‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 116 sur 373 · TEXTURE · texte numérisé non relu

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Le foie renferme, dans sa composition un tissu spécial et propre, que font les ascini ou cellules du foie, dont la description sera donnée en détail dans le tome VIII, à propos de l'anatomie microscopique. Mais, outre cet élément, le foie renferme des vaisseaux, des nerfs, du tissu cellulaire, et des conduits ramifiés, destinés à évacuer la bile (voies biliaires) ; nous allons examiner la disposition de ces divers élémens.

1° Des enveloppes du foie.

Les enveloppes du foie sont au nombre de deux : 1° la tunique commune ou péritonéale ; 2° la membrane propre ou fibreuse. La tunique séreuse recouvre le foie dans toute son étendue, excepté au bord postérieur de l’organe, dans les sillons et au niveau des fosses biliaires et de la veine-porte. C’est en se réfléchissant du foie sur le diaphragne, que le péritoine constitue les replis appelés ligamens falciforme, coronaire et triangulaires qui ont été décrits. C’est à cette enveloppe séreuse, que le foie est redevable de cette surface lisse qui facilite son glissement sur les organes voisins. Le péritoine, après avoir tapissé la face convexe du foie, qui ne reste à découvert qu'entre les feuillets du ligament suspenseur, où elle est couverte de tissu cellulaire, se réfléchit et gagne la face inférieure du foie qu’il tapisse dans le milieu, jusqu’au sillon transversal et sur les côtés, jusqu'au bord postérieur ; après quoi, il s'éloigne du foie et descend du sillon transverse vers l'estomac, en constituant le feuillet antérieur du petit épiploon, ainsi que vers le duodénum et le colon, en produisant les ligamens hépato-duodénal et hépato-colique. Le lobe de Spiegel seul, reçoit sa membrane séreuse de la paroi postérieure de la cavité des épiploons.

Au-dessous du péritoine, ilexiste une couche de tissu cellulaire qui, généralement mince, est plus serré et plus dense vers les bords postérieurs du foie. Cette couche correspond à la mem-

brane fibreuse des autres glandes, seulement elle est plus délicate dans le foie que partout ailleurs. Dans certains cas morbides, cette capsule cellulo-fibreuse peut être considérablement épaissie, au point d'empêcher d’apercevoir la transparence du tissu du foie, et de produire la compression et l’atrophie de la substance hépatique. De la face profonde de cette membrane se détachent de minces cloisons qui s’insinuent entre les lobules, les circonscrivent, mais ne pénètrent pas dans leur intérieur. Cette couche de tissu cellulaire , arrivée vers le sillon transverse, pénètre dans le foie en même temps que les vaisseaux et nerfs hépatiques, en leur fournissant une enveloppe qui les accompagne dans leurs divisions ultérieures. A partir du moment où cette gaine celluleuse devient intérieure et se ramifie avec les vaisseaux, on lui donne le nom de capsule de Glisson, et elle a pour résultat de séparer les troncs vasculaire et nerveux du tissu du foie, et de permettre leur affaissement, quand on vient à les diviser dans une coupe du foie. Cette capsule de Glisson, qui est considérée comme la charpente du foie peut, en s’épaississant, comprimer les vaisseaux et la substance hépatique elle-même.

2° Vaisseaux du foie.

Le foie contient : 1° le système de la veine-porte qui se distribue dans toute son épaisseur à la manière d’un vaisseau artériel; 2° l'artère hépatique; 3° la veine sus-hépatique ; 4° les vaisseaux lymphatiques ; 5° les nerfs.

La veine-porte pénètre par la scissure transverse du foie, après quoi elle se divise en deux branches, l’une gauche, l’autre droite, qui constituent les veines-portes hépatiques. Chacune de ces branches se déverse et s’irradie dans toutes les parties du foie. C’est autour de ces ramifications veineuses que se porte la capsule de Glisson. Les rameaux de la veine-porte s'épuisent pour un certain nombre, en vaisseaux capillaires, qui s’anastomosent ensuite dans les lobules du foie, avec les radicules, également capillaires, des veines hépatiques. Il est, au contraire , d’autres rameaux de la veine-porte qui, d’après M. Bernard , au lieu d’aller se terminer en capillaires, communiquent directement avec les veines hépatiques. Ces communications sont très évidentes chez le cheval où elles s'étendent jusqu’à la veine-cave. Les rameaux de la veine- porte se distinguent dans le tissu du foie, en ce qu'ils pénètrent verticalement dans l'organe , en croisant Ja direction des veines hépatiques et en étant accompagnés par la capsule de Glisson, l’artère et les nerfs hépatiques.

L'artère hépatique est la branche droite du tronc cœliaque ; elle tient le milieu, pour le volume, entre les trois branches fournies par ce même tronc. Quelquefois on remarque une seconde artère hépatique, provenant de l’artère coronaire stomachique gauche, et pénétrant d’arrière en avant, dans le sillon longitudinal gauche, de manière à suivre le trajet des veines ombilicales. Quelquefois enfin, l'artère mésentérique supérieure envoie une troisième artère hépatique au lobe droit du foie: de plus, le foie reçoit encore des ramuscules artériels péritonéaux, qui se rendent aux ligamens suspenseurs. Les artères diaphragmatiques donnent également aux ligamens coronaires , des rameaux qui s’anastomosent aux ramuscules que fournit l'artère hépatique à la membrane séreuse. L’artère hépatique est, relativement au foi e, ce que les artères bronchiques sont au poumon : c’est-à-dire

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qu'elle est le vaisseau nourricier de la glande ; son volume est à celui de la veine-porte comme 2 est à 5.

leines sus-hépatiques. Yes troncs des veines sus-hépatiques doivent être considérés comme les vaisseaux afférens du foie, correspondant à la veine-porte qui serait le vaisseau afférent. Ces veines sus-hépatiques, après avoir pris naissance dans tous les points de la substance du foie, se réunissent en rameaux de plus en plus volumineux, qui finissent par former de gros troncs qui tous, viennent converger vers le sillon de la veine-cave inférieure. Parmi ces troncs de veines hépatiques, on en distingue deux plus volumineux : l’un à gauche, qui ramène le sang du lobe gauche, du lobe de Spiegel et du lobe carré; l’autre à droite, qui ramène le sang du lobe droit, et enfin, il y a d’autres rameaux plus petits qui ramènent le sang des autres parties du foie. La direction des veines sus-hépatiques est dans le sens antéro-postérieur, tandis que celle des rameaux de la veine-porte est transversale. Cette direction, jointe à l’absence de la capsule de Glisson, suffit toujours pour faire distinguer les rameaux des veines hépatiques d’avec ceux de la veine-porte. 1] résulte en effet, de cette absence de la capsule de Glisson, que les veines hépatiques adhèrent, sans intermédiaire, au tissu du foie, et restent béantes lorsqu'elles ont été coupées; les rameaux de la veine-porte, au contraire, s’affaissent et se rétractent, en s'écartant plus ou moins du tissu du foie, auquel elles sont unies par l'intermédiaire du tissu cellulaire. M. Cruveilhier pense, qu’à cause de cette indépendance qui existe entre le tissu du foie et les parois de la veine-porte, ces dernières peuvent se contracter pour faire cheminer le sang. Cependant, M. Bernard a montré dans les parois des veines hépatiques, des fibres musculaires beaucoup plus évidentes que dans les parois de la veine-porte, ce qui indiquerait que les veines hépatiques, malgré leur adhérence, doivent néanmoins se contracter. Enfin, les rameaux des veines hépatiques se distinguent encore deceux de la veine-porte en ce que, lorsqu'on examine leur paroi intérieure, on la trouve criblée d’une foule d'ouvertures extrêmement petites, qui sont des orifices de très petites veines qui se rendent directement dans les divisions des veines hépatiques. M. Bernard a constaté que beaucoup de ces petits pores vasculaires étaient produits par des abouchemens directs des dernières ramifications de la veine-porte. De plus, il a montré, que sur la portion de la veine-cave inférieure qui traverse le foie, et qui n’est qu’une dépendance du système veineux sus-hépatique, il y a de même des petites ouvertures, formées par l’abouchement direct d’un certain nombre de ramifications de la veineporte. Ces dernières dispositions, peu visibles chez l’homme, sont très développées chez certains animaux, le cheval, parexemple. Il existe encore des anastomoses directes entre la veine-porte et les veines sus-hépatiques, qui ont lieu à la terminaison de chacun de ces vaisseaux, par une sorte d’inosculation. De plus, la veine-porte s’anastomose encore avec des veines diaphragmatiques au niveau des ligamens coronaire et triangulaires du foie.

Vaisseaux lymphatiques. M n’est peut-être pas d’organe glandulaire qui soit pourvu d’une aussi grande quantité de vaisseaux lymphatiques que le foie, aussi a-t-on considéré le foie comme l'origine du système lymphatique. Ces vaisseaux lymphatiques s’injectent facilement chez l’homme. Chez les animaux à jeun ces vaisseaux sont tres visibles, àcause de la lymphequi lesremplit: ils atteignent chez le cheval le volume d’une plume à écrire. Les vais-

seaux lymphatiques sont divisés en vaisseaux superficiels et en vaisseaux profonds. Les vaisseaux superficiels forment un réseau très riche et à mailles serrées sous la tunique péritonéale, tandis que les vaisseaux profonds, pénétrant par la scissure transverse du foie, suivent les ramifications de la veine-porte à l'extrémité desquelles ils s’'anastomosent avec les vaisseaux lymphatiques superficiels. Les vaisseaux lymphatiques du foie se rendent dans des ganglions lymphatiques voisins, et en partie dans des ganglions lymphatiques lombaires. On admet que les vaisseaux lymphatiques du foie, de même que le système veineux, sont entiérement dépourvus de valvules. Les vaisseaux lymphatiques communiquent très largement avec la veine-porte, de sorte que, un bon moyen pour injecter ces vaisseaux, c’est de faire l’injection par la veine-porte. D’une autre part, les vaisseaux lÿmphatiques communiquent très largement entre eux avec le canal thoracique, de sorte que pour injecter le canal thoracique un bon procédé, d’après M. Cruveilhier , c'est de l’injecter par les vaisseaux lymphatiques du foie.

Nerfs. Les nerfs du foie proviennent de deux sources, savoir : 1° le plexus hépatique qui vient du plexus cœliaque du grand sympathique; 2° de filets provenant directement du nerf pneumo-gastrique, et suivant quelques auteurs-du diaphragmatique. Les nerfs suivent les ramifications de la veine-porte et l’artère hépatique, et pénètrent, par conséquent, dans l’intérieur du foie par le sillon transverse. Bientôt les ramifications nerveuses, toutefois, se séparent des vaisseaux et quittent la capsule de Glisson, pour aller se répandre dans les lobules du foie. On ignore quel est le mode précis de terminaison de ces nerfs.

Des voies biliaires ou appareil sécréteur de la bile.

L'appareil excréteur de la bile est constitué, par 1° la vésicule du fiel; 2° les conduits hépatiques; 3° le conduit cystique; 4° le conduit cholédoque. 11 existe encore chez certains animaux des conduits hépato-cystiques allant s’aboucher directement dans la vésicule ; leur existence chez l’homme n’est point généralement admise.

1° Vésicule biliaire. Ya vésicule biliaire ou cholécyste est située à la face inférieure du lobe droit du foie, où elle occupe une fossette particulière, nommée fossette cystique ; elle correspond à droite au sillon antéro-postérieur, dont elle est séparée par l’éminence porte antérieure. Elle est maintenue en position par le péritoine qui passe au-dessous d'elle: cependant chez quelques sujets la tunique péritonéale constitue une enveloppe presque complète, de telle façon qu'alors la vésicule est fixée au foie par une sorte de mésentère.

Pour sa forme, la vésicule du fiel a été comparée à un cône à base arrondie, ayant deux extrémités, une grosse qui regarde en avant, en bas et à droite, la petite regardant en haut, en arrière et à gauche, On a encore comparé sa forme à celle d’une petite poire.

La capacité de la vésicule du fiel est excessivement variable, suivant le sujet et suivant son état de vacuité ou de plénitude. On cite des individus chez lesquels, par suite d’obstacle au cours de la bile, la vésicule du fiel avait acquis une dimension égale à celle de la vessie urinaire, de manière à pouvoir contenir jusqu’à 6, 8, et méme 10 livres de bile.

On reconnait à la vésicule du fiel un corps, un fond et un col.

Le corps de la vésicule du fiel est la portion la plus large et la plus longue; un tissu cellulaire lâche le maintient situé dans la fossette biliaire. Il est recouvert en bas par le péritoine , et il répond à la première portion du duodénum et à l'extrémité droite de l’arc du colon. On voit quelquefois le corps de la vésicule être en rapport avec le pylore, ou même avec la portion voisine de l'estomac: quelquefois aussi, il se produit des adhérences accidentelles au duodénum ou à l’arc du colon. C’est par suite de ces rapports qu’il est permis de comprendre le passage direct des calculs biliaires dans le gros intestin. Quelquefois la vésicule du fiel répond au rein droit sur lequel elle est couchée dans toute sa longueur. M. Cruveilhier dit l'avoir vue contiguë à la colonne vertébrale, au devant du rein. Ces deux derniers rapports sont anormaux et accidentels.

Le fond dela vésiculedu fiel est entièrement recouvert par le péritoine: il est constitué par le cul-de-sac pyriforme qui fait saillie vers l’échancrure cystique du bord antérieur du foie, qu'il déborde le plus souvent, de manière à répondre directement aux parois abdominales, au niveau du bord externe du muscle droit et immédiatement au-dessus du bord cartilagineux des fausses côtes. Lorsque la vésicule du fiel est distendue par la bile ou par des calculs, son fond devient proéminent et soulève les parois abdominales, de manière à pouvoir être sentie à travers ces parois chez les personnes maigres. M. Cruveilhier dit que, dans des cas semblables, il a pu même sentir sous les doigts les calculs qui remplissaient la vésicule, et entendre le bruit de ces calculs, qui se choquaient sous l’action de la main. Ce rapport du fond de la vésicule avec les parois abdominales explique la possibilité des adhérences et des fistules biliaires qui amènent quelquefois l'expulsion des calculs biliaires ; J.-L. Petit, et d’autres chirurgiens après lui, ont proposé l’ouverture de la vésicule biliaire, après avoir préalablement établi des adhérences dans son point de contact avec les parois abdominales.

Le col de la vésicule du fiel touche le duodénum, et quelquefois le pylore: c’est la portion la plus rétrécie de la vésicule; ce col se replie d’abord d’arrière en avant et de haut en bas, et ensuite en arrière, où il se continue avec le canal cystique. Il en résulte que le col de la vésicule décrit une sorte d’S italique dont les trois branches seraient contiguës. Cette double courbure s’efface du reste, avec une grande facilité, lorsqu'on vient à enlever le péritoine et le tissu cellulaire qui entoure le col de la vésicule du fiel. La bile, pour sortir de la vésicule, doit donc être ralentie dans son cours, par les sinuosités du col de cette vésicule. Pour l'écoulement de la bile hors de la vésicule, on suppose que la vésicule se contracte ou que le mouvement des intestins et des muscles environnans favorise l'évacuation de la bile, ou enfin, que la pesanteur seule du liquide suffit pour produire l’évacuation de la bile dans la situation horizontale du corps.

La vésicule du fiel a environ 8 à 10 centimètres de long sur 22 millimètres de large vers le milieu de son corps; un peu plus de 0",027 dans la partie la plus large de son fond, et 0",009 dans la partie la plus rétrécie du col , d’où il résulte que la vésicule du fiel a une capacité de 30 à 5o millimètres cubes, et peut contenir, par conséquent 32 à 4o grammes de bile.

La surface interne de la vésicule du fiel est tapissée par une membrane muqueuse, qui ordinairement est teinte en vert jaune par la matière colorante de la bile, mais cette coloration, purement cadavérique, n'existe pas chez les individus suppliciés et chez les animaux tués rapidement. Elle est alors d’une couleur gris-blanchâtre. La surface muqueuse interne de la vésicule pré-

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sente un grand nombre de plis, allant dans toutes les directions et s’unissant les uns avec les autres, de manière à former un lacis de pentagones, de carrés, de polygones irréguliers, représentant assez bien le poumon des reptiles. Ces mailles ont une hauteur et une largeur plus grandes dans le corps de la vésicule du fiel; quelquefois ces plis ont plus de 2 millimètres de saillie ; ils sont moins prononcés dans le fond et dans le col de la vésicule du fiel. Dans chacune de ces mailles, examinées à la loupe, on reconnait un réseau polygonal semblable, qui répète en petit l’aspect général de la surface interne de la vésicule du fiel. Huschke considère cette disposition comme le passage aux glandes conglomérées. Au col de la vésicule du fiel et au niveau de ses courbures, on trouve deux valvules considérables. Ces deux valvules, dont une est pour chaque courbure, sont apposées l’une à l’autre, et constituent de véritables plis, formés aux dépens de l'épaisseur de toutes les parois du col de la vessie. En effet, quand on vient à redresser le col par l’ablation des organes qui l’entourent, les valvules disparaissent. On voit quelquefois la portion intermédiaire aux deux valvules être dilatée en ampoules, et c’est dans cette portion, dit M. Cruveilhier, qu'il se forme assez souvent des calculs. Le même auteur pense que les valvules ne s’opposent ni à l’entrée ni à la sortie de la bile; Huschke pense que ces valvules ralentissent le cours de la bile, et empêchent qu’elle descende trop rapidement dans l'intestin.

Quant à la structure, la vésicule du fiel est composée de plusieurs membranes superposées, qui sont: le péritoine, la membrane fibreuse, la membrane muqueuse, des artères, des veines, des lymphatiques et des nerfs.

Nous ne reviendrons pas sur la disposition de la membrane péritonéale qui a été déjà indiquée, seulement nous ajouterons qu'il arrive quelquefois que le tissu cellulaire sous-péritonéal peut facilement devenir le siége d’un épaississement et d’un œdème considérables. La membrane fibreuse qui forme la charpente, en quelque sorte, de la vésicule du fiel est comme aréolaire : elle est peu élastique et limite, par conséquent, la distension de la vésicule par la bile, et ce n’est que par une pression lente que l'allongement de cette tunique peut se produire.

On a admis encore une membrane musculeuse qui, chez les grands animaux, est très facile à constater, maisqui, chez l’homme, est niée par différens anatomistes, entre autres par M. Cruveilhier. Cependant, dans certains cas d’hypertrophie de la vésicule du fiel chez l’homme, on a pu observer ces fibres musculaires qui sont disposées en deux couches, la couche superficielle longitudinale, et la couche profonde circulaire.

La membrane muqueuse interne de la vésicule du fiel présente, ainsi qu'il a été dit, des plis et des aréoles. Ces deux sortes de saillies de la membrane muqueuse se distinguent facilement les unes des autres, en ce que les aréoles ne s’effacent pas lorsqu'on opère la distension de la vésicule, tandis que, au contraire, dans les mêmes circonstances, les plis disparaissent complétement.

Vicq-d’Azyr a décrit des cryptes ou des follicules dans les pa-

rois de la vésicule du fiel. Ces glandules sont admises également par Huschke, et M. Cruveilhier ajoute que certains états pathologiques les rendent beaucoup plus évidentes.

L’artère cystique provient de la branche droite de l'artère hépatique; elle se divise en deux branches qui contournent la vésicule, pour se répandre sur ses deux faces et se distribuer dans toutes ses tuniques.

Les veines de la vésicule du fiel aboutissent à la veine-porte.

Les lymphatiques de la vésicule sont des réseaux considérables qui suivent le canal cystique et se rendent dans le plexus lombaire.

Les nerfs proviennent du plexus hépatique.

Développement du foie.

Relativement à son développement après la naissance, le foie offre deux circonstances essentielles à noter.

1° Le poids total du foie reste stationnaire pendant quelque temps et diminue même quelquefois d’une manière sensible pendant les premiers mois. Bientôt il prend un accroissement absolu qui ne cesse plus jusqu’à l’âge adulte. Mais si le foie augmente en poids d’une manière absolue, il diminue relativement au poids total du corps, de telle sorte que c’est chez le fœtus que la proportion entre le poids du foie et le poids du corps est la plus forte.

2° L’accroissement du foie, quelque temps après la naissance, ne porte pas également sur les deux parties constituantes. Les deux lobes sont complétement inverses : le lobe gauche était le plus volumineux chez le fœtus : il diminue chez l'enfant; le lobe droit, au contraire, très petit chez le fœtus, prend chez l’enfant un développement considérable. Les changemens anatomiques qu’amène la naissance, permettent très bien de comprendre cette différence dans le développement des deux lobes. Chez le fœtus, le sang est amené au foie par la veine ombilicale: il est reçu en totalité par le lobe gauche qui doit naturellement acquérir un volume beaucoup plus grand que le lobe droit : chez l’enfant, au contraire, par suite de la mort du placenta et de l’oblitération de la veine ombilicale, le lobe gauche ne reçoit plus de sang, c’est le lobe droit qui reçoit le sang qui est amené au foie par la veine-porte, très petite avant la naissance, mais dont le développement chez l’enfant va toujours en augmentant. Il doit donc bientôt arriver que le lobe droit, directement nourri, ait un volume de beaucoup supérieur au lobe gauche, qui est forcé d’emprunter des moyens de nutrition, la veine ombilicale ayant été oblitérée et n'ayant laissé qu’un cordon fibreux, connu sous le nom de canal veineux.

Les variations du volume du foie ont été observées sous trois points de vue, relativement au poids du corps, relativement à quelques autres organes et relativement aux diverses parties constituantes du foie lui-même. Le tableau suivant, fait par M. Huschke, donnera une idée exacte de ces changemens aux différens âges.

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