‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 404 sur 407 · PORTION CÉPHALO-CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

PORTION CÉPHALO-CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE

1. GANGLION PITUITAIRE OU GANGLION GÉPHALIQUE, aboutissant au cordon supérieur du grand sympathique , anastomosé avec le plexus des six premières paires de nerfs céphaliques (Voyez pl. 90, 91).

C’est entre le ganglion céphalique d’une part, et d'autre part le ganglion cervical inférieur (xo) et les plexus cardiaque (47) et pulmonaire (43), que s'étend la chaîne extra-viscérale ou le cordon supérieur de communication céphalo-cervical du grand sympathique.

2. Plexus carotidien. Portion basilaire et cervicale supérieure du grand sympathique qui s'étend du ganglion pituitaire (1) au ganglion cervical supérieur (7) (Voy. pour ses anastomoses

cérébro-spinales, pl. 49, 90, gr). De ce nombre est le filet d’anastomose avec le petit nerf pétreux du facial (7° paire), voy. pl. 91.

3. Ganglion ophthalmique. — 4. Ganglion sphéno-palatin.— 5. Ganglion sous-maxillaire et aussi derrière le nerf maxillaire supérieur, le ganglion otique (Voy. pour tout cet appareil

ganglionaire de la face, pl. 38 et 39).

6. Plexus inter-carotidien (Voy. pour les anastomoses cérébro-spinales du grand sympa-

thique à la face, pl. 93).

7. Ganglion cervical supérieur, intermédiaire du plexus carolidien interne au cordon cervical du grand sympathique. La figure montre ses principaux filets de communication, surtout avec les quatre premières paires cervicales (Voy. pour tous les détails et les anastomoses cérébro-spinales, pl. 42,43, 93, et pour l’étude microscopique spéciale de ce ganglion, pl. 49).

8. Cordon cervical du grand sympathique, qui s'étend de l’un à l’autre des ganglions cer vicaux supérieur et moyen ( Voyez pour les anastomoses cérébro-spiuales de ce cordon avec le pneumo-gastrique et les paires cervicales, pl. 94, 42et 43).

9. Ganglion cervical moyen. Il montre sesfilets de communication avec les paires cervicales,

le phrénique, le pneumo-gastrique, le plexus cardiaque, le ganglion cervical inférieur , ete. (Voy. pour les détails et les plexus artériels, pl. 42, 43, 93).

10. Ganglion cervical inférieur. Il montre ses filets d’anastomose centrale avec les nerfs du plexus brachial, et ses filets de communication avec le ganglion cervical inférieur et les plexus œsophagiens, pulmonaires et cardiaques des pneumo-gastriques, et des nerfs cardiaques des ganglions cervicaux. Inférieurement le ganglion cervical inférieur se montre, comme il arrive si fréquemment , former une seule masse avec les deux premiers ganglions thoraciques.

9° PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE ET DU SYSTÈME NERVEUX SPLANCHNIQUE.

Le double cordon thoracique, dorsal ou intercostal du grand sympathique, est celui dont les caractères sont les plus précis, vu qu’il se compose d’une chaine assez régulière de ganglions unis de l’un à l’autre par leurs rameaux de continuation.

Quant aux plexus extra-viscéraux de la cavité thoracique, ils sont formés par la liaison du grand sympathique avec le grand nerf mixte pneumo-gastrique, et plus particulièrement par ce dernier, nommé avec juste raison le moyen sympathique. Pour l'intelligence de l’ensemble du système nerveux splanchnique de la cavité thoracique, disons un mot de la part qu'y prend la paire des pneumo-gastriques, sauf à revenir, en son lieu, sur ce nerf pour son indication.

Le nerf pneumo-gastrique, suivant que j'en ai fait l'observation ( voyez l'explication de la planche 42), cérébro-spinal à son origine, est déjà ganglionaire à sa sortie du crâne, et joue son rôle de nerf mixte dans les divers plexus du cou. Mais à partir de l’aponévrose cervico— thoracique, où il entre dans la cavité de la poitrine, il perd de plus en plus, de haut en bas, son premier caractère de nerf cérébro-spinal pour prendre celui de nerf splanchnique, qu’il revêt complétement au bas de l'œsophage (45), où les deux troncs droit et gauche s’épanouissent en plexus membraneux. Si bien que par leur mélange, comme je l'ai fait observer (pl. 49) il est évident que le pneumo-gastrique gauche rejoint en partie, avec le droit, le plexus des ganglions solaires. Sous le double rapport de sa structure et de ses fonctions, le pneumo-gastrique justifie le surnom de nerf moyer sympathique qu'on lui a donné.

Ainsi, pour la cavité thoracique , le centre ganglionaire d'incitation est dans la masse des plexus cardiaques (47) et pulmonaires (43), formée en majeure partie par les nerfs pneumogastriques adjoints aux cordons du grand sympathique. Les grands plexus extra-viscéraux ou la chaîne de liaison des appareils organiques des deux cavités thoracique et abdominale, est formée aussi par ces deux espèces de nerfs, filets et rameaux splanchniques du grand sympathique et chaîne œsophagienne des pneumo-gastriques, anastomosés en plexus. Mais il est évident que dans Je système nerveux des viscères thoraciques, les pneumo-gastriques interviennent pour une plus grande part. Cette alliance d’une paire nerveuse cérébro-spinale avec une série de ganglions intercostaux, en communication fréquente avec la moelle épinière , s’explique très bien, dans le mode de distribution de chaque espèce de nerfs, par l'énorme force continue de myotilité, nécessaire pour les fonctions du cœur et des poumons ; et la prépondérance si grande de nerfs d’origine cérébro-spinale dans les plexus pulmonaires, se montre très exactement en

rapport avec la part de contractilité volontaire affectée à ces derniers organes, placés presque exclusivement sous l'influence des pneumo-gastriques. Aussi les plexus de ces nerfs comme la fonction respiratoire, ont-ils un double demi-caractère splanchnique et cérébro-spinal.

Voyons dans le système nerveux de la cavité thoracique, la part du grand sympathique, et renvoyons plus loin pour le pneumo-gastrique.

11. Premier et second ganglions thoraciques du grand sympathique , unis sur ce sujet en une seule masse , avec le ganglion cervical inférieur. On voit ses filets de communication avec l'extrémité centrale des quatre premiers nerfs intercostaux, et les nombreux filets (12) qu’il envoie aux plexus aortique, œsophagiens, trachéens et cardiaques, auxquels concourrent les pueumo-gastriques (Voyez pl. 43).

Dans toute la hauteur de la colonne dorsale, jusque derrière et au travers d’une échancrure aux attaches du diaphragme, on suit la succession du GHAPELET DES GANGTIONS INTERCOSTAUX DU GRAND SYMPATHIQUE réunis par leurs filets de continuation, Ces ganglions oblongs et irréguliers sont toujours, comme sur ce sujet, en nombre un peu inférieur à celui des trous de conjugaisons, et par conséquent des paires des nerfs intercostaux.

Tous ces ganglions offrent deux sortes de filets : 1° Un ou deux filets de communication avec l'extrémité rachidienne ou centrale des deux nerfs intercostaux supérieur entre lesquels ils sont situés.

2° (12, 13) Une suite de filets splanchniques prévertébraux d’anastomoses avec les plexus aortique, œsophagiens, pulmonaires et cardiaques sus-énoncés. Ces filets diminuent graduellement de nombre et de volume de haut en bas (Voy. pl. 43).

14, 15. Nerf grand splanchnique. On le voit commencer au ganglion situé en regard de la tête de la septième côte, et il se renforce successivement de nombreux filets plexiformes émanés des ganglions inférieurs. A part des filamens innombrables destinés aux gros vaisseaux, aux vertèbres et à divers tissus au-devant du rachis (Voy. pl. 97), ce nerf traverse le diaphragme et se jette dans le ganglion semi-lunaire correspondant du plexus solaire (15). 11 semble donc bien la communication rachidienne dorsale de ce plexus.

16. Nerf petit splanchnique qui se jette dans le plexus solaire et le plexus rénal (Voy. planche 48).

3° PORTION ABDOMINALE DU GRAND SYMPATHIQUE ET DU SYSTÈME NERVEUX SPLANCHNIQUE.

C'est dans cette cavité, qui loge les organes de la vie proprement végétative, ou placée hors de l'influence de la volonté , que le système nerveux spécialement splanchnique ou de la vie involontaire, se trouve le plus abondant et se traduit le plus complétement dans tous ses ca ractères anatomiques. Comme tous ces nerfs, grand sympathique et plexus extra-viscéraux, de mème nature, sont liés presque en un seul système, nous allons les présenter dans un

même ensemble.

Commençons par le centre ganglionaire solaire, lieu de départ des plexus viscéraux, et

aboutissant des branches de communication avec les plexus de la cavité splanchnique,

19. Plexus des ganglions solaires. Sauf la destruction nécessaire d’un certain nombre de rameaux plexiformes de premier plan, qui masquent trop les ganglions (Voy. 1. v. pl. 62), l'amas des ganglions solaires et des grands plexus extra-viscéraux , est vu ici en entier, mais seulement de côté (Voy. pl. 42 et 48). En premier, on y voit aboutir deux grands nerfs splanchniques : 1° la forte branche de terminaison du pneumo-gastrique droit (45), le lien des plexus viscéraux de la poitrine et de l'abdomen; 2° l'épanouissement du nerf grand splanchnique droit. Le même fait se produit de l’autre côté pour le nerf grand splanchnique gauche (Voy. pl. 42 et 48).

De l'amas des ganglions solaires on voit procéder les grands plexus extra-viscéraux suivans :

18, 19, 20,21. Le pleæus cœliaque ramifé sur l'artère du même nom et dont procèdent les plexus secondaires , képathique (18), coronaire stomachique (20), splénique (21). (Voy. les diverses planches des nerfs des viscères sous-diaphragmatiques , tome v, et plus spécialement les pl, 42, 43 et 62).

22,23, Le plexus mésentérique supérieur, dont une portion des épanouissemens en plexus secondaires mésentériques et intestinaux, est montrée sur un fragment de mésentère (24) et d’intestin grêle (25) (Voy. tome v, pl. 28 bis. Ajoutez aussi pour les nerfs microscopiques de l'estomac et de l'intestin grêle, pl, 29 bis et 26 bis).

27. Le plezus surrénal droit. Le gauche non visible (Voy. pour plus de détails, tome v, pl. 43 et 62).

28. Le plexus rénal droit, Le gauche non visible (Voyez pour plus de détails, tome v, pl. 43, 48, 62).

Voyez aussi pour les détails des plexus de l’estomac , du foie, du pancréas et de la rate, tome v, pl. 42, 43 et 62.

29, 29. Puexus aonrique. C'est le plexus placé au-devant de l'aorte où il forme un réseau inextricable d’anastomoses nerveuses à plusieurs plans qui constitue le grand plexus extra-viscéral abdominal ou la chaîne de communication entre l’amas des ganglions solaires, le centre nerveux splanchnique abdominal et le double amas des ganglions pelviens, le centre nerveux splanchnique des organes du bassin. Pour comprendre dans tout son développement le grand plexus aortique, il faut l’étudier sur les planches 43 et surtout 62 du tome v. Sur cette présente figure, le plexus, vu de profil , ne paraît pas aussi considérable, mais on y voit mieux les branches de communication qu’il reçoit de la chaîne lombaire (32, 33) du grand sympathique.

Du plexus aortique on voit naître sur la figure le plexus mésentérique inférieur (26), et de celui-ci, les plexus secondaires coliques de l'S iliaque du colon (Voy. t. v, pl. 33).

30. Vaste nexus ganglionaire lamelliforme , appliqué sur le disque intermédiaire sacrovertébral qui semble la terminaison du plexus aortique et le lieu de sa bifurcation en deux chaînes iliaques primitives (31), qui rejoignent les deux amas latéraux ganglionaires du bassin (Voy. pl. 95, et tome v, pl. 62.)

39,33. CHAPELET OU CORDON LOMBAIRE DU GRAND SYMPATHIQUE, Depuis son arcade de passage au travers du diaphragme jusqu’à sa terminaison , au-dessus du dernier trou de conjugaison lombaire, on le voit formé d’une chaîne de quatre ou cinq ganglions ellipsoïdes, réunis entre eux par leurs rameaux de continuation. A ces ganglions et à leurs cordons de liaison appartiennent deux genres de filets plexiformes de communication.

19 Les filets externes et postérieurs en nombre inégal, 2, 3, 4 ou 5, et même à la loupe en bien plus grand nombre, établissant la communication avec l’extrémité centrale ou rachidienne de chacun des nerfs lombaires dans leurs diverses branches (57 à 60). Tous ces filets, comme ceux du grand splanchnique à la poitrine, forment entre ceux d’une même paire et d’une paire à l’autre, des anastomoses plexiformes.

2° Une série continue de flets plexiformes dits internes : ce sont les filets splanchniques qui vont se mêler au grand plexus aortique. De l’un de ces ganglions lombaires, dont l'aspect plexiforme, sur ce sujet, est très prononcé, procède un petit plexus qui rejoint le plexus rénal droit.

4° PORTION PELVIENNE DU GRAND SYMPATHIQUE ET DU SYSTÈME NERVEUX SPLANCHNIQUE.

Au bassin, le système nerveux reprend un caractère mixte que nous avons vu très prononcé au cou et même à la poitrine, et presque effacé à labdomen ; c’est-à-dire que les anastomoses du système nerveux splanchnique avec le système nerveux cérébro-spinal s'y montrent partout et d'autant plus nombreuses que l’on se rapproche des orifices cutanés des organes.Cette alliance des deux systèmes nerveux, comme nous en avons fait la remarque , est effectivement le caractère des appareils placés aux deux extrémités du tronc, et dont les organes , ouverts à l'extérieur par des orifices cutanés , sont à-la-fois, pour des fonctions diverses et mixtes , sous la double influence involontaire et volontaire, par l’un et l’autre des deux systèmes nerveux splanchnique et cérébro-spinal.

34. Premier ganglion sacré du grand sympathique. Ces ganglions, au nombre de cinq, dont

on suit la chaîne de communication sur la courbe du sacrum, montrent, comme ceux des autres cavités splanchniques, leurs filets de liaison de deux sortes : 1° des filets externes de communication cérébro-spinale avec l’extrémité centrale des six nerfs sacrés ; 2° des filets internes splanchniqnes qui se jettent dans l’amas des ganglions pelviens (Voy. pl. 12 et 95, et pour la femme, t. v, pl. 70).

Mais indépendamment de ces deux espèces de filels, il en existe une troisième, de filets internes et postérieurs d’anastomose sur l’aponévrose du sacrum, entre les ganglions des deux cordons sacrés du grand sympathique (Voy. pour cette anastomose pelvienne et terminale des deux chaînes du grand sympathique, pl. 95).

35, Chapelet ou amas latéral droit des ganglions pelviens, C'est cet amas de ganglions la-

melliformes (/ame hypogastrique ganglionaire de M. Valentin) formé d’un nombre considérabie et indéterminable de ganglions membraneux et irréguliers, qui me paraît le centre splanchnique d’innervalion des organes du bassin (Voy. pour l'aspect général de ces deux amas ganglionaires latéraux succédant à la bifurcation du grand plexus aortique, pl. 95 et tome v, pl. 62 pour l'homme, et pl. 70 pour la femme). Sur la figure de la présente planche on voit ce plexus ganglionaire faire suite au p’exus aortique par le plexus iliaque primitif avec lequel s’anasto— mosent, d'une part les derniers plexus coliques prolongés sur le rectum, et d'autre part les filets de communication des premiers ganglions sacrés (34).

Mais ce plexus ganglionaire pelvien est remarquable par un caractère étranger au plexus des ganglions solaires, c’est de recevoir directement, sous forme de pinceaux très fournis de rameaux nerveux, de fortes anastomoses des quatre dernières paires sacrées, de la troisième à la sixième (Voy. tome v, pl. 57). Cette intervention, dans une proportion si considérable, du système nerveux cérébro-spinal, dans le système nerveux splanchnique, explique très bien la part d’influence que la volonté exerce sur les organes du bassin, vessie, rectum, etc., au-delà de leurs orifices cutanés, placés directement sous la dépendance volontaire du système nerveux cérébro-spinal.

Il est à remarquer qu'un mélange de même nature est représenté aux plexus pulmonaires par les nerfs mixtes pneumo-gastriques, et au ganglion pituitaire, par sa jonction avec les plexus des six premières paires cervicales et la commuvication de ce même ganglion avec les masses centrales du cerveau,

36, 38. Plexus du rectum, des vésicules séminales, de la prostate et de la vessie émanés du grand amas ganglionaire pelvien. La liaison des plexus propres du rectum et de la vessie avec celui des vaisseaux hypogastriques faisant suite au plexus aortique, n’est pas moins évidente que leur émission en masse du grand amas ganglionaire.

Chez la femme, cet amas ganglionaire, avec des comlitions analogues d’origine et de formation, offre une surface encore plus considérable que chez l’homme, et revêt, de chaque côté, le tiers inférieur du vagin en fournissant de nombreux filets, les uns ascendans qui s'étendent jusqu’à l'utérus, et les autres descendans qui vont s’anastomoser dans l'épaisseur de l’orifice cutané avec les expansions cérébro-spinales du nerf honteux interne (Voy. pour ces détails, pl. 57, et tome v, pl. 70).

37. Plexus spermatique sur le cordon du même nom. Il procède plus haut du plexus néphroaortique, à l’origine des vaisseaux spermatiques, La même disposition s’observe chez la femme à l'égard des plexus ovariques. — Chez l'homme, comme le montre la figure, le plexus spermatique est renforcé, sur le pubis, par le plexus du canal déférent, émané de celui de la vésicule séminale (Voy. tome v, pl. 62).

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