FORME, VOLUME, DIMENSIONS
Nous venons de voir, en général, quelles sont les conditions qui déterminent le plus ou moins de symétrie des viscères, et nous avons indiqué, dans le discours préliminaire, qu'elles sont celles qui influent sur leurs formes spéciales; nousn'y reviendrons pas. Pour le volume et les dimensions, c’est toujours dans la nature des fonctions que nous allons trouver la raison des différences que présentent, entre eux, les appareils organiques. Ces différences sont énormes; elles varient d’une capacité de 1 décalitre et plus, et d’une longueur de 12 mètres (appareil digestif), à quelques centilitres et quelques centimètres (capsule surrénale), et même encore moins (glandes de Cowper).
L'appareil digestif, réceptacle de l'aliment, c’est-à-dire d’une grande masse de substances solides, liquides et gazeuses, étrangères à l'organisme, et empruntées du dehors, auxquelles il fait subir des élaborations si nombreuses, offre, par cela même, un volume très considérable et supérieur à celui de tous les autres appareils viscéraux réunis. Sa forme est celle d’un canal replié un grand nombre de fois sur lui-même, pour en augmenter la longueur, et autour duquel se groupent les divers organes glanduleux, ses annexes. Dans sa succession, le tube digestif se partage en une série de poches et de canaux qui constituent autant d'organes chargés de fonctions secondaires, toutes différentes. A l’orifice cutané céphalique est une première cavité préhensive et préparatoire de l’aliment, la cavité buccale; puis la cavité d’ingestion, le pharynx, auquel succède un étroit canal de transmission, l'æsophage. C'est ici que commence proprement lappareil splanchnique ou élaborateur digestif. Et d’abord l'estomac, vaste poche alimentaire, de forme irrégulièrement conoïde et recourbée sur elle-même, puis l'intestin gréle, la surface d'absorption, formant un canal assez étroit, et cependant le plus volumineux des organes digestifs, lisse, uni, et d’une longueur immense en raison des circonvolutions nombreuses qu'il décrit entre ses extrémités. À l'intestin grêle succède une poche ou réservoir des fèces, le cæcum, abouché avec le gros intestin, aussi d’un grand volume, d’un aspect bosselé, qui transmet les résidus des fonctions digestives au dehors. Parmi les annexes glandulaires, le foie constitue à lui seul une masse plus considérable que toutes les autres glandes réunies. Sa forme, par cela même, est la plus bizarre, et témoigne de toutes les précautions prises pour, du même coup, l'isoler, le fixer solidement, et faire en sorte qu’il gêne le moins possible, par son grand volume, les viscères adjacens dont les saillies viennent se mouler à sa surface. La rate et le pancréas, quoique assez volumineux en eux-mêmes, n’ont, relativement au foie, que de faibles dimensions.
L'appareil respiratoire, qui est aussi le réceptacle d’une substance alimentaire empruntée du monde extérieur, l'air atmosphérique, à cause de cela, est, après l'appareil digestif, celui qui offre le plus grand volume. Pour faciliter les mouvemens respiratoires et permettre l’interposition du cœur, cet appareil est divisé en deux organes isolés l’un de l’autre, les poumons,