‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 67 sur 373 · NERFS DU PHARYNX · texte numérisé non relu

NERFS DU PHARYNX

Les nerfs du pharynx proviennent à-la-fois des deux systèmes nerveux cérébro-spinal et splanchnique. Les nerfs du système nerveux cérébro-spinal qui vont au pharynx sont fournis : 1° par le nerf pneumo-gastrique ; 2° par le glosso-pharyngien ; 3° par le spinal ou accessoire de Willis; 4° par la première paire cervicale; 5° par les deux laryngés supérieur et inférieur émanés eux-mêmes du pneumo-gastrique ; 6° enfin jusqu’à un certain degré, pour le plexus pharyngien inférieur, par l’hypoglosse et même le phrénique vu les anastomoses de l’anse nerveuse du premier de ces nerfs. Ceux qui viennent du système nerveux splanchnique se dégagent directement du ganglion cervical supérieur, et du ganglion cervical inférieur par le rameau d’anastomose avec le récurrent.

Tous ces nerfs forment dans le pharynx un plexus très compliqué, qu'on nomme plexus nerveux pharyngien. C'est assurément l’un des plus grands plexus de l’économie. Nous verrons plus loin qu’il est même logique de le subdiviser en deux plexus supérieur et inférieur très différens, auxquels même il en faudrait adjoindre un troisième postérieur.

Commençons par étudier dans l'épaisseur du pharynx, la disposition des nerfs qui viennent de l’axe cérébro-spinal.

(a). RAMEAUX FOURNIS AU PHARYNX PAR LE NERF GLOSSO-PHA- RYNGIEN. Les auteurs ne sont pas d'accord sur leur nombre : M. Cruveilhier en compte deux ou trois, et Valentin n’en compte qu'un seul qu’il désigne sous le nom de nerf Pharyngien supérieur. Lorsqu'il n’y en a qu’un, il est nécessairement plus volumineux que lorsqu'il y en a plusieurs. Voici la description que l’on en donne communément. 11 se détache du glosso-pharyngien à la distance de 8 à 10 millimètres du trou déchiré postérieur. Peu après son origine, il s’unit avec un des filets pharyngiens du pneumo-gastrique, et forme avec lui une branche nerveuse qui marche transversalement et envoie des petits filets très fins au plexus situé autour de l'artère carotide interne. De cette branche mixte, émanent des filets qui, par leur réunion avec des filets analogues qui viennent du pneumo-gastrique, du ganglion cervical supérieur, même du nerf grand hypoglosse, et des nerfs cervicaux supérieurs, forment le plexus pharyngien. Les faisceaux antérieurs que ces filets nerveux produisent par leur épanouissement, vont se terminer dans la partie

supérieure, postérieure et latérale du pharynx, dans une grande partie de l'étendue occupée par le muscle constricteur supérieur. Les faisceaux moyens se répandent un peu plus bas que les précédens et s'étendent jusqu’à la partie inférieure de la racine de la langue. Enfin, les faisceaux postérieurs se distribuent jusque sur la partie postérieure du pharynx, où ils forment des courbes

à concavité supérieure.

Portion pharyngienne du nerf glosso-pharyngien d'après nos recherches. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de figurer dans nos planches le mode de distribution du nerf glosso-pharyngien dans les diverses parois du pharynx. C’est d’apres ces faits provenant d’un grand nombre de préparations, que nous allons en reprendre la description.

Le glosso-pharyngien fournit toujours au pharynx plusieurs nerfs. 1° En haut, en regard du bord du muscle constricteur supérieur où le tronc du glosso-pharyngien croise en dehors l’artére carotide interne, il donne deux filets qui se mélent avec ceux du ganglion de Bendz, du pneumo-gastrique, et avec quelques filamens du plexus carotidien, pour contribuer à former les racines du plexus pharyngien que nous nommerons supérieur avec M. Valentin (tome 11, pl. 49).

2° Au-delà ou en avant de l'artère carotide interne, le tronc du glosso-pharyngien dégage, soit par une branche-mèére, soit isolément : (a) un ou deux rameaux antéro-latéraux qui se répandent dans la portion du constricteur supérieur, antérieur à l'artère carotide, et de là dans la membrane muqueuse pharyngée (pl. 45), conjointement avec les filets du plexus pharyngien supérieur déjà cité comme provenant des anastomoses du pneumo-gastrique, du glosso-pharyngien et du plexus carotidien. — (b). Un très fort où deux rameaux postérieurs (pl. 16 bés) qui descendent obliquement sur la face postérieure des deux constricteurs supérieur et moyen, s’anastomosent en arcade en haut avec des filets du ganglion cervical supérieur ; en bas, aussi avec des filets du même ganglion et avec des rameaux du pneumo-gastrique. De ces arcades partent les nombreux filamens qui vont se distribuer aux muscles et à la muqueuse. Nous y reviendrons après avoir vu la part que prennent les autres nerfs dans le plexus commun.

Rameau du muscle stylo-pharyngien. Outre les rameaux précédens, le nerf glosso-pharyngien fournit encore un filet nerveux destiné à l’un des muscles extrinsèques du pharynx que nous avons nommé le stylo-pharyngo-laryngien. Scarpa a désigné ce rameau sous le nom de circonflexe ( ramus circonflexus ). I] nait tantôt en dedans, tantôt en dehors du nerf glosso-pharyngien, contracte aussitôt après son origine de nombreuses anastomoses avec les nerfs voisins, puis se divise en deux rameaux dont l’un se dirige vers le muscle stylo-pharyngien sur la face externe duquel il répand de nombreux filets. Près de la partie inférieure quelques-uns de ces filets traversent de part en part les fibres de ce muscle et parviennent jusqu’à la menibrane muqueuse dans le voisinage de l’amygdale et de la racine de la langue où ils se terminent.

(b) RAMEAUX FOURNIS AU PHARYNX PAR LE NERF PNEUMO-GASTRIQUE (d’après les auteurs). Ils appartiennent à deux origines, les uns fournis en haut par le tronc du pneumo-gastrique, les autres par ses deux branches laryngées supérieure et inférieure.

1° Rarmeaux fournis par le tronc du Preumo-gastrique. Va

plupart desauteurs français, Bichat, Cloquet, M.Cruveilhier, etc., n'en décrivent qu’un seul qu'ils désignent sous le nom de rameau pharyngien. Le dernier auteur dit cependant qu’on en rencontre quelquefois deux qu’on distingue en supérieur et en inférieur. Les auteurs allemands, Andersh, Bock, Laugenbeck, Valentin, etc., en ont décrit plusieurs qu'ils ont nommés supérieur, moyen et inférieur, mais leur description manque de clarté.

Dans la description des auteurs qui n’admettent qu’un seul rameau pharyngien, voilà comment il se comporte. Il se détache du nerf Pneumo-gastrique presque immédiatement après sa sortie du trou déchiré postérieur, soit au-dessus, soit au-dessous du filet de communication qu’il envoie au nerf glosso-pharyngien. Quelquefois il reste ainsi isolé, venant seulement du pneumogastrique; mais le plus souvent il reçoit, immédiatement après son origine, un filet du spinal, ce qui en fait un rameau mixte qui se dirige en dedans derrière la carotide interne dont il croise la direction, et à laquelle il est pour ainsi dire accolé. En ce point, il fournit plusieurs filets qui, réunis à ceux qui viennent du glosso-pharyngien, forment autour de cette artère un plexus réticulé : puis il s’avance vers le pharynx, en grossissant un peu, et parvient au niveau du bord supérieur du constricteur moyen où il s’épanouit en un grand nombre de filets qui s’anastomosent avec plusieurs rameaux du glosso-pharyngien, et avec plusieurs branches volumineuses venant du ganglion cervical supérieur, pour former le plexus pharyngien.

Selon M. Valentin, appuyé sur les descriptions de Andersh, Ludwig, Arnold, Weber, etc. (Encyclopédie anatomique, t. IV, p- 438), à un centimètre au-dessous du trou déchiré postérieur, les principaux faisceaux du nerf pneumo-gastrique forment un plexus lâche auquel on donne le nom de plexus gangliforme (le ganglion de Bendz). Il indique ce point comme l'origine des trois nerfs pharyngiens fournis par le pneumo-gastrique. Dans cette description 1° le pharyngien supérieur naît du bord antérieur de la partie supérieure du plexus gangliforme, tantôt isolé, tantôt entrelacé avec d’autres filets du pneumo-gastrique , parfois aussi du grand sympathique et surtout du grand hypoglosse. Il va gagner le muscle constricteur supérieur du pharynx, et se termine par une bifurcation après laquelle il se divise en filets déliés dont les uns se perdent dans le tissu musculaire, tandis que d’autres pénètrent jusqu’à la membrane muqueuse. 2° Les pharyngiens moyens, au nombre de plusieurs petits filets, naissent au-dessous du précédent du bord antérieur de la partie inférieure du plexus gangliforme, etse jettenten grande partie dans la branche du glosso-pharyngien qui va se ramifier à la partie supérieure du pharynx. 3° Enfin le nerf Pharyngien inférieur, qu’on ne rencontre pas toujours, naît tout près du supérieur, descend de dedans en dehors et d’arrière en avant, s’anastomose en partie avec les rameaux analogues du glosso-pharyngien et du grand sympathique, et se termine à la région du constricteur moyen du pharynx et du constricteur inférieur (crico-pharyngien de Valsalva, Santorini et Winslow).

Pour éviter des répétitions inutiles, je passe sur la description que les auteurs ont donnée des rameaux pharyngiens des nerfs laryngés que je présente plus loin.

(c) RAMEAUx PHARYNGIENS pu PNEUMO-GASTRIQUE D'APRÈS NOS RECHERCHES. Îci, comme je l’ai fait précédemment, aux descriptions données par les auteurs, je suis contraint d’en joindre une autre, d’après nos recherches, pour mettre notre texte d'accord avec les diverses figures dessinées d’après les nombreuses prépa-

rations que nous en avons faites. C’est du reste avec M. Valentin que nous nous accordons le mieux. Ainsi, pour nous comme pour lui, c’est de la portion supérieure gangliforme ou du ganglion de Bendz que naissent les premiers rameaux pharyngiens du pneumo-gastrique, ceux qu'il appelle supérieur et moyen: mais outre que nous en trouvons un bien plus grand nombre, beaucoup d’autres rameaux pharyngiens naissent aussi du tronc du pneumo-gastrique. En voici l'exposition.

1° De la moitié inférieure du ganglion cervical du preumogastrique où ganglion de Bendz (tome r, pl. 49, fig. 1) procedent deux groupes, externeet interne, de filets plexiformes séparés par l'artère carotide interne.

1° Le groupe externe et antérieur se compose de 8 à 10 filets plexiformes dégagés de ceux du ganglion plexiforme, aussi, du Pneumo-gastrique, qui se dirigent en avant sur la face externe de l'artère carotide interne, dont ils croisent la direction, et forment un plexus entre eux et avec deux filets émanés au-dessus du nerf glosso-pharyngien dans le point où il croise aussi l'artère. Ce plexus est rejoint en haut par 4 ou 5 filets émanés du plexus carotidien du grand sympathique, et, au niveau du ganglion cervical supérieur, par d’autres filets nés de ce ganglion et qui passent sur la face interne de l'artère. C’est ce plexus épanoui sur la face latérale du constricteur supérieur où il est rejoint par une autre branche du glosso-pharyngien, qui constitue avec ce dernier la partie supérieure du plexus pharyngien, appelée avec raison par M. Valentin le plexus Pharyngien supérieur, et qui est en même temps latéral et antérieur. Tous ces détails sont figurés dans notre névrologie, grossis au microscope pour l’origine du plexus (tome 11, pl. 49, fig. 1),.et de grandeur naturelle, sur les autres, pour le plexus lui-même (tome nr, pl. 42, 43).

2° Le groupe interne et postérieur, fourni par le même ganglion de Bendz, se compose de 3 ou 4 filets qui glissent sur la face interne de l'artère carotide et se rendent au pharynx sur la face postérieure du muscle constricteur supérieur, où ils s’anastomosent en plexus avec les rameaux du glosso-pharyngien , du ganglion cervical supérieur, et aussi de la première paire cervicale.

2° Du tronc du pnreumo-gastrique au-dessous du ganglion de Bendz, naissent d’autres rameaux antéro-externes et postérieurs.

(a) Les filets antéro-externes sont de deux sortes : r° Les filets supérieurs très fins, au nombre de 8 à 10, vont contribuer à former sur l’origine des deux artères carotides, le plexus inter-carotidien, et de celui-ci procédent des filets qui vont s’anastomoser sur la face externe du constricteur inférieur avec le nerf laryngé externe et la branche descendante de l’hypoglosse (V. tome ur, pl: 93). 2° A des hauteurs différentes, trois ou quatre autres filets inférieurs se dégagent du tronc du pneumo-gastrique, soit en regard du cartilage thyroïde (tome mx, pl. 43), soit plus bas, en. regard de la glande thyroïde (tome m1, pl. 93). Ces filets, anastomosés avec d’autres du plexus vasculaire de l'artère thyroidienne inférieure, concourent aussi à former par leurs anastomoses avec les précédens, le nerf laryngé externe et l’anse de l’hypoglosse, le plexus Pharyngien inférieur.

(b) Les rameaux postérieurs sont de beaucoup les plus considérables (pl. 16 bis). 1° En regard du ganglion cervical supérieur,

il en naît d’abord deux assez faibles. Ils descendent obliquement et se distribuent au milieu du pharynx, vers le plan de recouvrement de l'extrémité inférieure des constricteurs supérieur et moyen par le constricteur inférieur. Mais ce qui distingue ces deux rameaux, c’est de former le principal nœud intermédiaire d’anastomose du pneumo-gastrique avec le glosso-pharyngien et le ganglion cervical supérieur, par les rameaux qui établissent la jonction de ses filets avec ceux qui proviennent des deux autres. Ces anastomoses sont de deux sortes : d’abord par des branches en arcades entre les rameaux d’origine, puis par des myriades de filets formant un petit plexus, à mailles très serrées, qui s’anastomosent en réseau : sur le constricteur supérieur avec le plexus du glosso-pharyngien , et sur le constricteur inférieur avec les rameaux inférieurs du pneumo-gastrique. Partout viennent S'y méler des filets du ganglion cervical supérieur. Ce petit plexus des rameaux postérieurs supérieurs du pneumo-gastrique est remarquable, parce qu’il marque la limite visible du glossopharyngien dont les filets les plus inférieurs viennent se perdre

dans son réseau.

(c) Au-dessous de ce petit plexus, mais séparé de lui par un filet assez fort du ganglion cervical supérieur, se détache le grand nerf pharyngien inférieur d'où naissent successivement trois ou quatre rameaux d’un volume assez considérable. Ils se dirigent obliquement en dedans, et viennent former en commun un vaste plexus, à mailles très serrées, dans le muscle constricteur et le derme sous-jacent de la muqueuse. Ce réseau plexiforme dans lequel viennent se perdre trois gros filets inférieurs du ganglion cervical supérieur, se continue ou mieux se confond, sans ligne de démarcation, avec. le plexus précédent des deux premiers rameaux du pneumozgastrique; en bas, il s’anastomose par un grand nombre de filets avec le récurrent, dont l’adjonction établit le lien physiologique entre le larynx et l’œsophage.

3° Rameaux pharyngiens fournis par les nerfs laryngés. Le nerf laryngé supérieur naît, comme on sait, de la face interne de la moitié inférieure du ganglion cervical du pneumo-gastrique, descend presque verticalement au-devant du tronc de ce nerf dans le sillon du cou, en dedans des artères carotides interne et externe et du plexus inter-carotidien, puis s’incurve en avant et s'applique sur la membrane hyo-thyroïdienne pour gagner audelà le larynx où il se distribue. C’est de cette branche, au-devant de la bifurcation de l'artère carotide primitive, que naît un rameau, le laryngé externe, destiné en partie au pharynx. M. Cruveilhier a vu un cas où ce nerf naïssait directement du tronc du pneumo-gastrique.

Le laryngé externe descend presque verticalement sur le milieu de la face latérale du constricteur moyen. Là, il est un des rameaux formateurs d’un plexus occupant toute la surface de ce muscle et auquel concourent avec lui plusieurs nerfs montrant, comme partout au pharynx, l’alliance presque à parties égales, des deux systèmes nerveux cérébro-spinal et splanchnique. Ces nerfs sont : 1° deux nerfs mixtes cérébro-spinaux : d’une part, le pneumo-gastrique par trois origines différentes, le laryngé externe, les trois filets du tronc du pneumo-gastrique cités plus haut, et les filets du zerf luryngé inférieur ou récurrent qui se jettent dans le constricteur inférieur. D'autre part, l'hypoglosse par son anse d’anastomose avec la deuxième paire cervicale, qui s’'anastomose avec les rameaux du pneumo-gastrique et le laryngé externe. A ces nerfs se joignent des filets ganglionnaires provenant des

plexus des artères thyroïdiennes supérieure et inférieure. Tout cet ensemble de nerfs, étalé en réseau sur la face externe du constricteur inférieur, y constitue un plexus pharyngien inférieur où mieux pharyngo-laryngé, car il est destiné à-la-fois au pharynx et au larynx. C’est le même que Haller nomme plexus laryngé (V. tome m1, pl. 43 et 93).

A ces différens nerfs cérébro-spinaux qui vont se rendre au pharynx , ajoutons-en plusieurs autres, ou non indiqués, ou sur lesquels les opinions varient.

4° Le spinal, omis par les anatomistes français, est indiqué par M. Valentin comme fournissant, par sa branche antérieure ou interne, plusieurs filets : l’un s’unit à la branche pharyngienne supérieure du pneumo-gastrique; plusieurs filets vont se jeter dans le ganglion cervical du pneumo-gastrique.

Sur une préparation que nous avons figurée (tome m1, pl. 43), la branche interne du spinal croise en dehors le ganglion du pneumo-gastrique, s’anastomose avec ce ganglion par deux filets, et avec le glosso-pharyngien par un troisième, et continue audelà son trajet descendant pour arriver sur la face latérale du constricteur supérieur, où elle s'anastomose en plexus avec le glosso-pharyngien.

Dans une autre préparation mieux en rapport avec la théorie de M. C. Bernard, la branche interne du spinal s’accole et vient se fondre complétement à la partie postérieure et supérieure du ganglion, desorte qu'il estimpossible de déterminer anatomiquement son trajet ultérieur. Ce fait est représenté sur la figure grossie à 6 diamètres que nous avons donnée du ganglion de Bendz (tomenr, pl. 49, fig. 1).—Mais au reste, dans cette forme comme dans l’autre, il parait donc bien que le spinal participe en haut à la formation du plexus pharyngien.

5° Aucun anatomiste, que je sache, n’a parlé d’un rameau pharyngien supérieur fourni au pharynx par la première paire cervicale. Ce rameau pourtant est considérable. Nous l'avons figuré pl. 16 bis (e). Il naït en arrière et en dedans de la première paire cervicale, ou si l’on veut, du plexus que cette paire forme avec le pneumo-gastrique, l’hypoglosse et le ganglion cervical supérieur, car, suivant qu’on le voit sur la figure, chacun de ces nerfs concourt, par des filets, à former la racine plexiforme de cette branche pharyngienne. Celle-ci passe derriere le ganglion cervical supérieur qu'elle croise obliquement de dehors en dedans et de bas en haut, et s’épanouit en rayonnant sur l’extrémité supérieure de la face postérieure du pharynx, formée en partie par le constricteur supérieur et en partie par l’aponévrose céphalo-pharyngienne. Dans ce trajet elle croise de nouveau en arrière les filets mixtes ascendans formés par les anastomoses du glosso-pharyngien et des filets correspondans du ganglion cervical supérieur. Comme ceux-ci, le rameau plexiforme de la premiere paire se distribue dans le muscle, l’aponévrose et surtout la muqueuse pharyngienne. C’est donc en réalité un nerf mixte pharyngien, jusqu’à présent non reconnu, et le premier dans la série postérieure,qui présenteraitsuccessivement dehauten bas :ce nerf, puis le glosso-pharyngien, puis les rameaux postérieurs du pneumo-gastrique, puis enfin, le récurrent formant, dans leur ensemble, une chaîne verticale d’anastomoses et de plexus avec les filets du ganglion cervical supérieur.

6° Enfin, pour ne rien omettre, je rappellerai comme le dernier des nerfs mixtes cérébro-spinaux qui se mélent au plexus

pharyngien supérieur le rameau pharyngien émané du ganglion sphéno-palatin. J'ai déjà cité comme étant de la même catégorie les anastomoses, avec l'hypoglosse et même le nerf phrénique.

RAMEAUX PHARYNGIENS SPLANCNHIQUES FOURNIS PAR LE GRAND SYMPATHIQUE. Le système nerveux splanchnique vient se mêler pour une part assez considérable aux nerfs mixtes cérébro-spinaux dans l'appareil nerveux du pharynx. Les rameaux du grand sympathique y sont de trois sortes.

1° Cinq à six rameaux nés du bord interne et postérieur du ganglion cervical supérieur. Ts passent sur la face interne de la carotide interne et se conduisent de la manière suivante: les deux premiers, courts et rayonnés, s’anastomosent au devant de l'artère avec les rameaux correspondans du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien, en un plexus pharyngien supérieur commun dans le muscle constricteur supérieur. Les quatre autres rameaux pharyngiens du ganglion cervical supérieur descendent parallèlement en arrière et en dedans de l'artère carotide primitive, d'autant plus longs qu’ils sont plus inférieurs, s’anastosent en un vaste plexus très serré avec les rameaux du pneumogastrique et des filamens émanés du plexus propre de l'artère carotide et vont se distribuer du haut en bas dans l'épaisseur des muscles constricteurs moyen et inférieur. (Voy. pl. 16bisett. mx pl.49). A la partieinférieuredu pharynx, ce plexusse continue avec lesrameaux ascendansémanés du récurrent du pneumo-gastrique.

2° D’autres filets gris, au nombre de quatre à cinq, émanés du plexus temporo-carotidien formant l'extrémité céphalique du grand sympathique, vont avec les rameaux du ganglion cervical supérieur, se mêler dans le plexus pharyngien supérieur.

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3° Les derniers filets splanchniques-pharyngiens sont ceux que nous venons de citer comme émanant du plexus carotidien , et se mélant, sur la face postérieure du pharynx , dans les plexus pharyngiens moyen et inférieur avec les rameaux du ganglion supérieur du pneumo-gastrique ( pl. 16 bis ).

En résumé, on voit que le pharynx présente un appareil nerveux très complexe, et dont le caractère anatomique franchement mixte, c'est-à-dire demi-cérébro-spinal et splanchnique, répond parfaitement à la nature des fonctions demi-volontaires et demi-involontaires de cette cavité musculo-membraneuse. À étudier séparément les nerfs si nombreux du pharynx par régions, on peut facilement y distinguer trois plexus partiels latéraux , un supérieur où domine le système nerveux splanchnique et deux autres, #n70yen et inférieur où se présentent en plus grand nombre les nerfs d’origine mixte cérébro-spinale. La même observation s'applique à la face postérieure dans la distinction que l’on pourrait en faire en trois plexus de haut en bas. Mais à un examen logique, cette distinction purement topographique n’offrirait aucune utilité, C’est pour les trois plexus de muscles seulement qu’elle semblerait avoir quelque fondement, et, sous ce rapport, le plexus externe pharyngolaryngé , formé plus spécialement par les branches du pneumogastrique se présente avec un aspect anatomique particulier. Mais pour tout le reste de la surface du pharynx, outre les anastomoses superficielles si nombreuses d’une région à l’autre, à mesure que l’on pénètre dans la profondeur des tissus, le mode de distribution des nerfs prend une toute autre signification.

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À l’aide d’une dissection minutieuse, même à l’œil nu (pl. 18 bis ), il est évident que l’appareil nerveux du pharynx forme, dans toute la hauteur une chaîne continue, où l’on ne saisit de différence que dans le mode de distribution des rameaux mieux isolés à la région supérieure, et réunis davantage en filets plexiformes à la région supérieure. Mais ce caractère même disparaît à l'observation microscopique qui montre partout les canevas nerveux plexi-formes , et s’'évanouissant facilement en une toile fibro-nerveuse pour former le derme de la muqueuse, comme on l’observe dans toutes les membranes composant la succession de tégument interne. Reste donc la seule distinction d’origine que nous avons d’abord signalée, celle de la proportion relative des nerfs splanchniques dans le canevas nerveux, plus considérable à la région gutturale du pharynx qu’à la région laryngée. Cette particularité anatomique, du reste, s’explique assez bien par les fonctions de cette partie de la surface de la muqueuse pharyngée, sentinelle avancée de l’appareil splanchnique. Je reviendrai plus loin sur la structure intime des parois du pharynx, à propos de l’œsophage, pour donner du même coup l’examen microscopique de toute la portion splanchnique du canal ingestif.

Développement du pharynx.

Ce développement ne présente rien de particulier. Le raphé médian qui existe sur la partie postérieure a fait supposer qu'il se développait par deux moitiés latérales. C’est le fait général d’embryogénie de tous les organes médians.

DiFFÉRENCE DU PHARYNX SUIVANT LES AGEs. Ces différences portent uniquement sur la forme générale de cet organe, qui varie par suite des changemens qu’éprouvent dans leurs dimensions les parties auxquelles il se fixe.

Chez le fœtus, 1° la longueur du pharynx est proportionnellement moins grande que chez l’adulte; cela tient à ce que l’ouverture postérieure de la bouche et les orifices postérieurs des fosses nasales ont moins d’élévation, par suite de l’absence des dentset dessinus non encore développés. 2° La largeur du pharynx est à-peu-prés la même, dans l’endroit où il correspond aux cavités nasales et à l’isthme du gosier, tandis que chez l’adulte son diamètre transversal est plus étendu dans la seconde partie que dans la première, mais il est relativement plus étroit chez le fœtus que chez l’adulte, au niveau du larynx, parce que cet organe est moins développé chez le premier que chez le second.

L'organisation du pharynx ne présente aucune différence remarquable entre le fœtus et les âges suivans; on y trouve toujours une couche musculeuse et une couche muqueuse. Seulement la couche musculeuse est plus pâle et moins développée dans le premier âge, comme tous les muscles de la vie animale.

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