‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 96 sur 373 · PAR À · texte numérisé non relu

PAR À

se réfléchissant en-dehors, se continue à droite et à gauche avec le péritoine qui tapisse les parties latérales de l’excavation pelvienne. L’intervalle qu’ils laissent en arrière entre le rectum et le sacrum, est rempli par du tissu cellulaire assez lâche, puis par les vaisseaux hémorrhoïdaux et par une partie du plexus hypogastrique.

Nous avons dit dans le paragraphe précédent que le péritoine tapissait environ les deux tiers supérieurs du rectum : il en est ainsi dans l’état de vacuité des organes, où dans leur état de moyenne réplétion ; mais lorsque la vessie est fortement distendue par l’urine, ou bien lorsque la matrice est dilatée par le produit de la conception, ou augmentée de volume par l'effet d’une maladie, ou bien lorsque l’un des ovaires a acquis un développement morbide considérable, le péritoine abandonne le rectum dans une étendue plus ou moins considérable, ainsi que les organes environnans, pour recouvrir la vessie ou la matrice dilatée. Toutefois, là vessie ne prenant jamais un accroissement aussi considérable que la matrice, il s'ensuit que le rectum doit se dépouiller dans une moins grande étendue de sa membrane séreuse chez l’homme que chez la femme, et cela d’autant plus que le développement de la vessie, par suite de la rétention de l’urine, est un phénomène passager, tandis que chez la femme, le développement de la matrice dure plusieurs mois. Il résulte encore de la facilité avec laquelle le rectum se laisse dépouiller du péritoine. qu’ils sont unis ensemble, surtout inférieurement, par un tissu cellulaire lâche et susceptible de s'étendre assez fortement sans se déchirer.

2° Tunique musculeuse. Elle présente beaucoup d’analogie avec celle de l’œsophage et forme un élément principal du rectum, car c'est par son intermédiaire que s'opère le raccourcissement et le rétrécissement de l'intestin. Son épaisseur est considérable, eu égard à ce qu’elle est dans les autres parties des gros ou des petits intestins. On y trouve encore deux ordres de fibres, les unes longitudinales et superficielles, et les autres circulaires et profondes. Ici les fibres longitudinales ne sont plus disposées comme dans les autres portions du gros intestin, sous forme de trois bandelettes, mais, au contraire, disposées uniformément et par couches à peu près égales sur toute sa surface extérieure ; cette dissémination des fibres commence déjà sur VS iliaque. Elles sont beaucoup plus marquées dans les deux tiers supérieurs de l'organe que dans son tiers inférieur, où les fibres circulaires prédominent; les fibres longitudinales sont disposées en faisceaux pressés les uns contre les autres, et il faut les écarter pour apercevoir les fibres circulaires qui leur sont subjacentes.

Les fibres circulaires profondes forment une couche plus épaisse que dans toutes les autres parties du canal intestinal, mais moins épaisse supérieurement qu'’inférieurement ; c’est à cause de l’épaisseur de cette couche qu'on peut les séparer en anneaux distincts ; le dernier surtout présente une force et une épaisseur telles qu’on l’a désigné sous le nom de sphincter interne. Enfin, la couche musculeuse du rectum est exactement disposée comme à l’œsophage, celle de ce dernier organe présente un peu plus d'épaisseur, ce qui tient à la différence d’usage des deux conduits; la fonction essentielle del’œsophage est de pousser rapidement les alimens dans l’estomac sans avoir d’auxiliaire et celle du rectum d’expulser les fèces avec l’aide des muscles abdominaux. Lorsque le rectum est vide, on le trouve comme l’œsophage revenu sur lui-même, et sa surface interneest partout

en contact avec elle-même.

La couleur des fibres musculaires du rectum mérite une attention spéciale, ainsi que nous l'avons vu à l’œsophage; les deux ordres de fibres de cet intestin sont blanchâtres dans la plus grande partieïde son étendue, tandis que les fibres circulaires inférieures présentent une couleur rougeâtre analogue à celle des muscles soumis à l'influence des nerfs de la vie animale. Pour compléter l’analogie qui existe entre le rectum et l’œsophage, on fait remarquer que, de même que l’œsophage commence par un plan de fibres soumises à l'influence cérébrale, plan de fibres qu'on nomme muscle œæsophagien, de même, le rectum finit par un muscle soumis à cette même influence, le sphincter cutané qui, parsa structure, sa propriété etses fonctions, jouit de toutes les propriétés dévolues aux muscles de la vie extérieure.

La tunique musculeuse est unie dans sa partie supérieure à la tunique séreuse par un tissu cellulaire lâche, tandis qu’inférieurement elle est environnée par une grande quantité de graisse qui occupe la partie inférieure du bassin.

3° Tunique fibreuse. Elle ne présente rien de particulier dans le rectum; son épaisseur y est à peu près la même que dans les autres portions du gros intestin.

4° La membrane muqueuse , qui revêt le rectum, présente beaucoup d’analogie avec celle qui tapisse le gros intestin; cependant elle offre quelques différences ; ainsi elle est un peu plus épaisse, un peu plus rouge, et lubréfiée par un enduit muqueux plus abondant, destiné à favoriser le glissement des matières fécales. On y voit encore des rides longitudinales déterminées par la contraction des fibres circulaires lorsque l’intestin est vide; et enfin, elle est unie à la tunique fibreuse par un tissu cellulaire plus lâche que dans le reste du gros intestin. Cette laxité est d’autant plus marquée qu’on s'approche davantage de la partie inférieure : c’est à cela qu’on doit attribuer les plis transverses et irréguliers qu’on observe dans l’état de vacuité de l'intestin. Ce déplacement est quelquefois porté si loin, qu’il en résulte une véritable hernie de la muqueuse par l’anus dans l'acte de la défécation, hernie qu'il ne faut pas confondre avec le renversement ou l’invagination du rectum. Le système circulatoire de l'intestin rectum, el surtout de la membrane muqueuse, est si développé, que cette dernière devient fréquemment le siége d’engorgemens, d’hémorrhagies, de tumeurs hémorrhoïdales, etc.

Examinée à la loupe sous l’eau, après l'avoir débarrassée des mucosités qui la couvrent, elle présente des caractères analogues à ceux de la muqueuse du reste du gros intestin ; ainsi on n’y observe plus de villosités, mais un grand nombre de glandes muqueuses qui viennent s'ouvrir à sa surface libre et y verser le produit de leur sécrétion : ces glandes sont placées dans l’épaisseur de la membrane.

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