‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 25 sur 373 · SITUATION ET CONNEXIONS DES VISCÈRES THORACIQUES · texte numérisé non relu

SITUATION ET CONNEXIONS DES VISCÈRES THORACIQUES

La position et les rapports des viscères thoraciques se déterminent d’elles-mêmes d’après la forme et l'étendue de leurs enveloppes.

Considérés dans leurs caractères communs : 1° de chaque côté, les poumons remplissent exactement les loges que leur fournissent les plèvres; par conséquent, les deux poumons exactement moulés sur la paroi thoracique, en avant, latéralement et en arrière, distendent partout dans l'inspiration les espaces intercostaux où le bruit respiratoire qu’ils font entendre est, par ses modificationsphysiologiques et pathologiques, l'un dessignes les plus importans pour le diagnostic du médecin. 2° Par leurs sommets en rapport avec l'aponévrose cervico-thoracique, ils correspondent dans l'expiration à la hauteur du cercle des deux premières côtes, mais dans l’inspiration ils s'élèvent, repoussent en haut l’aponévrose cervico-thoracique, et viennent faire, dans la fosse susclaviculaire, une saillie de 1 à 2 centimètres, dont le mouvement d’élévation et d’abaissement est surtout très sensible dans les efforts du chant, chez les femmes, dont le thorax est comprimé par un corset. 3° Par leur base excavée, les poumons reposentsur les voussures latérales du diaphragme qu’ils emboîitent. Leur bord libre, aminci, s’introduit dans l’espace triangulaire qui sépare, à la circonférence inférieure de la poitrine, les extrémités du diaphragme des quatre ou cinq dernières côtes. Dans l'état d’expiration, il correspond à la neuvième côte, ou même un peu au-dessus ( PL. 1, 3, 5, 8). Mais dans l'inspiration, à mesure que les poumons s’emplissent d'air, le bord libre de leur base s’allonge et vient descendre en arrière jusqu'à la hauteur de la dixième côte et même un peu au-dessous (PI. 9, 10, 11, 12). Toutefois, à moins peut-être d’une inspiration forcée, il ne parait pas atteindre le fond de la gouttière de réflexion de la plèvre, de sorte que, dans l’état ordinaire, il reste toujours entre lui et cette gouttière un espace dans lequel les deux plévres costale et diaphragmatique sont en contact l’une avec l'autre. Ainsi cet espace triangulaire, allongé verticalement en angle aigu et formé par l’écartement des courbes de la paroi pectorale et du diaphragme, se trouve divisé en deux parties: une supérieure, la portion la plus large, située entre le bord inférieur libre du poumon et la gouttière de réflexion de la plèvre ; et une partie inférieure qui s'étend de cette même gouttière à la double attache cartilagineuse du feuillet fibreux sous-pleural et des faisceaux du diaphragme, unis à angle très aigu en un sommet commun. Dans

’état physiologique, à en juger par les animaux vivans, il parait bien que la gouttière de réflexion de la plèvre, le point déclive dans l'homme, de la cavité pectorale, renferme toujours quelques gouttes de sérosité limpide. Dans les pleurésies , naturellement c’est dans l’espace triangulaire situé en elle et le bord du poumon que commence l’épanchement.

Les caractères différentiels de situation et de connexions des deux poumons, sont les suivans : la voussure gauche du diaphragme étant un peu moins élevée que la droite, le poumon

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gauche est un peu plus long quele droit ; mais comme il contribue pour une plus grande part à loger le cœur, il est moins épais surtout en avant, que son congénère. C’est aussi à la maniere dont le cœur s’encastre entre les deux poumons, qu’est due la division inégale de ces organes en deux lobes seulement pour le poumon gauche, quoique plus long, et en trois pour le poumon

droit, quoique plus court. | La raison en est dans la forme et la situation du cœur. Couché

obliquement d’arrière en avant, de haut en bas et de droite à gauche, par sa face postérieure et son bord droit, sur le centre aponévrotique du diaphragme, le cœur, situé entre les deux poumons, en nécessite l’excavation sur leur face interne, de sorte qu'il est en partie recouvert par ces organes en arrière, et qu'il l'est surtout en avant où leur bord libre s’amincit pour s’interposer entre lui et la paroi thoracique sterno-costale. En outre, le cœur peu saillant à droite, permet de ce côté une plus grande épaisseur du poumon ; mais comme il y correspond par sa base auriculaire, large, à parois contractiles très minces, le poumon droit, pour ne point gêner les mouvemens des oreillettes, se divise en regard en trois lobes susceptibles d’écartement. D'un autre côté, la masse ventriculaire du cœur se logeant en majeure partie dans l’excavation du poumon gauche, en regard du sommet mobile du cœur, ce poumon non-seulement se divise en 1e profonde scissure interlobaire, unique de ce côté, mais il présente même en ce point un retrait dans son bord libre, si bien que le sommet ventriculaire du cœur vient frapper derrière le cartilage de la cinquième côte (PI. 3). De cette disposition il résulte que l'extrémité antérieure des deux poumons, mobile et comme flottante, au-devant du cœur, obéit jusqu’à un certain point à ses mouvemens. Enfin le poumon gauche ne loge pas seulement le ventricule aortique du cœur, mais aussi la crosse de l'artère aorte elle-même, en saillie de son côté, et qui se trouve reçue dans une dépression en forme de gouttière de la face interne de son lobe supérieur. Au reste il est à remarquer que la situation du cœur est la plus avantageuse qu’il était possible de lui donner, placé comme il l’est dans un large espace médian, protégé contre toute lésion extérieure non-seulement en général par les parois thoraciques et par le sternum dans l'intervalle des deux poumons, mais aussi par les poumons eux-mêmes, organes élastiques et résistans, et enfin, en arrière, n'étant en rapport qu’avec les gros vaisseaux, c’est-à dire environné de toutes parts d'organes d’une pression molle et douce qui, loin de pouvoir le gêner par leur volume, au moins dans l’état physiologique, par une heureuse harmonie de leurs fonctions communes, se vident au contraire par l'effet même de ses mouvemens.

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