , qui plus que -toute autre a été soumise aux investigations des anatomistes, outre les différences 4e composition relatives à l'âge et aux individusr sous le rapport de la proporlioa •de la substance aniaiale et de la matièrç inorganique , n'offrent point tous exacte^ •ment ces élémens en quantité égale dans le même individu : c'est ainsi que , dans l'Homme , les os du crâne contiennent communément un peu plus de phpspbale de

chaux que les autres , et que le rocher en présente plus qu aucune autre partie « comme il conste des observations de John Davy ' et de quelques autres chimistes.

Dans les Oiseaux , les os sont , en général , légers , fermes et élastiques. Ou aperçoit facilement la superposition des lames qui en forment la partie compacte. Tous 9 sans exception, même la mâchoire inférieure, les vertèbres et les os des iles, sont vides à Tintérieur ; mais leurs cavités, qui ne contiennent que de Fair et jamais de moelle, sont en ^communication directe avec les organes de la respiration.

Une pareille organisation est bien propre à réunir, dans ces os , la légèreté et la force dont ils ont besoin pour Texécution du genre de mouvement qui a été assigné aux animaux de cette classe. Elle éloigne, d'ailleurs, ceux-ci, d'une manière marquée» des animaux vertébrés à sang froid , chez lesquels les cavités des os sont habituellement rares et peu développées. \

Dans les Reptiles et les Poissons , les os montrent , en général, plus d'homogénéité que dans les Mammifères et les Oiseaux ; le parenchyme gélatineux est plusuniforr mément imprégné de la matière calcaire \ et , dans un ordre important de ces derniers , il semble même prendre le dessus, et masque, en quelque sorte, les molécules terreuses qui entrent dans la composition du squelette. C'est ce qui arrive, eil particulier , dans les poissons chondroptérygiens , comme les Raies , les Torpilles , les Requins, les Lumps, les Esturgeons , les Pastenagues , les Squatines, les Pèlerins, les Âiguillats, etc.

On ne rencontre ordinairement^ chez les Reptiles et les Poissons, aucune cavité médullaire , ainsi que l'ont noté Giov^ Caldesi ^ et M. Cuvier ^ à l'égard de la Tortue spécialement. Le Crocodile cependant , selon ce dernier savant , a des cavités de ce genre très-marquées dans ses os longs.

La surface des os , chez tous les animaux vertébrés^ est surmontée souvent par des éminences auxquelles on donne le nom général ^Apophyses ^ , et que , pendant les premières périodes de la vie, on désigne par celui d'Épiphyses ^ , parce qu'une matière cartilagineuse les sépare alors , assez souvent , du reste de Tos , ce qui n'a point lieu à une époque plus avancée de l'existence , où toutes les apophyses sont absolument continues à la substance des os, et forment corps avec elle.

' Moirto, ùutlinesofihe Anatomyofthehumanbody* — Edinb., 18 13. ' Osterpazioni intomo alie Tartarughe, Firenz. , 1687 « Î0'4^< ^ Ltfons d'jénatomie comparée, Paris^ mn yiit, ittdP , tom. i , pag. iio. * AwofwofMu , Nascor de , Exorior.

Emf^ofm 9 Adnascor.

(59) Le tableau suivant , que nous avons déjà publié dès 1816, dans notre Traité spécial de TÂnatomie de rbomme , est très-propre à faire connaître les espèces diverses d'Apophyses et leurs caractères particuliers.

servent aux articulations-

Les j Apophyses <^

) Têtes, qui sont à peu près hémisphériques.

Condyles , qui sont plus larges dans un sens que dans les autres, immobiles : on les nomme Engrenures , Dentelures , ou Racines,

Empreintes ; éminences inégales , peu prononcées , étendues en largeur., formées d^un grand nombre de petits tubercules très-rapprochés et séparés par d^ légers enfoncemens.

/d'après leur fo J^>«^f' ^"'^"«««^^"n^g^'^iPC»*»»"^»*^» / me générale \ ™*'* étendues en longueur.

j '^ * lCr^^5» éminences analogues aux lignes,

mais lisses et plus marquées.

Bosses^ quand elles sont arrondies, larges et lisses.

Protubérances et Tubérosités^ si elles sont arrondies et rugueuses.

! Apophyses épineuses ou en forme d*épine.

— styldides , ou en forme de stylet.

— coracdides , ou en forme de bec de corbeau.

— odonfdides , ou en forme de dent.

. — mastouies , ou en forme de mamelon.

M . . ( Trochanters , ou qui font tourner,

pnts ursusa- y Orbitaires , etc. , ou qui appartiennent à

8**' f r orbite, etc.

diaprés leur dî- ( Apophyses montantes.

rection et leur) — verticales, situation rela- j — transoerses.

tîve , ' — supérieures , etc.

la réflexion de certains tendons qui se dévient de leur trajet primitif, et on les nomme Apophyses de Réflexion.

correspondent à des creux (|ui existent sur la surface de quelques organes, et on les nomme Apophyses d'Impression,

sont destinées à

Vinsertion d'organes fibreux dont elles multiplient les points d^attaches : on les nomme ,

n faut noter que , dans les apophyses , la direction des fibres du tissu compacte ne suit pas celle des fibres du reste de Tos. Longitudinales dans celles de ces éminences qui sont alongées , elles marchent dans tous les sens dans celles qui sont grosses et épaisses ; mais , si ce n'est dans les bosses des os larges du crâne , jamais elles ne sont rayonnées.

Les Caidtés , les Enfoncemens de diverses sortes que les os ofirent aussi à leur surface servent ou à des articulations , ou à des insertions de muscles et de liga* mens , ou au passage de nerfs et de vaisseaux.

Dans le premier cas , ces cavités sont encroûtées de cartilage ; dans le second , elles sont hérissées d'aspérités*, dans le troisième, elles paraissent toujours lisses et plus ou moins arrondies.

Comme le» apophyses on éminences dont il a été question précédemment , lès^ cavités dont il s'a^t actuellement sont formées tantôt par un seul os , ce qui est le cas le plus ordinaire , tantôt par la rencontre de plusieurs pièces osseuses , mais jamais , ainsr qu^on est trop habituellement disposé à te penser , elles ne sont le* résultat d-une cause mécanique , d!une pression.

Ges^ cavités présentent non moins de variétés^ que les apophyses , les unes traversant , les autres ne traversant poinl L'épaisseur des os -, les unes servant aux arti;culations , les autres y étant totalement étrangères , etc.

Le tableau sui%'ant en donne facilement une juste idée.

arttculoi'irs , et oo tes appelle

Lt% Carats extéricares des Q8 sont

S Insertion^ qui sont dès

non arilcukures, oo

CotyloideSf quand elles sont hémis-

phëriqaes.

GUndides y quand elles sont larges et

peu concaves '.

Trocfdéesy quand elles sont creusées

en forme de poulie.s.

Facettes y quand elles sont presque

planes.

Ahéolesy quand elles sont coniqœs.

, de Réception^ qat^ Fosses ou Fossettes, si Tentrée est / sont d«s I plus large que le fond.

Sinus ^ si elle est plus ëUt>ite , et

qui, suivant tel ou tel cas en parti-

culier^rennent les noms de Cellule

etd^y^/i/>7r d'après leur capacité.

Empreintes, quand elles sont larges,

inégales , peu profondes '.

Roulures, quand elles sont étendues

en longueur, de Glissement, nommées aussi Coulisses ;, elles servent aa passage des tendons.

{Sillons , quand elles correspondent à des artères.

Gouttières , quand elles correspondent à des veines»

Echancrures , quand elles sont superficielles et pratiquées sur le bord des^s.

7Vvi£5,. quand elles traversenttde part

en part un os peu épais.

Canaux, si elles parcourent- dans Tos un long trajet, ou si elles sont formées par la superposition de plusieurs trous.

Fentes ou Scissures , si elLes sont longitudinales et fort étroites.

dé NutrUian m ( ''®^Ç*^* médullaire des os longs.

«^.«.».^ft*^J* j )le tissu celluleux des . extrémités de transmettent acs< a .1

«r«:«e^«..* ^^^» Ê CCS mêmes os , et des os courts, vaisseaux pour f iv «* ^

*^ \it tissu compacte.

de Transmission , qui sont dites

' Od Ici appelle auiti g&nes , suirant quelques ëcriTaim.

* Oo apnelle gënéralemeut EmprelnUs tous lit endroUt de la snr&ce dct.ot eà Iboitrouve une multitude? dl {«titf enfoocemcaf et d*atpérit<i peu taillantes tc^t-rapprochéet.

Le» cavités de nutrition , qui transmettenit des vaisseaux k rapparcil- méduUaiire sont très-prononcées (pL v, fig. a, c), et se rencontrent toujours sur le corps de» os long», où elles sont dirigées obliquement entre les fibres du tissu compacte ^ celles qui appartiennent au tissu celluleux sont constamment réunies en grand nombre , ce qui les différencie des précédentes , qui sont toujours uniques , ais moins cbez Thomme *, elles sont également très-apparentes ^ mais celles que Vorn remarque sur le tissu compacte , ne sont que de véritables pores très-déliés et vendus surtout visibles par le sang qui en. sort dans l'état frais.

Les os qui n'ont point été soumis aux altérations , aux modifications qjai sont la suite 9 la conséquence nécessaire de la squelettopée naturelle ou artificielle , présentent , dans leur organisation., quelques parties que ce genre d'opérations semble détruire. Tels sont le PeWo^ie^ qui les enveloppe dans la plus grande partie de Isos étendue^ \%MoeUe , qui les remplit et les abreuve \ les Vaisseaux et les Nerfs y qui leur fournissent les élémens de la nutrition et de la vie.

Le Périoste ' ou l'enveloppe immédiate des os , entoure ceux-ci dans toute leur étendue , excepté au niveau des surfaces articulaires amphiarthrodiales et diarthrodiales. Les dents seules , qui dîailleurs ne sont qpe de simples ostéïdes et noa de véritables os , en sont totalement dépourvues.

Cette enveloppe n'est autre chose qu'une membrane fibreuse , dense , résistante , surtout chez les vieillards , contenant beaucoup de vaisseaux , faiblement unie à l'os dans le premier âge de la vie , et servant de point d'attache à tous^ les organes fibreux de l'économie , si ce n'est pourtant au péri leste, à la scléro— tiqoe , au péricarde , aux capsules fibveuse&>du foie , de la rate , des reins , etc^

Cette membrane a reçu divers noms , suivant les parties qu'elle recouvre : aïk crâne , c'est le Péricrdne '5 sur les cartilages , c'est le Périchondre ' 5 sur les os ,> en général, c'est le* Périoste.

Sa surface externe est floculente, hérissée de filamens qui se confondent avec le tisiu cellulaire environnant , ou se continuent avec les lig^mens et les tendons^

Hinteme est unie à l'os par d'innombrables prolongi^mens qui accompagnent les^ vaisseaux de celui-ci au moment oh ils pénètrent dans son épaisseur. Plus les ok •OQt épais et spongieux , et plus l'adhérence est prononcée et solide ; plus , d auti^e part 9 ils appartiennent à des sujets jeunes , et moins elle est forte \ pour s'en^ convaincre , il suffit de comparer l'os d'un enfant à celui d'un vieillard.

LJépaisseur du périoste^ est» d'ailleurs ^ variable et proportionnée à lavascularité: des os*

''n/pCf autour, ooTier', or,- ^JUfÊL y autour , xpavcov , crâae<:

*IU^{t»autour , XP*^^» cartilage..

Sa texture ferme , dure , serrée , fibreuse essentiellement , se rapproche seulement un peu de celle des cartilages dans les endroits contre lesquels frottent des tendons , comme dans les coulisses de Textrémité inférieure de la jambe et de Fa* vant-bras. Sur plusieurs os , mais non sur tous^ la membrane dont il s'agit , a des fibres parallèles à celles de Fos qu'elle entoure , et plus longues à la surface externe qu'à Finterne. Elle fournit des prolongemens qui tapissent les canaux de transmission des vaisseaux, à travers la substance osseuse ; mais elle ne s'unit pointa lamem* brane médullaire , et, fort souvent, elle est peu.adhérente à la périphérie de l'os sur lequel elle se déploie. Les vaisseaux sanguins qui se ramifient dans son épaisseur, avant de pénétrer dans la substance de F04, sont extrêmement multipliés , comme on peut s'en convaincre en jetant un coup-d'œil sur la figure première de notre planche vingt-deuxième , et, sous ce rapport, le périoste diflCere manifestement de tous les autres^ tissus du système ligamenteux ou desmeux , quoiqu'il soit blanc^ nacré, resplendissant comme eux. On y a aussi suivi le trajet de quelques vaisseaux lym-^ phatiques \ mais jamais on n'y a constaté Fexistence des nerfs , ni celle de la teinte rouge que Fadministration de la garance comme aliment donne à la plupart des autres tissus.

Le périoste est d'abord mince et peu vasculaire avant Fépoque de Fostéose , moment où il acquiert de Fépaisseur, et où il est parcouru par une foule de vaisseaux.

.Depuis les recherches et les observations de Duhamel ' , on lui a attribué assez habituellement , mais sans preuves bien manifestes , l'usage de former les os, de se métamorphoser en substance osseuse \ mais il parait avoir simplement pour fonctions de réunir, dans Fenfance, les épiphyses au corps de Fos, de servir à Finsertton des ligamens et des tendons , de régulariser la distribution des sucs nourriciers des os.

Quant au Périchondre, il ne diSere du périoste , -proprement dit, que par une moindre vascularité, et il remplit, à Fégard des cartilages, les mêmes usages .que le périoste à Fégard des os, tout en donnant cependant à ceux qui sont minces et flexibles , une résistance à la rupture , une ténacité qu'ils ne possèdent point par

eux-mêmes.

Le canal médullaire des os longs , le tissu celluleux de leurs extrémités , le diploê des os plats , et Fintérieur des vacuoles spongieuses des os courts , sont remplis ou tapissés par une membrane mince , pellucîde , vasculaire , et distendue par un suc huileux , inflammable , jaunâtre ou blanchâtre , lequel , fluide pendant la vie , se présente sous la forme de paillettes ou de petits grains brillans après la mort.

Ce suc , qui est fourni par exhalation , a reçu le nom de MoëUe (MeduUa , Afe-

« Mémoires dei'jicademie royaledes Sciences dé Paris, années 1741 , 154» , 1343-

dulla ossium) , et la membrane qui le produit, ceux de Tissu ou de Membrane mè* duUaire , ou de Périoste interne.

Ce que les anatomistes modernes ont appelé Système médullaire , n^est autre chose que Fensemble du fluide gras et de la membrane médullaire réunis (pi. Y, fig^ a, et pl« XXm, fig. 5 et 6), ensemble, sur lequel le Français Joseph Guichard Duvemey, dont le nom brille d'un si vif éclat dans les festes de Fanatomie ' , les Allemands Fr. Grutzmacher ^ et Isenflamm ^ , TAnglais Clopton Havers ^ , le célèbre Hollandais Albinus ^ , et le brillant Italien Mascagni ^ , nous ont laissé des détails précieux pu des figures exactes , dans lesquelles on peut prendre une juste idée de la manière dont ce tissu est formé par les anastomoses mille et mille fois répétés d'une multitude innombrable de vaisseaux sanguins , épanouis en un réseau des plus compliqués.

La MoëUe y non-seulement , remplit la grande cavité ou excavation médullaire du corps des os longs, et occupe, en petites collections, le tissu celluleux de leurs extrémités , celui des os courts , le diploê des os plats , où on lui donne le nom de suc médullaire ; mais elle pénètre encore dans les porosités dont le tissu compacte semble percé , elle coule dans les interstices des lames , des fibres , dont il est composé, et là, on Tappelle siu: huileux. Les sinus et les cellules aériennes des os du crâne seuls , n en contiennent point. Elle est composée des jnémes principes que la graisse ordinaire, seulement en des proportions différentes , puisqu'elle est plus fluide et plus jaune.

Au centre du corps des os longs , la moêUe a la figure d'un cylindre moulé sur les parois osseuses du canal, et offre, pour base , une membrane aussi mince quune Unie d'araignée , repliée sur elle-même un grand nombre de fois ; divisée en aréoles, en utricules, en vésicules, par des prolongemens qui passent de l'un de ses câtés k l'autre ) formée, dans tous les ca», d'un seul feuillet , comme on peut s'en convaincre ea approchant du feu , un os que l'on a divisé par un trait de scie *, paraissant principalement composée de vaisseaux ramifiés à l'intérieur du canal , soutenus par un tissu cellulaire , mou , lâche , fin , délicat , à peine visible , et résultant , comme celui de la pie-mère et du grand épiploon, de l'épanouissement de la gaine de l'artère qui s^engage dans le canal médullaire , pour s'y diviser aussitôt après son entrée , en deux troncs, dont les ramifications multipliées à l'infini , s'étendent aux deux extrémités de

> Mémoires de V Académie royale det sciences de Paris f ann^e 1700, pag. ig6.

* De Ossium Medultdf Lips., 1758.

^ Oeber das Knochenmarck , in Breitra^ , etc., chmb Isenflamm et Hosenmuiier, Leipz. , i8a3 , B.n.

* Ohservaiiones novœ de ossibus, Amstel, , 1731 , in-is , pag. 181 et cequenL ' Annotationes aeademictr , Lugd. Bat., in-4^, ^7^4* ^7^9*

^ Prodromo délia grande Anatomia , etc.

l'os , wont s'anastomoser avec les branche» vasculaires qui parcourent celles-ci em abondance , et sont accompagnées par les radicules d'une veine qui suit le même trajet , par des filets de nerfs assez faciles à suivre , et , quoiqu'on en ait nié Fexisr lence , fort bien observés par Wrisberg et par Klint , et démontrés par les expé^ riences curieuses de Duvemey, deBichat, de J. F. Meckel et de tous les cbirurgiens nos contemporains , et , probablement enfin , par un réseau de vaisseaux Jymphatiques^ dont on distingue les troncs à leur «ortie du canal médullaire.

Jusqu'à ce jour , on n'a pu découvrir encore de i^mifications nerveuses dans la membrane médullaire elle-même , quoiqive , d'après les expériences citées de Duverney , et de beaucoup xl'aiiitres , cette membrane soit , pendant la vie , le siège d'une sensibilité très-vive.

Quoi qu'il en soit , le système médullaire présente de nombreuses variétés spécifiques et individuelles. Le plus communément, dans lliomme en embonpoint, les vaisseaux , l'eau et l'albumine qui entrent dans sa composition, sont dans le rapport d'un à sept avec la graisse qui l'imbibe. Chez quelques sujets maigres , celle-ci ne constitue souvent pas le quart du fluide contenu dans les os longs, qui, chez les oiseaux d'ailleurs^ au lieu de moelle ne contiennent que de l'air-, fait propre à démontrer, contradictoirement à l'opiaion des Anciens, l'insuffisance de cette humeur adipeuse pour la nutrition immédiate des os.

Les fonctions de ce tissu sont de servir de réservoir ù un fluide adipt»ix trèssubtil, et de représenter , pour ainsi dire, à l'intérieur des os, le périoste qui les revêt extérieurement. En effet, des vaisseaux qui se ramifient à sa surface, les unss^enfoncent dans son épaisseur, pour servir à la formation du fluide médullaire, et les autres se portent au-dchors pour, concourir à la nutrition de l'os. Quand Haller et Blumenbach <mt avancé que la moelle contribuait à rendre les os plus flexibles , moins cassans , leur opinion est une erreur évidente, puisque les os des enfans, dépourvus de graisse , sont bien moins fragiles que ceux des vieillards^ dans lesquels la moelle est fort abondante. Quant à l'assertion de Duverney, qui a pensé, avec les Anciens, que la moelle était indispensable à la nutrition des os, elle n'est pas moins hasardée , car les oiseaux en sont privés , comme nous venons de le dire , et , dans révolution fœtale, les os se forment très-certainement avant la moelle^ qui n'y parait point tant qu'ils sont encore à l'état cartilagineux.

Ajoutons ici que le suc médullaire des os larges et des os irréguliers et courts, ainsi que celui qui remplit les vacuoles du tissu spongieux des extrémités des os longs , difiere beaucoup de la moelle qui est contenue dans le canal central de la diaphyse de ceux>ci« En effet, il n'est point entouré d'une membrane aussi distincte, il a moins de consistance, il parait moins gras, et sa couleur est rougeâtre.

Les vaisseaux des os n ont pas un volume considérable *, ils sont , en général , de deux espèces, comme nous Tavons dit ci-dessus. Quelques troncs artériels, peu nombreux , pénètrent dans leur substance même , tandis que d^autres se ramifient à Tinfini sur le périoste , avant de s'enfoncer dans leur tissu. Les premiers parviennent plus profondément , et servent principalement à la génération des sucs médullaires : ils semblent spécialement destinés à la membrane qui occupe par ses nombreux replis la cavité du corps des os longs , quoiqu'ils servent aussi à nourrir le tissu interne de ceux-ci ; les seconds se perdent dans le tissu compacte extérieur, tout en s'anastompsant fréquemment avec les précédens. (PI. xxii,fig. i).

Aux diverses sortes d'artères correspondent autant de veines, qui s'échappent des os par des ouvertures nombreuses d'un assez grand diamètre.

§ II. — De l'Ostéose ou Ostêogéwie ' , ou du Diçeïoppemenl des Os dans les

Animaux vertébrés.

Tant sous le rapport de la forme que sous celui de la consistance, du volume et de la composition chimique , les os , avant d'atteindre le terme de leur perfection , parcoiu*ent plusieurs périodes de formation dont la série des phénomènes, sous les noms âiOstéose, d'Ossification ou d'Osteogénie^ est digne de toute l'attention des observateurs , et a mérité en particulier celle des ana'tomistes les plus distingués , comme H. Eysson ^ , V. Coiter', R. Nesbitt ^ , Thom. Kcrkrîng^, J. Baster *, B. S. Albinus ^ , Duhamel • , Perenotti 9 , Haller »° , J. A. Ungebauer *' ,

' Ooîcov (Os\ et 71 vice ( {Naissance, Génération),

• Tractatus de Ossibus Infantis cognoscendis , conservandis et curandis , Groning. , lôjg, io-ia.

' Tractatus anatomicus de Ossibus Vœiâs abortiviet Infantis dimidium annum nati., Gron. 16^9, in-ia.

• Thehuman Osteogeny^ London^ lySS, in-8*».

' Osteogenia Fœtus, Lugd. Bat. » 1717*

' De Osteogenid, Lugd. Bat., 1781.

7 Annot, acadcmica, lib. VI et VII. — Icônes ossium Fœtâs humani accedit Osteogeniie brevis Hisforia , Lugd. Bat., 1737- ■ • Mémoires de V Académie royale des sciences de Paris, années 1739, 174» » '7^3, 1746.

' Mémoires de Turin; 1784 , tom. ii.

• Expérimenta de Ossium Formatione (Opasc. min. , 11 ).

'* De Ossium Trunci Corp. hum. Epiphysibus , etc. , Lipt, 1739.

C. F. Senff S J. F. Meckel % Hérissant \ J. Howship S M. Troja ^ , M. Medici * , Lebel 7, Serres ^, Béclard 9, SchuUze *^ , Dutrochet **, Bertin, Sue '', Bichat *^ , etc.

Au reste, après avoir atteint le terme de leur perfection, les os passent par des périodes successives de dégradation , et éprouvent , dans leur conformation comme dans leur composition , des changemens non moins notables que les phases de leur développement, pendant lequel, d'ailleurs, ils deviennent le siège de transformations d'autant plus singulières , que les divers états sous lesquels on les observe , répondent à des états analogues , mais permanens , chez les dîfférens animaux , et cela depuis leur première apparition jusquà leur complet achèvement. En effet , après avoir été , dans Torigine , presque liquides comme toutes les autres parties et comme le corps entier des derniers radiaires , ils deviennent muqueux et gélatiniformes , ainsi que certains polypes ] puis ils paraissent fibro-cartilagineux ou cartilagineux , tels que les pièces du squelette des poissons chondroptérygiens , et n'acquièrent qu ensuite la consistance qui les caractérise chez les mammifères , en général, sans quon puisse apprécier d'une manière satisfaisante la cause de ces transformations organiques , malgré les hypothèses plus ou moins ingénieuses accumulées dans les fastes de Tanatomie sur ce sujet obscur, depuis Hippocrate et Âristote, jusqu'à Bertin, Sœmmering, Scarpa, Mascagni , Bichat et Béclard , qui ont réuni , sur ce point de doctrine , une masse imposante de faits importans.

Il n'est en effet aucun système organique dont les anatomistes aient suivi plus rigoureusement les états divers , examiné avec plus de soin les caractères aux diverses époques de la vie.

' Nonnulla de incremento Ossium embryonum in priirus gravtditalU rnensibus f llalx, 1801.

* Deuisckes Archh.fur dit Physiol , B. 1, h. 4^

' Mémoires de l* Académie royale des sciences , i;68.

* Ejrper. and Observ. on the formation oj bone {Med.-chir, Transact. , vol. VI j LonJ. , i3i5). ' Osservationi ed esperim. suUe ossa ,'^2iYto\\ J 18 14*

* Vbi suprà,

7 Journal complémentaire des sciences médicales , tom. T , pag. Sog.

* Ibidem, tom. m , pag 307. — Analyse des Travaux de l* Académie royale des sciences , annce 1819. 9 Nouveau Journal de Médecine , tom. ly, 1819.

'^ Journal complémentaire , etc. , tom. ti , pag. 1 13.

" Journal de Physique, septembre 182a.

'^ Sur les proportions du squelette de thofnnUf examine depuis l\îge le plus tendre, etc. {Mém. pres-à CAcad. royale des Sciences, tom. Il, pag. 57a. )

'^ Anatomie générale f etc.

Quoi qu'il en soit , à une époque rapprochée du moment de la conception , les os , niuqueux, transparens, incolores, semblent croître par une sorte de végétation, et forment, d'un bout du corps à l'autre, un tout continu qui ne se divise que plus tard.

Chez l'Homme où la série des phénomènes de l'Ostéose a été plus particulièrement étudiée , ce n'est guère que vers la quatrième ou la cinquième semaine après la conception, que ces organes commencent à revêtir l'apparence de cartilages, dont la densité augmente ensuite par degrés ; apparence surtout manifeste pour les os ou les parties d'os qui s'endurcissent plus tard ^ mais moins distincte pour ceux dont la solidification est très-précoce , et ne se montrant pas à la fois dans toutes les parties du squelette.

Tous les os, en effet, ne s'imprègnent point de phosphate de chaux à la même époque. Leur état osseux commence à se montrer, pour les plus précoces , un mois après la conception ^ il en est d'autres qui , dix ou douze ans après la naissance , ne sont point encore complètement formés, et quelques points accessoires ne se développent guère même qu'entre la quinzième et la dix*huitième années.

Ainsi , suivant d'ailleurs le même ordre que la Nature a assigné à la cartilaginification, mais non toujours précédée par elle, puisque dans les os plats du crâne spécialement, il n'y a réellement pas de cartilage préexistant, Tossification est évidente à la (in du premier mois dans la clavicule , et ne tarde point à envahir successivement l'os maxillaire inférieur, le fémur, le tibia , l'humérus , les os maxillaires •upérieurs et ceux de l'avant-bras , où elle commence vers le trente-cinquième jour.

Au quarantième jour, c'est-à-dire , cinq jours plus tard , on reconnaît son travail dans le péroné , dans l'omoplate , dans les os du palais , et bientôt ensuite dans b portion prorale de l'occipital -, dans le coronal , dans les arcs de la première vertèbre , dans les côtes , dans les grandes ailes du sphénoïde , dans les apophyses zygomatiques , dans les phalanges des doigts , dans les corps des vertèbres moyennes , dans les os du nez et des pommettes , dans l'ilium , dans les os du métacarpe , dans les secondes phalanges des doigts et des orteils , dans les condyles de- l'occipital , dans !a portion basilaire du même os, dans la portion squameuse du temporal , dans le pariétal et dans le vomer.

Dans la dernière moitié de la septième semaine, on voit se développer les ailes orbitaires du sphénoïde et des apophyses dlngrassias , les os du mélatarse , les phakiages des orteils et les troisièmes phalanges des doigts.

Dans les dix jours suivans, la Nature s'occupe de la solidification du corps du sphé- Rjlde , de celui des premières vertèbres du sacrum , du cercle du tympan.

Vers deux mois et demi , l'appendice costiforme de la septième vertèbre offre des vestiges de phosphate calcaire.

Vers le milieu du troisième mois, le labyrinthe se trouve dans le même cas ^ mais

ce n est que vers la fin de ce mois que Tischium et Tapophyse plérygoïde interiK! manifestent lexislence de la matière inorganique dans leur parenchym e.

Ce n est qu'au milieu du quatrième mois que les osseleto du tympan , si durs , si compactes , deviennent osseux ; et cet état ne devient celui des pubis , du calcaneum , des troisièmes phalanges des orteils , des masses latérales de Tethmoîde et des comeU du nez , qu'après l'écoulement de la moitié du tems consacré à la gestation, n est un peu plus tardif encore pour les premières pièces du sternum. A six mois , l'apophyse odontoîdc de l'axis , les masses latérales et antérieures de la première vertèbre du sacrum et l'astragale , s'endurcissent.

A sept mois , il en est de même des cornets du sphénoïde , et plus tard de la crcte médiane de l'cthmoïde, du cubolde, de la première vertèbre du coccyx ^ mais ce n'est qu'un an après la naissance, que l'os coracoïde , le grand os , l'os crochu du carpe , le premier cunéiforme du tarse , subissent le travail de l'ostéose i qui ne s'empare de la rotule et de l'os pyramidal que dans le cours de la troisième année ; du troisième et du deuxième des cunéiformes , que dans celui de la quatrième \ du scaphotde du tarse , du trapèze et du semilunaire du carpe , que vers cinq ans ; du scaphoide du carpe » qu'à huit ans^ du trapezolde, qu'à neuf^ et enfin, du pisiforme, qu^à douze ans.

D'après ce qui précède , il demeure évident que l'ordre dans lequel les os com* mencent à paraître et à s'endurcir n'est assujéti à aucune règle , malgré les efforts qu*ont faits plusieurs auteurs pour établir des lois dostéogénic , la plupart toujours fausses dans leur application.

C'est ainsi qu^on a accordé , sous ce rapport , une grande influence au voisinage du cœur et des centres nerveux , parce que les vertèbres et les cotes sont très-précoces dans leur développement , et comme si le sternum et les os wormiens n^étaient pas des derniers à subir le travail de Tostéose.

On a cru aussi que les os les plus grands s'ossifiaient les premiers , et les autres successivement^ que les os longs se montraient les premiers^ qu^ils étaient suivis par les larges , et enfin par les courts \ que l'ordre suivant lequel ils se formaient dans le fœtus humain paraissait dépendre de celui dans lequel on les voit paraître dans la série méthodique des animaux , ce que paraissaient propres à démontrer la clavicule et les mâchoires , d'une part, si développées en effet chez les poissons, et , de l'autre , les os du bassin et des membres , si imparfaits dans les mêmes animaux et dans les cétacés ; enfin , que les divers degrés d'importance des fonctions de ces organes chez l'homme , que leur liaison plus ou moins intime avec les phénomènes de la vie dans les différentes classes d'animaux , que leur destination , en un mot, avaient une influence marquée sur le plus ou moins de rapidité avec laquelle s'opérait l'ossification.

Aucune de ces règles nest basée sur des obserrations bien exactes , et toutes sont sujettes à un grand nombre d'exceptions.

Quoi qu'il en soit, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le faire pressentir, l'ossification ne résulte point, pour toutes les pièces du squelette absolument, de la transformation d'un cartilage en os. La diaphyse des os longs et le centre des os larges très-précoces , dans lesquels Tostéose semble se faire d'emblée sans cartilaginification antécédente , et qui passent immédiatement de l'état muqueux à l'état osseux , peuvent être ici cités comme preuves convaincantes ; et ce fait a déjà été noté par J. Howsbip , dans ses Microcospical Observations on the structure ofbone ' , et par Béclard, dans ses Élémens éCAnatomie générale '.

Le contraire , cependant , a lieu le plus habituellement.

Dans tout cartilage qui , après avoir , durant un tems plus ou moins long , tenu la place et les fonctions d'un os , vient à subir la transformation dont nous faisons rbistoire, il s'opère de grands changemens. Ayant revêtu la forme, et acquis, par degrés, le volume de l'os qu'il représente, il devient plus dense, plus opaque; il se creuse de cavités irrégulières; des conduits, qu'on ne pouvait y apercevoir avant , s'y développent ; incolores d'abord , remplis d'un liquide mucilagineux ou visqueux, et irrégidièrement disposés , ils ne tardent point à se ramifier à la manière des artèreSy et à être tapissés par une membrane dans laquelle se divisent une foule de petits vaisseaux que parcourent le sang, et qui rendent les conduits eux-mêmes tout ronges.

Le développement d'un point osseux , punctum ossificationis , dans l'épaisseur du cartilage , et jamais à sa surface , suit de près celui des vaisseaux , et ce point augmente continuellement , tout à la fois par accroissement à sa surface et par addition interstitielle, dans son épaisseur. Il n'est d'abord qu'une réunion de filamens d'une extrême ténuité , et qu'il est facile d'isoler par la combustion du cartilage ; la partie de celui-ci, qui l'environne immédiatement, est d'un rouge intense, mais plus loin on observe seulement de l'opacité et des canaux vasculaires , et , plus loin encore, un tissu homogène , sans vaisseaux, et percé seulement de quelques canaux qui se dirigent vers le centre osseux. A mesure que celui-ci s'étend , le cartilage diminue d'autant , les canaux dont il était creusé se rétrécissent de plus en plus , et finissent par disparaître totalement avec lui quand l'ossification est achevée.

C'est ainsi donc que la place d'un cartilage plus ou moins épais, mais d'abord plein et solide , sans cavités et sans vaisseaux distincts , creusé plus tard par des canaux tapissés de membranes , de gaines vasculaires , se trouve occupée par un os

* Med, thir. Transactions , Toi. ti , z , London j i8i5 , 1819.

* Paris, îii-8». i8a3| p. 497«

parcouru en tous sens par de nombreux vaisseaux , spongieux , et creuse de cavités aréolaires que remplissent une membrane arachnoldienne et un suc adipeux.

Ainsi que celle de la formation en général , la cause de tous ces phénomènes est ignorée. Il est certain que les matériaux de l'ossification sont apportés et versés par les artères , et que les os , une fois formés , ne sont point simplement des cartilages plus de la matière calcaire ; mais le reste est inconnu malgré le grand nombre de systèmes imaginés k cet égard.

On a dit , par exemple , et tel est le sentiment de Nesbith , de Reichel , de W. Hunter , que les dernières ramifications des arlères s'emplissaient de matière osseuse , se crevaient et laissaient échapper celle-ci autour d'elles. On a voulu aussi que cette même matière osseuse , formée par elles , s'en échappât , soit par des extrémités exhalantes , soit par des porosités latérales. Cette dernière opinion est moins invraisemblable que l'autre j mais elle ne nous explique point encore convenablement la nature de la matière osseuse , la manière dont les artères s'en emparent et l'isolent \ elle est même loin de nous faire positivement connaître le lieu où elles la versent , nous laissant dans le doute entre Hérissant et la plupart des anatomistes , qui prétendent quelle est déposée dans les aréoles interstitielles d'un cartilage, et Mascagni , qui lui voit remplir des vaisseaux absorbans , dont il suppose les cartilages entièrement formes.

Tenons-nous-en donc à savoir d'une manière générale, i^ que la vascularité augmente beaucoup avant Tostéose, et la précède constamment*, a^ que le cartilage diminue et disparait à mesure que l'os se forme et qu'il augmente*, 3^ que l'os, rempli de vaisseaux au moment de sa formation , devient ensuite de moins en moins vasculaire *, 4^ ^^^ ^^ matière osseuse , déposée sous forme plus ou moins liquide , parait s'endurcir par la résorption du fluide qui lui servait de véhicule.

Suivant la sorte d'os où on les examine , les phénomènes de l'ossification sont difierens.

Dans les os longs , le premier point osseux se laisse voir du quarantième au * soixantième jour, sous la figure d'un cylindre gros et court, répondant au point où , plus tard , se trouve l'artère médullaire principale , et se continuant par ses extrémités avec une substance mucilagincuse , tout le reste de ces os n'étant encore à ce moment que muqueux. Ce n'est qu'au commencement du troisième mois que naissent les cartilages de leurs extrémités, dans lesquels on reconnaît déjà la forme qu'elles auront plus tard , et qui , en s'ossifiant , le plus habituellement par le centre, constituent des épiphyses plus ou moins long-tems distinctes aux bouts des cylindres osseux de la diaphyse.

C'est du soixantième au soixante-dixième jour que commence l'ossification des os larges du crâne , entre un péricrâne et une dure-mère remarquables par le grand

( 7' ) nombre de vaisseaux qui les parcourent alors , el au sein d'une substance muqueuse trcs-vasculaire aussi. Les premiers points osseux, sous Faspect de grains isolés, puis disséminés , et enfin disposés en réseaux , paraissent dans les endroits les plus riches en sang , forment ensuite une lame mince à circonférence déchirée par des incisures rayonnées, à fibres radiées, dont les intervalles sont remplis d'une substance muqueuse rougeatre.

Les os courts ou épais suivent , dans leur ossification , la même marche que les extrémités des os longs, et sont, comme elles, cartilagineux avant de passer H leur dernier état. Ces cartilages , d'abord homogènes , se creusent successivement de cavités , de canaux vasculaires et membraneux, remplis d'un liquide visqueux , présentent ensuite des points osseux qui rayonnent du centre à la circonférence , et subissent, en un mot , tous les changemens que nous connaissons déjà.

La rotule et les os sésamoldes se forment au sein d'un tissu d'abord fibreux , puis cartilagineux, et de la même manière que les os courts.

fjifin, les os mixtes, par les phénomènes de leur développement, comme par leur configuration extérieure et par leur conformation interne , participent aux caractères des os de deux classes différentes.

Peu d'os ne naissent que d'un seul point d'ossification ; la plupart ont plusieurs germes osseux qui restent séparés les uns des autres pendant un laps de tems plus on moins long, qui ne sont d'abord unis que par du cartilage, et qui, ensuite, se confondent peu à peu ensemble , mais de manière à n'être entièrement réunis qu'à l'époque où le corps entier a pris son accroissoment complet.

Plusieurs des os situés sur le trajet de la ligne médiane, soit larges, soit épais et courts, se forment dans deux points latéraux qui se réunissent plus tard sur le milieu. Les arceaux des vertèbres, l'os frontal, le corps du sphénoïde^ les os moyens du sternum, Tos maxillaire inférieur, etc., sont dans ce cas.

D'autres os, occupant aussi le trajet de la ligne médiane du corps , commencent à s'ossifier au milieu. Le corps de l'hyoïde, celui des vertèbres, la portion basilaire de l'occipital, la crête de l'ethmolde, sont dans ce cas, de même que le premier et le dernier des os du sternum.

Beaucoup d'autres , tant larges que courts , sont primitivement formés par plusieurs points principaux d'ossification qui se réunissent plus ou moins promptement, et qui souvent répondent à des os distincts dans d'autres genres ou classes d'animaux. Nous trouvons un exemple de ce cas dans la réunion collatérale de deux os longs pour former le canon chez les mammifères ruminans. Il en est de même des points d'ossification des vertèbres , de l'occipital , du sphénoïde , du temporal , des maxillaires, du sternum, des os coxaux , du sacrum, etc.

Il en est, enfin, et spécialement parmi les os longs, qui ont des points d'ossification

C 70 accessoires ou secondaires , qui donnent lieu , cooimc nous Tavons dil déjà , aux épiphyses y et qui s'implantent et se réunissent sur le corps de Vos par rintermëde d'un cartilage temporaire , comme Font noté tous les anatomistes et spécialemeot Platner ' , Ungebauer ^ , et Béclard ^. Les grands os longs de la cuisse , du bras, de la jambe , de Favant-bras , offrent , par exemple , une épiphyse au moins à chacune de leurs extrémités , tandis que chacune de celles qui terminent la clavicule , les os du métacarpe , les os du métatarse et les phalanges n'en présentent quune seule.

Quelques os larges, comme les oscoxaux et les omoplates, ont des hords épiphysés ou plutôt des épiphyses marginales analogues aux épiphyses terminales des os longs.

Les côtes en ont à leur extrémité dorsale et à leur tubercule.

Parmi les os courts , les vertèbres et le calcaneum presque «euls ont des épiphyses.

Cest à des époques très-différentes que les épiphyses commencent à se former , les unes paraissant dès le quinzième jour avant la naissance , et les autres quinze ou dix-huit ans après seulement. Elles sont d'ailleurs plus ou moins long-tems distinctes avant de se réunir au corps des os , mais les plus tardives cessent d'être isolées entre quinze et vingt-cinq ans.

De toutes les épiphyses , celle qui s'ossifie la première garnit Textrémite libiale du fémur , et cependant elle est une de celles qui se réunissent le plus tard au corps de l'os. Celle de l'extrémité humérale du radius , qui est une des dernières à s'ossifier , est peut-être , au contraire , celle qui se réunit la première.

Parmi les diverses pièces d'un os, qui paraissent les uns après les autres , les plus volumineuses sont celles qui se forment d'abord , ce qui semblerait conduire.à conclure que les plus gros os sont aussi ceux qui se développent les premiers. Il n'en est cependant point ainsi \ car , à l'exception des dents et des osselets de Fouie , les petits os se montrent plus tard que ceux d'un certain volume , et ceux d'une grosseur moyenne sont endurcis avant les plus forts. On trouve des preuves de cette disposition dans les omoplates , les os du bassin et les os longs des membres, qui ne sont apparens quelong-tems après la clavicule et la mâchoire inférieure; et même, il est une époque où la clavicule , qui , chez l'homme entièrement développé , égale à peine le quart de Fhumérus en masse , surpasse cet os au moins six fois en volume.

Les os et leurs diverses pièces se perfectionnent dans Fordre de leur formation.

' De Ossium Eptpfysihus , 1 736.

> Epistoia de ossium fruneicorp. hum. Eptphysibus sera osseis earumdemçue gènes i , Lipi., 1739.

A peu d^exceptions près , par exemple , les os cylindriques se forment et se per- .fectionnent plus tôt que les os plats ^ et ceux-ci arant les os courts.

La clavicule , les côtes , la mâchoire inférieure , et les grands os des membres , sont déjà arrivés , en effet , à un certain degré de perfection , quand seulement on commence à distinguer quelques traces du frontal, de la portion postérieure de Tocdpitalet de Tos maxillaire supérieur. Les os du carpe , ceux du tarse , la rotule, ne contiennent encore aucun noyau d^ossification chez le fœtus à terme , et c'est seulement aussi au sixième mois de la gestation que, comme nous Tavons vu , les premiers germes osseux deviennent visibles dans le cartilage sternal , tandis qu'à cette époque, le radius, le cubitus, le tibia, etc. , sont déjà en grande partie solidifiés.

Jusqu'à un certain point encore, ce que nous venons de dire peut être appliqué au développement des parties constituantes des différens os. Nous voyons, en effet, les arcs des vertèbres, qui semblent avoir quelque analogie avec les os longs , se perfectionner long-tems avant leur corps, qui correspond, pour ainsi dire, aux os courts.

Ajoutons à cela que , pour tous les os , le développement complet n'a point lieu dans un même rapport; que, dans les os longs , en particulier, les diverses pièces qui les composent ne se soudent ensemble que quand l'accroissement du corps en loiigueur est déjà avancé ou même complètement achevé; que, dans les os courts et plusieurs os plats , toutes les portions isolées qui doivent se réunir pour les former sont alors déjà totalement asseqablées et jointes entre elles. C'est ainsi , par exemple , que , chez un jeune homme de vingt ans , dans les os longs qu'on a soumis à Ufie macération prolongée , les épiphyses du corps se détachent spontanément , tandis que , chez l'enfant de sept à -huit ans , le sphénoïde , le frontal , l'occipital , les vertèbres , forment déjà un tout indivisible naturellement.

Il parait démontré, et Bichat a soutenu cette opinion , que, dans les os longs qui se développent, la membrane médullaire est formée de très-bonne heure et préexiste au canaL Elle est alors remplie d'une substance cartilagineuse , qui fait ensuite place à la moelle à mesure que l'ostéose fait des progrès.

§ IlL — De V Accroissement des Os, et de leurs Vanités aux différens âges de la vie.

L'accroissement des os a évidemment lieu par l'addition successive de couches de substance osseuse autour de celle qui a été primitivement formée. Ce n'est qu'ainsi , qu'après s'être circonscrits dans leur position normale , ^'après avoir vu leurs différentes pièces se rapprocher, se confondre et se souder peu à peu en un seul corps, ils augmentent encore plus ou moins , en largeur, en longueur et en épaisseur.

Leur accroissement en longueur a lieu , dans les os longs , par Talongement du corps à ses extrémités, qui sont hérissées de filamens ou de villosités osseuses

lO

(74) plongées dans le cartilage des épiphyses. Ce% villosités, creuses et vascuiaires, s'alongent continuellement en derenant de plus en plus fines à mesure que les vaisseaux se ramifient davantage , que Fossification se ralentit , et que les estrémttés cartilagineuses se solidifient.

Dans les os plats , Taccroissement a lieu en largeur et de la même manière , soit par Faddition successive de cordons de substance osseuse au bord même de Fos , comme à Fomoplate et à Fos coxal , soit par Falongement progressif des rayons solides qui s'étendent de sou centre à sa périphérie , comme aux os du crâne.

(PI.V, fig. 7.)

L'accroissement en épaisseur a lieu , dans tous les os, par un même procédé : leur périoste , d abord très-vasculaire , secrète et dépose par couches succeissives 9 à leur surface entre ses fibres , la substance osseuse , muqueuse dans les premiers lems , mais bientôt dure et solide.

Celui des érainences s'opère souvent entre le corps de Fos et la base de œHes-^ , comme pour les trocfaanters , et , plus souvent encore , à leur surfoce même , comme pour les bosses, les protubérances , etc. Il a lieu encore après la terminaison de Faccroissement en longueur, et n'est jamais plus actif qu'au moment ou le travail de la nutrition semble disséminé à la surface des os *, alors, en effet, toutes les apophyses d'insertion deviennent plus saillantes , comme on peut s'en convaincre par Fexamen du squelette d'un foetus comparé à celui d'un adulte. Dans le premier, par exemple, toutes les apophyses des vertèbres, et, en particulier, leurs apophyses épineuses (pi. XXV, fig. I et a), si proéminentes, si prononcées chez le second (pi. xxiii, fig. I et a ), sont extrêmement peu marquées et existent à peine.

Pour ce qui est de la formation , de Fexcavation des cavités externes non articulaires , elle est , le plus habituellement , déterminée par une pression , qui , sans déprimer réellement Fos , occasione néanmoins , en lui , une diminution dans la nutrition des parties environnantes.

La terminaison de Faccroissement évident en longueur et en largeur, est fixée au moment de la soudure des os longs avec leurs épiphyses terminales , et des os larges avec leurs épiphyses marginales ou entre eux.

Celle de Faccroissement en épaisseur dépend de la cessation du dépôt d'une matière osseuse à la surface de Forgane examiné. Elle a lieu beaucoup plus tard , et pour s'en convaincre , il suffit de comparer le squelette grêle et mince d'un jeune homme de dix-huit ans , à la charpente solide et massive qui soutient le corps d'un homme de quarante ans.

L'accroissement cependant continue encore de se faire , mais localement et d^une manière le plus communément insensible , quoique , par fois pourtant , on puisse observer visiblement sa marche , aux extrémités , aux bords et aux surfaces des

(75) OS. Dans le premier cas , quand il est insensible, il est interstitiel , et dépend d'une véritable intus-susception. L'os qui a acquis toutes ses dimensions, n'eb est pas moins encore le siège d'une nutrition trës-active; sans cesse l'exhalation verse dans soa^tissu, des matériaux que l'absorption y reprend, et sans cesse il est ainsi composé et décomposé , d'une manière d'autant plus lente , d'ailleurs , qu'on se rapproche davantage de l'état de santé, d'une part , et de la vieillesse , de l'autre.

La vérité de cette assertion est manifestement démontrée par les effets de la garance {BjuHa tinctorum) sur les os, qui, ainsi que paraissent l'avoir observé le premier cet Antoine Mizauld ' auquel , dans le seizième siècle, on donna le titre d'Esculape de la France, et, long-tems après lui , l'anglais John Belchier *, deviennent rouges chez les anim a ux aux alimens desquels on a mêlé cette racine tinctoriale. Ce &it est devenu depuis im sujet d'expériences curieuses pour H. L. Duhamel du Monceau^, pour Mattheo Bazano^^ pour J. Benj. Boehmer', pour J. Et. Guettard^, pour Detlef^ John Hunter ', Rutherford', et plusieurs autres , qui ont prouvé, avec plus ou moins d'évidence ^ que :

I ^ L'effet de la gaitoce , sur les os seuls et à Textlusion de toutes les autres parties du corps , peut être expliquée par une affinité chimique du principe colorant de cette racine pour la matière terreuse des os '^ ^

. 9^ Les os des jeunes individus se colorent beaucoup plutôt que ceux des adultes et des YieiUards ; et que les progrès de la coloration et l'ossification sont d'autant plus prompts que l'accroissement général est plus rapide ;

4^ Quand on supprime radministrattoni de la garance , les os redeviennent blancs, par la superposition de couchés blanches sur les rouges ", en sorte que leur accrois-

* Mmorab. aliquQt Naiurœ Areanomm Syhula , etc. , Francof. , rSga , iii-i6.

* An Aceouni'ofihe Bûnes of Animais being thanged to a Bsdeoiaur by aiiment, etc. {P/iiios, Transaci, , ▼oL uxn^r n^ 44^f P* ^7» «^ ^^ 44^ P* >99*)

* Mémoints ât't Atadénm-royaU Am SUmetêésParù^^JOkéib'X'fi^^ p. t.-^Piiiiosof^ Transaci,, toI. xli, n®457, p. 3^.

* Comment* InsU Bonon. y tom. a, p. 134*

* Disseriado : Radicis Rubiœ tinctorum effectus in Corpore animaU , respond. chr. Amand. G^bhard , Lipi. , i75iy m-4^. '— Prolusio çud caUum ossium'à Rubiœ tinctorum radids pastu infedùrum descrièit, Lipt. t75a.

* Mémoires de l* Académie royaie des Sciences de Paris, année 1 746 , p. 98.

' Ossium CaUi Generatio et natura perfraeta in animaiibus, Rubia radies pastis , ossa demonstrata , GcBttiog.y 1753.

* Trùnsact. ofa Society for improvement^ etc. tom. 3, London, 1800.

* Disp, med. inaug. de Dentium formations et structuré , etc. , auct. R. filacke , Edinb. , 1798. ^^ Idem^ihidem.

" Du Hamel , J« HuHTEK , ubi suprà.

( 76 ) sèment a lieu de dedans en dehors , et que leurs couches extérieures paraissent après les intérieures ;

5^ L'accroissement lent et insensible des os s'effectue probablement par Textensioii de leurs parties et peut être comparé à la végétation ' , tandis que Talongemenl rapide qui a lieu avant la soudure des épiphyses , dépend évidemment d'une addition de substance osseuse au bout du corps de l'os *. ' .

Les expériences dont nous venons de rapporter les résultats , laissent peu de chose à désirer relativement à la théorie de l'accroissement des os , mais il s'en fisiut de beaucoup qu'elles soient aussi satisfisiisantes par rapport à la question de la nutrition habituelle de ces organes. Il suffit , en effet , de donner, pendant l'espace d'un petit nombre de jours , quelques gros de garance à un jeune animal , pour voir ses os rougir, tandis ■ que la même racine , administrée en plus grande quantité et pendant des mois entiers à un animal adulte , les colore à peine.

Lorsqu'on tue les animaux à l'époque où l'on mêle encore la substance colorante à leur nourriture , on trouve constamment la sur&ce interne de leurs os blanche , et l'externe , rouge, On peut de cette manière produire une infinité de couches altemativ.ement blanches et rouges dans ces organes , en suspendant et en reprenant , par intervalles , l'usage de la garance ^. Cependant, un renouvellement continuel de substance a lieu aussi dans les couches internes , car si Ton met à mort un animal nourri d'abord sans garance , mais aux alimens duquel on a ajouté ensuite de cette racine, qu'on a supprimée plus tard , la partie interne des os est seule colorée; l'externe est blanche^) nouvelle preuve de ce que nous avons dit plus haut de l'accroissement des os , qui n'a point lieu seulement dans le sens de la longueur et dans celui de la largeur; mais pendant lequel la substance nouvelle pénètre toute la masse déjà existante, tout en s'ajoutant aux extrémités et aux bords, et en se déposant plus lentement et durant moins de tems au milieu que vers les bouts et la circonférence ^.

Alors même que leur accroissement est totalement terminé , les os éprouvent encore des changemens ultérieurs , dont le plus remarquable est un véritable décrois-

■ Dv HkMZLfhcodtaio.

* Apr^ «voir mit le tiJbia à dëeouTert sar un jeune cochon , après PâToir perfora aux deox eztrrfmitÀ du cylindre otsifié du corps , et avoir mesuré rintenralle des deux trous , J. Hunter a trouve que celui-ci était resté le même au bout de quelques mois , et après des progrès évidens de raoeroissement.

Cette expérience démontre clairement que tout Talongement a dû se &ire au-deU des trous, et aux extrémités même de la diaphyse.

' Du Hahsl, loeociiato» 174a , p. 497 «^

* HoMC, Expenm, and Oh*, on the gnwth ofBones,(Tmnsact,fort the imprwf. ff Med, , vol. it , xxiii.)

* Du HkWmL^ybisupràt '74^>P* 1^7 •

(77) «ement y une diminution notable dans leur, épaisseur ■ . Le canal médullaire des os longs y k partir du moment de leur formation , va toujours en augmentant.de diamètre; mais ses paron ne conservent ou n'augmentent leurs dimensions cpie jusqu'au terme de l'accroissement en épaisseur ; passé cette époque , il continue de s'agrandir par résorption intérieure; ses parois, qui , dans l'en&nt, avaient une épaisseur supérieure au diamètre du canal , s*amincissent singulièrement , au point de ne faire plus que l'égaler dans l'adulte, et de ne plus présenter chez le vieillard qu'une très-petite fnMion de ce diamètre. Les cavités spongieuses des os courts , les cellules des extrémités des os longs , les vacuoles du diploé des os larges , s'agrandissent en même tems et dans des proportions égales , en sorte que le poids du squelette des vieillards est beaucoup moins considérable que celui du squelette des adultes. La fragilité du tissu osseux augmente d'ailleurs en raison de la surabondance des matériau^' inorganiques *, surabondance en vertu de laquelle les os morts deviennent d'autant plus faciles à briser qu'ils ont perdu davantage de leur matière animale , et qui &it que les fractures s'opèrent plus souvent chez les individus avancés en âge que chez les jeunes sujets.

Dans la vieillesse , les os larges du crâne éprouvent assez fréquemment un amiu<cissement d'un autre genre, et qui dépend de la résorption du diploê, laquelle permet à la table externe de se rapprocher de la table interne , ce qui amène simultanément une dépression extérieure. C'est ici une sorte d'atrophie : elle commence , le plus communément , par les bosses pariétales.

La forme extérieure des os ne varie pas moins que leur volume et leur densité aux diverses époques de la vie. Plus arrondis chez l'enfiatnt , que dans l'adulte et le vieillard , ils offrent aussi des éminences beaucoup moins prononcées , une surface plus unie , des contours moins anguleux.

Leur structure est aussi plus lâche, plus molle, plus spongieuse dans le premier âge. Ils ne ressemblent d'abord qu'à un simple tissu de fibres et de lamelles diversement entrelacées et dans lequel on ne trouve point encore de substance dure.

Leur composition chimique n'est point non plus la même à toutes les époques de la vie, et ils renferment d'autant moins de molécules terreuses qu'ils sont plus jeunes. Chez un adolescent de quinze ans , par exemple , la proportion de celles-ci est de près d'un cinquième moins considérable que chez l'adulte ^.

' Albinus, AnnoL aeadiin,— Ribss , Sur Us changemens que le Tissu osseuse subiipar les progrès de l'âge et f influence de diçérses maladies. {Bulletin de la Faculté de médecine de Paris^ tom. Tt, p. ^99.) Feux CKAUstAmo , Recherches sur l'Organisation des Fleillards, Paris, iSas, îa-4^.

* DaTj a trouTé 6{,o , de substanoe teireuse dans Foccipital d^an adulte , et en a retire 6g^o , de celui d*an Tieîllard ( loeo citato , p. 36). ^

' Mono, Anatomy tfthe human body, Edinb. , 181 3 , tom. i , p. 36, d*aprés DaTj.

Leg différeiices. que les sexes amènent dans les caractères des os ne sont pas moins proDoncées. Ces organe/» sont, en général , plus épais chez Tbomme que chez la femme ^ ils y sont auj^si moins arrondis, leurs formes sont plus âpres et leur$ éleva* tions plus saillantes^ Quelquefois même» dans les os dubassin., par exemple, le chap^ ment de fi&nire coïncide ayec une différence dans les fonctions^ C'est ce dani-nous aurons occasion de nous convaincre. plus d'une fois par la suite.

Sous le rapport de son mode de vitalité , le tissu des os parait susceptible de se res^* serrer ou de s'étendre;, de se condenser ou de. s'épanouir, de faire varier l'approxima-' tion ou l'écartement des cellules qui le composent , mais la vie n'y existe qu'à un faibte • degré, La sensibilité.,, étouffée > pour aijosi dire, sous le poids d'une manière inorganic[ue ^ ne s'y développe.ayec énergie que dans les affections morbides, dans l'élai de phlegmasie ^ sous l'influence funeste d'un virus délétère et caché, etc. La puissance de produire, des mpuvemens, de se contracter manifestement, de répondre aux moyens extérieurs d'irritation lui est refusée \ il ne peut que se nourrir, se réparer, imprimer des oscillations vibratiles à ses molécules,, et opposer. une résistance inerte à toutes les causes qui menacent de laltérer.

Chez le fœtus, tant que les os sont cartilagineux, le système médullaire manque évidemment, ainsi que la plus simple observation le démontre suffisamment. Plus tard, la cavité des os longs n'est qu'un canal étroit rempli par Tartère médullaire, quf.se déjette. sur le côté et se çoUe aux parois, quand le canal commence à s'élargir. Avec r&ge, celui-ci devient de plus en plus spacieux, et la moelle est fournie en plus grande quantité.

Sous le rapport du sexe, le tissu, médullaire n'pffre aucune différence appré-* ciable.

§1V. -- Du SqueUOe.

Le fonde^i^entinébra^nls^le.^ur lequel s'appm^ l'édifioe entier de la machine vivante, chez, les animaux vertébrée ^ la charpente solide , dont les pièces distinctes, retenues par des liens flexibles , peuvent en même tems se mouvoir les unes sur les autres , et résister aux effets d'un mouvement étranger ; le système qui soutient les parties molles dont il est recouvert , qui décide la figure , la grandeur et la solidité des membres, qui , par sa disposition et son arrangement , détermine tels avantages ou tels inconvéniens dans le mécanisme de l'organisation ^ en un mot la réunion , l'assemblage de toutes les parties dures du corps , voilà ce que l'on appelle «S^niefeffe , comme nous l'avons déjà dit.

( 79 ) On trouve un Sqitzlette chez presque tous les animaux ; mais ii n^est point ^ dans tons, conformé de la même lïianière. Dan^ les Animaux sans vertëbrés.ou à sang blanc, et spécialement dans les Crustacés, les Insectes et lés Tèstacés, il est extérieur, quand

il existe , et sa forme est la même que celle de Tanimal , puisqu^il en renferme toutes

les parties. Dans les Animaux vertébrés ou à sang rouge, àPexception de certains i^ptiles, où , comme dans lés Tortues, il semble en partie extérieur, il est intérieur ei ne retrace plus que les proportions et les formés les pVus importantes du corps.

n est ce^ins animaux où' Ton n'aperçoit rien qui puisse représenter le squelette -, où te corps entier, ^moti , hôinogène , nlucilâgineiix et tresnexpansible , n'offre aucune partie plus dense , plus consistante. Les Polypes , Icli Infusoires , sont dans ce cas.

Dans tous les animaux où il existe , le squelette n'est point formé de la même substance« Dans les poissons Chondroptérygiens , lés *Raiés, les Squales, les Chimères, il est composé d'un assemblage de pièces cardlagirieiises ^quèlqueîoh il estjiireux, ainsi qu'il est &cile de l'observer dans la plupart des Insectes diptères, comme la Mouche commuiie'; on corné, comme danslés'Cdléô]|]^ëi^s étlës Cératophytes -, bu pierreux et ^rétaeéycovàme dans les Coquillages et 1e^ Ci^staéés décapodes. Plusieurs annelides, enfin , et beaucoup deRadiaires, ne présentent dans leur organisation que des anneaux memi^nan^tijry circulaires ou ovales, qui se resserrent , se dilatent et produisent, par cette double action, le mouvement au moyen duquel il peut s'opérer une locomotion. Le Ver de terre, si commun dans nos jardins'et dans nos campagnes, nous offre journellement l'exemple de cette disposition. Mais le plus communément, dans les animaux vertébrés, le squelette est osseux , et c^ést ainsi qu'il se présente chez les Mammifères , et che£ l'Homme spécialement , chez lé^ Oiseaux, chez les lleptiles, et dans la plupart des Poissons.

C'est de cette dernière espèce de squelettes que nous allons d'abord nous occuper ; nous jeterons ensuite un coupnl'œil général sur les parties dures qui semblent en tenir lieu dans les êtres qui occupent lés derniers rangs dé l'échelle zoologique. Une par^Ue étude est d'un haint intérêt pour ceux même qui prétendent n'approîônair que l'anthropotbgie , car l'examen du Squelette de l'Homme isolé, ne nous donnerait que des connaissances bornées sur lé jeu de ses parties , ne nous conduirait qu'à une évaluation défectueuse du mécanisme qui les fait agir, si nous ne comparions sa forme , sa composition , l'arrangement , la coordination de ses pièces solides, dans les différens animaux où elles sont appelées à remplir des usages semblables où différens. Les ébauches les plus grossières de l'organisation , deviennent , pdur lé zoologiste attentif, pour le physiologiste curieux , pour le médecin profond , ce que sont , pour le minéralogiste, pour le géologiste, ces crystaliisations informes que la Nature, interrompue dans son travail, a été contrainte d'abandonner, et qui semblent révéler le secret de ses opérations mystérieuses. Il faut , quand on veut bien connaître l'objet constant de nos

«oins et de notre prédilection, notre propre économie, chercher des rapports capables d'en éclairer Tétude , si difficile , si compliquée , souvent même si obscure , dans celle des êtres qui présentent avec nous assez de ressemblance ou assez de différences pour faire, naître , sur difierens points , des comparaisons utiles.

Lorsque , dans le cabinet de Tanatomiste , les os d'un animal vertébré sont encore réunis par leurs ligamens véritables , son squelette est appelé naturel, et on le dis^ tingue enyrai5et en sec, suivant le tems qui s'est écoulé depuis sa préparation. Lors^ que , au contraire , ils sont joints entre eux par des liens étrangers à l'économie , comme par des fils d'or, d'argent , de laiton , de chanvre , par des cordes de boyaux , etc. , on le nomme artificiel.

Dans l'espèce humaine , on conserve ordinairement des Squelettes de fœtus , if enfans, de vieillards, de nègres, de hottentots, d* européens, de femmes, d*hommes, etc. 9 afin de pouvoir, dans l'occasion , fixer d'une manière certaine les différences qui carectérisent les âges , les races et les sexes.

A l'exception de celui des poissons pleuronectes ou hétérosomes, comme les P)ies, les Soles , les Turbots , les Carrelets, les Limandes , le squelette des Animaux vertébrés constitue un tout symétrique, disposition surtout remarquable chez l'Homme, et qui a été l'objet de recherches spéciales de la part de quelques anatomistes et en particulier du professeur Fréd. Henri Loschge , d'Erlangue ' .

Le Squelette de l'homme , dont l'étude doit précéder celle des autres, est , comme le corps qu'il soutient , divisé en Tronc et en Membres*

Dans l'état normal , le nombre de ses os s'élève à deux cent cinquante-trois , dont cent dix-sept appartiennent au tronc , soixante-huit aux membres thoraciques , et soixante-six aux membres abdominaux.

Le Tronc est formé par une partie moyenne , et par deux extrémités. La partie moyenne résulte de la réunion de la colonne vertébrale (planche X , I), avec la poitrine, (pi. X , B , B , pi. XI , b , b, pi. XU, B.)

La Colonne vertébrale, composée de vingt-quatre os nommés Fertèbres, est divisée en trois régions. L'une, cervicale (pi. XII, n), répond au cou et a sept vertèbres -, l'autre , dorsale , en a douze ( pi. XI , j , k ) , et la troisième ( pi. X , q , pi. XII 9^)9 lombaire, en a cinq.

La Poitrine ou le Thorax , est formée par le Sternum ( pi. X , n , n), en avant et au milieu , et , sur chaque câté , par douze Côtes (pi. X , p, p, pi. XI , 1 , 1 , m , m), distinguées en sept vraies ou vertébro^stemales, qui sont supérieures , et en cinq fausses ou astemales , qui sont inférieures.

' De Sceieto hominis symmtirko Comm, anat^ ErlaDg., 179$ , io-S».

L'extrémité supérieure du tronc est la Tête (pi. x , a, pi. xi , à), qui comprend le Crâne et la F€u:e.

Le Crâne est composé des os suivans : le Sphénoïde , les Cornets du Sphénoïde ou de Berlin ^ YEthnioïde , le Frontal (pi. x, a ) , VOccipital (pi. xi , b) , les Temporaux (PI. X, i), les Pariétaux (pi. x, j), les Os wormtens , les Marteaux ^ les Enclumes y les Osselets lenticulaires^ et les Ètriers,

La Face y divisée en Mâchoire supérieure ou syncrânienney et en Mâchoire inférieure ou diacrânienne , réunit les Os maxillaires supérieurs , palatins , malaires , nasaux , lacrymaux , les Cornets inférieurs, le Fomer, qui constituent la mâchoire supérieure, et r05 maxillaire inférieur, qui seul forme l'autre mâchoire (pi. x , f » g ).

U faut aussi rapporter à la face les trente-deux Dents qui s'observent sur l'adulte (pi. X, h), et YOs hyoïde y placé au-devant du cou, dans l'épaisseur des parties molles.

L'extrémité inférieure du tronc est le Bassin (pi. x, e, e) qui est formé par le Sacrum (pi. xi , 2t) , le Coccyx ( pi. xii , 5) et les Os des hanches ( pi. x , r, r, .)

Les Membres supérieurs, pectoraux ou thoraciques (pi. x, d, d) , se partagent en :

i" Épaule formée par le CUuficule (pi. x, m, m), et par V Omoplate (pi. XI, o, o);

2** Bras, formé par \ Humeras ( pi. x , u, u ) ,

30 ^i^ant'bras, composé du Radius (pi. x, i', i') , et du Cubitus (pi. x , x, x) ;

4** Main , divisée elle-même en Carpe (pi. x , y? y ) , en Métacarpe (pi. x , z, z), et en Doigts ( pi. x , i , 2 ).

Le Carpe présente huit os sur deux rangées, savoir, en commençant de dehors en dedans :

Pour la première rangée , le Scaphoïde , le Semi-lunaire , le Pyramidal et le Ptsiforme ^

Pour la seconde rangée , le Trapèze , le Trapézoïde , le Grand Os, et XOs crochu ou unciforme.

Le Métacarpe est dû à la réunion de cinq os, distingués en premier, second, troiiième, etc. , en comptant de dehors en dedans aussi.

Chaque Doigt, eicepté le Pouce, qui n'en a que deux, est formé de trois os nommés Phalanges.

Les Membres inférieurs, pelsnens ou abdominaux ( pi. x et xi , e , e ) , sont divisés en Cuisse, en Jambe et en Pied.

Un seul os , le Fémur ( pi. x , 2 , 2 , pi. xi , 8 , 8 ) , existe à la Cuisse.

La Jambe en a trois, la Rotule (pi. x, 3 , 3 ) , le Tibia (pi. x, 4)4)9^^'^ ^^' roné (pi. X, 5 ).

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