SENS DE L’ODORAT
bouche le conduit sphéno-pälatin et la lame criblée, allonge les cornets et diminue l'étendue des méats.
Face libre de la pituitaire. Celle-ci est d’une coloration rose foncé, d’un aspect velouté, molle, criblée de trous vers la partie moyenne des faces internes et externes de la cavité. Ce sont les orifices de follicules mucipares.
Sur cette face sont plusieurs ouvertures :
1° L’orifice inférieur du canal nasal situé au-dessous de l’extrémité antérieure du cornet inférieur, et autour duquel la muqueuse forme une valvule.
2° Les ouvertures de l’infundibulum, de l’antre d’Highmor rétréci par l’ethmoïde, sont très rétrécies, surtout la dernière, par le repli de la muqueuse, au moment où il y pénètre,
Cette ouverture n’est plus alors qu’une petite fente dirigée d'avant en arrière, de 4 millimètres de long, située à la partie antérieure et supérieure du méat moyen, et cachée au fond d’une rainure profonde due à la jonction du maxillaire supérieur avec l'ethmoïde. Il existe quelquefois une ou deux ouvertures supplémentaires, tant pour les cellules ethmoïdales que pour le sinus maxillaire (L. Hirschfeld).
Jourdain fait observer que la position de l’orifice du sinus ne permet pas au mucus de tomber régulièrement dans les fosses nasales. Il faut pour cela que la tête soit inclinée de côté.
Dans le méat supérieur elle pénètre dans les orifices des cellules ethmoïdales et sphénoïdales.
En avant et en bas, se voit l’ouverture du canal palatin antérieur, le plus souvent fermée par la muqueuse, qui offre alors une légère dépression à son niveau.
Dans les sinus, la face libre de la pituitaire est plus pale et plus lisse que dans les fosses nasales. Elle y est également pourvue de cils vibratiles.
Mais on n’y trouve plus de traces des nerfs olfactifs, suivant Huschke.
Surface adhérente. Entièrement unie au périoste, elle a été considérée comme une membrane fibro-muqueuse. Huschke la distingue cependant des précédens tissus, par sa coloration et des follicules qui sont interposés.
Dans les sinus, ces deux couches sont entièrement confondues.
Vaisseaux et nerfs des fosses nasales. Nous nous contenterons d’énumérer les parties constituantes, et nous ren voyons aux tomes troisième et cinquième pour la description minutieuse.
Artères. 1° Les branches ethmoïdales antérieure et postérieure de l’artère ophthalmique qui vont en avant et dans les sinus frontaux : ce sont les nasales antérieures ; 2° les branches sphéno-palatines, qui vont en arrière et dans les sinus sphénoïdaux; elles naissent avec les alvéolaires postérieures et supérieures, les palatines, qui se rendent en partie dans le sinus maxillaire de l'artère maxillaire interne : voilà pour les fosses nasales. — Les vaisseaux externes se composent de ceux de la cloison, des ailes du nez et du dos, des branches maxillaires externes et ophthalmiques. Les veines se rendent dans des vaisseaux correspondans et de même nom que les artères.
M. Sappey est le seul anatomiste qui affirme l’absence des lympbatiques dans la pituitaire. Les anciens et les modernes, parmi lesquels, M. Cruveilhier, M. Jarjavay, les ont injectés.
Nerfs. Les nerfs viennent : 1° du facial, qui se rend aux muscles : 2° du sous-orbitaire, du nasal externe et interne, du sustrochléaire; le premier à sa partie inférieure, les seconds, en partie au bout du nez (naso-lobaire).
Les nerfs de la surface interne et qui sont, comme ces derniers, pour la sensibilité, sont de deux ordres: 1° l’olfactif pour la sensibilité spéciale, 2° le trijumeau pour la sensibilité générale.
Le nerf olfactif, après son passage, se divise en deux ordres de branches dont les internes sont plus nombreuses que les externes. Ces filets ne s’anastomosent pas avec la cinquième paire.
Le trijumeau, par la branche ophthalmique, fournit le filet ethmoïdal; les nerfs sphéno-palatin et palatin viennent du ganglion sphéno-palatin. Il y a encore des filets végétatifs.
On a attribué tour à tour, exclusivement, la propriété olfactive à la cinquième paire ou à la première. Aujourd’hui, on pense que l’olfactif est pour le sens spécial, et le trijumean pour la sensibilité générale et la nutrition. Mais le concours simultané de ces nerfs est nécessaire à la fonction.
Développement. Le nez, comme les organes des sens en général, subit peu de modifications après la naissance. Simples dans les premiers temps de la vie intra-utérine, les anfractuo+ sités se prononcent avec les cornets, à mesure que l'individu se développe. Les sinus, rudimentaires chez le fœtus, se développent de plus en plus jusque chez les vieillards.
Dans la série animale le développement des fosses nasales est subordonné à la perfection de l’odorat et au mode de respiration.
Chez les poissons, existent deux cavités terminées par un culde-sac, et tapissées par une pituitaire plus ou moins plissée; l’eau, en pénétrant dans ces cavités, y amène des molécules odorantes, soit en suspension, soit en dissolution.
Chez les oiseaux et les reptiles, il existe deux conduits ouverts à leurs deux extrémités. Le nez des mammifères se rapproche davantage de celui de l’homme, et présente des anfractuosités plus nombreuses et plus profondes.
Les cornets sont surtout remarquables par les formes bizarres qu'ils affectent; chez les herbivores, le cornet inférieur se dédouble à son bord libre, et se partage en deux lamelles contournées en sens opposé.
Chez les carnivores, le cornet inférieur ressemble à l'arbre de vie du cervelet ; les nerfs olfactifs de ces animaux sont trè développés (Ludovic).
Usages et fonctions. L'odorat est la sensation des odeurs perçues à l’aide de l’appareil compliqué dont nous venons d’examiner les organes.
Déjà nous avons montré que, parmi ces derniers, il en est d’un usage essentiel, d’autres d’un usage accessoire protecteur, mais dont le concours est néanmoins nécessaire à l’accomplissement de l’ensemble de la fonction.
Nous n’examinerons pas s’il faut ou non admettre la théorie de l'émission ou celle des ondulations. L’émanation matérielle estincontestable dans beaucoup de cas, si elle n’estindispensable dans tous.
Diverses influences peuvent modifier singulierement, soit la production des odeurs, soit leur transmission dans l’espace.
La chaleur favorise le plus souvent cette manifestation, en diffusant le corps dans l’espace. Il est des plantes, des géraniums,
par exemple, qui ne répandent leur odeur que dans l'obscurité de la nuit.
A. Duméril a signalé dans les objets de différentes couleurs, des aptitudes variables pour retenir les odeurs, qui rappellent beaucoup les mêmes propriétés pour la lumière.
Linné rapporte les odeurs à sept sections très incomplètes. Nous en dirons autant des groupes chimiques de Fourcroy.
Dans beaucoup de cas, on a attribué au nerf olfactif ce qui sans doute appartenait au trijumeau, ce qui est incontestable pour des malades atteints d’anosmie.
L'odorat est plus répandu chez beaucoup de quadrupèdes, et Buffon l’a judicieusement fait observer, c’est un œil qui voit ce qui n’est plus dans l'horizon visuel. Parmi les invertébrés, on trouve également le sens de l’odorat développé.
Le mécanisme de l’odorat exige simplement l’imprégnation du mucus nasal par les particules odorantes disséminées dans l'air qui traverse les fosses nasales, et que ces particules s’arrétent sur la portion de muqueuse qui reçoit les filets du nerf olfactif.
La destruction du nez amène généralement l’anosmie, d’après Béclard.
Lorsque l’olfaction est active, on flaire. En flairant on ferme la bouche, on resserre les narines en contractant les dilatateurs.
Quand au lieu de flairer, on repousse une odeur, on fait d’abord une forte expiration, et on resserre instinctivement la bouche, le voile du palais se relève et bouche les fosses nasales postérieures.
On a douté que l'air expiré pût produire des impressions olfactives.
Ge qu’il y a de bien certain, c’est que beaucoup d’odeurs sont perçues avec plus d’intensité par cette voie que par la voie sapide. Tel est le cas du tabac fumé par lenez. L'action irritante n’est pas le phénomène principal dans ce cas. L’odeur spécifique est plus agréablement ou plus fortement perçue. Le rôle des sinus n’est pas de percevoir des sensations, mais de retenir des masses d'air à la façon d’un diverticulum.