APPAREIL OLFACTIF
L'organe de l’odorat est le nez, cavité qui sert en partie à l'olfaction, en partie à la respiration, en partie à l’excrétion des larmes.
Le nez se compose d’une partie essentielle et d’une partie accessoire.
L'une présidant à la perception des odeurs, l’autre étant surtout un organe de protection.
Le nez est une éminence triangulaire, à base inférieure, occupant le milieu de la face, entre le front et la lèvre supérieure, d’une part ; les deux yeux et les deux joues, d’autre part, et qui couvre la cavité nasale en avant. Son extrémité supérieure repose sur la portion nasale de l'os frontal; étroite et enfoncée, elle a été nommée racine du nez. Il en descend le long de la ligne médiane un bord convexe, nommé dos du nez. Le dos du nez s'étend latéralement vers les orbites et les joues, par une face latérale oblique.
Au-dessous de la pointe se trouvent les zarines, deux ouvertures, longues d'environ six lignes d’avant en arrière, sur trois de large, tournées vers le bas, séparées par une cloison, épaisse d’une ligne et demie, ayant à leur côté externe des parois plus mobiles, qu'on désigne sous le nom d’ailes du nez, et conduisant chacune dans une cavité nasale, qui est complétement séparée de celle du côté opposé, par une cloison cartilagineuse et osseuse.
Le nez grec n’a presque pas d’enfoncement à sa racine, et descend tout droit du front.
Le nezromain a la racine déprimée et le dos très saillant, mais se continue vers le bas, en droite ligne avec la pointe, laquelle n’est pas recourbée.
Le nez aquilin différe du précédent, en ce que la courbure comprend aussi la pointe.
La description du nez embrasse : 1° les tégumens; 2° les os; 3° les cartilages; 4° les muscles; 5° les nerfs et vaisseaux avec la muqueuse qui les contient.
Le squelette du nez est osseux et solide en haut, cartilagineux en bas.
La partie osseuse, formée par les apophyses montantes, les os propres, a été décrite dans l’ostéologie. Ces os, en s'articulant avec l’épine nasale du frontal et avec ses apophyses orbitaires internes, forment l’ensemble de la charpente osseuse.
Cinq principaux cartilages servent à couvrir la partie inférieure du nez et à séparer les deux narines.
Les cartilages pairs sont au nombre de quatre: ce sont les deux cartilages latéraux proprement dits, et les deux cartilages des ailes du nez; le cartilage impair est médian, il forme la cloison.
Des noyaux cartilagineux, variables en nombre, se trouvent entre ces cartilages.
Le cartilage médian se loge, d’après Huschke, entre deux lamelles cartilagineuses.
Cartilages latéraux. Us continuent les os propres du nez; de forme triangulaire, ils s'unissent à ceux-ci en glissant un peu sous la face interne, de manière que le bord inférieur de la
T. III
lamelle osseuse les recouvre un peu. Des os du nez, ils descendent sur les apophyses montantes, auxquelles ils adhérent très intimement par du tissu fibreux.
Le bord interne s’unit à celui du côté opposé et avec le cartilage de la cloison.
Le bord inférieur adhère au cartilage de l’aile du nez. Ce cartilage offre donc trois côtés, dont un seul, l’externe, est uni aux os. L'angle résultant de l'union du côté inférieur avec l’externe, est tronqué à son sommet. Il est complété par un cartilage supplémentaire.
Cartilages des ailes du nez. Ces cartilages forment les ailes et le bout du nez. Ils entourent chacun une narine, en devant et sur les côtés. On y distingue deux branches qui, au bout du nez, s'unissent ensemble, en décrivant un angle ou un arc court. La branche interne est plus étroite que l’externe; la branche externe ou pinnale est mince, se dirige un peu en haut et en arrière, au-dessus de l’aile du nez, dont son bord inférieur forme le sillon. Elle se termine par une extrémité arrondie, dans le tissu fibreux qui la réunit au cartilage précédent. Convexe en dehors et concave en dedans. Tandis que les os nasaux sont recouverts par le muscle pyramidal, le cartilage triangulaire par le triangulaire , le cartilage de l’aile sert d’insertion en dehors au myrtiforme recouvert par la portion interne de l’élévateur commun de la lèvre supérieure et de l'aile du nez. L'angle forme le bout du nez, dont la forme générale dépend principalement de ce cartilage. Ce bout est d’autant plus pointu que l’angle est plus aigu, et d’autant plus arrondi que cet angle correspond davantage à un arc. Quand les angles des deux cartilages des ailes sont plus écartés l’un de l’autre, le bout du nez se trouve creusé à l'extérieur d’un sillon plus ou moins profond. La branche interne est plus étroite que la précédente, mais la déborde inférieurement; revêtue en dehors par la pituitaire, elle est contiguë en dedans à la cloison. Large en avant, elle s’unit en arrière, dans sa partie étroite, à l’épine nasale inférieure et extérieure.
La contiguité de son bord inférieur à celui du côté opposé
constitue la sous-cloison.
Cartilage de la cloison. Lame quadrilatère, à côtés très inégaux, continuant le vomer et la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. Il est situé, par conséquent, dans un plan antéro-postérieur correspondant à l'union des deux cartilages de l’aile. Il est transversalement aplati, plus ou moins dévié de la verticale. Les deux faces recouvertes par la pituitaire constituent la paroi interne des deux fosses nasales. Le bord postérieur et supérieur, incliné en arrière et en bas, épais, rugueux, s'articule par continuité de tissu avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. Son bord inférieur répond en avant, aux branches internes des cartilages des narines, auxquelles il adhère par un tissu cellulaire lâche; en arrière, il repose sur le tissu cellulaire qui unit les deux cartilages vomériens, et sur le bord antérieur du vomer, entre les deux lames duquel il envoie un prolongement qui se fixe au rostrum du sphénoïde.
Son bord antérieur est continu en haut, avec les cartilages latéraux, et contigu en bas, aux branches internes des cartilages de l’aile. Son angle inférieur est assez obtus pour constituer un quatrième côté.
Cartilages vormiens. Ces deux petits cartilages existent, sui-
vant Huschke, à un degré de développement très variable. Ils forment la partie la plus inférieure de la cloison cartilagineuse du nez. Chacun de ces cartilages a plus d’un demi-pouce de long. Ils sont dirigés depuis l’épine nasale antérieure et inférieure jusqu’à l’extrémité antérieure du vomer; dans le sillon que laissent entre eux ces cartilages, se placent les bords supérieur du vomer et inférieur du cartilage médian.
Les cartilages carrés sont trois petits disques qui se placent à la suite l’un de l’autre, derrière l’extrémité postérieure de la branche externe de l’aile. Ils jouent le rôle d’os vormiens. — Dans la membrane fibreuse qui unit les cartilages latéraux et ceux des parines, existent de petits noyaux cartilagineux en nombre indéterminé; ils ont reçu le nom de sésamoïdes.
Le cartilage latéral et celui de la narine sont unis par une membrane fibreuse. Les segmens cartilagineux irréguliers, renfermés dans son épaisseur, lui donnent de la résistance.
La peau du nez fait suite à celle du front, des paupières, etc. Elle s'enfonce au niveau des narines pour se continuer avec
la membrane pituitaire. La peau s’épaissit en descendant de la racine vers la base du nez. Une couche de tissu cellulaire très mince s’unit aux couches sous-jacentes. Dans son épaisseur on rencontre un grand nombre de follicules sébacées, très visibles sur le lobe du nez, et dans le sillon qui le sépare de la joue.
Dans ces follicules, se trouve une humeur huileuse qui apparaît à leur orifice avec l’aspect d’un point noir, par son mélange avec la poussière.
Des poils assez nombreux se trouvent sur la peau à son entrée dans les fosses nasales. La membrane pituitaire, au point de réunion avec la peau est moins rouge que dans la profondeur.
Les vaisseaux sont fournis par les artères faciale, sous-orbitaire et le rameau nasal de l’artèreophthalmique. Les veines vont dans l’angulaire et la faciale.
Les nerfs viennent du facial pour le mouvement du filet naso-lobaire et du nasal interne pour la sensibilité.
Fosses nasales ostéo-fibreuses et cartilagineuses.
Les fosses nasales sont deux cavités creusées dans les os de la face et du crâne, et se prolongeant de plus, très avant, par les sinus.
Nous mentionnerons seulement les parties constituantes, en renvoyant à l’ostéologie pour la description des détails.
C’est un double parallélipipède ayant un côté commun, la cloison.
La paroi supérieure est constituée par la lame criblée de l’ethmoïde qui donne passage au nerf olfactif, et par une fente antérieure, au filet ethmoïdal du nasal interne ;
La paroi inférieure, qui s'étend de l’épine nasale inférieure et antérieure à la postérieure, constituée dans sa majorité par le maxillaire supérieur ; elle est formée, dans son quart postérieur, par le palatin.
La paroi antérieure est inclinée en avant et en bas, étendue de l'épine du coronal à l’ouverture antérieure du nez; sa composition est mi-osseuse et mi-cartilagineuse. Le nerf nasal interne longe cette paroi.
La paroi postérieure est bornée par la lame criblée et l’ouverture postérieure des fosses nasales.
ORGANE DES SENS
La paroi éaterne est la cloison formée par plusieurs parties déjà énumérées , la lame perpendiculaire déjetée de côté, le plus souvent, avec le vomer et le cartilage. Le bord postérieur du vomer et l’échancrure en avant, en limitent la partie osseuse.
La paroi externe est la plus compliquée. On y distingue le cornet supérieur qui n’est séparé que par un petit intervalle de la lame perpendiculaire; le cornet moyen qui, ainsi que le précédent, appartient à l’ethmoide, il est contigu à l’apophyse montante ; enfin, le cornet inférieur s’articule avec la crête du
maxillaire supérieur et du palatin.
Le cornet supérieur limite le méat supérieur. Il répond au trou sphéno-palatin.
Le méat moyen est limité par le cornet correspondant. Il offre trois ouvertures pour le sinus frontal et l’ethmoïdal antérieur son supplémentaire, et le sinus maxillaire.
Le méat supérieur en offre trois aussi pour les ethmoïdales postérieures.
Le méat inférieur offre antérieurement l’orifice inférieur du
canal nasal.
L'ouverture antérieure des fosses nasales a la forme d’un cœur de carte à jouer sur le squelette; limitée en bas et sur les côtés par le maxillaire supérieur, en haut par les os nasaux, échancrés pour le passage des nerfs naso-lobaires.
L'ouverture postérieure est double sur le squelette, parce que le vomer sépare complétement l’orifice en arrière, tandis que falciforme, il est complété par un cartilage, à son union avec la lame perpendiculaire en avant. Elle répond à la partie supérieure du pharynx. En haut se voit l’orifice postérieur du conduit ptérygo-palatin.
Les fosses nasales enfin, communiquent avec les sinus. Les sinus ou cellules ethmoidales ont été divisées en antérieures qui communiquent avec les frontales, et par l’infundibulum avec le méat moyen. Les postérieures en sont tout à fait séparées, elles communiquent avec le sinus sphénoidal et s'ouvrent dans le méat supérieur. Nous avons vu le sinus maæillaire s'ouvrir, ainsi que les premiers, dans le méat moyen.
Après cette succincte énumération, on comprend que les fosses nasales sont presque doublées d’étendue par le vaste appareil accessoire de sinus, communiquant librement avec lui, et comme lui tapissés par une membrane muqueuse.
Muqueuse pituitaire. La membrane pituitaire ou de Schneider est, d’une manière générale, la membrane qui tapisse toutes les surfaces que nous venons d’énumérer, cornets, méats, sinus et cavités nasales. Elle se modifie, lorsque, de l'organe essentiel, elle se réfléchit dans les organes accessoires.
Se continuant en avant par l'intermédiaire des narines, avec la peau du nez et de la lèvre supérieure avec la conjonctive,au moyen du canal nasal, des points et conduits lacrymaux, avec la muqueuse de la voûte palatine par le canal palatin antérieur; en arrière, elle se continue également avec la muqueuse de la trompe d’Eustache, du voile du palais et du pharynx.
Elle fait disparaître, en les recouvrant, les saillies et dépressions qui existent sur le squelette, rétrécit certaines ouvertures,