PARTIES INTERNES DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
Les organes génitaux internes de la femme se composent : du vagin, de l’utérus, des trompes, des ovaires et des ligamens.
1° Du vagin ou canal vulvo-utérin.
Le vagin (de vagina, gaine, fourreau), est aussi nommé canal vulvo-utérin, parce qu’il s'étend de la vulve à l'utérus. C’est un conduit membraneux et cylindroïde, destiné à la copulation, au passage du sang des règles et à celui du produit de la conception.
Il est placé dans le bassin, entre la vessie et le rectum, se termine en haut, autour du col de la matrice qu’il embrasse, et en bas, à la vulve; il est maintenu dans sa position par du tissu cellulaire, et par ses adhérences avec les parties voisines.
Sa direction est telle, qu’il s'étend obliquement d’arrière en avant, et de haut en bas, à peu près dans le sens de l’axe du détroit inférieur.
Sa forme est celle d’un cylindre légèrement aplati d’avant en arrière ; un peu courbé sur lui-même, il présente une légère concavité en avant, et un peu de convexité en arrière. Ses parois, sans cesse revenues sur elles-mêmes, par suite de leur contractilité propre, sont toujours en contact, et sa cavité intérieure se trouve effacée; cette disposition peut être facilement mise en évidence par l’application du spéculum. La planche 67 du tome v, sur laquelle sont représentés les rapports des organes génito-urinaires et du rectum, chez la femme, montre la plupart des dispositions que nous venons d’indiquer.
Les dimensions du vagin, tant en longueur qu’en largeur, varient beaucoup ; sa longueur serait de 16 à 21 centimètres, suivant M. Jules Cloquet, de 8 à 11 cent., suivant M. Velpeau (4ccouchement, t. 1”, p. 95), et de 11 à 13, suivant M. Cruveilhier. Ici on peut faire la même remarque que pour la verge; la longueur du vagin dépend des conditions dans lesquelles se trouve cet organe lorsqu'on le mesure. Ainsi, lorsqu'on le mesure en place et dans l’état de repos, on le trouve beaucoup plus court que si, avant de le mesurer, on le tire pour lui faire subir toute l'extension dont il est susceptible. M. Roux croit que le vagin doit être un peu moins long chez les femmes qui ont usé du coit, parce qu'il se dilaterait aux dépens de sa longueur.
ORGANES GÉNITAUX
Suivant la remarque de Huschke, la paroi antérieure est plus courte de 6 à 12 millim. que la paroi postérieure.
Sa largeur n’est pas non plus la même dans tous les points de son étendue, c’est à son orifice inférieur qu’il présente la plus grande étroitesse, et à son extrémité supérieure, qu’il présente le plus de largeur; c'est surtout chez les femmes qui ont eu des enfans, que cet excès d’ampleur se remarque. On peut estimer que ses diamètres varient entre 3 à 5 centimètres, depuis son extrémité inférieure jusqu’à son extrémité supérieure.
Le vagin présente à examiner une surface externe et une surface interne.
1° Surface externe. Elle peut être considérée en avant, en arrière et sur les côtés, c'est-à-dire divisée en quatre parois.
Rapports. Ils sont exactement indiqués sur les planches 66 et 67 du tome v.
1° En arrière, tout à fait en haut, dans le quart environ de son étendue, le vagin est libre dans le bassin et tapissé par le péritoine, qui forme un cul-de-sac profond entre lui et le rectum. Sa moitié moyenne est intimement unie à la partie antérieure du rectum, et forme avec lui la cloison recto-vaginale qui sépare la cavité de ces deux organes. Enfin, dans son quart inférieur, il est séparé de l’intestin par toute l'épaisseur du périnée, et se trouve en contact avec des fibres musculaires. L’adhérence du vagin avec le rectum se fait par un tissu filamenteux analogue à celui du dartos; ce tissu, quoique assez lâche, ne permet pas au vagin de subir un déplacement un peu considérable, sans entrainer avec lui le rectum, ce qui donne lieu à la tumeur connue sous le nom de rectocele.
2° En avant, le vagin répond dans toute son étendue au basfond de la vessie et à l’urêtre, auxquels il adhère intimement au moyen d'un tissu cellulaire dense et serré, qui offre aussi beau coup d’analogie avec le tissu du dartos. La cloison qui résulte de l’union de la vessie et du vagin porte le nom de cloison vésicovaginale. Comme l'union qui existe entre ces deux organes est très forte, on voit constamment la vessie et l’urètre accompagner le vagin dans les déplacemens de l'utérus.
3° En dehors, sur ses faces latérales, le vagin est en rapport en haut avec les ligamens larges, en bas avec l'aponévrose pelvienne et le muscle releveur de l’anus, auquel il donne attache ; puis enfin, avec des vaisseaux, des nerfs, et un tissu cellulaire très abondant.
La surface interne du vagin est partout en contact avec ellemême; ce n'est qu'en y introduisant une espèce de moule qu'on peut parvenir à la déplisser. Quoi qu’il en soit, cette cavité est plus ou moins large; elle est toujours plus étroite chez les filles que chez les femmes; et chez ces dernières, elle est dilatée en raison de la fréquence du coït et du nombre d’enfans qu’elles ont eus. Elle est tapissée par une membrane muqueuse qui est toujours enduite d’une couche de mucus plus ou moins épais, et qui est beaucoup plus abondant au moment du coïit. On y observe un grand nombre de rides ou saillies qui sont moins nombreuses en haut, dans le voisinage du col de l’utérus, qu’en bas, et qui, dans cet endroit, n’ont pas de direction déterminée ; elles ressemblent beaucoup aux plis que fait la muqueuse de la
vessie ou de l'intestin lorsqu'ils sont contractés. Dans la moitié inférieure du vagin, au contraire, ces saillies sont disposées régulièrement, et affectent une direction transversale; elles n’occupent que les parois antérieure et postérieure du vagin, se perdent insensiblement sur le côté, et sont d’autant plus marquées qu'on les examine plus près de la vulve. (Zoyez planches 67-71, tome v, où ces rides sont représentées.) En avant et en arrière de cet organe, on trouve sur la ligne médiane deux crêtes saillantes qui se prolongent sous la forme de raphés sur toute sa longueur. Celle de la paroi antérieure est plus prononcée que celle de la paroi postérieure; on les nomme colonnes du vagin. Leur extrémité inférieure constitue, comme nous l’avons déjà dit, les caroncules myrtiformes antérieure et postérieure. (La planche 71 du tome v montre la colonne postérieure correspondant à la lettre P.)
Les rides du vagin sont très prononcées chez les jeunes filles vierges et chez les femmes qui ont rarement usé du coit; tandis que chez les femmes qui ont eu des enfans, elles s’effacent presqu'entièrement dans la partie supérieure. Pendant l’accouchement, celles de la partie inférieure s’effacent aussi, mais pour reparaître peu de temps après. On leur a attribué divers usages ; ainsi on croit généralement qu’elles sont destinées à favoriser l'ampliation du vagin dans l'accouchement; elles y contribuent probablement un peu, mais moins qu’on ne le dit. Leur direction indique plutôt qu’elles doivent servir à Pagrandissement du vagin dans le sens de sa longueur. M. Roux pense que leur destination principale est de permettre l’allongement du vagin, nécessité pendant la grossesse par l'élévation de la matrice; et ce qui semble confirmer dans cette opinion, c’est qu’elles re- Paraissent aussitôt que l'accouchement est terminé, et dès que la matrice est revenue à sa place.
Supérieurement, le vagin se termine en embrassant le col de la matrice, ce qui fait qu’il existe en cet endroit un cul-de-sac circulaire plus profond en arrière qu’en avant (vor. pl. 67,t. v); cela tient à ce que la paroi postérieure du vagin, plus longue que l’antérieure, s'élève plus haut qu’elle. Ce cul-de-sac est en général d’autant plus profond , que le col de la matrice est plus long et proémine davantage. Du reste, le tissu du vagin se prolonge, sans ligne de démarcation, sur le col utérin.
Structure du vagin. Cet organe est formé par deux couches très distinctes : une externe, d’une nature spéciale, et une interne muqueuse.
1° La couche externe est constituée par un tissu sur la nature duquel les auteurs ne sont pas d'accord. Suivant M. Roux (Bichat, Anat. descript., t. v, p. 278), il est grisätre, d’une texture dense et serrée, surtout du côté de la matrice , S’entrelace même avec la substance de cet organe , et parait être de même nature, quoiqu’on n’y découvre pas de fibres régulières. M. Velpeau le considère aussi comme le véritable prolongement des lames externes de la matrice; il dit qu'il a pour base du tissu cellulo-fibreux jaune, et des fibres charnues très pales, peu nombreuses et entrecroisées, qui ne sont pas sous l’influence de la volonté, et ne sont mises en action que par les actes vénériens. (Accouchement, t. “*, p. 97.) M. Cloquet et M. Cruveilhier pensent que ce tissu est érectile et spongieux ; le dernier de ces anatomistes, refuse d'admettre une identité de structure entre ce tissu et celui de l’utérus, se fondant en cela sur ce qu'en aucun cas le tissu du vagin ne prend le caractère
musculaire de ce dernier organe (1). Quel que soit, du reste, la nature de ce tissu, voilà comment il est disposé autour du vagin : il se présente sous forme de couches beaucoup plus minces en haut qu’en bas, et pour ainsi dire renfermé dans un étui constitué par deux lames fibreuses concentriques très résistantes qui lui adhérent intimement et qui se perdent dans le tissu de la matrice. La couche qui entoure ce tissu extérieurement offre beaucoup d’analogie avec le tissu du dartos condensé; c’est même à la présence de ce tissu que plusieurs auteurs attribuent les mouvemens dont le vagin devient le siége pendant le coit. La couche externe du vagin présente une couleur grisatre. Très mince en haut, elle monte cependant jusqu’à l'utérus; en bas, elle présente beaucoup plus d'épaisseur, elle devient plus souple, plus lâche, et se transforme en un véritable tissu spongieux reconnu par tous les auteurs. Ce tissu est très manifeste au niveau de l’urètre, qui semble creusé dans son épaisseur; il est susceptible de recevoir une assez grande quantité de sang, et de présenter une sorte d’érection. Ce tissu spongieux se rencontre aussi à la partie intérieure du vagin, où quelques anatomistes lui ont donné le nom de plexus rétiforme. On en rencontre encore derrière le méat urinaire, et à l’entrée du vagin, sous la forme d’un renflement rugueux qui représente la caroncule antérieure. Enfin, ce tissu existe aussi sur les côtés de l’ouverture du vagin, où il a reçu le nom de bulbe du vagin. Suivant M. Cruveilhier, il existe en avant et de chaque côté de l’orifice vaginal un renflement ou corps caverneux remplissant l'intervalle qui sépare l'entrée du vagin des racines du clitoris. Ce renflement est placé entre le méat urinaire et la réunion des racines de ce petit organe ; il présente peu d'épaisseur à sa partie moyenne, mais il augmente progressivement à partir de cette partie, et se termine en bas, sur les côtés du vagin, par une extrémité renflée; on le considère comme l’analogue du bulbe de l’urètre chez l’homme. (Voyez les planches 66 et LE PR
2° Membrane muqueuse du vagin. Elle se continue avec celle de la vulve, tapisse toute la surface intérieure du vagin, parvient au cul-de sac que forme ce canal au moment où il embrasse le col de la matrice, se réfléchit sur ce col, et parvient au museau de tanche, dans l’intérieur duquel elle pénètre pour se continuer avec la muqueuse utérine : c’est cette membrane qui forme les rides dont nous avons parlé antérieurement. Son épaisseur, assez grande à l’entrée et vers le milieu du vagin, diminue beau- Coup vers sa parlie supérieure, et surtout près du col utérin où elle se réduit à une grande finesse.
Sa couleur varie, suivant qu’on l’examine dans telle ou telle partie et dans telle ou telle circonstance. Ainsi, à l’entrée et dans la partie inférieure du vagin, elle est vermeille et rosée ; plus haut, elle prend une teinte grisâtre, et dans sa partie supérieure elle présente un assez grand nombre de petites taches livides, qui donnent à la surface interne du vagin un aspect marbré ; ces taches existent presque toujours chez les femmes enceintes, chez lesquelles la muqueuse se ramolit et prend une couleur violette foncée, surtout à sa paroi antérieure, où l’on aperçoit quelquefois à travers son tissu de grosses veines bleues. Pendant la menstruation, la muqueuse prend une teinte violacée, moins foncée cependant que pendant la grossesse, et ne se ramollit pas.
La muqueuse vaginale est parsemée d’une multitude d’ou-
() Cest là une question qui mériterait d’être examinée de nouveau avec le microscope.
vertures qui vont, comme dans l’urètre, aboutir à des sinus ou lacunes, et à des glandes mucipares qui sont assez nombreuses, surtout dans la partie inférieure du vagin. Les ouvertures des canaux poreux et des cryptes sont cachées dans les rides de la membrane; ce sont ces sinus et ces follicules qui sécrètent le mucus qui lubréfie le conduit vaginal, et qui est fourni en grande abondance pendant le coit et l’accouchement. Cette sécrétion est surtout singulièrement augmentée par l’inflammation. On a remarqué que, chez les femmes très brunes, ce mucus a une teinte brunâtre et contient plus de carbone peu de temps avant la parturition.
Suivant M. Donné, ce mucus est épais, crémeux, ne file jamais comme celui de la matrice : il présente une réaction acide. L’épithélium de la muqueuse vaginale est remarquable par son épaisseur et par son adhérence avec le tissu sous-jacent.
Outre les parties que nous venons d’examiner, il entre dans la structure du vagin un muscle, des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs.
Le muscle du vagin porte le nom de constricteur ; il occupe les parties latérales et l’orifice du vagin; il a été décrit dans le second volume, qui traite de la myologie.
Vaisseaux du vagin.
(a) Artères. Un grand nombre d’entre elles sont fournies par l'artère hypogastrique. Les artères utérines lui envoient aussi plusieurs rameaux. (Voyez planche 69, t. v, n° 12-13, 14-15.)
1° Artère vaginale. Elle n'existe que chez la femme, quand elle existe; mais dans ce dernier cas, elle est remplacée par des rameaux de l’artère utérine des vésicales ou de l’hémorroïdale moyenne, qui se répandent dans les parois du vagin. Lorsqu'elle existe, son origine est très variable : tantôt elle naît de l’hypogastrique, de la honteuse interne, de l’ombilicale, de l’hémorroidale moyenne, et quelquefois de l’obturatrice. Quelle que soit la branche d’où elle émane, elle s’en détache toujours près de son origine; de là, elle descend en avant et sur les côtés du vagin, donne à la vessie un rameau assez considérable qui gagne son col et le canal de l’urètre, puis elle fournit, tout le long du vagin, de nombreuses branches qui se distribuent dans son épaisseur et vont s’anastomoser dans la cloison recto-vaginale avec celle du côté opposé. Parvenue près de l'extrémité inférieure de ce canal, elle fournit au bulbe un rameau qui est assez considérable, envoie plusieurs ramifications qui se distribuent dans les parties extérieures des organes génitaux, et se termine en se portant en arrière, entre l'orifice du vagin et le rectum, pour s’anastomoser en arcade avec l'artère vaginale du côté opposé.
2° L'artère utérine fournit presque toujours une ou plusieurs branches descendantes qui se portent entre le vagin et la vessie, et donnent des rameaux à ces deux organes. Quelquefois elle parcourt toute la longueur du canal vulvo-utérin ; enfin ces artères forment, par leurs nombreuses anastomoses sur les parois du vagin, un réseau ou lacis vasculaire inextricable.
(b) F’eines du vagin. Elles sont très nombreuses et disposées sous forme de plexus, auquel on donne le nom de plexus vaginal; ce plexus commence par beaucoup de racines répandues dans la peau et dans le tissu cellulaire des grandes lèvres; elles se réunissent autour de la vulve et de l’orifice du vagin; un grand nombre viennent du muscle constricteur du vagin, de la
ORGANES GÉNITAUX
muqueuse vaginale, et surtout du tissu érectile, qui forme la bulbe du vagin; elles constituent, par leur ensemble, un lacis vasculaire très développé, surtout à l’orifice vulvaire qu’elles entourent de toutes parts de plusieurs séries d’anneaux anastomotiques. Le plexus vaginal émet un grand nombre de veines qui le font communiquer, en avant, avec le plexus vésical ; en arrière, avec le plexus hémorroïdal et avec le plexus utérin. De grosses veines partent de ces divers plexus, et vont concourir à former la veine hypogastrique ou iliaque interne. (Voy. planche 69, t. v, n°6, 14 et 15.)
(c) l'aisseaux lymphatiques. Les vaisseaux lymphatiques du vagin vont, de même que ceux de la vessie, de la prostate, des vésicules séminales, du col de l'utérus et de l'extrémité inférieure du rectum, se rendre dans les ganglions pelviens.
(d) Nerfs du vagin. Ces nerfs sont parfaitement représentés, conjointement avec ceux du rectum et de la vessie, sur la planche 70 du tome v. Ceux qui sont mis en évidence sont ceux du côté droit. Ces nerfs sont fournis par les nerfs sacrés et par les ganglions du grand sympathique.
Sur notre planche 70, tome v, on voit, depuis la lettre n jusqu’à la lettre o, et depuis la lettre p jusqu’à la lettre q, ce que nous désignons sous le nom d'amas ganglionnaire pelvien, et qu’on pourrait appeler amas ganglionnaire recto-vaginal, à cause de la distribution dans le rectum et le vagin, sur la partie inférieure duquel il s'appuie. Cet amas ganglionnaire fait suite, de chaque côté, aux cordons qui naissent du ganglion médian sacro-vertébral (planche 70, a2), et forme une chaîne continue d’un nombre indéterminable de ganglions, au nombre de 15 à 20, de volumes différens, et qui reçoivent les rameaux du grand sympathique partant des points marqués 22, b 3 etb4, et ceux des plexus et des nerfs sacrés, qui partent du point marqué 72 sur la planche 70. Les nerfs qui sont fournis par le plexus sacré naissent principalement de la quatrième et de la cinquième paire, comme le fait découvrir une dissection attentive. Tantôt ceux qui sont destinés au vagin naissent isolément, mais le plus souvent ils viennent des mêmes filets que ceux qui vont au rectum et à la vessie, comme on le voit à la lettre 7», planche 70. 1ls marchent transversalement, soit isolément, soit en s’anastomosant entre eux, et se perdent, après un trajet plus ou moins long, dans l’amas ganglionnaire pelvien. La portion de cet amas ganglionnaire qui est située sur les parties latérales du vagin, est beaucoup plus épaisse et plus fournie sur la moitié inférieure que sur la moitié supérieure ; inférieurement, elle présente l’aspect d’un réseau inextricable, d'où partent un grand nombre de filets nerveux qui se dirigent de bas en haut, et d’arrière en avant, sur les parois du vagin, et parviennent, en s’amincissant beaucoup, jusque sur les faces de la matrice, et même jusqu’à son sommet. Beaucoup de filets pénètrent dans l’épaisseur des parois du vagin et parviennent dans la muqueuse, où ils se terminent sous son épithélium.
Anomalies du vagin. Les conformations vicieuses de cet organe sont assez fréquentes. L'absence totale a été constatée un grand nombre de fois; dans ce cas, on aperçoit seulement un cul-de-sac au fond de la vulve, sans orifice vaginal.
Lorsqu'il n’y a qu’absence partielle du vagin, son orifice vulvaire existe, mais l’oblitération du canal commence plus ou moins haut, et intercepte toute communication entre l’utérus et
l'extérieur. L'oblitération partielle ou totale du vagin peut aussi survenir accidentellement.
On a quelquefois vu le rectum s'ouvrir dans le vagin, et réciproquement, le vagin s'ouvrir dans le rectum; on l’a encore vu communiquer avec la vessie.
Enfin, on a aussi observé des vagins doubles, c’est-à-dire des vagins divisés en deux parties par une cloison ou bride longitudinale.