VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES DU TESTICULE
1° Artères.— Toutes les artères du testicule sont fournies par l'artère spermatique qui naît, comme on sait, de l'aorte sous un angle très aigu; cette artère, très petite, très longue et très flexueuse , longe le cordon spermatique , tantôt sans se diviser, tantôt en se partageant en plusieurs branches; parvenue au testicule, elle se divise en plusieurs rameaux, dont les uns se dis-
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tribuent à l’épididyme, et les autres, au testicule lui-même, Ceux qui sont destinés au testicule traversent la tunique albuginée dans toute l'étendue de son bord supérieur, ou plutôt dans la partie de ce bord, que l’on désigne sous le nom de corps d'Hygmore; là, ces rameaux se partagent en deux ordres : 1° Les uns rampent dans l'épaisseur de la tunique albuginée, pour constituer ce qu’on appelle le tissu de cette tunique: ces vaisseaux , beaucoup plus rapprochés de sa surface interne que de sa surface externe , émettent successivement un grand nombre de rameaux, plus ou moins déliés, qui traversent la couche qui les recouvre, et pénètre dans l’épaisseur de la substance testiculaire; 2° les autres traversent le corps d'Hygmore, et toute l’épaisseur de la tunique albuginée, et pénètrent dans la substance testiculaire, en allant du bord supérieur du testicule vers son bord inférieur, et en se divisant successivement en une multitude de petits rameaux qui s’anastomosent entre eux, et avec ceux qui rampent dans l'épaisseur de la tunique.
Du reste, les auteurs ne les décrivent point tous de la même manière. M. Roux (Bichat, Anat. descrip., t. 3, p. 185) avance, que des injections grossières, faites dans le dessein d’étudier la disposition de ces vaisseaux, les montrent se croisant dans l’épaisseur de la substance intérieure du testicule, et allant se terminer sur les différens points de la surface interne de la tunique albuginée, après avoir donné en tous sens des ramuscules infiniment déliés. Suivant Ast. Cooper (oc. cit., p. 414), lesdivisions de l'artère spermatique, après avoir traversé le corps d'Hygmore, se continuent entre les deux lames de la tunique albuginée (on sait que l’auteur admet deux lames dans cette tunique), et se répandent sur la lame interne, vers le bord inférieur du testicule; là, elles forment une anastomose par arcade, d’où partent des ramifications qui vont en haut, se perdre dans les portions de membrane qui recouvrent leslobes de la substance tubuleuse. Quand elles ont atteint les deux tiers du trajet vers le médiastin , elles se divisent en deux branches qui se retournent de chaque côté, vers le bord inférieur , et répandent dans la membrane un grand nombre de ramifications.
Quant à la manière dont se terminent les artères, on ne sait rien de positif à ce sujet.
2° Veines du testicule. — Suivant M. Cruveilhier, elles sont très multipliées, offrent une disposition analogue à celle des artères, et vont former les veines spermatiques. M. Roux ( nat. descrip. de Bichat, t. ur, p. 186) prétend, au contraire, qu’elles ne se comportent pas du tout comme les artères; suivant cet auteur, les plus considérables, placées immédiatement au-dessous de l’albuginée, ou dans son épaisseur, jouent le rôle de sinus analogues aux sinus de la dure-mère, et servent à dégorger la substance testiculaire de l’excès de sang qui lui est apporté par les artères. Les plus petites parcourent l’intérieur du testicule, et viennent se jeter dans celles plus grosses qui font l'office de sinus.
On signale surtout parmi les vaisseaux sanguins, une artère et une veine plus considérable que les autres; l'artère se dirige d’avant en arrière, et la veine d’arrière en avant, le long du bord supérieur du testicule. Elles marchent cependant à une certaine distance de ce bord , et dans la direction du grand diamètre.
3° Vaisseaux lymphatiques : 1 y en a de superficiels et de profonds; ils proviennent des enveloppes du testicule et de la substance intérieure. Les uns-et les autres se réunissent sur le cor-
don, et forment trois ou quatre troncs principaux, qui remontent le long de cet organe.
Ast. Cooper qui est parvenu à injecter ces vaisseaux, en plaçant un tube à injection dans la partie postérieure du médiastin, a vu l'injection pénétrer dans les lymphatiques profonds, et remonter dans ceux du cordon spermatique qui, suivant le trajet ascendant de la veine spermatique, passent à travers le canal inguinal; ceux du côté droit abandonnent cette veine, croisent la veine-cave, et se terminent à trois ou quatre ganglions absorbans , placés à côté de l'aorte, près de l’origine de l’artère spermatique; ceux de gauche vont dans les ganglions qui sont en contact avec l'aorte, immédiatement au-dessous de l'artère rénale.
Les vaisseaux absorbans de la tunique vaginale se terminent dans ceux du testicule : les uns sont superficiels et les autres profonds; les superficiels sont faciles à injecter; en piquant le feuillet séreux qui recouvre la tunique albuginée, la tunique vaginale se couvre d’une tunique argentée, comme il est facile de le voir, dans les belles planches de Panizza; ils communiquent avec les profondes, ce qui fait que le mercure injecté dans les superficielles passe facilement dans leur cavité. Ces vaisseaux sont très nombreux et remontent le long du cordon, dans la composition duquel ils entrent; ils suivent le trajet des vaisseaux spermatiques, et vont se terminer aux ganglions.
4" Nerfs du testicule. — es nerfs des testicules proviennent de trois sources différentes. Ils sont extrêmement déliés et suivent le même trajet que les artères spermatiques. Ils constituent le plexus interne spermatique, le plexus externe étant formé par les nerfs destinés aux tuniques vaginales et au crémaster.
ÉPIDIDYME.
L'épididyme(en latin, epididymus farustala, en grec, ex, sur, et %dvpos, testicule), ainsi appelé parce qu'il surmonte le testicule, est un petit corps oblong, vermiforme, ou en forme de croissant , renflé à ses extrémités, qui est étendu le long du bord supérieur du testicule auquel il adhère; il n’occupe cependant pas exactement la ligne médiane; mais il est un peu déjeté en dehors sur sa face externe. Son bord supérieur est arrondi , tandis que son bord inférieur est aplati et mince; son extrémité antérieure et supérieure qu’on appelle sa téte ou (globus major), parce qu’elle offre un renflement très marqué, est unie à l’extrémité correspondante du testicule dont elle reçoit les troncs séminiferes ; sa partie moyenne ou son corps est libre; il existe entre elle et le testicule, un intervalle assez considérable; enfin, son extrémité postérieure et inférieure qu’on nomme sa queue (globus minor), parce qu’elle est moins développée que sa tête, adhère de nouveau à l'extrémité postérieure du testicule, et se recourbe en haut, pour se continuer avec le canal déférent au. quel elle donne naissance.
Les rapports de l’épididyme avec la tunique vaginale méritent d’être mentionnés: il emprunte à cette membrane une enveloppe incomplète qui recouvre toute sa tête, excepté la partie de celleci qui adhère au testicule, mais qui enveloppe une moins grande partie de sa queue. Quant à sa partie moyenne, nous savons que le feuillet testiculaire de la tunique vaginale, après avoir tapissé les faces latérales du testicule, s’insinue en dehors et en dedans entre le bord supérieur de cet organe et l’épididyme, où il forme une espèce de cloison, tapisse la face inférieure de ce
dernier, puis s'élève plus ou moins haut sur le cordon, suivant que le sujet est plus ou moins jeune, et se réfléchit de haut en bas, en dedans et en dehors. Cette tunique séreuse donne à l’épididyme un aspect lisse et poli, analogue à celui du testicule.
Structure de l'épididyme.— Yorsque la tunique vaginale qui tapisse l’épididyme a été enlevée, on voit que cet organe, qui présente toujours une forme de croissant, est constitué par un long cordon, replié un grand nombre de fois sur lui-même, et dont les circonvolutions sont unies par des brides, cellules fibreuses très denses. Lorsqu'on est parvenu à détruire ces brides, soit par la macération, soit par une dissection longue et attentive, on s’aperçoit que les flexuosités sont disposées en forme de huit de chiffre, et qu’il est facile de les déplisser. Monro qui a fait ce travail plusieurs fois, a trouvé que ce cordon avait une longueur considérable, qu'il a évaluée à 10 à 11 mètres. On est aussi parvenu à injecter ce cordon par le canal déférent, soit avec du mercure, soit avec de la térébenthine colorée; il est donc manifestement creux. Cette injection peut se faire, soit avant, soit après le déplissement. D’après la longueur assignée au canal qui constitue l’épididyme, on peut voir combien est longue et sinueuse, la route que doit parcourir le sperme, avant de parvenir à sa destination; cette circonstance doit avoir pour but le perfectionnement progressif de ce liquide. On a remarqué dans le canal épididymique, une particularité qui ne se rencontre pas dans le canal excréteur des autres glandes, c’est le défaut d’uniformité de son diamètre, car, d’après la remarque de Huschke, ce diamètre, qui, près de la tête, est de 1/2 à 1/3 de millim., va en diminuant à mesure qu’on s’approche de la queue, où il n’est plus que de 1/4 de millim., après avoir été de 1/3 de millim. au corps.
La queue de l’épididyme se continue avec le canal déférent ; elle n’adhère au testicule que par un tissu cellulaire assez lâche.
Haller a parlé le premier d’un petit canal, naissant de l’épididyme, et de même nature que cet organe; il en a suivi le trajet jusqu'un peu au delà de l'anneau, mais sans pouvoir découvrir l’endroit où il se terminait; il l’a nommé vasculum aberrans. Monro pense qu'il est destiné à rapporter dans le torrent circulatoire, une partie de la semence. Meckel croit que c’est un vaisseau lymphatique; mais s’il en était ainsi, Haller, qui a injecté ces cordons surnuméraires avec du mercure, aurait pu les suivre jusqu'à leur terminaison, tandis qu'il les a vus se perdre dans le tissu cellulaire du cordon. Ast. Cooper (loc. cit., p. 416) dit qu’il a vu un conduit déférent supplémentaire, long de 27 à 81 millim., monter le long du cordon spermatique, et qu’il a possédé une préparation, où l’on voyait trois de ces canaux dans le même testicule, se terminant chacun par un cul-de-sac.
Les artères sont fournies à l’épididyme par l'artère spermatique: l’une se dirige vers sa tête, une autre vers son corps, et une troisième vers la queue et les premières circonvolutions du canal déférent; ses veines vont se rendre aux veines du même nom ; ses lymphatiques se confondent avec ceux qui viennent du testicule, et vont se terminer aux mêmes points qu'eux. Enfin, ses nerfs émanent des mêmes sources que les nerfs testiculaires.