‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 120 sur 373 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

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façon empêché le développement detoutes les parties du foie, cet organe se trouve au-dessous du diaphragme, à peu prèssur la ligne médiane et autant d’un côté que de l’autre. Au contraire, chez tous les mammifères à estomacs multipliés, les ruminans, les cétacés carnassiers, etc., etc., le foie est petit, peu développé, et est relégué exclusivement dans l’hypocondre droit.

Le foie est très variable sous le rapport de son volume, de sa forme et du nombre de ses lobes.

Nous avons vu que, chez l’homme, le foie est réduit à un seul lobe, qu'on peut appeler le lobe principal avec un rudiment de lobule droit , le lobe de Spiegel. Dans la plupart des autres mammifères, il existe un lobe gauche et un lobe droit qui viennent s'ajouter au lobe principal, et dans les animaux chez lesquels le foie atteint son maximum de développement, il y a en outre un lobule gauche et un lobule droit, et c’est dans ces cas que le foie occupe l’hypocondre gauche aussi bien que l’hypocondre droit.

Cuvier appelle les lobes qui s'ajoutent ainsi au lobe principal, les lobes accessoires du foie, et il justifie cette dénomination en faisant remarquer que ces lobes n’ont aucun rôle important à jouer. C’est dans une des deux scissures qui divisent ordinairement le lobe principal, qu'est logée la vésicule du fiel, et c’est dans l’autre que vient se rendre le ligament suspenseur ombilical. En outre, ce n’est pas aux lobes accessoires, mais aux parties gauche et droite du lobe principal que s’attachent les ligamens latéraux du foie.

En admettant ainsi un type de foie composé seulement d’un lobe principal et en rattachant à ce type les variations de forme qu'offre le foie des autres mammifères, Cuvier a pu conclure que le développement proportionnel et la forme des différentes parties normales du foie peuvent varier beaucoup d’un ordre à un autre ; mais que les animaux d’un même ordre ont souvent une forme de foie caractéristique de ce groupe, et que le nombre variable des lobes du foie ne tient pas, comme on le croit communément, aux divisions plus ou moins nombreuses d’une même partie, mais qu’il est dù principalement à une composition plus ou moins compliquée de ce viscère et conséquemment à ses additions ou à des suppressions de certaines de ces parties.

Quant aux canaux hépatiques, ils n’offrent aucune différence dans les divers mammifères, tant qu’ils sont contenus dans le foie, mais en dehors de cet organe, ils se comportent d’une maniére diverse, suivant chaque famille, et souvent suivant les di-

FOIE

vers membres d’une même famille. 11 n’y en a qu’un ou il y en a plusieurs ; ils versent la bile, soit en majeure partie ou en totalité dans la vésicule, ou bien directement dans l'intestin ; ils se rendent dans l'intestin après avoir communiqué avec les canaux pancréatiques ou sans avoir eu de rapport avec ces canaux; enfin, ils aboutissent dan: l'intestin à une distance plus ou moins rapprochée du pylore. On comprend que chacune de ces diverses dispositions peut avoir une influence sur l’action que la bile est appelée à jouer dans l’intestin. 11 n’est pas indifférent que la bile arrive isolément dans l'intestin, sans avoir séjourné dans un réservoir particulier qui peut amener quelques modifications dans sa Composition, ou qu'elle n'arrive au contact des alimens qu’après ce séjour plus où moins prolongé. D'un autre côté, si elle arrive dans l'intestin sans avoir été mêlée préalablement au suc pancréatique, la bile pourra avoir une action spéciale qu’elle n’exercerait pas si le mélange avait eu lieu auparavant. Enfin, si la bile coule dans le canal intestinal à une petite distance du pylore, elle pourra, en refluant dans l’estomac, avoir sur la digestion stomacale une influence qu’elle n'aurait pas si ce reflux n'était pas possible.

Le nombre des branches du canal hépatique est très-variable et n’est pas exactement en rapport avec celui des lobes du foie. La règle est que le conduit hépatique naisse de la réunion de deux branches principales, donne naissance, sous un angle plus ou moins aigu, au canal cystique, et continue ensuite comme canal cholédoque. Quelquefois, des conduits hépato-cystiques secondaires se jettent encore dans la vésicule biliaire (bœuf), ou dans le conduit cystique principal (mouton, chien), ou même dans le canal cholédoque (phoques). 11 arrive aussi parfois que deux ou plusieurs conduits hépatiques, au lieu de se réunir en un tronc commun, se Jettent successivement dans le conduit cystique (tursier).

En tous cas, jamais le canal cystique ne se rend directement dans le canal intestinal. Le canal commun ou le canal hépatique seul, quand le cystique n’existe pas, avant de s'ouvrir dans l'intestin, rampe toujours dans un espace plus ou moins long, entre la membrane musculaire et la membrane interne. Il reçoit ordinairement le canal pancréatique à une très-petite distance du duodenum : quand leur insertion n’est pas commune, ils s'ouvrent généralement dans l'intestin à une distance assez rapprochée.

: On a eu tort d'affirmer que le rapprochement de l'insertion du canal hépatique dans l'insertion de l'orifice pylorique était toujours en rapport avec le genre d’alimentation et que plus l’animal était carnassier, et plus ce rapprochement était grand ; comme nous le verrons, c’est chez les rongeurs que l'insertion du canal cholédoque dans l'intestin est la plus voisine du pylore. La plupart des mammifères sont pourvus de vésicule du fiel. Ainsi, tous les quadrumanes, tous les carnassiers, les cétacés herbivores, tous les marsupiaux, les tatous, les fourmiliers possèdent un réservoir biliaire. Mais ce réservoir manque dans plusieurs rongeurs, dans la plupart des pachydermes, à l’exception des cochons et dans quelques ruminans, cerfs, lamas, chameaux, les cétacés vrais, etc.

Dans les animaux qui en sont pourvus, la vésicule a ordinairement une situation verticale telle que son fond est dirigé en bas et son col tourné en haut. Elle est ordinairement pyriforme comme celle de l’homme; cependant, chez beaucoup de rongeurs, elle se rapproche de la forme cylindrique. Elle est quelquefois flexueuse (chat, lion) et arrondie chez les chéiroptères ;

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