VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES DU PHARYNX
1° ARTÈRES. Le pharynx reçoit dans toute sa hauteur des artéres très nombreuses qui lui sont fournies par les branches voisines, Ces branches sont de haut en bas :
1° Trois branches de l'artère maxillaire interne.
(a) L'artère vidienne ou ptérygoidienne, émanée de la maxillaire interne, parcourt d’avant en arrière le conduit horizontal vidien ou ptérygoïdien et, à la sortie de son orifice postérieur, vient s'épanouir dans la partie supérieure ou la voûte du pharynx et dans le pavillon de la trompe d’Eustachi.
(b) La ptérygo-palatine ou pharyngienne supérieure, branche très grêle dégagée de la maxillaire interne, au sommet de la fosse Zy8omatique. Cet artériole traverse le conduit ptérygo-palatin et vient se distribuer à la partie supérieure du pharynx et à l’extrémité correspondante de la trompe d’Eustachi où elle s’anastomose avec la précédente.
(c) La palatine supérieure, née aussi de la maxillaire interne en regard de la fente ptérygo-maxillaire, descend dans le canal palatin postérieur et, à sa sortie, entre autres rameaux, en fournit plusieurs au voile du palais d’où procèdent des artérioles de continuation qui font partie du réseau capillaire de la région correspondante supérieure et latérale du pharynx.
2° L’artère pharyngienne inférieure. Elle tire ordinairement son origine de la carotide externe au niveau de la linguale, mais parfois aussi elle vient soit de l’occipitale, soit de l'angle de bifurcation de la carotide primitive ou même de la carotide interne. Quoique son volume soit ordinairement plus petit que celui des autres branches de la carotide externe, il est néanmoins tou- Jours assez fort, 1—1,25 millimètre de diamètre. Dans quelques cas mêmes, on a trouvé cette artère aussi grosse que la temporale. Quoi qu'il en soit, immédiatement après sa naissance, la pharyngienne inférieure se porte entre les deux carotides, puis derrière la carotide externe, longe avec elle la partie latérale du pharynx et fournit une branche qui marche transversalement en dedans, et se partage en rameaux ascendans et en rameaux descendans , lesquels se ramifient dans les parois du pharynx. Les rameaux ascendans s’anastomosent avec ceux de l’artère pharyngienne supérieure. Après l'émission de ce rameau, l’artère pharyngienne inférieure se divise en deux branches (branche méningienne et branche pharyngienne). La première ne fournit rien au pharynx, la branche pharyngienne, au contraire, se dirige audevant de l'artère carotide interne, parvient à la partie supérieure du pharynx et s’épanouit en un grand nombre de rameaux qui traversent l’aponévrose céphalo-pharyngienne, puis se réfléchissent de haut en bas le long de ses parois et vont se terminer dans les muscles du pharynx et à sa membrane muqueuse. Quelques ramuscules vont se rendre en arrière à la trompe d’Eustachi et latéralement dans l'épaisseur du voile du palais.
C'est aux vaisseaux ci-dessus que les auteurs bornent ordinairement la description des artères du pharynx. Mais il est évident que cette description, qui ne tient compte que des artères de la moitié supérieure ou sus-hyoïdienne du pharynx, de celle en un mot, occupée par le constricteur supérieur et en partie le constricteur moyen, est, par cela même, trop incomplète. C’est donc avec raison que Huschke nomme parmi les artères pharyngiennes, les branches fournies par les thyroïdiennes supérieure et inférieure, puisque ce sont celles qui se distribuent à la moitié inférieure du pharynx occupée par le constricteur inférieur.
Ces artères sont d’un calibre considérable 1,25—1,50 millimètre de diamètre, c’est-à-dire plutôt plus que moins fortes que la branche ci-dessus de la carotide externe, appelée si improprement la pharyngienne inférieure et qui devrait être nommée Pharyngienne moyenne, puisqu'il y en a deux autres très volumineuses au-dessous. Voyons ce que sont ces deux artères pharyngiennes véritablement inférieures (V. pl. 16 bis).
3° La première artère de la moitié inférieure du pharynx fournie par la thyroïdienne supérieure, branche elle-même de la carotide externe, se dégage en dedans de son artère d’origine au-dessus du bord supérieur du muscle constricteur inférieur et se divise en deux rameaux. L’un antérieur, le plus faible, se dirige en avant dans le constricteur, se distribue à ce muscle, à la muqueuse sous-jacente et s’y anastomose en haut avec les
autres branches laryngées supérieure et moyenne de l’artère Te Ve
thyroïdienne supérieure, comme aussi en bas avec les autres branches laryngées fournies par l'artère thyroïdienne inférieure. L'autre rameau, le postérieur, contourne en arrière le pharynx à 2 centimètres au-dessous de l’artère pharyngienne moyenne de la carotide externe, dite si mal-à-propos inférieure. Ce rameau longe le bord supérieur du muscle constricteur inférieur, envoie dans le constricteur moyen un rameau supérieur qui s’anastomose avec l'artère ci-dessus, puis descend sur la face postérieure du troisième constricteur en formant avec la dernière artère pharyngienne une vaste et forte arcade d’anastomose verticale, séparée seulement de sa congénère du côté opposé par le raphé médian. C’est de cette arcade artérielle verticale que naissent dans son trajet un grand nombre de ramuscules externes qui vont se distribuer dans toute la paroi postérieure de la portion inférieure du pharynx, formée par le dernier constricteur et la muqueuse. Quelques ramuscules très déliés s’anastomosent dans le raphé médian entre les arcades des deux côtés.
4° La seconde artère de la moitié inférieure du pharynx est fournie, avons-nous dit, par l'artère thyroïdienne inférieure, branche elle-même de l'artère sous-clavière. Cette branche est celle qui forme la terminaison du tronc dans la coudure inférieure qu’il forme de chaque côté entre la trachée-artère et l'œsophage, après avoir fourni la grande artère postérieure ascendante de la glande thyroïde, et la première artère œsophagienne qui est descendante (PI. 16 bis). Cette branche œsophagienne de terminaison, ascendante dans son trajet, est remarquable par sa situation. Elle monte obliquement de dehors en dedans et d’avant en arrière, le long du bord libre du muscle constricteur inférieur, et trace ainsi la délimitation entre le pharynx et l’œsophage. Dans ce parcours elle fournit des rameaux à l’un et à l’autre, c’est-à-dire des rameaux internes et ascendans pour le constricteur et des rameaux externes, transverses et descendans, au constricteur et à l'extrémité supérieure de l’œsophage, lesquels s’anastomosent au-dessous avec ceux fournis par la branche œsophagienne de la thyroïdienne inférieure. En haut, la dernière artère pharyngienne se continue, comme nous l'avons dit cidessus, avec la précédente, dans la grande arcade verticale qui leur est commune, et d’où procèdent les ramuscules artériels qui se distribuent dans la paroi postérieure de la moitié inférieure du pharynx.
Veives. Les veines du pharynx offrent une distribution analogue à celle des artères, c’est-à-dire qu'il se trouve des petites veines vidienne, ptérygo-palatine, palatine, qui se rendent dans la veine maxillaire inférieure; une grande veine pharyngienne que je nommerai moyenne, beaucoup plus forte que l'artère qu’elle représente, et qui se jette par la linguale ou la faciale dans la jugulaire interne. Enfin il se trouve des veines également très fortes, satellites des artères de la portion inférieure du pharynx et qui vont se rendre, l’une dans la veine thyroïdienne supérieure , affluent de la jugulaire interne, l’autre dans la veine thyroïdienne inférieure, affluent de la sous-clavière. Jusque-là, rien qui ne ressemble à tout ce que l’on connaît des rapports des deux systèmes artériel et veineux. Mais ce qui distingue le pharynx, c’est l’abondance du réseau veineux d’où procèdent les grandes veines. Ce réseau, qui forme un plexus veineux très fourni, environne partout le pharynx sur ses faces postérieure et latérale,
et n’est lui-même que la couche extérieure du réseau microsco-
pique de la muqueuse dont l'extrême abondance doit être pour beaucoup dans l'apparence fongueuse et la couleur violacée de cette membrane. C’est, à l’extrémité supérieure du tube digestif, la même particularité qui se présente aussi à son extrémité inférieure, comme en général à tous les orifices extérieurs des appareils splanchniques. Nous reviendrons au reste sur ces détails à propos de la structure intime dont ils font partie.
VAISSEAUX LYMPHATIQUES. Comme dans tous les organes creux , ils forment un premier plan de capillaires microscopiques, sous la surface épithéliale de la muqueuse, puis un second plan dans le derme de la membrane sous-jacent à la couche musculaire. De là, ils se rendent en gros rameaux qui accompagnent les vaisseaux sanguins et vont se jeter en grand nombre dans les chapelets ganglionnaires sous-maxillaires, jugulaires externes et susclaviers. Les réseaux lymphatiques microscopiques du pharynx, communiquent en haut avec ceux des cavités nasales et buccale eten bas avec ceux de l’œsophage.