‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 46 sur 407 · Partie postérieure, occipitale des ventricules latéraux · texte numérisé non relu

Partie postérieure, occipitale des ventricules latéraux

Cavité digitale ou ancyroïde, le diverticulum qu'offre en arrière le ventricule latéral, ressemble assez bien à l'impression qu'aurait faite un doigt dans la substance molle du cerveau. Il prend origine au niveau du bourrelet du corps calleux, se dirige d'avant en arrière et en dedans, en décrivant une courbure à concavité interne.

Vers son extrémité postérieure, elle se rétrécit beaucoup, juqu’à se terminer en pointe à une distance peu éloignée de l'extrémité postérieure de l'hémisphère.

Les dimensions de cette cavité sont d’ailleurs très variables, non-seulement chez les différents sujets, mais, des deux côtés sur le même sujet.

Il est à remarquer que les hydropisies ventriculaires portent de préférence sur la cavité ancyroïde; la distension qui en résulte amincit en quelque sorte la paroi ventriculaire corres-

pondante.

La paroi supérieure de la cavité est formée par le corps calleux, dont la forme en corne se moule sur celle de l’éminence inférieure.

La paroi inférieure présente une saillie semblable à la corne d’Ammon. Morand, qui l’a décrite le premier sous lenom d’ergot, y a laissé son nom.

Comme l’hippocampe, elle est produite par une circonvolution retournée. Vicq-d’Azyr, pour mieux faire sentir l’analogie avec la précédente éminence, l'a dénommée petit hippocampe. Analogie de forme, analogie de nature, tels sont les deux titres qui justifient l'expression de Vicq-d’Azyr.

L’ergot a, comme la cavité ancyroïde, une concavité dirigée en dedans, et une convexité dirigée en dehors.

La concavité de la corne postérieure du corps calleux se moule sur la face supérieure convexe et lisse; sa face inférieure se confond avec la cavité ancyroïde.

La base se continue avec le bourrelet du corps calleux et l’hippocampe, avec lequel elle fait un angle ouvert en dehors. Le sommet est arrondi et se perd dans l'extrémité ventriculaire.

L’ergot de Morand a des dimensions peu en rapport avec la

profondeur de la cavité ancyroïde.

Il n’est pas rare qu’un sillon le divise longitudinalement en deux parties, l’une supérieure, l’autre inférieure, fait qui s’observe également sur l’hippocampe. Comme sur lui aussi, on y remarque des dépressions transversales. Greding a décrit ces variétés de l’ergot de Morand.

On le trouve quelquefois double, comme il en est de son analogue. Tantôt on l’a vu manquer tout à fait, tantôt seulement d’un côté.

Tiedmann considère cette absence comme un défaut de développement. Meckel, contrairement à Wenzel, affirme que son existence est constante. Une coupe, faite dans la cavité digitale montre que le petit comme le grand hyppocampe sont revêtus de la substance blanche médullaire et renferment un noyau gris, tous deux continus avec la substance des circonvolutions.

Séreuse ventriculaire.

Les ventricules sont tapissés par une membrane séreuse dont la ténuité, sur certain point, en avait rendu l'existence douteuse. Nulle part, elle n'offre une plus grande épaisseur que là où elle constitue la lame cornée, qui sépare les corps striés de la couche optique.

Après avoir tapissé le ventricule moyen, elle passe par les trous de Monro, dans les ventricules latéraux, pénètre dans l’aqueduc de Sylvius, et tapisse le quatrième ventricule. C'est dans ces dernières parties que sa ténuité est extrême.

Il est aisé de la montrer, en la durcissant par l’alcool. Mais, dans l’hydropisie ventriculaire, son évidence devient très grande et le ramollissement des couches voisines la met en relief.

Cette membrane est incontestablement séreuse; cependant elle est la continuation de la pie-mère.

11 faut donc admettre que la structure de la pie-mère se modifie dans les ventricules où elle prend les caractères de l’arachnoïde, à savoir, un tissu cellulaire lâche recouvert d’un épithélium.

A côté de ce fait, se place la présence d’un liquide dans les ventricules et dans tout l’espace sous-arachnoïdien.

Il est à remarquer, toutefois, que le liquide est contenu dans cet espace et non dans la cavité elle-même, qui du reste est humide. Cette circonstance a jeté de l’incertitude sur l’origine réelle du liquide céphalo-rachidien, incertitude bien grande, lorsqu'il s’agit des ventricules. En effet, si l’arachnoïde sécrète, par son feuillet viscéral , le liquide qui baigne toutes les surfaces, la nature séreuse de la membrane ventriculaire, qui paraît hors de doute, lui fait attribuer cette fonction dans les ventricules.

Le meilleur moyen de démontrer son existence, consiste à enlever la substance cérébrale du dehors au dedans.

On arrive ainsi peu à peu à une membrane fine, translucide qui occupe la surface interne de tous les ventricules.

Quelles sont les connexions de cette membrane avec les membranes voisines? On admet, d’après ce qui a été dit, que les membranes ventriculaires se continuent avec la pie-mere.

Les auteurs sont loin de partager tous cette opinion. D’après Winslow, Haller et quelques auteurs modernes, la membrane ventriculaire appartient à la pie-mère.

En effet, au niveau de la communication des ventricules avec l'extérieur de l’encéphale, le feuillet viscéral ne communique point avec la membrane ventriculaire.

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