FORMES ET CONNEXIONS DES VISCÈRES
On peut dire, sans crainte d’être contredit, que sous le rapport des formes générales et des connexions, les notions pourtant les plus importantes à bien connaître, puisque c’est le fondement du diagnostic en médecine, aucune partie de l’anatomie n'avait été traitée moins bien que les viscères en iconologie. C’est précisément là où la parole est impuissante que l’art avait fait défaut. Sans doute on ne manquait pas de textes précis et clairs pour ceux qui savent déjà beaucoup, c’est-à-dire pour ceux qui en ont le moins besoin. Mais il est évident que toute description de sujets si complexes, même la plus méthodique, est insuffisante pour produire dans l'esprit de celui qui étudie des images vraies; pour lui faire saisir ces multitudes de formes et de rapports harmoniques que l’on n’oublie guère après qu’on les a bien vus, parce que, s’expliquant les uns par les autres, ils se rappellent mutuellement; mais aussi que l’on ne peut combiner entre eux, et en quelque sorte deviner d’après une simple lecture. C’est là surtout que de très bonnes figures sont indispensables. Sans doute, comme tous les dessins, elles ne peuvent, en général, suppléer que très imparfaitement la nature; Mais sous un certain aspect pourtant elles lui sont préférables Pour une étude rapide, si l'on a pris le soin de varier les représentations à des points de vue scientifiques qui exigent des préparations très longues, difficiles, et le plus souvent ignorées du lecteur. De telles figures, exécutées avec le talent de M. Jacob, sont faciles à copier sur la nature, et, en tout cas, donnent toujours des notions positives. Comparé à cela, le texte le plus parfait ne produit que des images confuses, aussi différentes entre elles que les milliers d’esprits qui les conçoivent, et toutes également éloignées de la vérité.
La forme des viscères pleins, le foie, la rate, les reins, etc., se montre d'elle-même, ou au moins à l'état d'injection modérée. Les connexions réelles résultent de l'application mutuelle des formes partielles et d’ensemble des viscères de toute sorte. Mais il est évident que ces connexions supposent, pour être comprises, ou même en quelque sorte Pour exister, que les formes précises de ces organes auront été bien déterminées, au plus près de l’état normal. C’est donc sur cette notion préalable que devaient porter nos recherches.