‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 98 sur 373 · DE L’ANUS · texte numérisé non relu

DE L’ANUS

Le mot anus, tiré du latin anus podex, s'emploie en anatomie pour désigner l’orifice inférieur du canal alimentaire ou de l'intestin rectum ; c’est une ouverture à peu près circulaire, étroite, plus ou moins susceptible de dilatation, et destinée à laisser passer les matières fécales qui se moulent sur elle en la traversant.

L’anus est situé sur la ligne médiane, entre les deux tubérosités de l’ischion qui le séparent des fesses, à deux centimètres et demi (un pouce) environ au devant du coceyx, et derrière le périnée; on peut dire, en un mot, qu'il occupe le sommet d'une espèce d’entonnoir dont la base est circonscrite par le coccyx, les tubérosités de l’ischion et le périnée.

La peau qui revêt cet orifice présente des caractères particuliers qui ne se rencontrent pas ailleurs : ainsi, les follicules sébacés sont très nombreux et sécrètent une humeur huileuse analogue à celle qui est sécrétée dans la région du périnée. Elle est garnie de poils assez abondans chez l’homme , et qui n’existent pour ainsi dire pas chez la femme; enfin elle présente un grand nombre de plis radiés qui dépendent de ce qu’elle traverse un orifice étroit pour aller se continuer avec la muqueuse. Ces plis s’effacent entièrement pendant l’acte de la défécation, lorsque cet orifice se dilate pour laisser passer les matières.

L’excision de quelques-uns d’entre eux, dans le cas de chute du rectum ou de hernie de la muqueuse, suffit quelquefois pour en amener la cure.

Le lieu où la peau se continue avec la muqueuse n’est pas toujours à la même hauteur; le plus souvent ce point situé dans l’intérieur du rectum, à quelques millimètres au-dessus de l’anus, se trouve indiqué par une ligne irrégulière et festonnée , le long de laquelle on observe de petites poches terminées en cul-de-sac et dont l’ouverture est dirigée en haut; on voit quelquefois des corps étrangers ou des matières fécales s’engager dans ces poches, et devenir cause de fistules stercorales , par l’irritation qu’elles y déterminent.

Structure de l'anus.

Il entre dans la composition de l’anus, la peau, la muqueuse, un tissu érectile particulier, du tissu cellulaire, des muscles, des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs.

1° La peau et la muqueuse ont des caractères qui se rapprochent dans le lieu où elles se confondent; la face interne de la peau et de la muqueuse sont tapissées par une couche peu épaisse de tissu érectile analogue à celui qui existe au pourtour du vagin.

2° Vaisseaux sanguins. C'est dans cette trame érectile que sont les terminaisons de l’artère hémorroïdale inférieure et les radicules veineuses qui entrent dans la composition des plexus hémorrhoïdaux. Ces radicules sont très-multipliées, très flexueuses, et constituent les racines les plus inférieures de la veine-porte. Les vaisseaux lymphatiques font partie de ceux du rectum, et vont se jeter dans les mêmes ganglions, et dans les ganglions inguinaux.

3° Les nerfs de l’anus viennent de deux sources comme ceux du rectum, du système ganglionnaire et des centres cérébrospinaux, ou du plexus hypogastrique et du plexus sacré. Il en a été question à l’occasion des nerfs du rectum ; il serait, par conséquent, inutile d’y revenir.

5° Muscles de l'anus. Ces muscles sont Le sphincter externe, les releveurs de l'anus et les ischio-coccygiens ; on pourrait aussi y faire entrer le sphincter interne, mais beaucoup d'auteurs le considèrent comme composé des derniers anneaux des fibres circulaires du rectum, et le décrivent avec ces fibres en traitant de la membrane musculeuse du rectum. La description de ces muscles a été faite dans la myologie; nous n’y reviendrons pas ici : nous dirons seulement un mot de leurs fonctions.

Le sphincter externe a pour action de tenir l’anus fermé, et d'empêcher la sortie continuelle et involontaire des matières fécales ; il peut se contracter sous l'influence de la volonté. C’est le défaut de sphincter qui fait des anus contre nature une infrmité si dégoütante. Les releveurs de l’anus, et les ischio-coccygiens sont ses antagonistes. Les premiers raccourcissent le rectum, et, aidés du diaphragme et des muscles abdominaux, ils diminuent l'étendue de l’espace occupé par les matières fécales, et tendent à vaincre la résistance opposée par le sphincter. Les seconds, en se contractant, agissent dans le même sens.

1° C’est dans l’intérieur du gros intestin que les matières depouillées de la plus grande partie de leurs matériaux nutritifs,

deviennent dures, se moulent sur les parties qu’elles traversent et acquièrent une odeur caractéristique.

2° C’est dans son intérieur que peut avoir lieu l’absorption des derniers élémens nutritifs.

3° Mais sa principale fonction est l’accomplissement de l'excrétion ou de l’expulsion des matières excrémentielles auxquelles il sert de réservoir.

Les fibres longitudinales presque nulles dans l'intestin grêle où l'absorption doit principalement s'opérer, sont très marquées dans le gros intestin, tandis que les fibres circulaires y sont très-peu prononcées. D'abord disposées sous forme de trois bandelettes, on les voit bientôt envahir toute la circonférence de l'intestin, là où les matières ne doivent plus faire qu’un séjour de courte durée, et où il est besoin de faire quelque effort pour aider à leur expulsion. Ces fibres, par leur contraction, raccourcissent le tube intestinal et hätent la progression des matières qui y sont contenues.

Quant au rectum, les matières parvenues dans son intérieur n’ont plus qu’à être expulsées. Elles y sont retenues par le sphincter, et lorsque le réservoir est assez plein, on en est averti par une sensation particulière ; alors la volonté, aidée par l’action des muscles antagonistes du sphincter et par celle du diaphragme et des muscles abdominaux, parviennent à vaincre sa résistance. En traitant de la digestion et de ses divers phénomènes, nous reviendrons sur ce sujet.

Développement du canal intestinal.

Ce développement doit être étudié depuis le commencement de sa formation jusqu’à son entier achèvement.

D'après le rôle que la plupart des auteurs font jouer à la vésicule ombilicale, elle est liée d’une manière intime avec la formation de l'embryon tout entier, et particulièrement avec celle du canal intestinal ; il est donc indispensable de s’y arrêter un instant.

La vésicule ombilicale qu’on désigne aussi sous le nom de vésicule intestinale, est un organe dont l'existence, longtemps restée ignorée, est actuellement bien connue. Elle se présente sous la forme d’un petit sac pyriforme , arrondi ou sphéroïde. Située entre le chorion et l'amnios, M. Velpeau croit qu’elle acquiert ses plus grandes dimensions dans le courant de la troisième ou de la quatrième semaine qui suit la fécondation; au de là d’un mois, il l’a toujours vue plus petite : avant la première quinzaine, il n’a eu occasion d’en examiner qu’une seule qui était aussi moins volumineuse. Vers quinze jours ou trois semaines après la fécondation, elle offre le volume d’un poids ordinaire, c’est-à-dire 2 à 3 lignes de diamètre (4 millimètres 1/2 à 6 millimètres 3/4). Meckel, sans lui donner un volume déterminé, pense qu'elle est d'autant plus grande que l'embryon se rapproche davantage du moment de la conception. A dater de la fin du premier mois, elle va donc en diminuant , et à la fin du second, elle est réduite au volume d’une graine de coriandre, et cesse alors de diminuer. À ce moment elle s'aplatit et ne disparaît qu’insensiblement; quelquefois elle n’existe plus dés le troisième mois, et d’autres fois, au contraire, on la rencontre encore sur des produits de quatre, cinq et six mois.

Placée d’abord très près de l'embryon, la vésicule ombilicale s’en éloigne ensuite peu à peu, en sorte que déjà vers la fin du premier mois, elle en est séparée par un pédicule qui a de 2 à

6 lignes de longueur (14 millimètres 1/2 à 13 millimètres 1/2), 1/4 de ligne d'épaisseur, et se termine à la vésicule en prenant un aspect infundibuliforme.

1° La cavité de la vésicule ombilicale communique-t-elle avec la cavité intestinale chez l'homme par le moyen de son pédicule ? En un mot, ce pédicule est-il une tige creuse qui permette au liquide de la vésicule de passer dans l'intestin ? Telle est la question que se sont posée les anatomistes et qu’ils ont résolue diversement. Cette communication est manifeste chez les OISeaux, les reptiles et les poissons cartilagineux ; elle existe même à toutes les époques de la vie fœtale, comme la membrane vitelline chez les ovipares est l’analogue de la vésicule ombilicale chez les mammifères. Beaucoup d’anatomistes n’admettent cette communication que par analogie; Meckel et Bojanus sont parvenus à la reconnaître dans l'embryon de la brebis (sur la vésicule ombilicale du fœtus de brebis, Journal complémentaire du dict. des sciences méd., t. 11, p. 84). Baer l’a vue de la manière la plus positive sur des embryons de cochons et de chiens (Æntwickelungsgeschichte, +. 11, tab. 5, fig. 1). Bischoff l’a aussi observée chez des chiennes, des lapins et des rats (Embriolog. encyclopéd. anat., t. vu). Emmert, Hoechstetter et Cuvier pensent qu’il n’y a pas réellement continuité de substance entre les deux organes, et qu'il n’y a de communication entre eux que par les vaisseaux omphalo - mésentériques. Meckel admet qu’il y a continuité de substance, mais il ne prétend point décider si les cavités des deux organes communiquent entre elles par le canal de la vésicule ombilicale (Manuel d'anatomie, t. 11, p. 416). M. Cruveilhier semble partager l'opinion d’'Emmert et de Cuvier sur la non-communication de ces organes, car il n’a jamais pu la découvrir; toutefois il ne la nie pas absolument (Æzat., t. 11, p. 542, 1834). Mais M. Velpeau a pu l’observer deux fois directement sur l'embryon humain. « Jusqu'à vingt ou trente jours, dit-il, la tige qui unit la vésicule ombilicale avec le canal intestinal est incontestablement creuse, puisque sur deux sujets il m'a été possible de faire passer le liquide de la vésicule dans l'intestin sans rien rompre » (Traité d'accouch., t. 1, p. 274, 1838.) Chez un fœtus humain à terme, mais qui, sous plusieurs rapports, était évidemment demeuré à un degré inférieur de développement, Tiedemann a trouvé dans la gaine ombilicale une vésicule ombilicale piriforme, longue de plus de 14 lignes (31 millimètres 1/2, sur 7 de large (16 millimètres) qui s’ouvrait dans l'intestin par un canal assez large et long de 3 lignes 1/2 (8 millimètres) ({natomie der kopflosen Missgeburten, p. 66).

Il est probable que de nouveaux faits viendront corroborer ceux observés par M. Velpeau, et mettre hors de doute la communication entre ces deux organes.

2° Le canal ou le pédicule de la vésicule vient -il toujours s’unir avec l'intestin dans le même point, et, s’il en est ainsi, quel est ce point? Il n'existe guère plus d'accord dans les opinions des auteurs sur cette question que sur la précédente. Oken pense que le point existe là où le gros intestin se continue avec l'intestin grêle, et que l’appendice vermiforme et le cœcum sont les résultats et les débris de cettecommunication (Oken et Kieser, Beytræge, Hambourg, 1806). Meckel, après avoir combattu l'opinion d’Oken par de bons argumens, admet que l'endroit, où cette communication a lieu, existe à l'intestin grêle, beaucoup plus près de son extrémité inférieure que de son extrémité

Es Ve

supérieure, et étaie sa manière de voir sur les raisons suivantes : ainsi 1° chez les oiseaux et les reptiles, le canal vitellin s’abouche avec cette portion du canal intestinal; 2° Meckel rapporte le fait d’un fœtus monstrueux observé par Tiedemann sur lequel la vésicule ombilicale ayant persisté s'implantait sur le canal ; 3 on observe quelquefois dans l’homme et dans quelques mammifères comme conformation anormale sur ce point, et jamais ailleurs un prolongement arrondi, plus ou moins long , plus ou moins large et formé des mêmes membranes. Ce prolongement est appelé diverticule et serait un vestige du canal primitif de communication.

La vésicule ombilicale reçoit des vaisseaux artériels et veineux. M. Velpeau en a rencontré dans les parois de la vésicule vitellointestinale, et dans la vésicule elle-même. Ces vaisseaux sont connus sous le nom de vaisseaux omphalo - mésentériques qui vont se perdre dans les troncs de l'artère et de la veine mésaraique supérieure, ou dans l’une des branches de second ou de troisième ordre de ces gros canaux, et surtout dans celles qui vont se distribuer à la partie inférieure de l'intestin gréle et au cœcum. M. Velpeau dit être parvenu plusieurs fois à les injecter et qu'alors ils avaient le volume d’un gros cheveux.

La matière contenue dans la vésicule ombilicale est, dans l’état normal, d’un jaune pâle, opaque, de la consistance d’une émulsion un peu épaisse ; du reste, sa consistance et sa couleur varient du plus au moins. M. Velpeau l’a quelquefois trouvée ressemblant à des grumeaux de jaune d’œuf cuit et flottant au milieu d’un fluide peu coloré.

Un des principaux usages de la vésicule ombilicale serait de fournir à la nutrition des premiers linéamens de l'embryon, afin qu’il puisse se développer, jusqu'à ce que l’œuf soit attaché à la face interne de l'utérus ; et que le cordon et les vaisseaux soient formés pour pouvoir lui transmettre la nourriture fournie par le sang de la mére.

Formation et développement de l'intestin. Un grand nombre de théories ont été émises sur la manière dont se forme l’intestin; une des plus anciennes est celle de Wolf, qui est relative au mode de formation du canal intestinal dans les embryons d’oiseaux. Ce savant physiologiste a démontré, d’après un nombre d'observations très exactes et très soignées , que chez le poulet la membrane vitelline, qui d’abord est en contact immédiat avec la colonne vertébrale, commence par produire une petite saillie de chaque côté, en sorte que, dans l’origine, l'intestin a la forme d’une gouttière ouverte par devant; cette gouttière se forme peu à peu, par l’accroissement que ses parois prennent d’arrière en avant, de haut en bas, et de bas en haut, jusqu’à l'endroit où la cavité de l'intestin communique avec le sac vitellin par le canal vitellin, dont le diamètre va toujours en diminuant.

Aujourd’hui un grand nombre d’embryologistes pensent qu'il existe la plus grande analogie entre la manière dont se forment les organes chez les ovipares et chez les mammifères. Ce n’est pas ici le lieu de discuter les diverses théories émises sur ce point difficile d'anatomie, et nous ne chercherons point à approfondir si, comme l’a observé Carus chez les urodèles, l’intestin se forme chez l’homme aux dépens de la vésicule ombilicale, ou bien s’il est constitué dans le principe par une vésicule oblongue qui s’allongerait en même temps par ses deux extrémités, l’une céphalique , l’autre coccigienne, qui, d’abord terminées en cul-de-sac, s’ouvriraient ensuite en arrivant à la peau

pour constituer la bouche et l'anus; ou bien, si comme le croit M. Serres, il se forme par deux moitiés latérales qui se réuniraient ensuite. Nous ne chercherons pas non plus si le canal intestinal se forme d’une seule pièce, où bien s’il se forme de deux ou de plusieurs qui marchent à la rencontre les unes des autres, comme le pensait Lucæ (4bhandlunger der phys. med. soc. zu Erlangen, t. 2, P- 17); nous nous contenterons d'examiner l'intestin au moment où il apparaît aux yeux sous forme d’un cylindre complet, et d'étudier les divers changemens qu'il éprouve, 1° depuis ce moment jusqu’à la naissance; 2° dans les divers âges de la vie.

1° Changemens qui se manifestent dans le canal intestinal, depuis le moment où il apparaît sous forme d'un cylindre complet, jusqu'à celui de la naissance.

C’est ordinairement vers la fin du premier mois que l'intestin est formé. Suivant Baer, il présente d’abord en avant et en arrière une gouttière qui se comble par le rapprochement et la soudure de ses bords, excepté au milieu , où ils se confondent avec la vésicule qu’on appelle blastodermique, et qui est formée par les feuillets vasculaires et muqueux; mais cette gouttière, et par conséquent la communication entre l'intestin et la vésicule blastodermique, vont toujours en diminuant, en sorte que le point d’union de l'intestin et de cette vésicule s’étire en forme de canal; alors on a, d’un côté, la vésicule blastodermique presque entièrement séparée de l'embryon, et formant ce qu'on appelle /a vésicule ombilicale , et d’un autre côté, le conduit de jonction entre cette vésicule et l'intestin de l’embryon; enfin arrive une époque, qu'on ne saurait préciser au juste, où ce conduit se rompt, et où l'intestin et la vésicule ombilicale ne communiquent plus que par les vaisseaux omphalomésentériques, et où l'intestin représente un tube complétement fermé.

L'intestin représente d’abord un tube tout à fait droit, parallèle à l'axe de l'embryon, et que le mésentère fixe en arrière à la colonne vertébrale; puis, sans cesser d’adhérer à la colonne vertébrale, sa partie moyenne s’en éloigne et représente une anse dont le sommet est dirigé vers l’ombilic, au -devant duquel elle sort, pour se placer hors de Fabdomen dans la gaine ombilicale, tandis que ses extrémités supérieure et inférieure restent dans la cavité abdominale. De là vient qu'à cette époque on distingue au tube intestinal trois parties : une supérieure, qui se dirige en ligne droite et qu’on désigne sous le nom d’éntestin supérieur où oral; une autre inférieure, qui est également droite, et qu'on nomme értestin inférieur terminal ou anal, et une partie intermédiaire, qui est l’értestin moyen.

1° L'intestin oral en continuant à se développer demeure droit dans la plus grande partie de son étendue; c’est de lui qu'émanent le duodénum, l’estomac, l’œsophage, la langue et la cavité buccale; mais dans le principe il se termine en cul-desac à son extrémité supérieure ; par conséquent la bouche n'existe pas encore. Les auteurs sont peu d’accord sur l’époque à laquelle elle apparait : M. Velpeau prétend qu'elle existe du douzième au vingtième jour, et qu'elle forme alors une ouverture extrémement large, elliptique ou triangulaire (Æccouchem., & 1,p. 311); tandis que Meckel (Manuel d'anat., t. 1, p. 497) et Burdach (Physiolog., t. 3, p. 468) disent que dans l'embryon humain la bouche paraît durant la sixième semaine, et l’anus pendant la septième. À part son accroissement, l’æsophage ne subit aucun changement notable; il conserve sa direction en ligne

droite. L'estomac n'existe point dans les commencemens, on ne le reconnaît qu’à une légère bosselure du tube intestinal située en arriére et à gauche. Le bord convexe de cette bosselure, qui regarde à gauche, devient la grande courbure de l'estomac, et le bord droit tourné à droite et en avant, qui est d’abord droit, puis concave, devient la petite courbure. Sa direction est primitivement verticale; ce n’est que peu à peu qu'il se redresse et se rapproche de la direction horizontale. La valvule pylorique n’est pas visible avant la fin du troisième mois. Le duodénum se détache dans le principe de l'estomac, pour se porter directement en bas et en devant sans décrire aucune courbure. Ce n’est que quand le foie diminue de volume, et quand les intestins rentrent dans l’abdomen, qu’on voit l'estomac et le duodénum changer peu à peu de situation pour prendre celle qu'ils doivent conserver dans la suite.

2 L'intestin moyen où l'intestin gréle, qui passe au travers de l'ombilic et se réunit en paquet au devant de l’ouverture ombilicale dans la gaine de ce nom, est, de toutes les parties du tube intestinal, celle qui se développe le plus. La portion supérieure, destinée à former le jéjunum et l’iléon, s’'allonge beaucoup et décrit de nombreuses circonvolutions; sa partie inférieure, qui doit former le colon, s’allonge aussi, mais beaucoup moins que l’autre. Avant de décrire ces changemens, disons d’abord que vers le milieu du troisième mois le canal intestinal rentre entierement dans la cavité du bas-ventre, où la partie inférieure de l'intestin grêle, qui doit former le colon, parvient la dernière. A cette époque, dit Meckel, et même encore quelque temps après, le canal, surtout la partie qui doit former le gros intestin, ne se compose pas de trois portions, deux latérales perpendiculaires et une moyenne transverse, mais elle n’est, ainsi que nous l’avons dit, formée d’abord que d’une seule portion perpendiculaire attachée par un long mésentère au milieu de la paroi postérieure du bas-ventre.

Voici, d’après Bischoff (Æncyclopéd. anat., t. 8, p. 305), comment les deux portions de l'intestin moyen se comportent l’une à l'égard de l’autre dans les changemens qu’elles éprouvent : lorsque la supérieure commence à former des circonvolutions, toutes deux exécutent l’une sur l’autre un mouvement de demi-torsion de droite à gauche, de façon que l’inférieure, qui doit former le gros intestin , vient se placer en haut et en avant, et la supérieure, qui doit former l'intestin grêle, en bas et en arrière. De cette manière, l'intestin grêle se glisse audessous du gros intestin qui passe devant lui, et se transforme peu à peu en colon descendant transverse et ascendant; le colon lombaire gauche se forme le premier, le transverse le second, et le colon lombaire droit, ou ascendant, se forme le dernier, et de haut en bas, ce qui fait qu'on le trouve pendant longtemps encore dans la région supérieure de la cavité abdominale au-dessous du foie. C'est seulement du quatrième au cinquième mois que la jonction du gros intestin et de l'intestin gréle correspond à la région lombaire droite, et qu'ils ont acquis la situation qu'ils doivent conserver plus tard. Suivant Meckel, pendant très longtemps, et même jusqu’à l’époque de la naissance, le colon descendant décrit dans la région iliaque gauche une courbure bien plus considérable que celle qu’il offre chez l'adulte, ce qui tient à l’étroitesse du bassin.

Le cœcum et son appendice vermiforme se forment dans le point où la portion supérieure de l'intestin moyen se joint à sa

portion inférieure, et plus tard, lorsque l'intestin gréle et le gros intestin sont formés, il fait suite à l'intestin grêle. Toutefois, ce n’est pas la partie la plus élevée de l’anse qui forme le cœcum, mais bien au contraire sa partie la plus déclive ; car une partie de cette anse est employée à la formation de l'intestin grêle. D'où il suit que le cœcum et son appendice ne sont point, comme le croyait Oken, un débris de la vésicule ombilicale ; car, ainsi que l'ont démontré depuis longtemps Emmert, Meckel, Baer, etc., ce canal aboutit au point le plus élevé de l’anse. Meckel n’a commencé à le voir que chez un embryon humain long de 7 lignes (16 millim.). Muller n’a pu en découvrir aucune trace chez un individu de même taille. Dans les premiers temps, l’appendice vermiforme et le cœcum ne sont point séparés l’un de l’autre; ils se présentent sous la forme d’une espèce d’entonnoir du deuxième au troisième mois. Meckel dit que la valvule iléo-cœcale n’est perceptible qu'à dater du troisième mois, et qu’elle est parfaitement développée chez le fœtus à terme.

3° Intestin anal. C’est l'intestin qui subit le moins de changemens ; il est destiné à former le rectum. Sa direction reste droite, sa longueur augmente très peu ; il se termine d’abord comme l'intestin oral par un cul-de-sac qui plus tard s’ouvre à l'anus dont la figure existe longtemps avant sous forme d’un point noir.

Jusque vers la fin du cinquième mois la face externe du gros intestin est égale et uniforme, comme celle de l'intestin grêle; la présence de l’appendice vermiforme peut seule établir la ligne de démarcation entre le gros intestin et l'intestin grêle. Ce n’est que vers cette époque que les bosselures commencent à se montrer. Morgagni a non-seulement observé les bosselures , mais encore les trois dépressions longitudinales qui persistent ensuite pendant toute la vie; c’est sur le colon transverse qu’on observe d’abord ces caractères qui se manifestent seulement plus tard sur les autres parties du gros intestin.

La surface interne de l'intestin subit de nombreux changemens , durant le cours du développement de cet organe; ainsi pendant les premiers. temps de la vie, elle présente assez d’uniformité et alors on n’aperçoit ni valvules, ni villosités.

1° Les villosités ne commencent à paraître que vers le troisième mois de la vie intra-utérine, d’après Meckel, elles se montrent d’abord à cette époque dans toute la longueur du tube intestinal sous la forme de plis longitudinaux dont la surface est tailladée, et dont le nombre va peu à peu en croissant de même que celui des incisures. On les trouve dans le gros intestin jusqu’au septième mois de la grossesse, époque à laquelle elles disparaissent. Elles ont beaucoup de ressemblance dans les premiers temps de la vie dans les deux intestins; mais à dater du troisième mois, elles sont déjà beaucoup moins marquées dans le gros intestin que dans l'intestin grêle, et leur nombre et leur volume diminuent de mois en mois dans le premier jusqu’à leur disparition complète.

2° Les valvules conniventes du jéjunum ou plutôt de l'intestin gréle ne présentent aucune trace d'existence jusqu’au septième mois, et même après la naissance, elles sont très peu saillantes et très faciles à effacer par la compression; ainsi pendant la vie intra-utérine la surface interne de l'intestin du fœtus présente beaucoup d’analogie avec celle des animaux chez lesquels on n’observe jamais de valvules conniventes.

Dimensions du canal intestinal. Ce canal, considéré dans son ensemble, a des dimensions d'autant moindres qu’on l’examine chez l'embryon à une époque plus rapprochée de sa formation. Aïnsi dans les premiers temps, il n’a pas plus de longueur que la colonne vertébrale au-devant de laquelle il est étendu. Dans quelques espèces inférieures , cette disposition est normale et persiste pendant toute la vie. Mais dans l'espèce humaine de même que dans un grand nombre d'espèces animales, cet état change beaucoup; bientôt acquiérant plus d’étendue, l’intestin se porte toujours en ligne droite dans la gaine ombilicale. Là, à mesure que sa longueur augmente, il devient flexueux, d'autant plus que sa longueur devient plus considérable.

Le gros intestin est plus long proportionnellement à l'intestin grêle lorsque l'embryon est plus jeune.

Quant au calibre, voici ce qu’on observe : la largeur de l’intestin grêle est d'autant plus grande proportionnellement à celle du gros intestin que l'embryon est plus jeune ; Meckel dit qu’à cet égard il existe entre eux un rapport inverse de celui qui a lieu chez l’adulte, car l'intestin grêle conserve longtemps une ampleur supérieure à celle du gros ; et même encore chez le fœtus à terme, il arrive souvent que ce dernier n’offre que des dimensions très peu au-dessus de celles de l'intestin grêle,

Les dimensions du cœcum et de l’appendice vermiforme sont fort petites dans le principe. L’appendice d’abord petite se développe peu à peu et acquiert un volume proportionnel supérieur à celui qu’elle doit offrir par la suite, elle atteint à peu près la moitié du calibre de l'intestin grêle et envahit une partie du cœcum, qui en formeseulement alors la base. Suivant M. Cruveilhier (4nat., t. 11, p.545), le développement qu'il acquiert après la naissance peut, jusqu'à un certain point, être considéré comme le résultat mécanique du poids des matières fécales qui dilate ces cellules antérieures. Ces cellules devenant plus étendues, Pappendice vermiforme qui répondait d’abord au centre de l’extrémité inférieure du cæcum, se trouve refoulé en arrière, en dedans et à gauche vers l’iléon.

Le développement des tuniques qui constituent les parois de l'intestin est encore peu connu; suivant Bischoff (Encyclop. anat., t. vin, p. 310) tous les tissus divers de l'intestin par. venu au dernier terme de son développement, sont le résultat de différences qui se prononcent peu à peu dans le rudiment primordial du tube intestinal provenant de la vésicule blosto-dermique, on peut aisément distinguer et même séparer deux couches dans l’intestin; l’externe est plus claire et plus transparente que l’interne.

1° Le péritoine qui forme une enveloppe extérieure à l'intestin devrait, suivant Valentin, son développement à des cellules qui se changent d’abord en noyau, puis en filamens ou en fibres qui par des progrès subséquens finissent par former la couche fibreuse de la membrane séreuse qui doit, comme les autres séreuses, son aspect lisse et poli à une couche d’épithélium ou d’épiderme propre.

2° Les fibres musculaires naissent de suite, suivant Valentin, comme fibres primordiales, dont il détermine le diamètre. 11 les fait provenir de la masse gélatineuse interposée entre les granulations ou cellules. Mais Bischoff n’admet pas ce mode de formation; il pense que les fibres musculaires se développent de cellules, et doivent leur origine à des fibres confondues en séries longitudinales,

3° La membrane muqueuse a spécialement été étudiée dans

son développement par Meckel et Valentin. Meckel a observé que dans l’estomac surtout, cette membrane était plus épaisse et plus facile à détacher des autres dans les premiers temps de la vie intra-utérine qu'aux époques subséquentes. On parvient même, dit-il, à l’isoler tout entière sous la forme d’un sac parfait. Cette épaisseur s’observe aussi dans la muqueuse de l’intestin, mais d’une manière moins prononcée que dans l’estomac. Valentin s’est assuré que cette muqueuse était composée de deux couches, l’une interne et l’antre externe, et que c’est à leur présence qu’on doit attribuer son épaisseur qui est plus marquée à cette époque que plus tard. La couche interne n’est autre chose qu’un épithélium qui se détache et est rejeté avec le temps ; à mesure qu'il est rejeté il se renouvelle; les couches primitives sont plus épaisses que celles qui lui succèdent: de là vient la diminution dans l'épaisseur de cette membrane. On pense que réuni à la bile, et à la sécretion des glandes intestinales , cet épithélinm, détaché par une espèce de mue, constitue le méconium.

Nous avons déjà dit, en parlant de la surface interne de l’intestin, ce que Meckel avait observé eu égard au développement des valvules et des villosités, il nous reste maintenant à dire quelques mots sur les glandules des voies digestives. Pappenheim avait déjà fait sur ce sujet quelques observations sur le développement des glandes stomacales, mais c’est surtout Henle qui a fait les recherches les plus précises sur la formation des glandes intestinales (nat. générale, t. 11, p. 468). Nous allons indiquer sommairement le résultat de ces recherches. Suivant lui : 1° les glandes de Peyer sont formées de l'élément glandulaire le plus simple, c’est-à-dire par des vésicules glandulaires ; 2° les glandes stomacales sont également des élémens glandulaires disposés à la suite les uns des autres en manière de tubes. 3° celles de Brunner dans le duodénum, celles de l’œsophage et celles de la cavité buccale sont des glandes en grappe qui résultent de l'association d’un conduit excréteur à un système, de vésicules glandulaires confondues ensemble (Henle, loc. cit.,

Développement des mésentères et des épiploons. Baer, Meckel et J. Muller ont tracé l’histoire du développement de ces organes. Leur origine est empreinte de la plus grande obscurité, comme presque tout ce qui touche à la formation primaire des parties constituantes de l'embryon ; Ce n’est qu'à dater du moment où l'intestin apparaît sous forme d’un tube droit parallèle à l'axe de l'embryon, qu’on peut apercevoir les rudimens des mésentères et des épiploons, et suivre leur développement.

1° Mésentères. On se rappelle qu'à une certaine époque, l’intestin paraît fixé à la colonne vertébrale dans le sens de sa longueur par deux lamelles qui, d’abord contigués, s’écartent ensuite pour l’admettre entre elles, et venir se réunir sur son bord libre : ce sont ces deux lamelles qui constitueront les mésentères. (a) Le mésentère proprement dit se développe avec l’intestin grêle. À mesure que la partie supérieure de l’anse, qui porte dans le principe le nom d’intestin moyen, s’allonge, se frise et forme des circonvolutions, à mesure aussi on voit le bord antérieur du repli qui lui donne attache s'allonger, se froncer et se replier sur lui-même. Ce développement est donc facile à comprendre. (b) Quant aux mésocolons qui forment les attaches des gros intestins, la plupart des auteurs qui se sont occupés de leur développement , Baer, Meckel, J. Muller, Bischoff, etc., affirment qu’il est plus difficile de concevoir leur développement.

Voici comment on l'explique : on sait que le gros intestin tire son origine de la partie inférieure de l’anse de l'intestin médian et de l'intestin anal; dans le principe, ces deux parties dirigées en ligne droite sont aussi fixées à la colonne vertébrale, sur la ligne médiane de l'embryon, par un repli membraneux qui fait suite à celui qui fixe dans la même direction la partie supérieure de l’anse de l’intestin médian, ou de l'intestin grêle. Or, lorsque la portion inférieure du gros intestin, par son développement successif s’allonge et s'élève pour décrire un arc de cercle qui commence dans la fosse iliaque gauche , monte dans la région lombaire gauche, et vient passer transversalement au devant du duodénum et de l'intestin grêle, et au-dessus du paquet que forment les circonvolutions, pour aller se terminer au-dessous du foie, il entraine avec lui le repli membraneux qui le fixait priinitivement à la colonne vertébrale, et qui s’est allongé en même temps que lui, l’entraine dans une courbe analogue à celle qu’il décrit lui-même, et se trouve fixé par lui dans les nouvelles positions qu’il a prises. Alors ce repli forme successivement les mésocolons iliaque, descendant et transverse. Quant au mésocolon ascendant, c’est celui qui se forme le dernier, attendu que le colon ascendant qu'il est destiné à soutenir est celui qui acquiert le dernier sa situation permanente; car le cœcum qui le termine, et qui se trouve intermédiaire entre lui et l’intestin gréle, se trouve pendant longtemps placé à droite très haut, et ne parvient dans la fosse iliaque gauche qu'après la naissance.

2 Epiploons. D'après Muller, on ne peut bien commencer à voir comment se forment les épiploons, qu’à dater du moment où l'estomac, dirigé à peu près verticalement, ne représente encore qu'une partie légèrement dilatée de l'intestin, qui est luimême disposé suivant une ligne droite. A cette époque, l'estomac s’insère à la colonne vertébrale, exactement comme le tube intestinal lui-même, par un repli composé de deux feuillets, dirigé verticalement, et que Muller appelle rrésogastre. C'est la portion qui doit former plus tard la grande courbure qui regarde en arrière, et au niveau de laquelle les deux feuillets du mésogastre s’accollent. Par les progrès successifs du développement de l’estomac, sa grande courbure se tourne à gauche; alors il entraine avec lui le mésogastre vers le côté gauche. A la suite de ce déplacement , il se forme derrière l’estomac une espèce de bourse ou de cul-de-sac semi-lunaire, qui plus tard sera l’arrière-cavité des épiploons ; ce cul-de-sac est borné en avant par l'estomac, et en arrière par le mésogastre, dont l’orifice est à droite, au bas de la partie inférieure de la petite courbure de l'estomac, et au-dessous du foie. Cet orifice, qui est d’abord fort grand , diminue par la suite, et constitue ce qu’on appelle l’hiatus de Winslow, dont l'existence se trouve facilement expliquée lorsqu'on remonte à sa formation première, tandis qu'on ne peut le comprendre lorsqu'on l’examine chez l’adulte. En haut et en avant de l’estomac, le feuillet droit du mésogastre est adhérent à la grande scissure du foie; par conséquent l'estomac, dans le mouvement de rotation par lequel sa grande courbure se transporte à gauche, entraîne avec lui la partie de ce feuillet qui est placée au-dessous des canaux biliaires, le force à s’accoler contre la partie de ce feuillet qui est au-dessus de ces canaux, et à former Zépiploon gastro-hépatique ou petit épiploon. De la sorte, les canaux biliaires sont compris et tendus entre deux lames du péritoine, et ont immédiatement en arrière d’eux le trou de Winslow.

Plus tard, la position de l’estomac éprouve de nouveaux

changemens; sa situation, d’abord verticale, se rapproche peu à peu de la direction horizontale, et sa grande courbure regarde en bas et un peu à gauche. Dès lors le mésogastre, qui a des rapports intimes avec celte grande courbure, doit aussi changer de direction. C’est en effet ce qui a lieu : au lieu de rester vertical, il subit un mouvement de rotation analogue à celui de l'estomac, etse trouve placé comme lui presque horizontalement. En même temps, la bourse formée par le mésogastre se prolonge un peu vers le bas, et il se produit, au niveau et le long de la grande courbure, une saillie un peu froncée qui forme le commencement du grand épiploon.

Pendant que tous ces changemens sont survenus dans l’estomac et le mésogastre, le gros intestin se développe, comme nous l'avons dit précédemment, et le colon transverse, ainsi que le mésocolon, se rapprochent de plus en plus de l’estomac et du mésogastre, qui s’allonge lui-même de plus en plus. Alors le feuillet inférieur du mésogastre et le feuillet supérieur du mésocolon passent d’abord l’un sur l’autre sans se réunir, et le grand épiploon passe également sur le mésocolon. Mais Meckel a découvert que cet état n’était que temporaire, et que bientôt ces deux feuillets s’unissaient ensemble par leurs faces correspondantes; d’où il résulte que le feuillet inférieur du mésogastre devient continu avec le feuillet supérieur du mésocolon, et concourt à former avec lui la grande cavité qui porte le nom d’arrière-cavité des épiploons, et qui a pour orifice l’hiatus de Winslow. Cette réunion étant opérée, le feuillet supérieur, qui part également de la grande courbure de l’estomac, descend audevant de lui et se remet avec le feuillet inférieur du mésocolon ; dès lors le grand épiploon est formé.

3° L'épiploon gastro-splénique, qui résulte du passage du péritoine du grand cul-de-sac de l'estomac à la rate, se forine également pendant l’évolution de l'estomac aux dépens du feuillet gauche du mésogastre. L'enfoncement qui existait entre la rate et l’estomac pendant que cet organe avait sa grande courbure tournée en arrière, disparaît lorsque celle-ci se tourne à gauche et que la face latérale gauche de l'estomac devient antérieure; car elle entraine avec elle le feuillet du mésogastre qui la tapisse, ainsi que celui qui tapisse sa face droite devenue postérieure. Or, ce sont précisément ces deux feuillets, et surtout l’antérieur, qui, tendus entre l’estomac et la rate, constituent l’'épiploon gastro-splénique.

Des matières contenues dans l'estomac et les intestins du fœtus. Pendant la vie intra-utérine , l'estomac et les intestins du fœtus contiennent des matières plus ou moins consistantes. Ainsi, dans le courant du deuxième et du troisième mois , On trouve déjà dans l’estomac un fluide blanchâtre auquel on donne le nom de méconium; du troisième au quatrième mois le méconium est encore contenu dans l'estomac, et il est d’un blanc grisâtre; dans le cinquième mois, le méconium remplit tout l’intestin grêle, qui est alors fort dilaté, tandis que les gros intestins sont petits, resserrés, et n’offrent dans leur intérieur qu’un mucus peu abondant, glaireux ; l’estomac contient un fluide analogue à celui du gros intestin, lequel n’est autre chose qu’une sécrétion de la muqueuse.

Depuis la fin du cinquième mois jusqu’à la naissance, le méconium, descendant peu à peu, passe des petits intestins dans les gros, ce qui les oblige à se dilater et à prendre un développement un peu plus considérable que celui de l'intestin gréle.

sd

Lorsque le méconium est encore contenu dans l'intestin gréle, il a une couleur verdâtre et une consistance glaireuse ; dans les

gros intestins, il prend une couleur plus foncée et devient presque noir.

État du tube digestif à la naissance. Au moment de la naissance, le canal intestinal présente, à peu de chose près, les mêmes caractères que ceux qu'il offrira dans la suite, L’estomac, quoique s'étant déjà beaucoup avancé vers la direction horizontale, se trouve cependant placé beaucoup plus obliquement qu'il ne le sera plus tard, et son extrémité splénique est proportionnellement moins grosse que chez l’adulte, Le duodénum est déjà placé, et dirigé comme il l’est dans un âge plus avancé. L’intestin gréle forme aussi de nombreuses circonvolutions, et présente une longueur proportionnelle plus grande que chez l'adulte; elle est à peu près égale à douze fois la distance qui sépare la bouche de l'anus, tandis que plus tard il n'aura plus que huit fois cette longueur. On trouve que le gros intestin est un peu plus grand, par rapport au tronc, qu'il ne le sera plus tard. L'estomac est assez ordinairement distendu par des gaz. La membrane muqueuse, qui est assez épaisse, présente toujours une couleur d’un jaune tendre; cette couleur est la même dans le duodénum. Les valvules conniventes y sont déjà assez marquées, ainsi que dans le jéjunum. La valvule iléo-cœcale est très étroite, c’est à peine si l’on peut y introduire un tuyau de plume ordinaire ; cependant elle a la méme disposition que chez l'adulte. Enfin, la muqueuse du gros intestin est déjà remarquable par ses follicules isolés et son aspect aréolaire. Extérieurement, le gros intestin présente déjà des bosselures assez prononcées , qui dépendent de ce que les fibres de la tunique musculeuse se sont déjà réunies en trois bandelettes. Le cœcum est plus court qu’il ne le sera par la suite, mais son appendice vermiforme est au contraire plus développé.

A cette époque de la vie, le canal digestif contient des matières qui différent suivant le lieu où on les examine; ainsi, 1° l’œsophage renferme le plus souvent des mucosités plus où moins épaisses, et quelquefois un liquide qui a beaucoup de ressemblance avec l’eau de l’amnios. 2° L'estomac contient des gaz, des mucosités d’une épaisseur variable, et un liquide inodore, incolore, rougissant légèrement les couleurs bleues végétales, au milieu duquel on voit quelquefois flotter de petits flocons très blancs, de consistance pulpeuse, s'écrasant sur l’ongle, ne fondant pas et ne tachant pas le papier comme la graisse. Nous avons déjà dit que les flocons étaient des débris d’épithélium détachés. Le duodénum et le jéjunum contiennent le plus souvent des matières épaisses blanchâtres adhérentes aux parois de l'intestin ; souvent ces matières sont colorées en jaune, par suite de leur mélange avec un peu de bile; on trouve quelquefois au milieu d’elles des pelotons ou petites masses d’une couleur verte, qui présentent beaucoup d'analogie avec le méconium. Mais une circonstance qui à fait que les anatomo-pathologistes n’ont pas adopté cette opinion, c’est que longtemps après l'expulsion du méconium , et chez des enfans de huit à dix jours, on trouve encore de ces flocons verdâtres disséminés à la surface de l’intestin grêle. Cependant si l’on adopte cette opinion, savoir, que le méconium est un composé de bile, de mucosités intestinales, et de débris de l’épiderme de la muqueuse, rien ne s’opposera à ce qu'on admette que ces pelotons, ou flocons, soient du méconium; car si l’épiderme a pu se détacher avant la naissance, il n’y a pas de raison pour qu'il ne s’en détache pas encore quel-

ques parcelles pendant quelques jours après la naissance. On trouve souvent dans la région iléo-cœcale des matières liquides, jaunes et écumeuses. Du méconium d’un vert foncé, et d’une consistance poisseuse, remplit toujours le gros intestin. Suivant Billard, cette matière est le produit d’une véritable digestion fœtale, et mérite seule lenom de méconium. Cetauteur accorde beaucoup d'importance à l'existence d’une couche de mucosités adhérentes aux parois du tube digestif; elles sont teintes en vert par le méconium; leur adhérence n’est que temporaire; elles se détachent ordinairement quatre ou cinq jours après la naissance; aussi après cette époque ne trouve-t-on plus l’intestin teint en vert. L'existence de cette couche verte très prononcée pourra servir, en médecine légale, à faire reconnaître que le méconium est expulsé depuis peu , et si elle se montre sous forme de taches disséminées, il sera démontré qu'il est expulsé depuis plus longtemps. (Malad. des enfans , p. 373.) Mais cette couche ne mérite pas l'importance que Billard a eu l'intention de lui attribuer. Les médecins légistes, et M. Crfila entre autres, pensent que le cordon ombilical peut fournir un meilleur caractère.

État du canal intestinal dans les âges suivans.

Dans notre description générale, nous avons indiqué exactement la situation, les dimensions , les rapports et la structure du tube digestif, lorsqu'il est arrivé à son état complet de développement. Nous allons indiquer maintenant à quoi se rapportent les changemens qui surviennent depuis la naissance jusqu’à la mort. M. Cruveilhier attribue spécialement les changemens qui portent sur le calibre, à la situation, et la longueur à la distension plus où moins grande que les gaz et les matières fécales lui font éprouver, et aux déplacemens qui surviennent par suite d’adhérence, d'augmentation de volume, ou de déplacement des autres organes. Il a pu constater que chez les femmes qui ont eu des enfans les intestins présentent plus de variétés dans leur situation que chez les hommes. (4nat., t. », p- 547.)

Du canal intestinal dans l’état anormal.

Après avoir décrit comment s’opère le développement normal des organes digestifs, nous terminerons cet article en disant quelques mots de son développement anormal ou de ses anomalies, qui sont en grand nombre. Meckel les divise en anomalies par vices de conformation, et en anomalies par altération de texture : c’est aussi cette marche que nous suivrons.

Anomalies par vices de conformation.

On peut diviser ces vices en primitifs ou congéniaux, et en consécutifs ou accidentels; vices de conformation primitifs ou congéniaux , généraux ou particuliers.

A. Vices de conformation généraux. Xs ont lieu par absence, par rétrécissement et par brièveté.

1° Par absence. Ces vices portent sur presque toutes les parties qui constituent le tube digestif. Ainsi (a) l'estomac manque quelquefois en totalité, c’est surtout dans l'acéphalie qu’on observe cette absence ; alors l'intestin est plus haut, en cul-de-sac, et ne présente pas de renflement à la place ordinaire de l’estomac; dans ce cas, non-seulement l’estomac, mais encore la

valvule pylorique et une portion du duodénum manquent.

(b}) L'intestin grêle manque aussi souvent en partie ou en totalité dans l’acéphalie.

(ce) L'appendice vermiforme manque rarement.

(d) La valvule ileo-cæcale est quelquefois remplacée par des fibres musculaires renforcées.

(e) Le gros intestin manque rarement en totalité. Dans les cas où il en est ainsi il se présente sous la forme d’un petit appendice terminé en cul-de-sac et situé à l’extrémité inférieure de l'intestin grêle. — On observe plus souvent le cas où il ne manque qu’une petite partie de l’origine du gros intestin avec interruption de la communication qui existe ordinairement entre l’intestin grêle et le canal qui lui fait suite. — Mais le cas le plus fréquent est celui dans lequel, par suite d’un arrêt de développement, il y a absence de la totalité du rectum, ou seulement de son extrémité inférieure; dans ce dernier cas, cet intestin se termine en cul-de-sac dans le bassin à une distance plus ou moins considérable de l’orifice anal. D’autres fois encore l'extrémité inférieure du rectum existe, et la partie supérieure manque, alors la portion existante du rectum se termine en culde-sac dans la cavité pelvienne, et il y a une interruption plus ou moins considérable entre elle et l’etxrémité inférieure du colon qui se termine aussi en cul-de-sac.— Lorsque c’est la partie inférieure du rectum qui est absente, la terminaison de son extrémité inférieure, au lieu de former un cul-de-sac, s'ouvre quelquefois dans le vagiu, dans la vessie, ou bien dans l’urèthre.

2 Par rétrécissement. Le rétrécissement des organes digestifs est plus ou moins marqué, il peut être porté jusqu’à l'oblitération complète. Ce vice peut se rencontrer dans toutes les parties du conduit, mais il est plus fréquent dans certaines parties que dans d’autres; voici par ordre de fréquences les parties sur lesquelles on l’observe le plus souvent, l’anus, le rectum et le gros intestin; il est beaucoup plus rare sur l'intestin gréle. Il existe assez fréquemment sur l'estomac, l'espèce qu’on rencontre le plus souvent sur cet organe est celle dans laquelle il est divisé en deux compartimens, par un rétrécissement placé vers le milieu de sa longueur, nous en avons déjà parlé en le comparant avec celui des animaux. Il est plus rare de trouver l'estomac rétréci sur deux points différens de son étendue et sa cavité divisée en trois loges.

3° Par brièveté. La brieveté du tube digestif est générale ou partielle, nous avons rapporté des cas de brièveté générale en traitant de la digestion, et surtout de la faim; on observe aussi une brièveté qui ne porte que sur les gros ou sur les petits intestins, l'appendice vermiforme du cœcum est assez sujet à ce vice de conformation.

B. Vices de conformation particuliers. On les rencontre sur presque toutes les parties du tube intestinal.

(a) Sur l'estomac. 1° Le grand cul-de-sac peut manquer complétement, Meckel a observé un enfant de deux mois qui n’en présentait aucune trace; — »° la direction de ce viscère peut

rester perpendiculaire ou très oblique comme nous l’avons déjà

dit.

(b) Sur les intestins. On observe quelquefois la persistance des connexions de l'intestin grèle avec la vésicule ombilicale: 1°

dans un cas observé par Tiedemann, celle-ci avait persisté et communiquait avec l'iléon, par un canal ouvert qu’accompagnaient les vaisseaux omphalo-mésentériques; 2° dansun autre cas, observé par Meckel, la vésicule n'existait plus, mais il y avait un canal qui s’étendait du même point de l’iléon que dans le cas précédent jusqu’à l’ombilic où il s’ouvre, et que les vaisseaux omphalo-mésentériques accompagnent aussi; 3° d’autres fois enfin au lieu d’être un canal qui va de l’iléon à l’ombilic, c'est seulement une saillie plus ou moins forte, un appendice en cul-de-sac, ou bien un prolongement que Meckel appelle diverticule iléal, accompagné souvent parles vaisseaux omphalomésentériques qui flottent librement à son extrémité, où qui vont l’attacher soit à l’ombilic, soit à une autre région du canal intestinal, de manière à former une anse (Meckel, manuel d’anatomie, t. 3, p. 431). Suivant cet auteur ces trois productions anormales ne sont que des degrés différens d’un même vice de conformation. La preuve qu'il en est ainsi, dit-il, c’est l'identité du lieu dans lequel on les observe, leur connexion avec les vaisseaux omphalo-mésentériques et enfin les nuances insensibles que chacune d'elles offre également sous le rapport de la longueur et de l'ampleur; ce qui prouve qu’elles dépendent d’une formation primitive, c’est qu’on les a toujours observées au même endroit, qu’elles sont formées par toutes les membranes du canal intestinal, et qu’elles existent simultanément avec d’autres vices primitifs de conformation qui consistent en des arrêts de développement ou qui du moins favorisent leur déve-

loppement (L. cit., p. 433).

C. lices de conformation consécutifs ou accidentels. Les vices de conformation consécutifs ou accidentels se rapportent à l’étendue, à la masse, à la situation et à la forme.

1° À l'étendue. Par excès ou par défaut (a), l’excès détendue ou la dilatation est un vice qui est rarement général, c’est-àdire qu’on trouve rarement le canal intestinal tout entier atteint de dilatation, mais quelques-unes des parties qui le constituent en sont fréquemment atteintes, presque toujours la dilatation d’un point de ce canal dépend du rétrécissement ou de l’oblitération de la partie qui est immédiatement audessous, ou bien de l’atonie de la partie elle-même. Chaussier a consigné dans le Bulletin de la Société médicale d’émulation un cas de dilatation excessive de l’estomac, sept. 1823, p. 5o2. — (b) Le défaut d’étendue ou les rétrécissemens du canal succèdent, soit à des altérations de texture qui surviennent à la suite de l’inflammation chronique ou du squirrhe, soit à une diminution graduelle apportée dans les alimens, soit à des solutions de continuité du canal intestinal qui donnent passage à une partie ou bien à la totalité des matières. En effet, dans tous ces cas il y a une portion plus ou moins étendue du canal qui ne donne passage qu’à une quantité d’alimens fort petite ou nulle, et c'est cette portion qui devient le siége du rétrécissement.

2 A la masse. 11 est rare de voir une hypertrophie ou une atrophie de certaines portions du canal digestif survenir sans qu'il y ait en même temps altération de texture.

5° À la situation. La mobilité des organes digestifs de l'abdomen suffit seule dans beaucoup de cas pour les faire changer de situation, mais les changemens surviennent plus fréquemment

à la suite d’efforts comme les hernies, ou succèdent au développement anormal d'organes voisins tels que la matrice, des ovaires, du foie, des reins, etc,

4° A la forme. Tes changemens de forme surviennent à la suite d’altérations pathologiques ou bien au prolapsus, au renversement et à l’invagination des organes, comme cela arrive assez fréquemment pour le rectum, l'intestin grêle.

Nous bornerons là ce que nous avions à dire des anomalies, nous ne dirons rien de celles qui résultent d’une altération dans la texture des tissus pour ne pas empiéter sur le domaine de l'anatomie pathologique, et dépasser les bornes que nous nous sommes proposé d'atteindre dans cet ouvrage.

Le pancréas est un organe glandulaire annexé au duodénum dans lequel il vient déverser un fluide digestif nommé suc-pancréatique. Étendu transversalement dans la cavité du ventre derrière l’estomac, le pancréas a été, pour sa structure et ses usages, comparé à une glande salivaire, ce qui lui a valu, de la part des anatomistes, la dénomination de glande salivaire abdominale. Nous verrons qu'aujourd'hui il faut renoncer complétement à cette comparaison qui est fautive sous tous les rapports.

1° Forme.

Chez l’homme le pancréas présente une forme allongée transversalement, se terminant à gauche, près de la rate, par une extrémité amincie, et à droite, au contraire, dans le concavité du duodénum, par une extrémité plus épaisse et arrondie. Les anciens anatomistes ont comparé cette forme à celle d’une langue de chien, à celle d’un marteau, etc., d’un animal qu'ils ont divisé en téte, queue et corps.

L’extrémité gauche du pancréas, nommée queue (cauda Pancreatis), est tantôt mince, aplatie, fusiforme, comme tranchante , tantôt elle est prismatique, triangulaire, renflée en massue.

L’extrémité droite du pancréas, nommée tête (caput pancreatis), est volumineuse, renflée et recourbée en bas; sa grandeur est en général en rapport avec l’étendue du duodénum dans l’anse duquel elle reste fixée. On voit ordinairement une scissure plus ou moins marquée qui sépare la tête du pancréas d’avec son corps; ce qui a motivé, sans doute, l’appellation de petit pancréas (pancreas parvum de Winslow) pour la tête du pancréas qu’on considérait comme distincte du reste de l'organe ou du grand pancréas. Le petit pancréas ou tête du pancréas est verticale et adhére à la deuxième portion du duodénum sur laquelle elle s'applique.

Le corps du pancréas (corpus pancreatis) repose sur la colonne vertébrale et offre la forme parallélogrammique ou triangulaire. Les bords supérieur et inférieur sont sensiblement parallèles ; la face antérieure est légèrement convexe et la face postérieure légèrement concave, se moule sur la colonne vertébrale.

2° Position, fixité et rapports.

Le pancréas est placé derrière la partie inférieure de l’estomac

et s'étend d’un hypochondre à l’autre, depuis le duodénum jusqu'à la rate; sa direction n’est pas exactement transversale; la portion de l’organe, située à gauche de la colonne vertébrale, remonte ordinairement un peu en haut et en arriere.

A cause de la fixité du duodénum, le pancréas est assez peu mobile, surtout dans sa partie duodénale ou tête, tandis que sa partie splénique ou queue, étant liée à la rate par les vaisseaux, suit les déplacemens de ce viscère dans les divers états de plénitude ou de vacuité de l’estomac. Le pancréas est encore maintenu en place, en arrière par un tissu cellulairefläche, en avant par le mésocolon.

Outre la disposition générale du pancréas que nous venons d'indiquer, il est en rapport constant avec différens organes

savoir :

1° Vaisseaux sanguins. V’aorte et les vaisseaux mésentériques sont situés en arrière du pancréas. La veine porte et l'artère mésentérique sont toujours placées dans le sillon de séparation entre le corps et la tête du pancréas. Les vaisseaux spléniques s'étendent dans la partie horizontale du pancréas, tandis que la tête de l'organe ou sa partie verticale n’affecte aucun rapport avec ces vaisseaux.

2° Duodénum. Chez l'adulte le tissu de la tête du pancréas embrasse l’intestin duodénum et le recouvre à peu près à moitié. Chez le fœtus le pancréas n’est presque en rapport qu'avec la deuxième portion du duodénum.

3° Scissure de la rate. Ce rapport appartient à la queue du pancréas et il doit nécessairement être variable, à cause de la mobilité de la rate. D'après M. Verneuil, chez l'enfant, la queue du pancréas est en rapport intime avec la scissure de la rate, tandis que chez l’adulte elle peut en être distante de 4 centimètres. d

4° Canal cholédoque. Te pancréas loge, dans une longueur de 3 à 4 centimètres, le canal cholédoque qui, avant son abouchement dans l'intestin, s’y creuse une sorte de gouttière ou de canal protecteur.

3° Volume, poids.

Les dimensions et le poids du pancréas sont assez sujets à varier. Voici néanmoins les approximations données par les auteurs : le diamètre transversal du pancréas, qui estle plus grand, est de 16 à 20 centimètres; le diamètre vertical du corps, du bord supérieur au bord inférieur, de 3 centimètres; le diamètre vertical de la tête de 6 centimètres; l'épaisseur de l'organe, d'avant en arrière, est de 2 centimètres pour la tête et 13 millimètres pour le corps.

Le poids du pancréas a été évalué entre 125 et 180 grammes (Meckel), entre 70 et 100 grammes (Krause), à 46 grammes (Sœmmering) ; il serait moins volumineux chez la femme que chez l’homme (Clendinning).

Sœmmering évalue le poids spécifique à 1,029.

4° Couleur, consistance.

C'est d’après la couleur, qui est habituellement d’un rose tendre, couleur de chair, que les anciens avaient dénommé le

pancréas (de M>, tout, xéas, chair). Toutefois, cette couleur, pendant la vie, peut varier d'intensité, ainsi que l’a montré M. CI. Bernard. Pendant l’abstinence, le tissu du pancréas est d’un blanc de lait et contient très peu de sang, tandis que pendant la digestion le tissu du même organe est rempli de sang et d’une couleur rouge-vif.

La consistance du pancréas est très faible et elle est différente, sous ce rapport, de celle des glandes salivaires. Cette mollesse et cette délicatesse du tissu pancréatique s’observent pendant la vie comme après la mort. 11 faut encore ajouter que le pancréas s’altère très rapidement et est, sans aucun doute, l'organe le plus putrescible du corps.

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