‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 2 sur 373 · IL. GUÉRIN, ÉDITEUR DÉPOT ET VENTE ve · texte numérisé non relu

IL. GUÉRIN, ÉDITEUR DÉPOT ET VENTE ve

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Anatomia est perfecta, et verax historia partium fluidarum, et solidarum componentium animalis corpus, cum earum situ, figurà, connexione, motu et usu, facta non tantüm ope cultri, verum etiam auxilio aliarum machinarum tam solidarum, quam fluidarum ; ideoque verus anatomicus debet des-

cribere illas corporis partes, quæ realiter in corpore observantur....…

Et quoniam viscerum et multarum partium structura à naturâ confecta est ex fibris tenuissimis, glandulis miliaribus et vasis minimis, in retis modum propagalis, ergo vera analome erit illa, quæ describit tales partes minimas.

MALrIGUI. — Opera posthuma. — Amstelodami, 1700. — Responsio ad epistolam, cui titulus est, de recentiorum medicorum studio. — P. 306.

LL. volume, le dernier de l'anatomie descriptive, en est aussi le plus varié. Il contient les organes des deux grands appareils digestif et génito-urinaire et l'embryogénie. C’est la matière de ce que l’on nomme communément la SPLANCHNOLOGIF, moins les poumons, le cœur et le centre nerveux encéphalo-rachidien. Le caractère distinctif de ce volume consiste dans la multiplicité des travaux originaux qu'il renferme. Pour le mettre au niveau de la science, aux recherches de nos compatriotes et à celles qui me sont propres, j'ai joint les travaux récens de tous les anatomistes de l’Europe, dont le plus grand nombre sont dus aux infatigables savans de l'Allemagne. Aucune autre fraction de l'anatomie, pour des études nouvelles, ne pouvait se montrer aussi riche par la variété des sujets; car les appareils digestif et génito-urinaire, vu la multiplicité des organes qui les composent, et, à plus forte raison l’embryogénie qui embrasse tout, se mélent de toutes parts à l’histologie générale, cette vaste et brillante conquête de la science moderne, qui promet de rendre si féconde l’anatomie de nos jours.

D’après la classification que j'avais adoptée en commençant, pour cet ouvrage, le nom de splanchnologie s'ÿ trouvait, sinon rayé d'avance, du moins restreint, dans son application, aux viscères de la grande cavité abdomino-pelvienne. Aujourd’hui, après dix-sept ans écoulés, je n’y ai pas de regrets. Pendant cette période des quinze dernières années, où la science a marché dans la voie du progrès avec un succès qui dépasse tout ce que l'on avait pu prévoir, l'anatomie liée de plus en plus étroitement à la physiologie, a montré par cela même de plus en plus la nécessité invincible de rattacher plus étroitement les organes aux appareils fonctionnels dont ils font partie. Moins que jamais il devient possible de baser une classification des organes d’après un ordre prétendu anatomique qui n’est fondé que sur la

situation, et sur quelque apparente analogie de forme, de consistance et de volume, que dément l’examen de la texture intime. Ce n’est donc qu’à un point de vue physiologique, rationnel et vrai, par la similitude de fonction, et, de proche en proche, par la subordination et l'accord ou la synergie de plusieurs fonctions partielles pour l’accomplissement d’une grande fonction commune, que se groupent naturellement les organes entre eux et par grands appareils. Aussi depuis Boyer, auquel finit l’ancienne école anatomique, personne n’a-t-il pu songer à décrire avec la splanchnologie l’ercéphale, qui ouvre et domine de droit toute la névrologie. Pour être conséquent, la méme observation s'applique au cœur, intermédiaire des deux circulations, et au poumon, siége de la petite circulation , l’un et l’autre étant inséparables de l’angéiologie. Ce que j’ai fait à cet égard me paraît donc encore ce qu'il y avait de mieux à faire. Toutefois comme il n’y a point de classification si vicieuse qui n'ait été fondée originellement sur quelque chose de vrai et par conséquent d’utile à connaître, il en est de même de la section d'anatomie désignée sous le nom de splanchnologie.

La sPLANCHNOLOGIE est le traité des viscères. Rien de plus vague que ce mot de viscère (1). S'il fallait, comme le veulent quelques auteurs, comprendre spécialement sous cette dénomination tous les organes qui servent à la nutrition (de vescor je me nourris), il faudrait y faire entrer une foule d'organes qui ne ressemblent nullement à l’idée que l’on se fait d’un viscère, témoin les trois arbres vasculaires et tout l’appareil circulatoire; et, par opposition, il faudrait en retrancher un grand nombre d'organes qui font certainement partie des entrailles, des viscères,

(1) En grec rkéyxve, entrailles ; en latin Viseus, viscère.

et qui ne servent nullement à la nutrition: exemple . tous les or-

ganes de l'appareil génito-urinaire. La condition d’être logé

dans les cavités splanchniques ne suffit pas pour caractériser un viscère, car il y a de ces organes qui sont situés à l'extérieur exemple : mamelles, testicules, glandes salivaires, corps thyroïde ; et, au contraire, il existe des organes splanchniques que l'on ne peut pas nommer des viscères; telles sont, en particulier, les membranes séreuses dont pourtant l'importance est si grande. Que faut-il conclure de tout cela? Que les dénominations créées pour la science dans son enfance ne conviennent plus pour la science parvenue à maturité. Si donc nous nous demandons qu'est-ce qu'un viscère? que faut-il appeler du nom de viscère? la réponse n’est pas facile. Aussi n'est-il pas étonnant qu’on ne la trouve posée dans aucun livre. Nous venons de voir que la situation dans une cavité splanchnique n’est pas un caractere essentiel. Si l’on croit pouvoir dire, d’après l’idée la plus générale que l’on s’en forme, qu'un viscère est un organe assez dense, irrégulièrement globuleux, d’une texture propre à chacun d’eux, on aura répondu pour les glandes, même celles situées à l’extérieur; mais-rien ne ressemblera moins aux viscères creux, le tube digestif, la vessie, même le cœur.

En somme, ce que l’on appelle splanchnologie est impossible à définir avec rigueur. Et pourtant il faut bien qu'il y ait une valeur dans une dénomination si généralement employée, et dont, tout récemment, ont cru devoir encore faire usage deux anatomistes, tels que MM. Cruveilhier et Huschke. C’est que cette dénomination offre effectivement deux avantages : le premier de réunir sous un titre commun de même désinence tous les organes spéciaux qui appartiennent aux fonctions de la vie organique; le second, et c’est le plus important, de pouvoir soumettre à des considérations générales tous les viscères comparés entre eux. Aussi est-ce dans ce sens que je crois pouvoir m'en servir en tête de ce volume, en traitant des généralités des viscéres contenus dans la grande cavité thoraco-abdominale. Ce sera pour nous l’occasion de revenir sur les organes thoraciques contenus dans le volume d’angéiologie, et d’en comparer les analogies et les différences avec celles des viscères abdominopelviens renfermés dans celui-ci.

Au reste, si, par l’ordre physiologique que j'ai cru devoir adopter, on est obligé de restreindre, dans son application, un titre générique dont pourtant on ne peut pas se passer dans sa signification anatomique, disons aussi par contre que, dans les traités généraux où la splanchnologie est présentée dans sa plus grande extension, on tombe dans l'inconvénient bien plus grand de décrire sous ce nom une foule d'organes qui s’y trouvent très déplacés : tels que le larynx qui ne vient là que par ses relations de voisinage avec les poumons, et, ce qui n’est pas moins irrégulier, les organes des sens qui n'ont de signification qu'au point de vue de la névrologie et n’ont aucune conformité ni analogie de texture et de fonctions avec les viscères. Je reviendrai plus loin, à propos des généralités de la splanchnologie, sur la classification trop restreinte que je suis forcé d accepter, comparée à la classification trop étendue adoptée par M. Huschke. Pour le moment constatons que des deux côtés il y a vice de logique. Mais qu'y faire? Ces inconvéniens de toute classification sont ceux de la science elle-même, toujours inconséquente, parce qu'elle est toujours complexe, multiple et incomplète, dans ses études d’analyse et de synthèse sur la nature ; tandis que la nature elle-même toujours complète, simple et une dans ses œuvres, est par cela même toujours conséquente.

L'étude et la représentation iconographique des viscères, si variés de forme et de structure intime, présentait de grandes difficultés. Les recherches auxquelles je me suis livré à cet égard portent principalement sur trois points :

1° La détermination précise de la forme et des rapports des viscères ;

2° La description complète de ces organes avec leurs vaisseaux sanguins et lymphatiques, leurs canaux sécréteurs ou excréteurs, leurs nerfs et toutes les parties qui les composent. C’est, au reste, le mode de description que nous avons déjà suivi dans le volume d’angéiologie pour le cœur et les poumons;

3° L’anatomie microscopique de la structure intime qui se présente, pour la première fois, dans un traité général iconographique. Quelques-uns de ces travaux me seront personnels ; mais Jj'emprunterai le plus grand nombre aux recherches dont la science s’est enrichie dans ces dernières années.

Enfin je terminerai par l’embryogénie où je ne serai que l'historien de travaux qui me sont étrangers,

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