STRUCTURE DU TESTICULE
Les parties qui entrent dans la composition du testicule sont une membrane fibreuse qu’on appelle albuginée , un tissu propre enveloppé par cette membrane, des vaisseaux et des nerfs.
1° Membrane albuginée ou fibreuse du testicule. — Cette membrane qui forme l'enveloppe extérieure de la glande séminale, présente un aspect d'un blanc nacré et perlé ; elle est très résistante et à peu près inextensible, comme toutes les membranes fibreuses. Elle présente beaucoup d’analogie avec la duremère et la sclérotique. Sa surface externe est enveloppée par la tunique séreuse, excepté au niveau de l’épididyme où elle est
libre dans une assez grande étendue. Sa surface interne est appliquée sur la substance propre du testicule, et lui est unie par des prolongemens fibreux qu’elle envoie dans son épaisseur, et par des vaisseaux sanguins.
Ast. Cooper qui a fait une étude approfondie de l’anatomie de la glande séminale, nous dit (Œuvres Chirure., p- 412), qu’à la partie supérieure du testicule , et un peu à son côté externe, la tunique albuginée se réfléchit en dedans, vers le centre de la glande, et forme un prolongement triangulaire qu’il nomme, à cause de sa situation, /e médiastin du testicule.
Cette portion réfléchie de la tunique albuginée, envoie en avant et en bas, de nombreux cordons ligamenteux, dont quelquesuns se rendent directement du médiastin an bord inférieur du testicule; d’autres plus nombreux, mais plus petits, descendent sur les conduitsséminifères, envoient en avant et en bas, des prolongemens latéraux qui forment des vacuoles, où sont renfermés les lobes dont se compose l'édifice glanduleux du testicule; ces prolongemens rencontrent des cordons ligamenteux et des membranes de la même nature, qui partent de la surface interne de la tunique albuginée, et complètent l'enveloppe des lobes du testicule.
Nous verrons plus loin, que ce qu'Ast. Cooper nomme médiastin du testicule, est ce qu’on a appelé le corps d'Hygmore. De ces dispositions, il résulte que la membrane albuginée envoie dans l’intérieur du testicule, une foule de prolongemens latéraux et de cloisons minces, qui le divisent en lobes ou petites masses, et qu'elle se trouve elle-même former un grand nombre de petites loges ou culs-de-sacs obliques, dans lesquels pénètre la substance propre du testicule.
Ast. Cooper croit que les membranes et les cordons dont il vient d’être question , enveloppent les vaisseaux séminiferes et leur forment des gaines qui leur apportent le sang, les soutiennent, les isolent, les protégent et les nourrissent. Mais il paraît que ces prétendus cordons fibreux qui traversent le testicule, ne sont autre chose que des filamens vasculaires, qui présentent une résistance assez forte pour avoir fait admettre qu'ils étaient enveloppés par une gaine fibreuse née de la membrane albuginée, gaine qui, du reste, n’est pas admise par tous les auteurs.
Ast. Cooper (oc. cit.) admet que la tunique albuginée peut se séparer par la dissection en deux couches ou lames, l’une externe, analogue à la sclérotique ou à la dure-mère, et l’autre intérieure, qu’il nomme vasculaire, parce que, dit-il, c’est dans son tissu que se ramifie l’artère spermatique; elle a de l’analogie avec la pie-mère; elle peut être facilement séparée de l’autre lame par la dissection, excepté au bord antérieur ou inférieur du testicule, où s’implantent quelques-uns des cordons ligamenteux internes ; elle peut néanmoins être assez complétement séparée de la lame extérieure pour former un feuillet distinct, enveloppant la substance tubuleuse, et abandonnant la lame extérieure de la tunique avec le cordon spermatique. Pour démontrer cette tunique, dit A. Cooper, il faut pousser une injection fine dans les artères et les veines, puis ouvrir les testicules, et enlever la substance tubuleuse : alors on aperçoit à la surface interne de la tunique albuginée , cette lame éminemment vasculaire; enfin, la tunique albuginée se réfléchit en dedans, sur les lobes du testicule et soutient les ramifications de l'artère spermatique. ;
La plupart des anatomistes français n’admettent point deux couches dans la membrane albuginée. M. Cruveilhier , entre
autres, pense que si ces vaisseaux se laissent apercevoir à la sur- Vs
face interne de cette tunique, cela tient à ce qu'ils sont plus voisins de sa surface interne que de l’externe, et à ce que la couche fibreuse qui les revêt est transparente. Au lieu d'admettre que la tunique albuginée se divise en deux lames, dont l’interne serait analogue à la pie-mère, M. Cruveilhier croit que les vaisseaux contenus dans l'épaisseur de la tunique albuginée représentent mieux les sinus de la dure-mére, que Île réseau vasculaire de la pie-mère.
La membrane albuginée présente à sa surface interne, et dans la moitié antérieure de l'étendue de son bord supérieur, une saillie oblongue recouverte par l'épididyme, et qu’on désigne généralement sous le nom de corps dHygmore, du nom de l’anatomiste, qui le premier en a donné la description. La structure de ce corps a été le sujet de grandes discussions parmi les anatomistes : les uns, se fondant sur ce qui existe chez certains animaux, admettaient qu'il était traversé par un canal, dans lequel venaient se décharger les canaux séminifères ; Swammerdam , entre autres, croyait qu'il était uniquement constitué par un assemblage de veines et d’artères. Mais il résulte des recherches d'Haller que le corps d'Hygmore ne présente pas de canal, et consiste simplement dans une augmentation d'épaisseur de la membrane albuginée, qui, dans ce point, est traversée par des vaisseaux séminifères, par des artères et des veines. Pour bien comprendre ce corps, il faut diviser le testicule, suivantun plan perpendiculaire, à son grand diamètre; on découvre alors un noyau ou épaississement fibreux triangulaire, qu’on croirait seulement traversé par des vaisseaux sanguins, parce qu'on n’aperçoit pas de prime abord les vaisseaux séminiféres ; pour voir ceux-ci, on peut y injecter du mercure par le canal déférent; lorsqu'il y pénètre, ils deviennent très visibles, mais il est assez difficile de l’y amener, de sorte qu'il vaut encore mieux, après avoir divisé le testicule le long de son bord convexe, renverser la tunique albuginée: alors, sa surface interne étant à découvert, on aperçoit au niveau de son bord supérieur, les vaisseaux séminifères qui pénètrent dans les petits trous qui existent sur la tunique albuginée en cet endroit; ces vaisseaux gagnent la partie épaisse de ce bord, le traversent séparément, en marchant obliquement d’arrière en avant, s’anastomosent dans son épaisseur, et percent la tunique albuginée en nombre variable au niveau de la tête de l’épididyme. C’est par ce point que pénètrent, comme nous le verrons plus tard, tous les vaisseaux sanguins du testicule.
Ainsi, le corps d'Hygmore consiste simplement en un épaississement de la tunique albuginée, occupant la moitié antérieure du bord supérieur du testicule, et traversé par les tubes séminifères destinés à former l’épididyme, et par un grand nombre de vaisseaux sanguins.
Les artères qui se distribuent à la tunique albuginée, viennent de l’artère spermatique; elles traversent d’abord le corps d'Hygmore, puis rampent dans l'épaisseur de cette membrane ;un grand nombre de branches, au lieu de se perdre dans cette tunique, pénètrent dans la substance même du testicule. Ast. Cooper a trouvé des vaisseaux absorbans sur cette membrane.
L’enveloppe fibreuse du testicule, en même temps qu'elle en détermine la forme, entoure et protége cet organe. On voit, en effet, rarement, la substance du testicule atteinte dans les chocs qui lui sont destinés, lors qu’il est suspendu, comme à l’ordinaire ; Car la tunique albuginée amortit une partie du coup; la mollesse des autres enveloppes et les mouvemens de glissement qu'éprouve la glande séminale, contribuent sans doute aussi
beaucoup à garantir ce testicule qui, toutefois, sans la tunique albuginée, recevrait bien plus fréquemment de graves atteintes. Cette membrane est pour le testicule ce qu'est la sclérotique pour la rétine et ce que sont les paupières pour les hnmeurs de l'œil et ses autres membranes. Les paupières deviennent, en effet, facilement, le siége d’un épanchement sanguin ou d’une large ecchymose, sans que, pour cela, le globe de l’œil ou le testicule soient en aucune façon atteints de contusion. Les prolongemens que la tunique albuginée envoie dans l’intérieur de la substance testiculaire servent, suivant Ast. Cooper, à soutenir les lobes qui la composent, de manière à ce qu'ils ne puissent être déplacés. Si la substance tubuleuse avait été suspendue d’une manière lâche dans la tunique albuginée, les moindres secousses auraient exposé les lobes à des dérangemens continuels.
M. Roux ( Bichat, Anat. descript., t. v, p. 184) pense que la tunique albuginée est douée d’une certaine élasticité qui la rend susceptible de revenir sur elle-même lorsque l'organe diminue de volume, soit par l'effet de l'expulsion de la semence, soit sous l'influence de l’âge, ou de l’atrophie résultant de la des: truction accidentelle de sa substance; cette membrane peut aussi s’étendre lorsque le testicule se gonfle; toutefois, si l’élasticité existe dans cette membrane, elle ne peut être portée à un haut degré, car dernièrement, un chirurgien d'hôpital, M. Vidal, afin d'empêcher ce testicule de devenir la proie de la gangrène, a proposé l’incision de cette membrane dans l’orchite inflammatoire, pour détruire l’étranglement que produit son peu d’extensibilité. :
La tunique albuginée est susceptible de devenir cartilagineuse, bien que cette dégénérescence survienne rarement dans les membranes fibreuses. Cet état, dit M. Roux, peut se montrer à tous les âges de la vie, et mérite, pour cette raison, une sérieuse attention, afin d'éviter de confondre cette affection avec le sarcocèle.
2° Tissu propre du testicule. — X occupe toute la cavité de la tunique albuginée et se présente sous l'aspect d’une substance molle, pulpeuse, dont la couleur variable est tantôt grisatre , Jjaunâtre ou rougeàtre, suivant qu’il reçoit un plus ou moins grand nombre de vaisseaux capillaires sanguins. La mollesse de ce tissu tient à ce qu'il est pénétré par une grande quantité de fluide , ce dont il est facile de s’assurer en soumettant à la dessication un testicule qui se réduit alors au huitième ou au neuvième de son poids. Dans l’état ordinaire, ce tissu propre du testicule est sillonné ou traversé par une multitude de cordons ou ligamens tendus et très résistans qui le divisent en lobes très nombreux. Suivant M. Cruveilhier, ces ligamens, disposés en forme de colonnes, ne sont autre chose que des vaisseaux sanguins détachés de la tunique albuginée; M. Roux (Loc. cit., p. 187) les considère comme formés, et par des vaisseaux sanguins et par des filamens fibreux qui naissent de l’albuginée : c'est en effet ce qui existe; tous lés lobes du testicule, ou du moins la plupart d’entre eux communiquent ensemble, parce que les cloisons qui les séparent sont incomplètes, ou seulement constituées par de simples brides. Le plus grand nombre de ces cloisons ou fibres coupent le grand diamètre du testicule à angle droit; il en est une cependant très remarquable, plus épaisse, qui est dirigée d’une extrémité à l’autre de l'organe. C’est cette cloison qu’Ast. Cooper a désignée sous le nom de médiastin et qu'on connait sous celui de corps d'Hygmore.
Les lobes du testicule sont de deux espèces, suivant Ast. Coo-
ORGANES GÉNITAUX
per; les uns, qu’il nomme lobes principaux , sont composés d’un grand nombre de tubes pelotonnés ensemble; les autres, qu'il appelle lobules, sont formés par un seul tube, et quelquefois par deux. Les lobes sont piriformes, ou représentent des pyramides dont le sommet tourné vers le bord supérieur du testicule, s'attache à ce que Ast. Cooper appelle le ete (par ce mot, cet auteur entend un ordre de canaux qui reçoivent le produit de la sécrétion spermatique), et dont la base répond à la surface interne de la tunique albuginée. Chaque tube commence donc à l’un des canaux qui forment le rele, puis passant à travers une petite ouverture du médiastin , il décrit des circonvolutions multipliées, et concourt à former un lobe. Ces tubes peuvent être déroulés, et alors on voit que chacun d’eux est constitué par un filament très délié, long et flexueux , dont les circonvolutions sont disposées en lignes presque parallèles les unes aux autres, et presque perpendiculaires au grand axe du lobe. Ces tubes, quoique très fins, constituent les conduits séminifères; Haller et Monro sont parvenus à les injecter, en faisant pénétrer du mercure par le canal déférent. Ast. Cooper dit aussi être parvenu à les injecter avec de la colle, et avoir obtenu par ce moyen, des préparations qui lui ont facilité l'étude de la structure du testicule. Monro qui a fait de longues et laborieuses recherches sur ces canaux séminiferes, a prétendu que leur nombre pouvait être porté à 62,500, chacun ayant 27 mill. de longueur, ce qui ferait une longueur totale de 1,663 mètres, Berres évalue le nombre des lobules à 245-250; Krause, entre {00 et 480; Lauth, porte celui des canalicules séminifères, entre 800 et 850 , et leur longueur, de 218 à 738 mètres, ou bien , en moyenne, à 478 mètres; ce qui ferait environ 64 cent. de longueur pour chacun.
Leur diamètre a été estimé par Monro à 1/8° de mill. Muller prétend qu’il est de 1/9° de mill. dans l’état ordinaire, et de 1/4 de mill. dans l’état d'injection ; Lauth le porté à 1/7° et à 1/5° de mill. dans l’état de réplétion par le sperme; et Huschke, de 1/6° à 1/7° de mill. ; ce dernier auteur dit avec raison que plus le testicule est gros, plus ils ont de volume, en général. Cela est si vrai, que chez le cheval ils ont près de 1 mill. de diametre , l'épaisseur de leurs parois estconsidérable , Huschke l’estime à 1/50o° ou 1/55° de mill. On peut juger approximativement d’après ce calcul, combien est longue, sinueuse et étroite, la route que doit parcourir le sperme avant de parvenir dans l’urètre. L’épaisseur de leurs parois explique aussi comment les canalicules séminifères peuvent supporter, de la part du mercure, une pression qui doit être très forte en raison de leur longueur et de leurs circonvolutions.
Si l’on examine les lobes de la substance tubulaire avant d’avoir déroulé les canaux qui les contiennent, on s'aperçoit qu’ils présentent de petits renflemens ou de petites granulations miliaires, qui simulent des granulations glanduleuses qui avaient même été admises par quelques anatomistes; mais si l’on saisit cette substance avec les mors d’une pince, et qu’on l’attire doucement à soi, on voit ces filamens se dérouler, leurs nodosités disparaître par la distension , et eux-mêmes devenir rectilignes et plus ou moins transparents; plus les testicules sont humides, plus il est facile d’étirer ces tubes sans les briser.
Sur les faces latérales du testicule, le tissu propre de cet organe n’adhère à la tunique albuginée que par des vaisseaux sanguins , tandis que vers sa partie moyenne et vers son bord supérieur, ces vaisseaux se rendent tous à ce que nous avons appelé le corps d’Hygmore, et constituent là ce que Haller a désigné sous le nom de ete vasculosum testis, parce qu'il pensait qu’ils com-
muniquaient tous les uns avec les autres , et qu'ils formaient des mailles analogues à celles d’un réseau. Ast. Cooper a désigné de nos jours cette réunion de vaisseaux séminifères sous le nom de réseau séminifère, ou simplement de rete. La description qu’il en donne se rapporte bien à celle que nous avons donnée du corps d'Hygmore, mais il y ajoute quelque chose qui n'existe pas dans les auteurs français. « On entend par rete, dit-il, un ordre de canaux qui reçoivent de la substance tubuleuse qui compose les lobes, le produit de la sécrétion spermatique; ces canaux ne sont point situés dans la cavité de la tunique albuginée comme les tubes, maïs ils sont situés entre les lames de cette tunique que j'appelle médiastin. Pour disséquer ce tissu d’une manière claire et distincte, A. Cooper indique de faire une section transversale au testicule; alors, si l’on examine les bords de la section, on voit que la tunique albuginée peut facilement, en cet endroit, se diviser en trois couches : la première contourne le cordon spermatique, s’unissant à la gaine qui recouvre les vaisseaux de ce dernier ; la seconde couche s’unit avec une semblable, du côté opposé, et forme une couche moyenne, à tissu épais entre les fibres duquel il y a des interstices pour les vaisseaux sanguins et pour les absorbans ; enfin, une troisième couche s’unissant encore, sur la ligne médiane, avec une couche semblable du côté opposé, et s’adossant avec elle, se réfléchit de haut en bas, et se projette entre les lobes du testicule, pour former le prolongement qu’il a nommé /nédiastin. Le médiastin est donc composé de deux corps accolés : le supérieur, placé vers le cordon spermatique, l’inférieur, vers le centre du testicule. Dans le premier, se trouvent des vaisseaux sanguins , dans le second, les conduits du rete ou le réseau séminifère. Pour bien voir la portion réfléchie de la tunique albuginée qui forme le médiastin , il faut faire une incision suivant le grand axe du testicule, d’une extrémité à l’autre ; alors on le verra se projeter en bas et en avant, au milieu de la substance tubuleuse, s’étendant à plus des trois quarts du testicule, et son bord se terminer par des ligamens qu’il projette çà et là, dans les interstices des lobes.
Maintenant il est facile de voir que ce qu’Ast. Cooper appelle médiastin, n’est autre chose que le corps d'Hygmore, plus la cloison fibreuse qui est dirigée d’une extrémité à l’autre de l’organe , et dont nous avons déjà parlé. Le célèbre chirurgien de Londres, n'ayant parlé nulle part du corps d'Hygmore, et ses traducteurs n'ayant ajouté aucune note au passage où il en est question (Œuvres Chirurg., p. 414), il est difficile, au premier abord, de comprendre que c’est de cet objet dont il s’agit.
Les canaux qui forment le rete (réseau séminifère), occupent toute la longueur du médiastin, dans l’épaisseur duquel ils sont situés. Si l’on divise transversalement cette cloison , on apercoit ces canaux sans le secours de la loupe; ils montent longitudinalement d’arrière en avant, et en décrivant des flexuosités. Ast. Cooper dit qu’ils sont situés plus près du bord inférieur du testicule que de son bord supérieur, et que c’est ce qui l’a conduit à remarquer que le médiastin est composé de deux parties, savoir : de vaisseaux sanguins dans sa partie supérieure, et de vaisseaux séminaux dans sa partie inférieure.
Les tubes qui composent les lobes de la substance testicu= laire, s’'abouchent dans les conduits du réseau séminifère, en traversant de petites ouvertures du médiastin, situées entre les ligamens qui en partent, soit sur son bord inférieur, soit sur ses côtés. Les canaux, du reste, eux-mêmes, qui, d'après Huschke, sont au nombre de plus de vingt, et ont 1/4 à 1/3 de mill. d'é-
paisseur, se terminent à l’extrémité antérieure du testicule , en formant les vaisseaux efférens (vasa efferentia).
Ast. Cooper est parvenu à injecter les canaux du réseau séminifere avec de la colle, en introduisant un tube délié, d’argent ou d’acier, dans les canaux; dès lors, non seulement ces derniers, mais encore les vaisseaux efférens furent promptement remplis, et fournirent des pièces faciles à disséquer.
Vaisseaux efférens. — Arrivés vers l'extrémité antérieure du testicule, les canaux séminifères et les tubes qui forment les lobes de la substance testiculaire, se réunissent et constituent les vaisseaux efférens (vasa efferentia). Ces conduits sont en nombre indéterminé. Haller prétend en avoir compté jusqu’à 30. Ast. Cooper n’en a jamais trouvé plus de 15, et dit qu'il y en a ordinairement 13 à 15 dans un testicule sain; Sœæmmering n’en compte que 13; Krause, 9 à 17, et Huschke, une moyenne encore moindre. On peut donc dire d’une manière générale, qu'il y en a de 10 à 20. Cependant, leur nombre est quelquefois réduit à 6 ou 7; cela tient à ce que quelques-uns d’entre eux se sont oblitérés, ce qui, du reste, n'empêche pas l'organe de continuer à remplir ses fonctions.
Les conduits efférens traversent séparément le corps d’Hygmore, et viennent s’aboucher dans l'épididyme, à différens points de sa hauteur. Ast. Cooper dit qu'avant leur terminaison, ils forment chacun un renflement conique dans lequel, le tube séminal ,presque immédiatement avant sa terminaison, se divise en plusieurs conduits d’une ténuité extrême. Un petit prolongement de communication réunit ces vaisseaux efférens au moment de leur terminaison ( Œuvres Chirurg., p. 415).
Ce sont ces conduits réunis qui constituent ce qu’on appelle la téte ou globus major de l'épididyme, au moment où ils se réunissent à lui. Ils ont la même forme que les conduits séminifères ; immédiatement après leur naissance , ils décrivent d’abord quelques courbures, puis ils forment des circonvolutions multipliées, qui constituent de véritables cônes dont la base, large de 27°" environ, regarde la tête de l’épididyme, tandis que le sommet beaucoup moins large, est tourné vers le réseau vasculaire. Leur injection par l'épididyme est facile, en ce sens, qu’ils ne contiennent pas de valvules, comme le croyait Prochaska.
Il serait difficile de dire quelle est l’organisation intime des vaisseaux séminifères et des conduits efférens, à cause de leurextrême ténuité; il est probable qu'une muqueuse très fine, analogue à celle qui tapisse l’intérieur du canal déférent, revêt leur cavité, et que celle-ci est doublée par une couche extrêmement mince de tissu dartoïque ou fibreux, car leur résistance est plus grande qu'on ne le croirait en la voyant si fine, et qu'elle ne serait s'ils étaient composés uniquement par une muqueuse.
Un tissu cellulaire séreux très délié, unit entre eux, les lobes de la substance testiculaire et les canaux séminiféres ; pour bien distinguer le tissu , il faut l’examiner à un Jour favorable.