‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 19 sur 373 · STRUCTURE DES VISCÈRES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES VISCÈRES

Les faits nombreux et variés dont nous avons tracé l'exposition dans le discours préliminaire, concernant les progrès récens de la splanchnologie (p. 11-16), nous dispenserons d’insister sur la structure intime des viscères. Les caractères qui distinguent les textures reposent à-la-fois sur leurs analogies et sur leurs différences.

Au premier rang, figurent, dans les textures, les élémens anatomiques généraux inhérens aux organes de toute sorte: des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs, un tissu cellulaire

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plus ou moins dense, séreux ou fibreux. En thèse générale, les viscères étant des organes formateurs de produits animaux, l’appareil vasculaire y est toujours très considérable et forme la masse principale de la plupart d’entre eux. Mais les modifications que subissent les vaisseaux capillaires sanguins et lymphatiques et les associations variées qu’ils forment, contribuent pour beaucoup aux différences de texture que présentent les viscères.

Aux élémens anatomiques généraux, s'ajoutent d’une manière inégale dans certains viscères : 1° des membranes, les unes constituant la forme même des organes (ex. : poumons, tube digestif, vessie ); les autres, simplement d’enveloppe (ex. : foie, rate, reins, testicule, ovaire, etc. ). 2° Des canaux sécréteurs et excréteurs : c'est le propre de la plupart des glandes (ex. : foie, reins, pancréas, testicule, etc. ). 3° Un tissu musculaire. Cet élément , qui a pour objet de rendre les organes contractiles, forme plusieurs associations. Si la fonction essentielle de l'organe est le mouvement, le tissu musculaire s’y présente seul (ex. : cœur, langue); si le mouvement n’y est qu’accidentel ou secondaire, le tissu musculaire s’y dispose en tunique membraneuse , tantôt interposée à d’autres de nature fibreuse ou fibro-celluleuse (ex. : viscéres creux du tube digestif, vessie ); tantôt à la circonférence de l'organe (ex.: rate), ou mélé à du tissu fibreux (ex.: utérus). 4° Un tissu fibreux. se présente sous diverses formes. Dans quelques organes, il constitue des membranes d’enveloppe (ex.: testicule, ovaire, foie, rate, etc.); partout dans les organes contractiles il forme des surfaces d'implantation des fibres musculaires, soit en cloison (ex.: langue), ou en cercles (ex.: cœur); dans le tissu de l'utérus, il est entremélé avec les fibres musculaires. Enfin dans tous les viscères creux, estomac, intestins, vessie, le tissu fibreux tressé sous forme de filamens en membranes, forme le névrilèéme des nervules qui circulent entre les tuniques de ces organes. 5° Des organules spéciaux. Ce sont ces organules de toute sorte, villosités, canalicules, granulations, glomérules, vacuoles, glandules, papilles, etc., propres à chaque organe, et formés en général par des intrications de petits vaisseaux capillaires et de nervules microscopiques, qui sont les élémens essentiels de texture des organes, et leurs véritables agens fonctionnels.

Les textures des viscères se présentent sous cinq formes principales : 1° Un système de poches et de larges canaux musculo- : membraneux, extensibles et contractiles, disposés en séries continues et revêtues par un tégument interne ou une membrane muqueuse de sécrétion et d'absorption (ex.: viscères du tube digestif, œsophage, estomac, intestins; vessie entre les uretères et l’uréthre; utérus entre les trompes et le vagin ). 2° Un système de canaux arborisés, jusqu'à l’état capillaire, extensibles et rétractiles, également revêtus par un tégument interne ou une muqueuse spéciale (ex.: poumons). 3° Une poche multiloculaire , à parois purement musculaires (ex.: cœur). 4° Un mélange de plusieurs systèmes de vaisseaux arborisés, sanguins artériels et veineux, lymphatiques, et plus spécialement, par surcroît, de vaisseaux sécréteurs et excréteurs, enroulés et intriqués à l’état capillaire, sous forme de petits organules spéciaux agglomérés en une masse commune. Ce sont proprement les glandes sécrétoires : les unes pourvues d’une enveloppe viscérale (ex.: foie, reins, testicules, prostate, glandes de Cowper); les autres dépourvues d’enveloppe et limitées seulement par les organes voisins (ex. : glandes salivaires, pancréas, glandes mammaires). 5° Enfin un mélange analogue de systèmes de vaisseaux arborisés, sanguins et lymphatiques, composant aussi des organules spéciaux à l’état capillaire, mais sans canaux excréteurs. Ce sont les organes ap-

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pelés récemment les glandes sanguines (ex. : rate, capsules surrénales, glande thyroïde, thymus). Au reste, cette réduction par l'analyse microscopique en organules spéciaux, qui est le propre des glandes, se représente aussi dans les organes membraneux; seulement les organules, beaucoup plus variés de texture, au lieu de s’agglomérer par masses, se juxtaposent les uns aux autres et s’y développent en surfaces.

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