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peut être qu’idéale, se composerait de deux fractions. 10 A l’extérieur, s’étendrait le grand sac pariétal uniloculaire, qui, s’il pouvait être insufflé, inscrirait, dans toute l’étendue de ses parois, la forme générale ou le moule en relief de la cavité abdomino-pelvienne elle-même, moins le volume des viscères extrapéritonéaux de la face postérieure de l’abdomen, dont la saillie s’y dessinerait en creux; et moins aussi la portion extra-péritonéale des viscères pelviens, dont celle qui est enveloppée par le péritoine, onduleuse comme les saillies et les enfoncemens des organes qu'elle revêt, viendrait également fournir pour chacun d’eux sa loge spéciale. Dans cet ensemble du sac pariétal ou périphérique, les surfaces antérieure et latérale, les plus vastes, seraient lisses et continues, comme celles des parois d'enceinte qu'elles tapissent; nous venons de voir que la surface pelvienne ne présenterait que des demi-loges, largement ouvertes vers les orifices cutanés : c’est donc des deux surfaces postérieure et supérieure que procéderaient les loges viscérales abdominales. 2° A l'intérieur, le sac pariétal serait entièrement rempli par ses prolongemens, les sacs viscéraux, dont les configurations variées ne seraient autres que celles des surfaces des viscères dont on les aurait détachés. Pour former ces prolongemens, à partir comme nous venons de le dire, des faces postérieure et supérieure de l'enveloppe périphérique, naîtraient, par le renversement en dedans de ses feuillets adjacens, les sacs viscéraux, étagés de haut en bas, les uns sur les autres, et juxta-posés latéralement, qui se développeraient à l’intérieur de la cavité du sac pariétal, dans une proportion inégale suivant la forme spéciale et le volume respectif qui appartiennent à chaque organe; mais de manière à remplir entièrement, par la masse de leur ensemble, la cavité commune. De sorte que, entre les surfaces libres adjacentes de glissement, viscérales et pariétales du péritoine, existerait un espace imaginaire : c’est la cavité péritonéale, formée par la juxtaposition du feuillet unipariétal avec les feuillets sinueux viscéraux de la séreuse, : en contact mutuel sur tous les points par leurs surfaces internes. Or, cette disposition générale du péritoine, que nous venons de présenter en creux par elle-même, et en quelque sorte d’une manière idéale, puisqu'elle n’est pas mécaniquement réalisable, nousavons essayé de l’offrir aussi en réalité dans nos figures (PI. 6,7, 13, 17, 26, 5o), en isolant autant que possible les sacs viscéraux représentés en relief par les organes qu’ils revêétent. D'après ce que nous avons vu, le sac pariétal sur les parois antérieure et latérales est des plus simples et facile à comprendre, puisqu'il ne fait que reproduire la surface même de l’enceinte abdominale. Sur la paroi postérieure, où le sac pariétal se renverse en donnant naissance aux sacs viscéraux, la surface de l’abdomen se divise de haut en bas en trois régions ou trois zones horizontales, supérieure, moyenne et inférieure, très différentes par le mode de connexions que le péritoine offre avec les viscères. Ces divisions sont les mêmes qui ont été établies de tout temps d’après la forme extérieure de la portion abdominale du tronc, les mouvemens généraux dont elle est susceptible, et les rapports d’ensemble des viscères qu’elle renferme. Des deux premières conditions (la forme et le mouvement) qui se commandent réciproquement, résultait, avec la 3° (les rapports), une localisation correspondante des viscères à l’intérieur; et enfin, à celle-ci se rapporte une distribution appropriée de leur enveloppe séreuse commune. Voilà donc quatre coincidences dans un enchainement mutuelde cause à effet,lesunes par rapportauxautres,qui ajoutent d’autant à ce que nous avons déjà dit de harmonie des appareils viscéraux entre eux et avec les parois d'enceinte cérébro-spinale.
38 SPLANCHNOLOGIE,
Pour bien comprendre le péritoine dans son ensemble, il faut voir (PI. 7, 8) ses deux feuillets pariétaux venant, sur la paroi postérieure abdominale, à la rencontre l’un de l’autre et, sans s'unir autrement que par du tissu cellulaire, se réfléchissant de chaque côté, d’arrière en avant, pour donner lieu à la formation des sacs viscéraux. De cette disposition, il résultera un grand sillon médian vertical d'adossement, offrant quelque analogie avec le médiastin postérieur de la cavité thoracique, à cette différence près que, pour celle-ci, ce sont deux sacs séreux latéraux différens qui viennent se réfléchir en regard l’un de l’autre à distance, tandis que, pour l'abdomen, ce sont les parois opposées d’un méme sac bi-pariétal qui s’adossent au contact pour leur réflexion commune. Or, comme ce sillon médian va se trouver appliqué longitudinalement surle grand courantprévertébral des vaisseaux sanguins et lymphatiques et de leurs vastes plexus nerveux, il est évident que ce sont ces vaisseaux et ces organes nerveux, artère-aorte, veine cave inférieure, chapelets lombaires lymphatico-chylifères, grand sympathique, amas ganglionaires et plexus nerveux aortiques, qui vont être les aboutissans et les points de départ des vaisseaux de toute sorte et des nerfs des viscères. Pour tracer les voies de leur distribution, il faut se figurer les feuillets réfléchis du péritoine adossés par leur surface externe, envoyant entre les viscères, dans diverses directions, en avant et sur les côtés, des prolongemens ou des espèces de canaux plats, quiservent de conducteurs aux vaisseaux et aux nerfs jusqu’à l'entrée ou hile des viscères, où les deux feuillets d’adossement s'écartent pour se réfléchir sur les organes eux-mêmes et former, en inscrivant toute leur surface, leur enveloppe propre péritonéale ou viscérale. Ceci posé, on est maintenant à même de comprendre comment les feuillets pariétaux des côtés se prolongeant par des canaux plats ou des cloisons à double feuillet jusqu'aux viscères, à quelque éloignement que ceux-ci se trouvent de la paroi postérieure abdominale, leurs vaisseaux et leurs nerfs, en contactseulement avec les surfaces externes adossées de cette membrane, ne sont jamais situés dans sa cavité intérieure.
La disposition générale que nous venons d'indiquer pour le sillon médian postérieur du péritoine, est précisément celle que l’on observe à la région supérieure ou épigastrique de l'abdomen. Dans les deux autres, mais surtout à la région moyenne, occupée par des viscères les plus mobiles, les intestins , dont l’immense longueur réclame des attaches nombreuses et des directions variées, le sillon d’adossement du feuillet pariétal n’est plus simple. Il en existe bien encore un médian, appliqué obliquement sur le rachis et formant le mésentère, le support vasculaire de l’intestin grêle; mais il s’en trouve aussi deux latéraux, appliqués sur les gouttières lombaires et formant les mésocolons ascendant et descendant. Un quatrième médian, le mésorectum, se présente aussi tout-à-fait en bas de la paroi postérieure, pour l'extrémité terminale du gros intestin. De sorte que, dans toute cette vaste région, la surface péritonéale est entrecoupée par quatre espaces vasculaires que relient des portions intermédiaires du feuillet pariétal. Mais en outre, la continuité du gros intestin exige d’autresreplis ou scissures vasculaires accessoires, le mésocæcum et le mésocolon iliaque fixés dans les deux fosses iliaques, et le mésocolon transverse projeté entre les viscères épigastriques et la masse intestinale comme une vaste cloison horizontale dont le mode de continuité avec les feuillets pariétaux du péritoine, est l’une des particularités du trajet de cette membrane, les plus difficiles à comprendre.
Le mode de formation et decontinuité des sacs viscéraux avec
le feuillet pariétal du péritoine étant bien arrêté, le développement et la localisation de ces loges spéciales, déterminés par la configuration et les situations respectives des viscères dont elles sont les enveloppes, va s’ensuivre naturellement.
1° Région supérieure, sous-diaphragmatique ou epigastrique. A la face inférieure du diaphragme et au tiers supérieur de la paroi postérieure abdominale, le péritoine pariétal se réfléchit d’une manière très variée sur divers points, de haut en bas pour une surface, d’arrière en avant pour l’autre, en une série de plis, les uns vasculaires, les autres simplement ligamenteux , lesquels s’épanouissent en feuillets viscéraux pour tapisser les surfaces de trois grands viscères de cette région, le foie, la rate et l’estomac qu'ils revêtent en entier. De la grande scissure prévertébrale d’adossement du péritoine naissent les prolongemens par où. s’insinuent les vaisseaux et les nerfs qui vont à ces organes. À l’intérieur l'enveloppe péritonéale de ces trois viscères se continue de l’un à l’autre, c'est-à-dire que, des bords de l'estomac, dont la position estintermédiaire, les feuillets viscéraux de ses deux faces se continuent à droite avec l'enveloppe du foie, et à gauche avec celle de la rate, en formant de l’un et l’autre côté, les replis à deux feuillets, nommés les petits épiploons, continuation , prolongée de chaque côté, de la scissure prévertébrale, par où pénètrent les vaisseaux du foie, de la rate et de l'estomac. Une singularité qui a rapport à cette région, consiste dans une rentrée du péritoine sur lui-même formant l’orifice d’une enceinte particulière, l’arrière-cavité des épiploons, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
2° Région moyenne abdominale, dite ombilicale. Sur la paroi abdominale postérieure sont appliqués des viscéres fixes, le pancréas, les reins et les capsules surrénales, situés au dehors du péritoine qui ne fait que glisser sur leur face antérieure. Un autre organe le duodénum, enveloppé en entier par le péritoine dans sa position verticale, ne l’est dans sa portion horizontale, que par sa face antérieure, la postérieure étant extra-péritonéale. Au-dessous du duodénum tout le reste de cette région sur la paroi postérieure est recouvert par le péritoine pariétal postérieur, moins les trois scissures d’adossement de la masse intestinale : au milieu le mésentère, qui renferme les vaisseaux et nerfs mésentériques et au-delà environne l'intestin gréle dans toute l’immense étendue de ces circonvolutions; sur les côtés, les mésocolons lombaires, origines du feuillet viscéral d’enveloppe des intestins colons droit et gauche, et dont l’écartement inscrit la portion postérieure extra—péritonéale de ces intestins, par où s’insinuent leurs vaisseaux et leurs nerfs qui longent ensuite toute la circonférence interne de leur petite courbure dans la duplicature péritonéale du mésocolon transverse.
C'est en avant de la région moyenne de l'abdomen que se développe l’arrière-cavité des épiploons. Elle commerce en arrière de la région supérieure, sous le foie et la veine cave, par une rentrée du péritoine sur lui-même, sépare l'estomac du colon transverse et se continue au-dessous de ces organes par un adossement de leurs feuillets viscéraux, en formant un repli intermédiaire à deux feuillets doubles, qui descend jusqu’au bassin, au-devant de la masse intestinale, sous le nom de grand épiploon. Ce repli où le péritoine se transforme en une vaste frange de glissement de la masse intestinale sur la paroi d’enceinte antérieure, est surtout remarquable sous le rapport de sa contexture, par le prolongement des scissures vasculaires
sous-péritonéales, étendues ici entre leurs doubles feuillets, dans toute la circonférence de la paroi abdominale antérieure.
3 Région inférieure ou pelvienne. C'est ici que le péritoine offre les rapports les plus simples, car il n’environne qu'imparfaitement les viscères pelviens. Il ne revêt le rectum, de la même manière que tout le reste du tube intestinal, qu'à sa partie supérieure, et ne fait que coiffer la vessie en arrière, en laissant sur les côtés, par son feuillet pariétal, deux enfoncemens qui logent des anses d’intestin grêle. Chez la femme, il enveloppe en entier le corps de l'utérus seul, et se réfléchissant sur ses appendices latéraux, forme les ligamens larges, tendus, comme une cloison verticale en travers du bassin, et qui euxmêmes se divisent en trois replis pour autant d’annexes funiculaires, le ligament rond, le ligament de l'ovaire et la trompe utérine. Le centre du pavillon de celle-ci est le seul point où une cavité séreuse se continue librement avec un canal muqueux.
En résumé le péritoine, la grande séreuse commune des organes abdomino-pelviens, offre avec eux cinq sortes de rapports. 1° Il fournit des enveloppes complètes à huit organes : le foie, la rate, l'estomac, l'intestin gréle, le colon transverse, une partie des colons lombaires et l’utérus chez la femme; 2° des enveloppes incomplètes à trois organes, les colons lombaires et le cœcum; 3° de demi-loges à deux organes, le duodénum et la vessie; 4° il laisse complétement en dehors de lui cinq organes, le pancréas, les deux reins et les capsules surrénales ; 5° enfin il forme pour divers usages, de vastes replis flottans ; les épiploons, offrant le singulier phénomène d'une cavité séreuse renfermée dans une autre et qui s’y ouvre.
Enfin le péritoine, membrane à-la-fois d'isolement et d'union des nombreux organes abdomino-pelviens , leur sert encore, au point de vue dynamique, de moyen de sustentation, et présente à cet effet, partout où s’exercent des tractions d’un organe à un autre, des replis renforcés par du tissu fibreux et que l’on nomme ses ligamens. On doit savoir gré aux anatomistes allemands qui, par leurs recherches sur ces liens fibreux, en ont beaucoup augmenté le nombre. On connaît aujourd’hui vingt-huit de ces ligamens intermédiaires aux enveloppes péritonéales et qui, à partir de la paroi postérieure, le point d'appui commun, aident les viscères à se supporter de proche en proche les uns les autres.