MUSCLES CONSTRICTEURS
1° Le constricteur supérieur s'étend verticalement depuis le corps sphéno-basilaire et l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde jusqu'au niveau de la grande corne de l’os hyoïde, et, en travers, du crochet ptérygoïdien et de l’aponévrose ptérygo-myloïdienne jusqu’au raphé médian intermédiaire, la suture commune des trois paires de muscles et des deux paires d’aponévroses latérales. Par son siége, son étendue et ses délimitations, c’est ce premier constricteur, quoique le plus mince des trois, qui forme véritablement la partie essentielle de l’infundibulum du pharynx dont il dessine la configuration entre les lignes de ses attaches. Son peu d'épaisseur n’est point un obstacle à ses usages, sa fonction propre, qui exige en quelque sorte plus de dilatabilité que de contractilité, étant surtout confiée aux muscles élévateurs. Ajoutons aussi que, quant à sa résistance, par une heureuse harmonie des forces, il est environné dans toute son étendue, par les mêmes puissances musculaires qui apprétent, accompagnent et terminent son action. Ainsi dans le premier mouvement d’élévation et d’élargissement, le constricteur supérieur est soutenu sur les côtés par ses muscles élévateurs extérieurs et latéraux : d’une part, ses élévateurs propres, les stylo-pharyngiens et les petits faisceaux qui forment ses piliers, et dont les fibres se confondent avec les siennes; et d’autre part, ses élévateurs accessoires , les stylo-glosses et les stylo-hyoïdiens et même le ptérygoiïdien interne dont la contraction préparatoire lui vient en aide. Puis dans le mouvement de déglutition ou de descension aux fibres trop faibles du constricteur supérieur s'ajoute l'épaisse et forte duplicature que luiforme, sur sa face postérieure, le constricteur moyen qui s’y applique dans ses trois quarts inférieurs. En somme, d’après sa structure et ses connexions , le plus élevé des trois muscles membraneux du pharynx y joue le double rôle d’élévateur et de constricteur; fortifié graduellement de haut en bas dans cette double fonction, en haut par les faisceaux proprement élévateurs et en bas par les deux autres muscles plus spécialement constricteurs.
2° Le constricteur moyen forme la couche contractile moyenne du pharynx intermédiaire, dans la paroi musculaire membraneuse, des deux constricteurs supérieur et moyen, soit également de haut en bas suivant la longueur de la poche pharyngienne où d’avant en arrière suivant son épaisseur. Nous venons de voir que le constricteur supérieur, comme il devait résulter de sa situation; par l’ensemble de ses attaches crânio-maxillaires et par sa fusion avec les puissances élévatrices, ne se montre pas moins unagent d'élévation que de constriction. En suivant la substitution physiologique de l’une à l’autre des deux actions musculaires principales du pharynx, on est déjà en mesure de prévoir les conditions de structure auxquels devront satisfaire les deux autres muscles. De cette appréciation logique il résultera : r° que le constricteur intermédiaire ou moyen devra retenir encore quelque chose de l’action élévatrice, mais que l’action constrictive s'y exercera pour une beaucoup plus grande part ; et 2° que le constricteur inférieur, intermédiaire du pharynx à l’œsophage, et chargé de transmettre de haut en bas le bol alimentaire de l’un à l’autre de ces deux canaux, devra être presque uniquement constricteur. Enfin ces conditions exigeront une direction différente et un renforcement gradué de haut en bas des fibres musculaires. Toutes ces modifications effectivement se présentent sur la nature. En ce qui concerne le constricteur moyen, ce muscle forme de
chaque côté une bandelette triangulaire rayonnée qui prend son point d'appui à son sommet en dehors. Chacun d’eux en effet s’insère à la grande et à la petite corne et jusque sur le corps de l'os hyoïde, et au-dessus à l’aponévrose cérato-linguale sur laquelle il se mêle par un pinceau de fibres avec le faisceau inférieur du génio-glosse. De cette insertion latérale, les fibres s'épanouissent en divergeant en haut de manière à remonter par une attache supérieure jusqu’à l’occipital, et se rejoignent d’un côté à l’autre sur le raphé médian. Il en résulte que les deux muscles congénères forment, par leur réunion, une vaste bande rhomboïdale, rétractile vers ses angles latéraux, qui embrasse et resserre étroitement le pharynx en arrière. Mais en raison du prolongement à angle aigu des fibres supérieures jusqu’à l’occipital, le constricteur moyen participe aussi à l'élévation du pharynx par son plan moyen postérieur.
Le constricteur inférieur , le plus épais et le plus fort des trois, occupe les 2/5 inférieurs du pharynx, dont il forme à lui seul la paroi musculaire, dans une hauteur de 9 centimètres, à partir du niveau de l’os hyoïde où il ne fait que recouvrir les fibres les plus inférieures, jusqu’à l’œsophage dont il cerne et soutient également à l'extérieur l'anneau musculaire qui en forme l’origine supérieure. Ses fibres , larges et plus épaisses que celles des deux autres constricteurs , naissent en avant et en bas de toute la hauteur de la cage du larynx, c’est-à-dire suivant une ligne sinueuse et continue, du premier anneau de la trachée, du cartilage cricoïde, de la membrane crico-thyroidienne, puis du cartilage thyroïde et de la membrane hyo-thyroïdienne en regard du cartilage thyroïde. Deux de leurs pinceaux s'épanouissent sur la glande thyroïde et un autre se mêle avec les fibres du sterno-thyroïdien. De cette longue insertion latérale, les fibres montent obliquement en arrière jusque vers le raphé médian où elles se soudent avec celles du côté opposé. De cette disposition il résulte que les deux constricteurs inférieurs forment en commun une seconde poche pharyngienne spéciale appliquée directement sur la muqueuse pharyngienne qui, dans le mouvement d’abaissement de la poche supérieure formée par les deux premiers constricteurs, s'empare du bol alimentaire et le transmet à l’œsophage. C’est donc des trois muscles le plus essentiellement constricteur; par la direction oblique de ses fibres, il peut être en même temps élévateur ou abaisseur suivant qu'il prend son point d'appui sur le raphé médian ou sur le larynx. La même observation s'applique également au constricteur moyen. Nous y reviendrons plus loin.