CORPS PAPILLAIRE DE LA PORTION BUCCALE DE LA LANGUE DE L'HOMME
Grossissement de 20 diamètres. — En surface 400 fois — à 3 dimensions, 8, 000 fois,
DisPosiTION GÉNÉRALE. Celle figure est faite d’après un fragment des membranes sous-dermiques (aponévrose sus-linguale et corps papillaire) de 1 centimètre de longueur sur 6 millimètres de largeur, détaché de la surface palatine de la langue, à son tiers antérieur et à distance moyenne entre le bord libre et le sillon médian longitudinal. L’objet de la figure est de montrer, dans son ensemble, le corps papillaire vu à-la-fois, en dessus par sa surface libre papillaire, que revêt la membrane propre dermique (derme, corps muqueux et épithélium) ; et en dessous par la face inférieure de la membrane papillaire, adhérente
à l’aponévrose sus-linguale.
De À en B. Portion de l’aponévrose suslinguale d’où émergent de la profondeur de la langue, par ses fentes aponévroliques de passage, les vaisseaux et les nerfs de la membrane tégumentaire et surtout du corps papillaire, sa portion spécialement vasculo-nerveuse. On n’a laissé qu’une très petite portion de cette membrane (3, 5 centimètres ou 1,75 millimètre grandeur réelle).
C, C. Petits rubans fibreux entrelacés obliquement à angle droit, et qui forment la texture de Paponévrose.
D, D. Portion de la membrane papillaire restée adhérente à la surface de l’'aponévrose sur les deux côtés du fragment des membranes dermiques.
De Ben E. Face inférieure de la membrane nerveuse ou papillaire qui 1orme le plan continu du corps papillaire et d’où s’élévent les papilles.
Ce fragment, de 10 centimètres de longueur sur la figure (5 millim. de grandeur réelle), a été détaché au-dessus de la surface de l’aponévrose, puis rabattu sur la surface libre papillaire.
La membrane papillaire, soulevée avec précaution au milieu du fragment, a été détachée lentement de manière à être conservée entière dans!la partie moyenne , tandis qu’une portion en ayant été arrachée sur les bords est restée adhérente à l’aponévrose D, D.
FF. Portion médiane de cette membrane qui se présente presque intacte et complète. On voit qu’elle est formée de petites bandelettes nerveuses, de volume inégal, très flexueuses, anastomosées et confondues, à courte distance, les unes avec les autres. À la considérer au point de vue de la formation organique, cette couche nerveuse, d’une part, n’est autre chose qu’un vaste plexus constitué par la fusion desnervules terminaux des différens nerfs de la langue ; mais d'autre part, ce plexus, sans solution de continuité et partout continu avec lui-même à tous les plans, forme, en réalité, une membrane nerveuse commune, dans l’épaisseur de laquelle se distribuent en réseau les ramifications vasculaires et d’où procèdent les racines des cylindres papillaires (voy. pl. 88).
De G en H. Portion de la surface d’où la membrane continue a été détachée par instrument tranchant, et qui montre plus ou moins à découvert le réseau vasculaire sous-papillaire et la base des papilles.
I, [. Nervules terminaux du lingual, qui émergent de la surface de la langue par les fentes ellipsoïdes de l’aponévrose sus-linguale, et se jettent dans la membrane papillaire. Leur volume est de 1/5- 1115, terme moyen 1]10° de millimètre. Comme dans tout le parcours du lingual, ces nervules s’anastomosent en arcades sur l’aponévrose, puis dans la membrane , s’y épanouissent, et s’y fondent au-delà dans le plexus commun.
J, J, J, J. Autres nervules semblables coupés dans le point de leur immersion. Ces nervules abondent dans la membrane, les intervalles qui séparent leurs fentes de passage n’étant, en grandeur réelle, que de 1 à 2 millimètres.
K, K. Nervules terminaux du glosso-pharyngien. Comme ci-dessus, on voit sur la figure que ces nervules se fondent à peu de distance dans le
. plexus commun formant la membrane papillaire.
L, L. Bases de papilles dont on voit les racines coupées par l'instrument. Sur divers points de la surface, se montrent de ces tlots ponctués ou coupés à bois de bout. Ces points sont formés par les racines centrales les plus profondes des papilles. Toutes ces bases de papilles se présentent de forme ellipsoïde, limitées qu’elles sont, dans leur contour, par les bandelettes de la membrane commune qui les embrassent. C’est de la couche superficielle
de ces bandelettes que procèdent les racines extérieures des cylindres papillaires périphériques qui donnent aux papilles leur forme arrondie.
M (Côté gauche de la pièce). Bases réelles des papilles qui, sur cette surface dénudée de la membrane nerveuse, s'offrent dans leur vraie forme arrondie ou cylindrique. Au pourtour de chacune d’elles se montrent, en rayonnant de la papille comme centre, les petites bandelettes superficielles communes, qui les unissent entre elles et forment les racines de leurs cylindres périphériques.
N. Stries perpendiculaires à la direction générale des bandelettes ou filets de la membrane commune et qui ne sont autres que les racines nées de cette membrane et qui vont former les cylindres papillaires. Des stries ou racines semblables se montrent sur divers points de l'étendue de la figure.
0, O (Côté droit). Profil de papilles coniques qui sont vues dépassant le bord de section du fragment de la membrane commune. A la partie supérieure du lambeau relevé, où l'instrument tranchant a laissé une couche très mince de la membrane nerveuse, les trois premières papilles sont vues au travers, en transparence, jusqu’à leurs bases où se montrent leurs racines qui émergent perpendiculairement du plexus commun. Les quatre autres papilles sont coupées à la base comme celles du côté gauche (M).
P, Q. Artériole et veinule tégumentaires de la langue qui ont traversé les fentes ellipsoïdes de l’aponévrose sus-linguale pour se distribuer en rayonnant dans la membrane papillaire.
R, S. Distribution des capillaires artériels et veineux en un réseau dans l'épaisseur de la membrane papillaire (Voy. fig. 7 et pl. 88).
De E en T,E en U. Portion de la surface supérieure libre de La membrane papillaire, montrant à découvert les papilles qui en émergent.
Ce fragment, de 6 centimètres de longueur (3 millimètres de longueur réelle), montre suivant la largeur de la pièce: 1° sur le tiers du côté gauche, de E en T, la surface des papilles et de la membrane à leur base non injectées ; 2° sur les deux tiers du côté droit, de E en U, les papilles et la surface de la membrane avec leurs vaisseau x sanguins injectés (Voy. pl. 88).
V. Papille fongiforme non injectée.—V, 1. Papille de même nature injectée.
X, X. Papilles coniques non injectées. — X, 1; X, 1. Papilles coniques injectées.
Y. Petites papilles situées à la base des fungiformes.
Z, Z; 1. Artères et veinules microscopiques formant le réseau vasculaire d’où procèdent les vaisseaux papillaires.
L’étendue de ce morceau qui comprend une soixantaine de papilles , et le degré de leur grossissement, sont suffisans pour en faire bien comprendre l'aspect général et la structure. Les papilles, nues du côté gauche, se montrent clairement formées par leurs cylindres, nés eux-mêmes des petites bandelettes de la membrane papillaire. L’assemblage de ces cylindres en un faisceau, pour en former la papille , peut être comparé, en très petit, à une botte d’asperges. Cet aspect se montre de lui-même sur la papille fraîche, mais devient surtout très évident par la macération dans l’eau acidulée. Entre les grandes papilles et à la surface des bandelettes se voient, outre les petites papilles Y, les papillicules qui restent renfermées dans l'épaisseur du derme (Voy. pl. 88). Du côté droit, les papilles injectées montrent les nombreuses anses vasculaires artério-veineuses, qui les enveloppent de la base au sommet, et les réseaux anastomotiques qu’elles forment et entre lesquels viennent saillir les sommets des cylindres papillaires. Dans leurs intervalles circule le réseau sanguin anastomotique de la membrane papillaire environnant par une suite d’anneaux vasculaires la base des papilles.
PAPILLES DE LA LANGUE d'après Berres ({nat. partium microscopicorum, tab. vi, fig. 10, 11, 12).
A, B, C. Papilles coniques. — D. Papille caliciforme. Au volume de cette vaisseaux sans substance nerveuse spéciale. Ces vaisseaux aussi n’indiquent dernière, comparée avec celui de ses vaisseaux, il paraît probable qu’il ny précisément ni artères ni veines, et sont de ceux que Berres nomme znterait qu’un fragment de papille représenté. médiaires , C'est-à-dire neutres et formant le moyen de communication entre
Il est remarquable que toutes ces papilles sont sans base, et que par la les artères et les veines, sans appartenir précisément dans cette opinion , ni manière dont elles sont figurées elles ne paraîtraient formées que de petits aux uns ni aux autres.