EN PLEXUS VASCULAIRES
On sait que des plexus plus ou moins considérables, émanés du grand sympathique, accom pagnent toutes les artères, Nos recherches microscopiques, poursuivies dans cette direction,
nous ont démontré que, sur tous les vaisseaux, ces prolongemens du système nerveux splanchnique anastomosés avec des nervules émanés des nerfs de la vie animale, vont transporter au loin, jusque dans l'intimité de tous les tissus, les influences mélangées des deux systèmes nerveux splanchnique et cérébro-spinal.
Comme ce sujet n’embrasse pas moins que tout l'organisme et que les détails innombrables qu'il fournit exigent partout l'emploi du microscope, nous n’avons pu l'indiquer sur cette figure d'ensemble, que par un seul exemple, pris sur un vaisseau de grand volume et où les filets de départ du plexus vasculaire sont visibles à l'œil nu. C’est le plexus de l'artère sous=clavière (39).
Néanmoins, pour compléter ce vaste sujet du système nerveux splanchnique, et en faciliter l'intelligence par l’étude des dessins qui le reproduisent, il me paraît utile, à propos de cette planche d'ensemble, de renvoyer à toutes celles des expansions périphériques que j'ai jugé convenable de figurer.
À. À LA TÊTE : 19 PLEXUS CAROTIDIENS PRIMITIFS (VOY. pl. 42, 43). — Plexus inter-carotidien (pl. 95).— Sur cette dernière planche se montrent également dans leurs origines et leur distribution, les plexus de l'artère carotide externe et les plexus secondaires des artères thyroïdienne supérieure, linguale, faciale, occipitale, auriculaire postérieure, temporale. Tous ces divers plexus y montrent leurs anastomoses cérébro-spinales suivant le siége de chacun d’eux avec les divers nerfs de la tête, le facial, le trijumeau, les branches auriculaires et occipitales des nerfs cervicaux,— Voyez aussi pour les anastomoses splanchno-spinales des nerfs de la langue, pl. 15 bis.
2° Pleaus carotidien interne (Voy. les figures microscopiques, pl, 49, pour la portion cervicale et pour la portion temporo-crânienne, pl. go, 91, et tome v, pl. 48). Ces planches montrent les nombreuses anastomoses cérébro-spinales des plexus artériels avec les neuf premières paires de nerfs céphaliques.
30 Pleœus des artères vertébrales et du tronc basilaire (Voy. pl. go).
B. Au cou ET AU MEMBRE THONAGIQUE, Pleæus de l'artère thyroïdienne inférieure anastomosé avec le plexus laryngé externe (pl. 95).— Plexus de l'artère sous-elavière (pl. 42, 93), point de départ de ceux du membre thoracique.
C. Au rronc nous n'avons figuré que l’un des plexus artériels, celui de l'artère mammaire interne (pl. 94), anastomosé avec la suite des nerfs intercostaux correspondans et fournissant des nervules aux feuillets pleuraux du médiastin antérieur.
D, Restent pour les membres les plexus succédant à ceux des artères sous-clavière et fémorale (p. 97).
Aux membres, les anastomoses cérébro-spinales visibles à l'œil nu, sont peu nombreuses , mais une espèce d'anastomoses que l’on n'avait pas prévu et qui est d’une extrême abondance, consiste dans l’émission, par fes nerfs voisins, d’une quantité innombrable de nervules qui se mélent aux chaines ganglionaires dans les parois des vaisseaux. C’est ce dont j'ai donné pour exemple deux figures microscopiques, l’une du nerf médian et de l'artère humérale, l'autre de la veine médiane basilique et du nerf cutané interne du bras (pl. 97).
NERF PNEUMO-GANTRIQUE ET PLEXUS EXTRA-VISCÉRAUX QU'IL FORME AVEC LE GRAND SYMPATHIQUE.
41. Nerf preumo-gastrique droit. À sa sorlie du crâne par le trou déchiré postérieur , en commun avec le spinal et le glosso-pharyngien.
42. Cordon cervical du pneumo-gastrique. À sa partie supérieure on voit le pelit plexus qu’il forme avec l’hypoglosse, le spinal , les deux premières paires cervicales et le ganglion cervical supérieur. Voyez pour son ganglion jugulaire et pour ses anastomoses avec le grand sympathique dans la formation du plexus pharyngien, la grande figure microscopique, pl. 49 ; et pour le plexus pharyngien en lui-même, dans les anastomoses cérébro-spinales et splanchniques du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien, avec les filets émanés du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, tome v, pl. 16 his et 16 ter, fig. 5.
— Voyez aussi pour la part du pneumo-gastrique dans la formation des plexus inter-carotidien , thyroïdiens et ses anastomoses cervicales avec le grand sympathique, pl. 94, 42, 43.
43. Plexus pulmonaire formé par le pneumo-gastrique anastomosé avec son congénère et avec les filets émanés des deux ganglions cervicaux moyen et inférieur du grand sympathique, — Voyez pl. 42, 43, 49, et surtout tome v, pl, 16 Bis.
Au-dessus du plexus pulmonaire se voient le nerf récurrent et les rameaux nombreux que Je pnenmo-gastrique droit envoie sur la trachée, au ganglion et au plexus cardiaque (46).
44. Plezus æsophagien postérieur formé par le pneumo-gastrique droit , anastomosé avec
son congénère et avec les filets fournis par les ganglions jntercostaux du grand sympathique, — Voyez pl. 42, 43, 49.
45. Plexus ganglionaire lamelliforme constitué par les pneumo-gastriques sur l'œsophage. L'aspect de ces plexus œsophagiens est tellement variable que nous les avons toujours trouvés différens sur divers sujets, comme on peut le voir d’après nos figures. — C’est de ce plexus que procède la faible branche de continuation qui se jette dans le plexus des ganglions solaires (r7); mais la masse principale du nerf se répand sur la face postérieure de l’estomac (Voy. tome v, pl. 22 Bis), — A ce double titre, le cordon plexiforme œsophagien des nerfs preumo-gastriques, outre ses influences particulières d’innervation sur l’œsophage et l’estomac, peut du même coup être considéré comme la véritable chaîne extra-viscérale de communication entre lesplexus cardio-pulmonaires et le plexus des ganglions cœliaques, les centres d'incitation des deux grandes cavités splanchnique, thoracique et abdominale,
47. Ganglion cardiaque antérieur, centre du plexus du même nom, à la formation duquel concourent les nombreux rameaux émanés des pneumo- gastriques et les nerfs cardiaques (46) fournis par les ganglions cervicaux du grand sympathique. Plusieurs des rameaux cardiaques franchissent, sans s’y mêler, sur la crosse de l'aorte, le plexus dont le ganglion est le centre. — Voyez aussi pour ce fait, pl. 43 bis.
48,49. Plexus cardiaque antérieur dont on voit les divisions sur Les vaisseaux du même nom.
NERF TRIJUMEAU
5o. Nerf trijumeau à sa sortie du crâne. Du ganglion de Gasser on voit naître ses trois branches ophthalmique et maxillaires supérieure et inférieure (5x), avec la branche linguale (82), sa courte portion et les anastomoses de ses filets avec le grand sympathique.
Ce nerf, dont le rôle mixte dans l’appareil d’innervation de la face est si important, ne figure ici que pour mémoire dans ses divisions principales. Jusqu’à présent ce nerf ne s'était montré que sous un aspect très singulier. Sur plusieurs de ses divisions il était le lien cérébrospinal d’un petit système de ganglions communiquant tous par des filets avec l'extrémité céphalique du grand sympathique, dont ils semblent bien être l'épanouissement périphérique à la face, en nombre pareil à celui des organes des sens , placés dans leur voisinage et en com= munication avec leurs surfaces nerveuses d'expansion. Ces ganglions qui relient les organes des sens entre eux, avec le centre percevant cérébral et avec le système nerveux splanchnique , sont : l’ophthalmique (3), le sphéno-palatin (4), Votique, le sous-maxillaire (5) et le nasopalatin, Mais le nerf trijumeau lui-même, avec les branches duquel ces ganglions communiquent par des rameaux si gros et si nombreux (pl. 38, 39), et qui, dans le nombre de ses fonctions en physiologie paraît revêtir des usages conformes à ceux des nerfs splanchniques dans la nutrition et les sécrétions des organes auxquels il se distribue; le trijumeau qui forme lui-
même à sa sortie du crâne, un ganglion d’où procèdent ses trois divisions principales, et dont la structure, d’après nos recherches, se montre plexiforme et ganglionaire sur beaucoup de points (branches de l’ophthalmique, pl. 48; nerflingual, pl. 48, corps papillaire de la langue, tome v, pl, 87 ; nerfs palatins, tome v, nl. 86); le trijumeau enfin qui réunit et semble marier ensemble tant d’influences diverses cérébro-spinales et splanchniques , n'avait cependant point été reconnu en rapport direct avec le grand sympathique, C'est cette lacune qui se trouve comblée dans mon mémoire sur l'extrémité céphalique du grand sympathique où le ganglion de Gasser du trijumeau se trouve, par de nombreux filets gris, allié à l’extrémité céphalique du grand sympathique et aux paires cervicales de la première à la sixième, et tous en commun forment une chaîne de plexus en communication avec le ganglion céphalique ( pituitaire ), et réunis d'un côté à l’autre par une chaîne d’anastomoses sur le plan moyen (Voyez pl, 48, gr). Le trijumeau se montre donc, par sa structure comme par ses fonctions, un nerf mixte, spécialement cérébro-spinal comme nerf sensitif, mais pourtant comme le pneumo-gastrique , participant, quoique à un moindre degré, à des attributions splanchniques, et justifie le surnom qu'on lui a donné de nerf petit sympathique.