T. HI
Au contraire, la pie-mère se continue avec celle-ci au niveau de l’orificequi appartient à l’espace sous-arachnoïdien postérieur, ainsi qu'au niveau de la fente de Bichat.
D'ailleurs, comme celle-ci, elle renferme des capillaires dans son épaisseur. Ce qui, enfin, la distinguerait encore de l’arachnoïde, c’est qu’elle communique avec l'extérieur, à l'opposé de toutes les séreuses.
C'est Bichat, surtout, qui soutenait sa communication avec l'arachnoïde. Ailleurs, nous avons signalé l'absence de son canal arachnoïdien, qui envelopperait les veines de Galien. L’arachnoïde, après avoir fourni cette gaine, pénétrerait, d’après Bichat, dans le troisième ventricule, et enverrait un prolongement, à travers l’aqueduc de Sylvius, dans le quatrième ventricule ; un prolongement en avant, à travers les trous de Monro, qui, après avoir tapissé les ventricules latéraux, se réfléchirait sur les plexus choroïdes.
M. Magendie, le premier, a montré la fausseté de cette opinion. Car, d’abord, au niveau des veines de Galien, l’arachnoiïde se termine en cul-de-sac.
D'autre part, le quatrième ventricule n’est pas fermé en arrière , puisqu'il communique avec le tissu cellulaire sousarachnoïdien, au niveau de l’orifice postérieur.
Enfin, M. Blandin, cherchant à concilier l'opinion de Bichat avec celle de M. Magendie, émit l'hypothèse de l'existence fœtale du canal de Bichat, et le prolongement de l’arachnoïde dans les cavités ventriculaires qu’elle tapisserait. Le canal, en s’oblitérant plus tard, placerait l’arachnoïde ventriculaire vis-à-vis l’arachnoïde générale, dans le même rapport que la tunique vaginale vis-à-vis du péritoine. Quant au canal de communication avec l'espace sous-arachnoïdien, il serait l’analogue de l’ouverture péritonéale, au niveau des trompes de la matrice.
Remarquons cependant que, d’après Tiedmann , l’arachnoïde n'apparaît, chez le fœtus, qu'après la formation du ventricule.
Quant à la manière dont la membrane ventriculaire se comporte à l’égard des plexus choroïdes , il n’en est que deux de possibles; ou bien elle est percée d'ouvertures pour leur livrer passage, ou bien elle se réfléchit autour des plexus.
Dans le premier cas, la séreuse ventriculaire serait percée de cinq ouvertures, ce qui pour être unique dans l'espèce, n’en serait pas moins possible, ou bien les replis vasculaires flotteraient dans la cavité de la séreuse, ce qui ne détruit en rien la sorte d’analogie cherchée.
D'autre part, cette membrane ventriculaire lisse, celluleuse, est munie d’épithélium vibratile.
Ce sont autant de caractères qui la rapprochent des séreuses, ce qui permet, en outre, en tenant compte de la continuité de tissus, de l’envisager comme unemodification locale de la pie-mère.
Structure du cerveau.
On étudie généralement le cerveau de deux manières : tantôt en pratiquant des coupes successives, tantôt en poursuivant les organes dans leurs connexions et leurs rapports.
Pour étudier les organes d’une manière purement descriptive, nous les avons d’abord étudiés à la surface du cerveau, tant à la base qu’à la convexité.
A l’aide d’une coupe horizontale, nous sommes arrivé au corps calleux ; à partir delà, nous avons poursuivi les différentes parties avec le manche du scalpel.
Il nous reste, maintenant, à étudier la structure des principales parties examinées. Mais, avant de pénétrer aussi avant dans la conformation du cerveau, il est encore nécessaire de l’étudier à l’aide d’une coupe verticale et antéro-postérieure sur la ligne mé” diane.
Dans cette coupe, embrassant à la fois le cervelet, l’isthme et le cerveau, voici ce qui se présente:
r° Le lobe médian du cervelet avec l’arbre de vie semblable aux rayons d'une roue. De l'axe de celle-ci, partent deux feuillets blancs, l’un supérieur, l’autre inférieur. Ce dernier se rend aux faisceaux postérieurs du bulbe, où il reçoit le nom de corps restiformes.
Le feuillet supérieur, ou pédoncule supérieur du cervelet, constitue, en grande partie, la valvule de Vieussens qui lui est super posée.
Ces deux feuillets en s’écartant laissent un angle ouvert qui est la face supérieure du quatrième ventricule.
D'autre part, on voit le bulbe rachidien, la protubérance et un pédoncule cérébral et les divers faisceaux constituans.
La face postérieure du bulbe et de la protubérance forme la face inféro-antérieure du quatrième ventricule.
Entre les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux, continuation du pédoncule cérébelleux supérieur, se voit l’aqueduc de Sylvius, et on pénètre ainsi dans le troisième ventricule.
Les tubercules quadrijumeaux se continuent eux-mêmes avec les rênes de la glande pinéale, dont l’antérieur, en se prolongeant sur la couche optique, va rejoindre les piliers antérieurs de la voute.
La surface ventriculaire-couche optique est plane et lisse.
Elle forme la paroi interne et latérale du ventricule moyen ; convexe en haut pour constituer la face inférieure de l'étage supérieur ; en arrière, elle donne naissance aux corps genouillés ; en avant, elle se confond avec le corps strié ; en dehors, avec l’hémisphère correspondant; en bas, avec le pédoncule cérébral correspondant.
Enfin, l’on sait que ce noyau est concentrique au corps strié qui l’enveloppe en s’amincissant d’avant en arrière.
Autour de ce noyau règne le ventricule latéral, sous forme d’une rigole. Sa paroi supérieure est constituée par le corps calleux comme celle du quatrième ventricule et de l’aqueduc l'est par les pédoncules cérébelleux et les tubercules quadrijumeaux.
On voit le ventricule décrire une ellipse complète, sauf l’interposition de la lame perforée antérieure.
Tout ce trajet est limité circulairement par le corps calleux et il est aisé de reconnaitre l’inégale épaisseur de celui-ci.
Le £enou s'avance, puis se réfléchit en se convertissant en une mince lamelle, tandis que le bourrelet épais s’unit au trigone. Entre le trigone et le corps calleux s’observe sur cette coupe le septum lucidum.
Puis, au-dessous de cette portion réfléchie du corps calleux, se voit la commissure autérieure du cerveau située sur un plan un peu inférieur à la commissure grise et à la commissure postérieure.
Entre la circonvolution du corps calleux et cet organe règne une fente étroite à laquelle on donne le nom de ventricule du corps calleux.
Entre le lobe antérieur et la coupe du pédoncule cérébral, on
trouve d’arrière en avant : le nerf oculo-moteur commun, la portion de lame perforée, l’une des éminences mamillaires, la glande pituitaire, la tige pituitaire, en avant desquelles émergent les nerfs optiques et‘leurs racines grises provenant de la portion réfléchie.
On conçoit sans peine, d’après cette coupe, que le troisième ventricule résulte en grande partie de la juxtaposition des deux noyaux de la couche optique, centre de l'hémisphère.
Par conséquent, les deux hémisphères ne sont unis que par le corps calleux et les trois commissures cérébrales.
Au niveau de cette coupe se voit la partie médiane de la fente de Bichat, le point de communication avec la pie-mère extraventriculaire et le ventricule.
On peut énucléer avec le manche du scalpel le noyau central en passant entre la portion réflechie du corps calleux et le corps strié.
Quelques auteurs, tels que M. Cruveilhier, pensent que le corps calleux ne tient au corps strié que par la membrane ventriculaire. Toutefois, il faut observer cependant que le corps strié ne saurait être isolé sans déchirure dans toute sa surface, vu les radiations blanches qui en émanent pour former la substance blanche des hémispheres.
Le corps calleux forme au noyau une espèce de coque.
M. Cruveilhier pratique en outre des coupes verticales et transversales.
Nous allons décrire ici une coupe verticale et transversale faite sur le crâne au-devant de l’apophyse mastoïde et qu'a figurée M. Hirschfeld.
Voici ce que présente cette surface de cette section :
A son centre, transversalement étendu, se trouve le corps calleux. Il est en rapport, sur la ligne médiane, avec la faux du cerveau; de chaque côté, il est séparé des hémisphères cérébraux par les sillons, dits ventricules du corps calleux. Plus en dehors, on voit les fibres du corps calleux s’épanouissant dans les circonvolutions dont elles commencent ou terminent les fibres blanches.
En bas, le corps calleux avec les tubercules quadrijumeaux limite la portion transversale de la fente de Bichat. Celle-ci est traversée d'avant en arrière par les veines de Galien et la pie-mère extérieure.
Au dehors de la ligne médiane, on voit un schema des ventricules latéraux, partout enveloppés par le corps calleux. En dedans, l'étage inférieur est refoulé par la corne d’Ammon. Celle-ci est couverte par la substance blanche, mais se continue trés visiblement avec la substance grise des circonvolutions qui lui fournissent un noyau central.
La tente du cervelet sépare cet organe du cerveau. A la face inférieure et antérieure du cervelet se présente une coupe des tubercules quadrijumeaux, de l’aqueduc de Sylvius, et de la protubérance ; derrière ces parties naït le bulbe crânien.
Puis les nerfs émanant du bulbe, savoir : l'auditif, se rendant au conduit auditif interne; le pneumo-gastrique, traversant le trou déchiré postérieur ; le grand hypoglosse, traversant le trou condylien antérieur.
Pour ce qu’il est de la périphérie de la masse cérébrale, nous avons déjà signalé que le corps calleux, en s’épanouissant périphériquement, constituait la substance blanche des circonvolutions qu’enveloppe partout une couche grise qui est exceptionnellement centrale dans les deux circonvolutions renversées,. le grand et le petit hippocampe.
À l'aide d'une première coupe antéro-postérieure pratiquée sur la ligne médiane, nous avons pris Connaissance des rapports des différentes parties. En pratiquant une seconde coupe verticale antéro-postérieure à un centimètre de la ligne médiane, voici les connexions intimes que l’on observe :
Le corps strié, que l'on apercevait à peine dans la première de ces coupes, entoure la couche optique sous forme d’une courbe elliptique, échancrée en avant.
L’extrémité antéro-supérieure, très renflée, s’amincit en se dirigeant d’avant en arrière et de haut en bas.
Sa portion supérieure fait saillie dans la corne frontale et appartient à l'étage supérieur du ventricule latéral.
La portion inférieure appartient à la paroi supérieure de l'étage inférieur et proémine dans la corne sphénoïdale.
C’est dans cet espace elliptique qu’est renfermé le noyau ovoide connu sous le nom de couche optique.
On voit sa face externe cernée par le noyau intra-ventriculaire du corps strié qui lui est uni par la membrane ventriculaire.
La face interne est conservée en haut, mais inférieurement elle est entamée par la coupe verticale. On voit paître de son épaisseur un gros faisceau blanc, qui se contourne en 8 de chiffre pour former l'éminence mamillaire et remonte en avant sous le nom de pilier antérieur de la voûte.
Sa face supérieure est libre, convexe et appartient au plancher de l'étage supérieur ; sa face inférieure, libre en bas, offre en arrière les corps genouillés.
Entre le corps strié et le noyau optique se trouve la bandelette demi-circulaire, logée dans un sillon elliptique.
Cette bandelette naît sous la lame cornée et la face supérieure de la couche optique; après avoir contourné l’extrémité postérieure de la couche optique, elle arrive sur sa face inférieure, s'épanouit en un pinceau de filamens blanchîtres, divergens, dont les uns se terminent dans la corne d’Ammon, les autres dans la partie supérieure de l’étage correspondant.
- Ces différentes parties sont enveloppées par le corps calleux auquel on reconnaît ici la forme d’un tricorne.
En avant, il donne naissance à la corne frontale, en arrière à l'occipitale, en bas à la sphénoïdale.
A la face supérieure et antérieure du noyau optique s’observe le trou de Monro, constitué par ses rapports avec le pilier antérieur. Un peu au-devant on observe la commissure antérieure.
Quand on enlève sur cette coupe le noyau intra-ventriculaire du corps strié, on voit la couche optique enveloppée par la couronne rayonnante de Reil.
L'éventail de Vieussens décrit un courbe elliptique, ouverte en avant, semblable à celle du corps strié dont il occupe l’épaisseur. Pour comprendre la composition des fibres rayonnantes qui forment la couronne de Reil, il faut savoir que la couche optique est formée de substance grise et blanche. Un assez grand nombre de vaisseaux se rendant à la toile choroïdienne complètent sa structure.
Une couche mince blanche recouvre le noyau optique en haut et en arrière; sa face interne, continue avec le luber cinereum, est formée de substance grise en grande partie.
Une coupe horizontale dans la couche optique y fait découvrir un noyau gris, volumineux, traversé par des fibres blanches très fines, obliquement dirigées de dedans en dehors et de bas en haut.
Quand il arrive de faire une section en dehors de la direction des fibres, on ne voit plus qu'un pointillé blanc sur un fond gris-jaunâtre. Les fibres blanches sont l'expansion de l'étage supérieur du pédoncule cérébral, c'est-à-dire lépanouissement du pédoncule cérébelleux supérieur qui passe sous le ruban de Reil, les tubercules quadrijumeaux, et autour de la commissure postérieure. De plus, on trouve dans l'épaisseur de la couche optique un faisceau médullaire qui est l’origine du pilier antérieur de la voüte.
C’est de la face externe de la couche optique que naissent ces fibres blanches et grises qui rayonnent en tous sens. Les unes en avant et en haut, ce sont celles qui émergent des parties antérieure et supérieure de la couche optique ; d’autres, postérieures et inférieures, regardent en arriere et en bas; les plus inférieures se dirigent en avant. Elles se continuent en partie avec les fibres du corps calleux et de l'hémisphère correspondant.
Elles sont un épanouissement des fibres pédonculaires, qui représentent les pyramides antérieures, les faisceaux innominés du bulbe et les pédoncules supérieurs du cervelet, dont nous
avons déjà parlé.
Une coupe verticule antéro-postérieure, pratiquée à un demicentimètre plus en dehors, montre le noyau intra-ventriculaire et extra-ventriculaire du corps strié.
Quand on examine le corps strié, on le voit formé par une couche de substance grise superposée à une couche blanche extra-ventriculaire, s’élargissant d’avant en arrière, à l'opposé du noyau intra-ventriculaire qui s’épaissit d’arrière en avant. Cette couche blanche, expansion du pédoncule cérébral, est entremêlée d’un pointillé grisâtre; elle se continue avec l'hémisphère correspondant et sépare le noyau intra-ventriculaire d’un second noyau gris qui appartient au Corps strié et qui avoisine la scissure de Sylvius.
A l’aide d’une série de coupes horizontales, on prend, d’une autre manière, connaissance des différentes parties du cerveau.
Nous avons mentionné une coupe horizontale générale, le cerveau étant placé sur sa base, dans le but d'étudier le corps calleux.
Quoique nous reviendrons plus tard sur ses connexions, nous allons procéder ici à des coupes horizontales, le cerveau étant couché sur sa convexité.
Une première coupe, partielle, peu profonde, entamant à peine la corne postérieure des ventricules latéraux, nous montre, au niveau de la section des pédoncules cérébraux, l’orifice de l’aquedue de Sylvius; la substance blanche cérébrale entourée de substance grise.
Au centre les corps genouillés avec les bandelettes et le bourrelet du corps calleux en arrière.
Une coupe plus profonde montre la face inférieure du trigone, son union avec le bourrelet du corps calleux ; plus en dehors, la face inférieure du corps calleux fermant en haut les ventricules.
On voit très nettement le sillon de séparation des deux piliers de la voûte. Puis les fibres transversales du bourrelet; audevant d’elles, des fibres à direction variée, mentionnées ailleurs, et qui forment la lyre. Celles du milieu, antéro-postérieures, longitudinales, légèrement curvilignes. Les fibres latérales sont obliques, de plus en plus longues vers la périphérie.
L’extrémité antérieure de la voûte se termine par un crochet, renflé à son extrémité ; c’est le pilier antérieur avec le tubercule pisiforme.
En arrière, le pilier postérieur de la voûte se continue avec le corps bordant et la circonvolution de l'hippocampe.
En dedans de lui, on voit les corps genouillés qui, à leur tour, embrassent la racine enlevée des pédoncules cérébraux ; enfin, tout au dedans, la couche optique qu’avoisinent les piliers élargis de la voûte dont nous étions partis.
Une coupe plus profonde que les précédentes montre la face inférieure du corps calleux.
Pour M. Foville, on sait qu'il n’y a aucune continuité entre le corps calleux et les hémisphères. Mais il admet la continuité entre les fibres incurvées de haut en bas qui partent des corps calleux et les fibres des pédoncules cérébraux.
Ainsi le corps calleux est une commissure formée par l’expansion des pédoncules.
On a vu que, pour M. Cruveilhier, les fibres radiées partant du bord externe du corps strié et de la couche optique vont constituer le corps calleux pour se perdre dans l'hémisphère opposé; qu’au niveau d’émergence de ces fibres des noyaux optique et strié, les fibres qui émergent du corps calleux et venant du côté opposé s’entre-croisent avec les premières.
M. Hirschfeld envisage le corps calleux comme un plan de fibres horizontales, curvilignes, parallèles. Les fibres rayonnent tout autour de ses bords, dans toutes les directions.
Les unes, ascendantes, vont à la convexité du cerveau ; d’autres, descendantes, à la base ; d’autres, enfin, horizontalement en tous sens.
Les fibres pédonculaires traversent toutes les couches opti-ques et les corps striés, de bas en haut et de dédans en dehors.
Tandis que les fibres inférieures appartiennent au noyau extra-ventriculaire, les fibres supérieures se rendent au noyau intra-ventriculaire,
Enfin, d'autres fibres plus externes et plus volumineuses se perdent les unes dans le corps calleux, les autres dans le noyau blanc de chaque circonvolution.
Les fibres descendantes des corps calleux s’entre-croisent en dehors, les fibres réfléchies en avant, les fibres horizontales au niveau des bourrelets longitudinaux avec des fibres pédonculaires correspondantes.
Pour constater l’entre-croisement des fibres ascendantes pédonculaires et descendantes calleuses, on enlève, à l’aide d’une coupe horizontale, voisine de notre première coupe, le noyau intra-ventriculaire du corps strié.
On voit, en mettant à nu toute la face inférieure du corps calleux, qu'il existe un raphé médian, contesté par certains anatomistes.
Par suite de l'existence de ce raphé, les fibres transverses d’un côté ne se continuent pas avec celles du côté opposé, preuve bien évidente du non-entre-croisement.
Les fibres dites obliques ne sont qu’une continuation des fibre: transverses dans les cornes ventriculaires.
Au niveau, l’extrémité postérieure de la couche optique, les fibres transverses, s’incurvent au point de devenir longitudinales, c’est-à-dire antéro-postérieures.
Pour prendre une idée bien complète de la structure du corps calleux, nous isolons cet organe de l’un des hémisphères, en le décoiffant partout. Puis, à l’aide de petites incisions, on en isole des fibres.
On constate d’abord la présence des tractus longitudinaux superposés sur la ligne médiane aux fibres transverses.
Plus en dehors, on voit les fibres transverses devenues obliques s’entre-croisant avec les fibres rayonnées pédonculaires.
Cet entre-croisement devient très manifeste quand on enlève les couches supérieures. Au niveau du bourrelet on voit que les fibres pédonculaires et calleuses n’ont aucune continuité. Les fibres postérieures se dirigent dans les circonvolutions postérieures qui se trouvent ainsi formées par des fibres pédonculaires et les fibres du corps calleux.
Quand on a ouvert les ventricules latéraux par en haut et que l’on pratique une coupe horizontale dans les couches optiques, voici les rapports que l’on découvre :
Les fibres du corpus album subrotundum se continuent, les superficielles au moins, avec la bandelette demi-circulaire.
D'autre part, les fibres de cette bandelette se continuent en s’engrénant avec les fibres rayonnées pédonculaires.
Celles-ci, à leur tour, forment un entre-croisement avec les fibres obliques et transverses du corps calleux.
Les fibres de la portion réfléchie, en s’incurvant de bas en haut, donnent naissance aux deux lamelles du septum.
Enfin, sur le bord interne et renversé du corps calleux, existe un raphé qui sépare les fibres pédonculaires et celles du corps calleux.
Pour étudier au point de vue purement descriptif les différentes parties du cerveau, nous avons procédé du dehors au dedans en découvrant successivement des couches de plus en plus profondes.
Lorsque ensuite nous avons repris la question de structure intime des tissus constituant ces organes, nous avons procédé du dedans au dehors en poursuivant les tissus et les parties auxquelles ils donnent naissance jusque vers la surface.
Jusqu'ici, nous avons vu les pédoncules cérébraux traversant le pont que forment les pédoncules cérébelleux moyens et portant au cerveau tous les faisceaux du bulbe rachidien.
Puis, à la base de l’encéphale, nous voyons ces faisceaux s’épanouir en dehors et en haut.
Ils plongent dans la couche optique et en émergent partiellement pour former la couronne rayonnante de Reiïl, pénètrent d’autre part dans les noyaux intra et extra-ventriculaires du corps strié.
D'autre part, ces pédoncules vont s’entre-croiser avec les fibres du corps calleux en plusieurs directions.
Ce corps calleux est continu avec les fibres radiées pédonculaires indirectement, près du raphé, entre-croisé, en avant et au niveau du bourrelet. La cloison transparente se continue en avant, le trigone en arrière avec le corps calleux.
Puis les pédoncules cérébraux et le corps calleux envoient des fibres en dehors qui s’épanouissent dans les circonvolutions.
Le corps calleux est ainsi une vraie commissure des hémisphères. D'autre part, nous avons vu naître en avant et en dehors des hémisphères et des pédoncules cérébraux une bandelette blanche, cylindrique, qui se trouve au-devant des piliers antérieurs, et connue sous le nom de commissure antérieure.
Au milieu, la commissure grise qui naït de la substance grise qui revêt le troisième ventricule et continue avec le tubercule cendré ; en arrière, enfin, la commissure postérieure qui se perd des deux côtés dans la couche optique.
Telle est la connexion intime des parties; nous y voyons des
fibres multiplement reliées entre elles, quoique toutes émanées d’une même source.
Arrivé là, nous examinerons la partie périphérique du cer-
veau.
Structure des circonvolutions.
11 suffit d’une coupe horizontale superficielle pour voir qu'il y a dans les circonvolutions deux substances : l’une, grise, enveloppante, la couche corticale ; l’autre, blanche, centrale, médullaire, qui est le noyau ou la base de chaque circonvolution. La substance corticale, en coiffant le noyau central, se moule exactement sur lui. La substance grise, un peu moindre que la blanche, en représente les 5/6 environ.
Pour étudier la disposition de la substance blanche, on la fait macérer dans l'alcool, ou bien on la fait bouillir dans l'huile comme le fit Vieussens. Il y reconnut des fibriles blanches fasciculées. Rolando, plus tard, montra que la substance blanche était réellement disposée en lamelles. Ce mode d’arrangement, que nous avons déjà vu en étudiant la structure du cervelet, et généralisé par M. Leuret le premier, est très facile à vérifier à l’aide des moyens tels que la coction ou la macération, dans les véhicules ci-dessus énoncés.
Au niveau des circonvolutions, les lamelles de substance blanche sont disposées en éventail. Le bord large répond au bord libre, le bord étroit au bord adhérent de la circonvolution.
Les lamelles sont unies entre elles par des filamens cellulovasculaires. Les lamelles sont continues avec les fibres du corps calleux et des pédoncules cérébraux. Indépendamment de cellesci, les circonvolutions ont des fibres propres, passant sous forme d’anses d’une circonvolution à l’autre en s’infléchissant dans les anfranctuosités.
Herbert Mayo admet trois ordres de fibres dans les circonvolutions cérébrales : 1° des fibres qui se dirigent d’une circonvolution à la plus voisine et aux plus éloignées ; 2° des fibres émanées des commissures ; 3° des fibres qui émergent de la moelle épinière.
Le premier ordre de fibres constitue en grande partie l’épaisseur de chaque circonvolution ; les fibres blanches, vénues des couches optiques, des corps striés et des commissures, constituent le centre des circonvolutions.
Les fibres blanches de la couche inférienre cérébraux s’irradient dans l'épaisseur du cerveau ; elles en con-
stituent les fibres antérieures et moyennes ; les fibres qui émanent de la couche optique constituent des fibres cérébrales pos-
Aos pédoncules
térieures.
Les fibres sont canaliculées et uniformément cylindriques. L'état variqueux qu’on leur a trouvé était un fait tout artificiel. Ces fibres sont à double contour, quoique l’on en trouve aussi qui n’en ont qu'un seul.
Leur membrane interne est formée d’une substance transparente homogène remplie d’un liquide oléagineux. Les fibres sont dans une complète indépendance réciproque et d’un dia-
mètre variable.
Substance grise des circonvolutions.
Ce que nous allons exposer sera un complément de ce que nous avons dit à propos de la structure du cervelet. La sub-
M°NIITS
stance corticale, comme nous l'avons dit, est composée de six couches.
La premiére, de dedans en dehors, est grise, la seconde blanche, la troisième grise, la quatrième blanche, la cinquième grise, la sixième blanchâtre.
Pour étudier ces couches, les anatomistes se sont fondés sur la transparence de la substancegrise et sur l’opacité de la substance blanche.
En allant de dedans en dehors, on compte une première couche transparente, une seconde Gyaque, une troisième transparente, une quatrième opaque, une cinquième transparente et une sixième demi-opaque.
Pour bien voir ces dispositions, M. Baïllarger enlève une couche très mince qu’il place entre deux plaques de verre qu'il scelle à la cire. On voit alors à la lumière, en interposant la plaque entre les rayons lumineux et l’œil, la parfaite transparence de la substance grise, transparence qu'altère la moindre partie de substance blanche.
Vicq-d’Azyravait reconnu dans le lobe postérieur que la couche grise est interrompue par une couche blanche, d’où l’aspect rayé de cette substance.
Meckel, plus tard, signala une semblable disposition dans la corne d'Ammon.
Puis Cazanireilh vint à distinguer trois couches : la plus interne grise, la moyenne blanche, la plus externe gris-blanchâtre.
M. Baillarger a ensuite expliqué des anomalies de disposition que présentent ces différentes couches.
Quand la substance grise qui forme la troisième couche est très mince, la deuxième et la quatrième couche, qui sont blanches se trouvent par le fait rapprochées.
Les deux lames blanches, qui peuvent être presque confondues, ne forment plus qu’une couche, cas qui s’est sans doute offert à M. Cazanireilh, et qui justifie dans cette limite seulement sa manière de voir.
Quelquefois aussi, les deux lames blanches sont très rapprochées de la substance corticale, la substance grise qui les sépare ayant disparu.
Quand cette dernière disposition se joint à la première, les quatre couches internes n’en forment qu'une seule.
C’est de la sorte que M. Baillarger explique l'existence admise
par certaine autaume da ranche iaune interstitielle. Celle-ci, d’après lui, résulterait d’une combinaison de sub-
stance blanche et grise, Une partie des fibres de la substance dite jaune lui semble venir de la substance blanche centrale.
De plus, la couche la plus superficielle de la substance grise, dite corticale, est bien plutôt blanchâtre, ce qui rend cette dénomination vicieuse. Elle se rapproche plus de la substance médullaire. D'ailleurs, la coloration de la couche corticale, coïncidant avec la blancheur de la couche superficielle, vient confirmer cette manière de voir.
On conçoit ainsi toutes les colorations partielles que l’on observe dans des cas pathologiques et qui consacrent ainsi l’opinion exprimée sur la constitution normale de ces couches.
Malpighi voyait de petites glandes partout dans la trame des organes. C’est à elle qu'aboutissent suivant lui les vaisseaux qui leur apportlaient les matériaux de sécrétion.
Dans cette hypothèse, la couche corticale du cerveau était couverte de glandes et les tubes nerveux qui y aboutissent en constituaient les canaux excréteurs. Malheureusement, Malpighi
n'avait pas même été le premier à émettre cette opinion erronée, car Hippocrate disait : « Caput quoque ipsum glandulas habet, cerebrum nempè glandulæ simile.» La doctrine de Ruysch sur la nature exclusivement vasculaire de cette substance était également une erreur.
Il est-une question sur laquelle régnait une non moins grande incertitude; c’est celle relative au mode d'union des substances corticale et médullaire.
Pour Malpighi, les fibres médullaires canaliculées naissant dans l'épaisseur de la matière grise amenaient une pénétration réciproque des deux substances.
Vieussens et Reil n’admettaient qu'une simple adhérence entre les couches corticale et médullaire.
Nous y verrons aboutir les fibres divergentes de Gall et naître les fibres convergentes.
Nous mentionnerons ici l'opinion de M. Baillarger.
Une couche très mince de la substance corticale examinée à la lumière entre les plaques de verre montre un grand nombre de fibres blanches, coniques, à grosse extrémité dirigée en bas. Ces fibres, très nombreuses et très longues au sommet des circonvolutions, deviennent de plus en plus rares et plus courtes à mesure qu’on descend dans le fond des anfractuosités, où elles semblent même cesser presque complétement dans certains cerveaux.
Ce fait s’explique par le changement de direction que reçoivent les fibres, qui, verticales à la partie moyenne, deviennent de plus en plus obliques pour se trouver transversales au-dessus de l’anfractuosité, et de là passer aux circonvolutions voisines. Aussi, la ligne d’union est-elle bien plus nette dans le fond de l'anfractuosité qu'au sommet où il y a une sorte de fusion.
De sorte qu'au sommet des circonvolutions les deux substances sont étroitement unies. Cette question nous conduirait à examiner le mode de terminaison des fibres primitives à la surface de l’encéphale.
Suivant Valentin, la terminaison se fait en anses très distinctes dans la couche jaune interstitielle.
La substance périphérique serait purement globuleuse.
Ern. Burdach n’a point confirmé l’observation de la terminaison en anses. Néanmoins, observons que Ehrenberg a vu les fibresprimitives des nerfs se continuer dans celles de la substance blanche du cerveau et de la moelle.
D'après Valentin, les fibres nrimitivee ani pénètrent dans la
moëlle se terminent toutes dans le cerveau.
Puis, parvenues dans la substance blanche, elles y prennent des dispositions plexiformes variées au moment où elles se terminent dans la substance interstitielle.
Après avoir démontré l'existence de deux couches blanches dans la substance corticale, M. Baillarger démontra dans ces couches l'existence de deux rangées de fibres verticales. Beaucoup de ces fibres viendraient de la substance blanche centrale. Ces fibres, dit-il, en sortant de la substance blanche, traversent en s'amincissant la première couche qui est grise et transparente; arrivant à la deuxième couche blanche et opaque, elles se renflent, puis elles diminuent de nouveau dans la troisième couche grise pour se renfler une seconde fois dans la quatrième couche qui est blanche.
Toutes les fibres des lames blanches ne se continuent point avec celles venues de la substance blanche centrale.
Les couches ou lames blanches intermédiaires auraient donc des fibres propres indépendantes de la substance blanche centrale.
De plus, il a constaté chez le chien la présence de fibres transverses, croisées à angle droit avec les précédentes et formant avec elles une sorte de damier.
On a déjà vu que Valentin a cru découvrir des fibres en anses dans les lames blanches intermédiaires.
Nous croyons utile de présenter ici le résumé de la doctrine anatomique de Gall et Spurzheim sur la structure du cerveau.
Doctrine de Gall et Spurzheim.
Nos découvertes et nos opinions, disent les auteurs, se présentent sous quatre points différens. Les unes ont été attribuées à des auteurs anciens; d’autres ont été regardées comme douteuses ; plusieurs autres ont été reconnues comme neuves et véritables ; et une quatrième partie a été entièrement passée sous silence.
A. Parmi les objets attribués aux anciens se trouve :
1° Leur méthode de dissection pour l’examen des nerfs et du cerveau. Or, leurs procédés sont purement mécaniques. Ainsi, Varole et Vieussens, chez qui l’on a cru retrouver leurs idées, faisaient venir tous les nerfs des parties supérieures du cerveau. Cette méthode est celle de Vicq-d’Azyr que tout le monde reconnaît insuffisante.
Ceux des anatomistes qui commençaient par la base ne restaient pas fideles à cette méthode, en procédant au hasard d’une partie à l'autre, ou bien désignant sous le nom de base toute la partie inférieure des hémisphères, et sans penser à dériver les faisceaux primitifs du cerveau et du cervelet, de la moelle allongée, ni à les poursuivre dans la protubérance annulaire et au-delà, selon l’ordre de leur renforcement et de leur épanouissement successifs.
Les allégations isolées, que l’on produisait contre eux sous formes d’objections étaient à la vérité déjà connues en grande partie comme faits isolés et matériels; mais c’est en les empruntant à Gall, qu’on les a produites comme des argumens . de l’ancienneté des principes par eux d’abord établis.
Méme nous verrons dans la suite que Gall démontre que leur méthode, loin d’avoir été suivie antérieurement d’après des principes d'anatomie comparée et de physiologie, ne l’a même pas été sous le rapport mécanique.
2° Leur doctrine sur l’usage de la substance grise d’où ils font
l’origine des nerfs.
LES plus grands anatomistes, Haller et Sæœmmering, leur fournissent des argumens qui démontrent que leurs principes ne se retrouvent et ne se trouveront jamais en aucune manière dans les hypothèses contradictoires produites en faveur de leurs devanciers.
3° La comparaison de tout le système nerveux à un réseau. Ici, Gall avoue avec bonne foi qu’on lui attribue plus qu’il ne lui revient.
Ce n’est pas qu'il n’admette une influence mutuelle entre les divers systèmes de nerfs qui ont entre eux des branches de communication. Mais, d'autre part, n’abandonnant point pour cela l'opinion que les systèmes nerveux diffèrent les uns des autres, selon les divers amas de substance grise qui leur donnent naissance, Gall rejette la comparaison avec un réseau, surtout si l’on en veut conclure à leur homogénéité, et ne faire plus dépendre la différence de leurs fonctions que de la difference de leurs aspects extérieurs ou d’autres circonstances acces-
soires.
4° La connaissance du prolongement des pyramides à travers la protubérance annulaire, les prétendues couches optiques et les corps striés, jusque dans les circonvolutions. D’après les preuves fournies par Gall, il semble impossible de lui contester qu'avant eux on dérivait tous les nerfs de haut en bas; que les hémisphères ne peuvent étre considérées comme un simple prolongement des pyramides qui leur sont de beaucoup inférieures en volume ; et que d’ailleurs personne n’a jamais eu l’idée de la loi du renforcement successif.
Ce que l’on avait vu avant eux n’était qu'un enchainement mécanique, mais point un prolongement ni une préparation successive pour la formation des circonvolutions ou pour le complément des véritables organes des facultés intellectuelles.
5° L’explication de la véritable formation des commissures.
Avant nous, dit Gall, on n’avait absolument aucune idée des systèmes des nerfs rentrans où convergens, lesquels arrivent de l’un et de l’autre hémisphère, pour former les commissures ; d’où il résulte nécessairement qu'avant nous l’on avait à la vérité aperçu d'une manière plus ou moins claire qu'il y avait entre les hémisphères des intermédiaires de substance médullaire en connexion avec eux, mais on ne pouvait se faire aucune idée de leur véritable rapport ni de leur manière d’être.
B. Objets regardés comme douteux.
1° L’analogie qui règne entre les divers ganglions du système nerveux de la vie organique et les renflemens de la moelle épiniere.
2° L’analogie qu'ont le réseau muqueux de la peau et les autres couches de substance grise, visibles sur toutes les expansions nerveuses avec la substance grise du cerveau et du cervelet.
À moins que, par analogie, l’on n’entende la même chose que par identité et homogénéité, il est impossible qu'il reste encore le moindre doute sur cet objet.
3° La parité des lois d’après lesquelles les nerfs et le germe des plantes se développent, se forment et se renforcent successivement.
Tant que l’on a cru que tous les nerfs prenaient leur origine dans le cerveau et que les branches et les rameaux d’un arbre
étaient un prolongement des fibres ligneuses du tronc, la comparaison n’a porté que sur de fausses suppositions et a dû principalement être abandonnée par ceux qui ne faisaient aussi naître des nerfs calleux que dans le cerveau. Mais Gall ne pense pas que l’on puisse rejeter cette parité ou cette comparaison en voyant le germe sortir d’un amas particulier de substance muqueuse, en voyant ce germe se développer, les branches se former, s’accroitre, se multiplier et se modifier, précisément d’après les lois mêmes observées par Gall et Spurzheim sur le système nerveux.
4° Le renflement plus ou moins marqué de la moelle épinière aussi bien dans l’homme que dans les brutes à l’origine de chaque paire de nerfs.
5e L'origine des nerfs cérébraux de l’homme, des animaux mamumiferes et des oiseaux dans des amas de substance grise de la moelle allongée.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder, disent les auteurs, partout on reconnaïitra qu'il existe de la substance grise dans la moelle allongée, Cette vérité d'ailleurs avait été consacrée par
les anatomistes qui les ont précédés.
G° Le détachement qui, dans les animaux carnassiers, a lieu derrière le pont pour la sixième et la huitième paire des nerfs, et même chez plusieurs d’entre eux pour la cinquième paire.
Sous ce rapport, d’après eux, le singe seul se rapproche de l’homme.
7° L'usage qu'a le corps ciliaire de renforcer suffisamment les corps restiformes, pour la production des deux lôbes.
D'après cette notion, les lobes cérébelleux se forment absolument d'après les mêmes lois que les hémispheres du cerveau.
8° La démonstration, non pas seulement analogique, mais réelle relativement à l’existence d’une masse nerveuse convergente dans le cervelet.
Certains anatomistes avaient reproché à Gall et Spurzheim d'admettre par pure induction l'existence des deux ordres de nerfs dans le cervelet.
Or c’est précisément dans les nerfs du cervelet qu'ils les ont d’abord découverts, et là, disent-ils, ils sautent encore plus évidemment aux yeux que dans le cerveau.
9° Le déplissement naturel et artificiel des circonvolutions fondé sur une duplicature réelle de leurs couches fibreuses, lesquelles sont tenues en contact, soit par un adossement immédiat, soit par un tissu cellulaire intermédiaire.
10° La non-existence d’un seul centre pour tous les nerfs.
On avait dit que les esprits sages n’ont jamais présenté le centre unique, imaginé pour en faire le siége de l’âme, que comme une hypothèse très légèrement appuyée par les faits ; et, à la fin, ils restent indécis sur ce point central qui est physiquement et moralement impossible, et dont la non-existence est évidemment démontrée par les faits, depuis le polype jusqu’à l’homme ; aussi n’hésitons-nous pas, disent-ils, malgré toutes les réveries des métaphysiciens, à le déclarer comme un être absolument chimérique.
11° La pluralité des organes des facultés intellectuelles.
Question sur laquelle nous aurons occasion de revenir dans la physiologie du cerveau.
G. Objets avoués et reconnus.
1° La méthode des deux célèbres anatomistes a été reconnue préférable à toutes celles qui sont connues, tant pour arriver à la connaissance exacte de la structure du cerveau qu'à celle de ses fonctions.
2° La substance grise est l’origine et l’aliment de toutes les fibres nerveuses, et c’est par son moyen qu’elles se renforcent
et se multiplient.
3° Les premiers, ils ont démontré les renflemens qui, dans
la moelle épinière du veau, correspondent à chaque paire de nerfs.
4° Il y a analogie entre la substance grise qui recouvre les hémisphères du cerveau et du cervelet, et celle qui se trouve dans les tubercules quadrijumeaux, les prétendues couches optiques et les corps striés.
5 Que les nerfs cérébraux viennent de la prétendue moelle allongée, et que l’on ne peut plus considérer le cerveau comme l’origine des divers systèmes nerveux.
G° Que la bande ou le renflement de substance crise, visible à la tige du nerf auditif, est le véritable ganglion de ce dernier et se trouve toujours en rapport avec son volume.
7° Les premiers, ils ont démontré la véritable origine de la sixième et de la septième paire cräniennes.
8 Qu'’avant eux, il est positif qu'on ignorait la véritable origine de la cinquième paire de nerfs, et on leur doit la con-
naissance d’un moyen propre à faire voir sa direction d’une maniere évidente.
9° Que le nerf optique ne reçoit point de fibre de l’intérieur de ses prétendues couches optiques.
10° Que la paire antérieure, nattes des tubercules quadrijumeaux, et le corps genouillé externe, sont de véritables ganglions du nerf optique ; qu'ils se trouvent en rapport avec lui et qu'ils s’atrophiaient comme lui.
11° Avant eux aussi, On avait confondu les tubercules antérieurs des oiseaux avec les couches prétendues optiques des mammifères.
12° Que les nerfs optiques sont plus gros avant qu'après leur jonction.
13° Que le corps ciliaire ou frangé existe aussi dans le cervelet des brutes mammifères, et qu’il y est seulement plus petit que dans l’homme, parce qu'il est proportionné au volume du cervelet.
14° Mieux que qui que ce soit avant eux, ils ont mis hors de doute la décussation des pyramides.
15° Les pyramides, dans leur progression à travers la protubérance annulaire, les couches dites optiques, et les corps striés, se renforcent par de nouveaux filets nerveux, engendrés dans la substance grise, qu’elles s’épanouissent ensuite dans les circonvolutions du cerveau, et que c’est uniquement dans ce sens que se fait leur prolongement.
16° C’est à eux que l’on doit la coupe au moyen de laquelle on peut suivre de l’œil le prolongement et le renforcement successif des pyramides jusque dans les circonvolutions du cer-
veau.
17° Les premiers, ils ont fait connaître les deux ordres de
fibres nerveuses du cerveau.
18° Les premiers, ils ont établi la généralité des commissures et leur rapport avec les nerfs qui se trouvent en connexion avec elle.
D. Objets absolument passés sous silence.
Gall et Spurzheim reprochent aux anatomistes qui les ont jugés d’avoir omis les points suivans :
Que ce sont eux (Gall et Spurzheim) qui, les premiers, ont décrit la bande transversale située derrière le pont chez les animaux et indiqué en même temps la cause pour laquelle on ne la remarque point chez l’homme.
2° Qu'avant eux, personne n'avait parlé des divers faisceaux nerveux visibles dans la moelle allongée des gros animaux, ni pensé à les désigner comme l’origine des nerfs dits cérébraux.
3° Qu'on leur doit la connaissance du prolongement, à travers le pont, d’un cordon nerveux particulier, sorti des éminences olivaires, et de plusieurs autres situés plus profondément, ainsi que celle du rapport de leur renforcement comparé à celui des pyramides.
4 Que, les premiers, ils ont fait observer la formation des circonvolutions des hémisphères par les différens faisceaux des nerfs qui sortent en plusieurs points des couches optiques et des corps striés, objet tres important par rapport à l’augmentation progressive des hémisphères dans les diverses espèces d’animaux, puisqu’en le perdant de vue, l'anatomie comparée des parties cérébrales devient impossible dans ses relations respectives avec les facultés des animaux.
5 Qu'’à part les deux bandes transverses, mutilées dans les dessins de Vicq-d’Azyr, ils en ont découvert plusieurs autres tout à fait ignorées.
G° Que ce n’est que depuis eux que l’on connaît la différence de la commissure antérieure dans l’homme et dans les animaux ainsi que la cause de cette différence.
7° Que ce n’est que depuis leurs données que l’on peut expliquer l'accroissement extraordinaire du nerf olfactif de plusieurs animaux dans la substance grise qui se trouve à la base des circonvolutions antérieures.
8° Que les commissures sont toujours en rapport avec leurs nerfs respectifs, et que c’est par cette raison que le pont est ordinairement beaucoup plus étroit dans les brutes que dans l'homme.
9° Que le ver ou l’appendice vermiforme du cervelet des mammiféres est formé par un faisceau du corps ciliaire.
10° Ils ont de plus expliqué pourquoi les amphibies, les poissons et les oiseaux n'ont point de pont.
11° Ils ont observé les couches nerveuses perpendiculaires, l'origine et l'accroissement de la cloison transparente, sa connexion avec la grande commissure.
Or, jusqu'où allait avant eux la connaissance de la structure du cerveau ?
L'on s’est asservi, disent-ils, pendant plusieurs siècles, à une nomenclature absurde et toute basée sur des analogies qu’une imagination nourrie de futilité pouvait seule saisir.
Voilà pourquoi l’on voit encore figurer dans l’anatomie du cerveau la corne d’Ammon, le pied de cheval marin, le cuissard, la voûte à trois piliers, l’écorce, la substance médulaire, le centre ovale, le corps calleux, les corps olivaires, les corps pyramidaux, les glandes pinéale et pituitaire, le pont de Varole, la lyre, le ténia, l’éperon, la cuisse, la jambe, les corps maxillaires, les nattes, testes, vulva, anus.
Sœmmering et Chaussier ont proposé de réformer cette nomenclature; mais ils n’ont pas non plus été au-delà des formes mécaniques des diverses parties du cerveau.
Les tubercules quadrijumeaux, au lieu des nates et testes, n’apprennent rien de plus.
Cette tendance est bien manifeste dans Vicq-d’Azyr qui ne propose que des coupes.
De la sorte, on n’étudiait jamais que des cerveaux lacérés ; d'où de fausses idées sur la direction des fibres, sur le tissu constituant des organes ; d’où des notions grossières sur la connexion des organes, sans rapport soit entre eux, soit avec le : tout, par conséquent sans indice de connexion.
Dès à-présent donc, on peut considérer l’ensemble des systèmes nerveux sous un point de vue plus élevé.
Les lois sur leur origine, leur renforcement successif, leur épanouissement et sur le complément des appareils des fonctions les plus variées, sont en partie découvertes et ramenées à un principe général. Le nerf qui préside au mouvement, au sentiment et aux fonctions des sens, naît et se développe d’après les mêmes lois que l'organe au moyen duquel l'esprit sent, veut et pense. :
Partout désormais, on verra un but dans une disposition ; partout des moyens d'influence réciproque, malgré la diversité la plus étonnante des fonctions.
Toutes ces anciennes formes et ces connexions mécaniques se transforment aujourd’hui en une collection d'appareils avec des usages déterminés.
De même que l’action des différens viscères et la relation des différens sens se trouvent subordonnées à un appareil nerveux particulier, de même aussi chaque instinct, chaque faculté
intellectuelle, se trouvent subordonnés dans l’homme et dans tous les animaux, aux conditions matérielles de la substance nerveuse du cerveau.
11 faut convenir, dit Gall, avec Bonnet, Condillac, Herder, Cabanis, Prochaska, Sœmmering, Reil, que tous les phénomènes de la nature animée sont basés sur l’organisme en général, et que tous les phénomènes intellectuels sont basés sur le cerveau en particulier.
Tels sont d’une manière générale les points fondamentaux de la doctrine de Gall; ils cherchent à montrer comment il faut envisager ces connexions intimes qu'ils regardent comme la base rationnelle de la physiologie du cerveau.
Nous étions arrivés dans la question de structure jusqu'aux pédoncules cérébraux. C’est de là que nous allons continuer à suivre Gall.
Toutes les parties parvenues à la protubérance pénètrent dans son intérieur, recouvertes à la face inférieure de la couche épaisse des jambes antérieures du cervelet; là, elles se divisent en plusieurs faisceaux, entrelacés dans d’autres faisceaux transversaux qui viennent du cervelet, plongent dans un amas de substance pulpeuse, s’y renforcent et s’y multiplient au point qu'à leur issue elles forment les pédoncules du cerveau. Chez l’homme, ce sont les faisceaux inférieurs qui, prenant le plus grand accroissement dans ce passage, forment les deux tiers des pédoncules.
Les pédoncules contiennent eux-mêmes, dans tout leur trajet, beaucoup de substance pulpeuse, par laquelle ils acquièrent un accroissement successif; mais cet accroissement se fait dans les couches inférieures.
Elles s'enfoncent dans une grande masse de substance grise, et forment un renflement assez dense, très élevé et d’une figure inégale vers les parois des ventricules.
Dans ces ganglions, nommés couches optiques, les faisceaux se renforcent par l'accession d’une quantité de petits filamens qui les rendent plus gros; ils en sortent ensuite dans une direction rayonnante et divergente.
Les faisceaux postérieurs vont, en s’épanouissant, former les lobes postérieurs.
A la face inférieure latérale des pédoncules et au bord extérieur du nerf optique, il se détache d’autres faisceaux pour produire les lobes moyens.
Tous les autres faisceaux traversent un grand amas de substance gélatineuse connue sous le nom de corps striés; les uns s’y enfoncent directement, et les autres après avoir traversé une partie des couches optiques.
C’est là qu'il s'engendre encore une quantité de filamens nerveux. Ceux de la masse située dans les ventricules se rendent aux faisceaux déjà formés pour les renforcer, et forment avec eux, en se prolongeant et s’épanouissant, les lobes antérieurs et les circonvolutions supérieures et moyennes.
D'autres filamens nouvellement engendrés dans la partie inférieure et extérieure de la même masse, se rendent immédiatement aux circonvolutions voisines, qui sont moins prolongées que les autres et recouvertes par les lobes moyens.
C'est donc une grande erreur de prendre les couches optiques pour l’origine des nerfs optiques, d'autant plus que leur grandeur n’est jamais en raison de celle des nerfs, mais toujours proportionnée aux parties des hémisphères qui en sont la production.
On voit aussi l’erreur de ceux qui ont pris les corps striés
T. III
pour l’origine des nerfs olfactifs, quoique Sæmmering ait déjà observé que ces nerfs n’ont aucune proportion avec ces tubercules.
Tous les faisceaux du bord externe des corps striés et des couches optiques se dirigent donc dans tous les sens.
En avant, vers les côtés, en arrière, en haut en s’élargissant toujours davantage jusqu'aux bords externes des grandes cavités, c’est là qu'ils paraissent former un tissu d’où ils se dégagent ensuite en plusieurs filamens épanouis pour former des duplications sous le nom de circonvolutions.
La base de ces circonvolutions et leurs interstices s'appuient sur le bord extérieur de ce tissu. Les duplicatures sont donc formées dans le cerveau d’après la même loi que dans le cervelet, si ce n’est que dans le cerveau elles ne se subdivisent que rarement en ramifications latérales, et qu’elles sont d’ailleurs plus grandes et plus profondes.
Au delà de ce tissu, chaque duplicature sé laisse très facilement étendre en forme de poche; il s’ensuit que ce tissu est déchiré par une manipulation grossière, ou étendu par uné action successive; comme dans l’hydrocéphale, toutes ces duplicatures se trouvent transformées en une espèce d’épanouissement membraneux recouvert au dehors de substance grise.
Il en est donc, dit Gall, de la membrane cérébrale comme de l'épanouissement de tous les nerfs, à commencer par la rétine jusqu'aux ligamens ; et les mêmes lois s’observent dans la formation du cerveau et du cervelet, comme dans tous les autres systèmes nerveux ; partout origine et accroissement successif par l’entremise de la substance gélatineuse, puis épanouissement final recouvert de la même substance. Comme il manque dans les animaux plusieurs parties qui constituent le cerveau humain, il en résulte des hémisphères moins compliqués et en apparence plus symétriques, qui très simples dans certains animaux, ne forment plus qu’une expansion unique et creuse à l’intérieur.
11 faut encore indiquer un appareil tout particulier dans l’accroissement successif de ce système.
Plusieurs renflemens considérables présentent dans tout leur contour un tissu qui est produit par une bande transversale. On en remarque une dans les pédoncules du cerveau des animaux, dans le mouton par exemple; une autre aux bords extérieurs des tubercules quadrijumeaux; une troisième entre les couches optiques et les corps striés; une quatrième sur les bords antérieurs de la substance grise dans les grandes cavités : en renversant le nerf optique, il s’en présente d’abord une cinquième; et en levant une partie de la substance grise, on en voit une sixième et une septième.
La coupe par laquelle Gall et Spurzheim veulent démontrer leur opinion est ainsi décrite :
Elle passe par le milieu de l’éminence pyramidale de la jambe du cerveau, de la couche optique et du corps strié d’un côté, en allant obliquement en avant et en dehors.
On y voit les faisceaux des pyramides s’entrelacer distinctement avec ceux du pont de Varole et avec la substance grise qui s'y mêle et qui leur fournit des fibres de renforcement ; partant de là dans la jambe, ils reçoivent de nouveaux filets du processus cerebelli ad testes. Une fois sous la couche optique, ils se rassemblent en une masse blanche à laquelle les filets innombrables de l’intérieur de la couche optique viennent se joindre par des angles aigus en avant. Cette dernière circonstance est essentielle à remarquer; elle prouve que les couches envoient leurs filets en avant, et non en arrière, comme Vieussens l’avait supposé ; elle
fait voir aussi que ce n’est pas dans le nerf optique que ces filets se rendent, comme l'avait cru Vicq-d’Azyr.
La masse blanche devient alors plus forte et se partage en un grand nombre de colonnes divergentes qui constituent le grillage blanc du milieu des corps striés ; la matière grise de la face supérieure de ces corps donne encore une infinité de petits filets comme les couches.en avaient donné; enfin, toutes ces fibres se dispersent dans la masse médullaire des hémisphéres où nous les retrouverons bientôt.
Les deux arcs transversaux blanchâtres que l’on voit dans la coupe horizontale, et que Vicq-d’Azyr a exprimé en partie dans sa planche, sont les endroits où il arrive le plus de filets des régions supérieures des couches optiques et des corps striés.
Cependant, des auteurs pensent qu’il n’y a pas plus de raison pour dire que les gros faisceaux des pyramides vont aux hémisphéres que de les en faire émaner.
On doit pourtant se demander dans quel sens vont les petites fibres des corps striés et des couches optiques.
Sont-elles fournies par ces tubercules pour grossir le grand faisceau médullaire,ou bien se détachent-elles du faisceau médullaire pour se perdre dans ces tubercules ?
Or, cette opinion est rejetée par beaucoup d'auteurs qui préférent la théorie de Gall. Car ils pensent aussi que ces anatomistes sont en droit de dire, dans ce cas, que les faisceaux médullaires vont toujours en grossissant, depuis les pyramides jusqu'aux hémisphères.
De ce fait, il ne résulte pas que l’on doive accepter la doctrine éntière de Gall. Car l’objection, sur la double direction de l’action nerveuse n’est point résolue par cela. Cependant les réactions sympathiques de tous les organes sur le cerveau, soulèvent toutes des objections de ce genre.
Relativement à l’analogie des systèmes végétaux et nerveux, on a objecté à Gall et Spurzheim que, tandis que tout naît simultanément dans le système nerveux, dans les systèmes végétaux tout naît successivement.
Si l’on voulait admettre, dit Gall, que le germe, la simple ébauche ou la tendance à une forme quelconque, est déjà la formation complète de toutes les parties d’un individu, il faudrait aussi admettre que dans la semence d’une plante toutes les parties sont formées à la fois du moment de la fructification. La régénération des parties tronquées, même des yeux et de la tête, dans les écrevisses, les lézards, prouve qu’une formation et un développement successif de diverses parties n’ont rien de contradictoire dans l'organisme vivant.
Dans la chenille, les organes de la digestion et de la nutrition sont déjà complétement développés, tandis que l’on y découvre à peine les premiers rudimens de ceux de la génération, qui prennent un grand accroissement dans le papillon.
De même qu'après la naissance il y a des parties qui s’oblitérent en perdant leurs fonctions, de même aussi il y en a d’autres qui se développent pour de nouvelles fonctions. Plus les animaux sont près de l’époque de leur formation, plus la substance grise domine sur la substance nerveuse.
Dans un fœtus de cinq mois, presque toute la moelle allongée est encore de la substance grise, tandis que les nerfs spinaux, les optiques, les oculo-moteurs, sont déjà sensiblement -développés. On y voit les pyramides, mais on a de la peine à se convaincre de leur prolongement à travers la protubérance, et l'on ne distingue pas non plus les fibres transverses du cervelet dans cette dernière. Les pédoncules du cerveau eux-mêmes se
trouvent, à cette époque, encore noyés dans la substance grise. Les couches optiques et les corps striés ne présentent pas encore de stries blanches à l’œil.
Dans le cervelet, le corps frangé est encore très petit, parce que ce n’est que longtemps après la naissance qu’il acquiert son développement. |
En supposant que tout se forme simultanément chez les animaux, il n’en est pas moins vrai de dire que les nerfs naissent, se développent et se renforcent chez eux moyennant les mêmes appareils que l’on découvre pour la formation, l'accroissement et la nutrition des plantes.
Dans les végétaux, c'est le suc laiteux des cotylédons, le cambium, l'écorce; et dans les animaux, c'est la substance grise, muqueuse et gélatineuse qui se trouvent toujours en raison directe du volume et du nombre des parties qui en naïissent. à
Que cela ait lieu simultanément ou successivement, toujours est-il que l’on retrouve la même loi.
Du système nerveux rentrant ou convergent.
Comme Bichat, ces auteurs regardent les nerfs organiques et animaux comme formés de systèmes indépendans, mais ayant plusieurs ramifications entre eux.
Les systèmes de la vie organique se présentent réellement quelquefois dans un isolement absolu ; mais ils sont enchaïnés les uns aux autres par des anastomoses.
De même toute la vie organique est dans un enchaïinement réciproque avec la vie animale par le moyen des branches communiquantes de la moelle, des nerfs vague, glosso-pharyngien, des cinquième et sixième paires qui se rendent au nerf intercostal. La réunion des divers organes de la vie animale, des sens, etc., dans chacun des hémisphères par le moyen des anastomoses, établit entre ces organes tant de connexions, que l’on ne saurait toujours assigner leurs limites exactes, et qu’une anatomie circonscrite des organes du cerveau devient impossible.
Ces connexions n’établissent pas encore la correspondance d’un organe de la vie animale avec son congénère de l’hémisphère opposé, ce qui a fait présumer que la nature devait avoir établi desmoyens decommunications et d’influences réciproques.
Aussi les anatomistes ont-ils de tout temps démontré sous le nom de commissures des connexions de la substance médullaire d’un côté à l’autre; ils ont indiqué les commissures antérieure et postérieure, de même que la grande commissure des hémisphères.
Ainsi, la forme mécanique de ces points d’alliance mutuelle était connue ; mais comme on a compris que les commissures avaient pour but de faire communiquer les deux hémisphères l'un avec l’autre, on aurait dû conjecturer qu’elles devaient avoir une liaison et un rapport avec toutes les parties constituantes du cerveau, et en conséquence dériver leur origine de plus loin.
Examinons ces appareils. Les deux faisceaux constituans, les corps restiformes se dirigent, avons-nous dit, postérieurement à leur entrée dans chaque hémisphère, pour former le système des nerfs divergens.
Outre ce système, on en observe un autre ; car on voit aux bords antérieur et extérieur que des filamens nerveux venant de toutes les lames, se rassemblent en un gros cordon qui passe à angle aigu au-dessus du faisceau constitutif de chaque côté,
s'élargit et forme avec sa partie congénère la commissure du cervelet ou la protubérance annulaire.
Le cervelet, son cordon, son ganglion et sa commissure sont toujours dans une proportion réciproque.
Dans les animaux mammiferes, ces parties sont plus petites, cela explique pourquoi la cinquième paire se détache immédiatement derrière la commissure, et pourquoi on voit une bande transversale d’un nerf auditif à l’autre surmontée par les pyramides.
Les poissons, les reptiles et les oiseaux, n’ayant pas de lobes cérébelleux latéraux, n’ont pas non plus cette commissure.
Les hémisphères du cerveau nous offrent les mêmes phénomènes que le cervelet, relativement aux deux ordres de fibres nerveuses. Les fibrilles qui viennent des pédoncules en s’épanouissant pour former des plicatures, aboutissent, comme nous l'avons vu à la substance grise.
Mais on peut en outre démontrer dans toute la périphérie des hémisphères, au delà du tissu sur lequel porte le fond des duplicatures ou des circonvolutions, une substance nerveuse particulière, qui paraît d’abord épanouie par couches, et qui se réunit ensuite en filamens, et enfin en faisceaux distincts lesquels se portent en convergeant vers l’intérieur pour former avec la substance congénère du côté opposé une commissure entre les deux hémisphères. Dans quelques circonvolutions de la partie repliée au-dessous du lobe postérieur, on peut poursuivre cette masse rentrante dans une couche non interrompue jusqu’à ce qu’elle forme des filamens distincts. Cette substance blanche et molle, qu’on rencontre dans les duplicatures, se continue sans doute partout de la même manière dans les commissures.
Comme ces fibres sont convergentes, et qu’elles affectent non seulement dans chaque région une direction différente, mais en quelques endroits, une entièrement opposée à celle des fibres qui viennent des pédoncules, principalement dans les parties antérieure et postérieure; qu’en outre séparées de ces dernières, elles sont beaucoup plus molles et plus blanches qu’elles, les auteurs se croient autorisés à les regarder comme un système particulier.
Enfin, comme plusieurs commissures, la grande et l’antérieure seraient situées hors des hémisphères et dans leur interstice, et leur origine ne pourrait être dérivée de leurs points de réunion où il n’y a guère de substance grise; cette raison paraît suffisante à Gall pour les considérer comme une masse rentrante des circonvolutions, soit qu’elle se constitue des filamens sortans, ou qu’elle aitété nouvellement engendrée dans la substance grise.
Par là, Gall croit réfuter l'opinion qui attribuait à la substance grise l’usage d’émousser les premières impressions.
Par là aussi, il explique pourquoi les hémisphères ont un volume plus considérable que les corps striés.
.… La. commissuré. des circonvolutions antérieures présente une différence dans l’homme et dans les mammifères privés de la majeure partie des lobes moyens, par exemple chez le cheval, le bœuf, le cochon, le chien, le mouton. Cette commissure sortant, dans ces animaux, des circonvolutions antérieures et inférieures, forme chez eux un arc dont la direction est opposée à celle du même arc dans l’homme.
Mais ces fibrilles ne se confondent ni dans l’homme ni dans les animaux, avec la grande commissure ou avec les pédoncules cérébraux.
Les lobes antérieurs et postérieurs sont disposés de manière
que les nerfs rentrans ne se réunissent pas partout dans üne direction transversale; par conséquent, la grande commissure n’occupe pas toute la longueur des hémisphères, maïs seulement la partie moyenne.
Les filamens rentrans des parties antérieure et postérieure se rendent donc obliquement vers les bords respectifs de la grande commissure et y forment les replis antérieur et ; ostérieur.
Il est difficile de soutenir que dans ces commissures il s'opère une véritable réunion, c’est-à-dire que les parties rentrantes des deux hémisphères se confondent. Car avec une coupe perpendiculaire sur toute la ligne médiane de! l’encéphale, on rencontre des stries perpendiculaires. Ces deux lames verticales’s’adossent ou bien les fibres des commissures se continuent à travers les stries perpendiculaires.
Formation des ventricules et déplissement des circonvolutions.
Comme la masse divergente s'étend dans toutes les directions avant de former un épanouissement plus délié dans les duplicatures des circonvolutions , et que les nerfs rentrans forment des couches larges, provenant de toutes les parties des deux hémisphères, c’est-à-dire d’en haut, de devant et de derrière, pour se porter dans la région supérieure vers la ligne médiane, et s’y réunir, il en résulte nécessairement des cavités que l’on nomme ventricules.
Ces cavités sont le siége de l’hydrocéphalie qui, devenant con sidérable, déplisse les circonvolutions et les étend comme une sorte de vessie, sans que pour cela les fonctions intellectuelles soient toujours dérangées d’une manière très considérable, car cette maladie, ne consiste point dans une dissolution ou une désorganisation de la masse cérébrale. Pour déplisser artificiellement les circonvolutions, on enlève simultanément l’arachnoïde et la pie-mère; puis on porte ses doigts entre les pédoncules et la bandelette festonnée, pour pénétrer dans la cavité postérieure et latérale; en étendant alors et en remuant doucement les doigts, l’on éprouve une légère résistance dans toute l'étendue de la cavité, à cause du tissu qui se trouve en deçà de la base des duplicatures.
Par le déplissement prompt et violent, les points adhérents se déchirent, mais après cela les duplicatures se séparent facilement et sans destruction en deux parties, et présentent une expansion membraneuse d'une épaisseur à peu près égale et d'environ une ligne et demie. La paroi intérieure offre une couche de substance blanche, fibreuse, qui a sa face recouverte de substance grise.
On obtient trés exactement le même effet, en posant une partie des hémisphères sur sa main, de manière que la surface des circonvolutions soit tournée en bas.
Aussitôt que les points d’adhérence des duplicatures sont détruits, on peut dérouler les deux lames adossées l’une contre l'autre. On y voit même un petit sillon, qui indique la ligne de séparation et les vaisseaux sanguins étendus comme des fila: mens nerveux. F5
Quand on coupe les circonvolutions des hémisphères dans leur longueur aux points d’attache, on peut aussi les déplisser en membrane sans aucune destruction.
On conçoit par là que chez les animaux le déplissement est d'autant moins possible que les anfractuosités Sont moins profondes.
Jusqu'ici l’on a généralement cru, dit Gall, que les circonvolutions du cerveau étaient formées par la membrane vascu -
laire, enfoncée dans le cerveau pour y faire pénétrer le sang plus profondément. Mais la chose, loin d’être si m‘canique, est le résultat d’un arrangement bien autrement calculé. Dès que les faisceaux nerveux sortans se sont entrecroisés au bord externe des ventricules avec les faisceaux rentrans, en y formant un tissu, ils s’écartent les uns des autres, se prolongent et forment, en s’épanouissant, une expansion fibreuse.
Les fibres de ces faisceaux épanouis n’ont pas toutes la même longueur; les plus courtes se terminent immédiatement au delà des parois des ventricules; les plus longues continuent à se porter plus loin, les unes à côté des autres. C'est ainsi que se forment divers prolongemens et divers enfoncemens, selon le plus où moins de longueur des fibres. Toutes les fibres médullaires du cerveau sont, à leur extrémité, recouvertes de substance grise, de même que toutes les autres expansions nerveuses , et ainsi chaque couche de substance grise se trouve conforme à la couche de fibres médullaires subjacente. Les fibres de ces faisceaux ne se prolongent pas seulement dans une couche, mais dans deux, ce qui fait que chaque circonvolution forme une véritable duplicature composée de ces deux couches fibreuses, et recouverte à l'extérieur de substance grise d’épaisseur à peu près égale. La moitié interne de l’enveloppe formée par la substance grise étant visiblement pénétrée par des fibres médullaires , présente un tissu plus pâle et plus ferme que sa partie extérieure.
Les circonvolutions simples sont toujours plus larges à leur base et deviennent toujours plus étroites à leur sommet, à mesure qu'il se perd des fibres nerveuses de chaque côté de leurs parois dans la substance grise. Au lieu d’être absolument verticales, elles ont ordinairement des inclinaisons où courbures qui les portent plus d’un côté que de l’autre. Elles ont assez souvent un affaissement ou aplatissement qui déprime légèrement leur sommet en dedans, ce qui leur donne à peu près la même forme qu’aurait un pli dont on ferait un peu rentrer le haut dans lui-même. Mais ce n’est point là le seul appareil dont se composent les circonvolutions.
Nous avons dit que les faisceaux nerveux sortans s’entrecroisent dans le plus grand circuit des ventricules, avec les faisceaux rentrans. Mais de quel point dérivent les fibres rentrantes ? Sont-ce les fibres sortantes elles-mêmes qui repliées dans les circonvolutions, reviendraient en convergeant, ou seraient-ce des fibres de nouvelle formation de la substance grise ?
Ce qu'il y a de certain, comme nous l'avons dit, c’est qu’il rentre, dans les deux faces internes de chaque circonvolution, des fibres nerveuses plus molles et plus fines que les fibres sortantes ; à raison de leur extrême finesse, elles ne peuvent être aperçues distinctement dans toutes les circonvolutions , mais seulement dans celles des lobes postérieurs. Les fibres se ramassent, les unes dès leur entrecroisement et d’autres immédiatement après, en faisceaux considérables qui convergent de plus en plus en se portant conjointement vers l’intérieur, où elles forment d’abord la couche interne des ventricules, puis enfin les commissures. ;
Quand on coupe perpendiculairement et en travers une circonvolution, l’œil n’y découvre intérieurement qu’une substance blanche ans division intermédiaire.
Elle ne se divise pas même lorsque l’on en tire légérement les deux bords latéraux en sens contraires. Cependant, les deux faces internes ne sont qu'agglutinées l’une contre l’autre, peut-
être au moyen d’un tissu cellulaire assez lâche et peu résistant, sans qu'il y ait entre elles une véritable réunion ni une adhérence intime par transmission réciproque des fibres de l’une à l’autre.
Voilà pourquoi, lorsque dans l'hydrocéphalie le liquide agit avec un certain effort contre les parois des ventricules, ceux-ci s'agrandissent ; les masses nerveuses précédemment indiquées paraissent être insensiblement repoussées plus en dehors; les couches fibreuses des circonvolutions se trouvent divisées et de plus en plus écartées dans leur milieu, tellement que leur situation devient absolument horizontale, de verticale qu’elle était.
Dans une hydrocéphalie considérable, presque toutes les circonvolutions se trouvent de cette manière distendues en une expansion membraneuse, c’est-à-dire que presque toutes les duplicatures sont effacées et les hémisphères ne se présentent plus que comine une poche en forme de vessie dont l’intérieur n’est qu'une substance blanche nerveuse, et l'extérieur qu’une substance grise pulpeuse. Dans les hydrocéphalies légères, il y a des circonvolutions qui ne se déplissent que partiellement et d’autres qui ne se déplissent pas sensiblement.
Quand il s’agit de déplisser artificiellement les circonvolutions, l’on est obligé de déchirer les tissus de leur entrecroisement, alors leurs duplicatures peuvent être facilement écartées l'une de l’autre. La division s’en fait toujours dans la ligne médiane, et présente constamment un sillon à son fond lorsque l’effort pour l’écartement est ménagé. Il n’y a, par conséquent pas une adhérence intime, mais seulement une juxtaposition ou un adossement des deux couches ou lames qui ne paraissent tenues en contact qu'au moyen d’un tissu cellulaire lâche.
Ce point de la doctrine de Gall a été vivement attaqué. Voici ses propres termes sur cette question qu'il croit mal comprise en général.
Chaque duplicature se laisse très facilement étendre en forme de poche, et comme cela a lieu par rapport à toutes, il s’ensuit que si ce tissu vient à être déchiré par une manipulation, ou étendu par une action successive comme dans l’hydrocéphalie, toutes ces duplicatures se trouvent transformées en une espèce d'épanouissement membraneux recouvert en dehors de substance grise.
Par le déplissement prompt et violent, ces points adhérens se déchirent ; mais après cela, les duplicatures se séparent facilement et sans destruction en deux parties, et présentent une expansion membraneuse d’une ligne et demie environ.
La substance grise ne forme point de membrane et ne peut d'elle-même se modifier en circonvolutions; c’est un enduit dont se recouvrent les extrémités périphériques des nerfs, et qui prend toujours la forme affectée à l'expansion de ces derniéres.
Elle n'est ni fibreuse, ni expansive, et n’ayant aucune forme qui lui soit propre, elle en reçoit une toute différente dans les différentes parties.
Lorsque l’on détache la substance grise de la substance nerveuse qui la soutient, elle s’amasse en grumeaux informes, tandis que la substance nerveuse, séparée de la grise, garde également sa forme et son épanouissement. La substance grise ne donne donc point sa forme aux circonvolutions, ni ne les rend susceptibles de déplissement.
Or on a objecté que la substance molle et gélatineuse, non fibreuse par conséquent, s’affaissant par son propre poids, peut rendre le déplissement de la substance médullaire impossible.
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De plus, on a fait valoir la nature molle de la substance blanche pouvant aussi se déchirer.
Si les couches blanches étaient assez molles pour s’affaisser, ou que les deux couches latérales de substance grise emportassent, en s’écartant horizontalement, chacune une partie de la matière blanche qui occupe leur intervalle, la division, au lieu de se faire dans la ligne médiane de chaque circonvolution, serait toujours irrégulière, et présenterait tantôt plus, tantôt moins de matière blanche d’un côté que de l’autre.
S'il se faisait des déchirures, comme on le prétend, serait-il possible que l’interstice des deux feuillets d’une circonvolution se trouvât toujours marqué d’avance par un sillon visible au fond de la division à mesure qu'elle s'opère? La prétendue matière blanche, au lieu d’être uniformément répartie de chaque côté, resterait alors en grumeaux irréguliers attachée aux vaisseaux dont on la dit traversée, non pas en ligne droite, mais en zigzag et dans le sens de la rupture inégale de ces vaisseaux, qui ne peuvent pas se rompre, parce qu'ils sont placés dans le sens de la déchirure.
Toujours est-il qu’il y aurait un certain nombre de ces vaisseaux qui, par leur rupture irrégulière, devraient produire dans la matière blanche une division inégale; d'autant plus facilement que les vaisseaux sont censés traverser la matière médullaire, très molle, comme des fils traverseraient de la gelée.
Du reste, en admettant que les fibres médullaires forment par leur prolongement et par leur expansion les couches internes des circonvolutions ; qu'elles s’adossent perpendiculairement en ligne droite de la base jusqu’au sommet de chacune d'elles ; que les vaisseaux qui les accompagnent suivent la même direction, et que, par conséquent, la substance médullaire, loin d’être une matière semblable à de la gelée, forme deux expansions parallèles, et peuvent être réunies l’une à l’autre par du tissu cellulaire, alors tout s'explique. Il n’est plus étonnant que deux lames de substance nerveuse, réunies l’une à l’autre par du tissu cellulaire, aient à la loupe l’apparence de déchirures, vu que toutes les substances vues à la loupe offrent le même aspect. "
En admettant aussi que les fibres nerveuses les"plus courtes s’enfoncent à diverses hauteurs dans la substance grise, l’on conçoit également pourquoi, dans une certaine longueur, les fibres les plus courtes doivent réellement se déchirer.
D'ailleurs, il faut reconnaître que les deux faces qui se séparent restent lisses et que les vaisseaux qui les parcourent sont intacts.
Mais à propos des hydrocéphales, on objecta à Gall qu’une accumulation de liquide dans les ventricules du cerveau peut étendre lentement les parois des cavités, effacer la saillie des circonvolutions et amincir la matière médullaire qui les enveloppe sans que celle-ci ait besoin de se déplisser ; l’hydropisie du rein étend et amincit la substance de cet organe au point de faire ressembler à une membrane, sans que personne ait été tenté de croire qu’elle se déplissait.
Or, ces argumens, Gall les réfute parce que, dit-il, l’exemple invoqué recule la question ; que d’ailleurs, là où il n’y a rien à déplisser, le déplissement est remplacé par une distenssion.
Pour peu que l’on se rende à l'évidence, on reconnait, dit-il, que dans l’hydrocéphalie la base et le sommet de chaque duplicature se trouvent replacés sur un même plan par l’écartement réciproque et successif de chacune des deux lames antérieurement parallèles des circonvolutions qui sont le siége du dé-
Te II,
plissement. Pour assimiler le déplissement du cerveau à l’expansion des reins, il faudrait commencer par nier l'existence des anfractuosités du cerveau, le parallélisme des deux couches blanches et grises, et le changement de direction verticale de ces couches en une direction horizontale; ou bien admettre la même disposition et le même changement dans un rein, en prouvant qu'il n’a été que distendu.
Les ventricules du cerveau sont circonscrits dans toute leur circonférence, et les circonvolutions portent perpendiculaire ment sur la périphérie extérieure de leurs parois.
S'il n’y avait qu’une simple extension des parois des ventricules, les circonvolutions se trouveraient toujours de plus en plus écartées les unes des autres par l'allongement des fibres intermédiaires, mais point déplissées ni effacées.
D'ailleurs, si les circonvolutions étaient aussi molles qu’on l’a supposé, au lieu d’être amincies, effacées, tout en conservant leur solidité intérieure, elles seraient le siége de ruptures.
Or cet effacement des circonvolutions peut aller loin, sans que jamais on ait observé cet accident.
Le déplissement rend compte, d’après Gall, de la persistanee de l'intelligence dans les hydrocéphales. Or ceux qui admettent une destruction partielle dans cette maladie ne pourraient rendre compte de cette intégrité.
Les lobes cérébraux établissent la différence entre tous les animaux. Or leur périphérie n'étant que l'expansion des faisceaux intérieurs, on en peut inférer que la régularité des fonctions cérébrales est liée à l’intégrité de ces faisceaux.
Or, si cette matière était molle, pulpeuse, comment concevoir l'extension que produit l’accumulation du fluide céphalo-rachidien avec intégrité intellectuelle?
supposez au contraire la structure fibreuse; comme les fonctions des fibres ne tiennent pas à leur direction, elles peuvent rester intactes quand de verticales elles deviennent horizontales. Une extension ou un allongement peuvent également peut-être ne pas leur être nuisibles.
Mais on peut voir et se convaincre de la facilité du déplissement d’une circonvolution par son milieu. On a cherché à l'expliquer en admettant l'existence d’une couche plus molle au milieu. Or les acides la durcissent aussi ; et alors même que cela ne serait pas, elle devrait du moins se dilacérer.
Mais en soufflant l’air avec un tube, on obtient très bien cette séparation des lames adossées et agglutinées d’une circonvolution. Un filet d’eau produit le même effet. Or, partout ailleurs que sur la ligne médiane, on obtient seulement une dilacération.
De plus, lorsqu'une circonvolution a des portions latérales et des sinuosités, le jet d’eau se porte en serpentant dans la direction tortueuse qu’affecte la ligne médiane de la circonvolution, au lieu de la percer dans le sens de son impulsion.
Par toutes ces considérations, Gall et Spurzheim pensent avoir irrévocablement établi la structure fibreuse des circonvolutions, d’où la facilité de leur déplissement régulier sans aucune dilacération médullaire ou vasculaire.
M. Cruveilhier résume la doctrine d’Herbert Mayo, de Rolando, de M. Foville, en ces termes :
Herbert Mayo, qui, à l'exemple dé Reil, a étudié le cerveau durci, admet dans chaque circonvolution trois ordres de fibres : 1° des fibres qui vont d’une circonvolution à la circonvolution voisine et à des circonvolutions plus distantes ; 2° des fibres provenant des commissures ; 3° des fibres provenant dela moelle.
Suivant cet anatomiste, les fibres qui vont d’une circonvolution à la circonvolution voisine, constituent en grande partie l'épaisseur de chaque circonvolution ; les autres fibres blanches, qui forment le centre des circonvolutions , dérivent en partie des commissures, en partie des couches optiques et des corps striés.
Suivant ce même anatomiste, les fibres qui forment la couche inférieure des pédoncules cérébraux vont s’irradier dans l’épaisseur du cerveau dont elles constituent les fibres antérieures et moyennes. Les fibres provenant des couches optiques vont former les fibres cérébrales postérieures. Il y a, suivant lui, un point où ces radiations s’entre-croisent manifestement avec les fibres provenant de la grande commissure du cerveau. Les radiations postérieures ne présentent pas cet entre - croisement.
Les deux plus remarquables faisceaux de communication entre les circonvolutions sont les suivantes : 1° celui qui occupe le fond dela scissure de Sylvius et qui fait communiquer les circonvolutions du lobe antérieur avec celles du lobe postérieur; 2° celui qui coupe perpendiculairement le corps calleux auquel il est superposé, et qui établit une communication entre les circonvolutions antérieures et supérieures et les circonvolutions postérieures et inférieures.
Idée sénérale du cerveau d’après Rolando.
Moins heureux dans ses recherches sur la structure du cerveau que sur celle de la structure du cervelet, voici les résultats auxquels Rolando est parvenu par la lacération du cerveau et par l'étude du cerveau du fœtus :
Suivant lui, le cerveau est composé de fibres superposées qui sont, en procédant du dehors au dedans : r° une couche blanche étendue dans la scissure de Sylvius et recouverte par la substance grise; 2° une couche d’où naissent les fibres des circonvolutions externes ; 3° une couche formée par les fibres des pédoncules, couche qui fournit aux circonvolutions du bord interne ; 4° un plan qui, des couches optiques, s'étend aux parois des ventricules latéraux pour constituer le corps calleux ; 5° un appareil de fibres longitudinales qui constituent les circonvolutions situées à la face interne des hémisphères; 6° un appareil de fibres médullaires qui constituent la voûte à trois piliers ct la corne d’Ammon; 7° des corps striés internes et externes auxquels il faut ajouter les commissures antérieures, la lame perforée et le fascicule du tubercule genouillé externe.
Idée générale du cerveau d'après M. Foville.
La difficulté de la généralisation du cerveau dans l’état actuel de la science n’apparaïtra pas moins dans le résumé suivant du cerveau présenté par M. Foville en ces termes :
Le cerveau est composé de deux élémens principaux : l’un, central, unique, symétrique, creusé de ventricules, c’est le noyau cérébral, qu’on peut considérer comme un segment amplifié de l’axe nerveux, dont la moelle épinière est la partie la plus simple. ,
L'autre, périphérique, divisé en deux moitiés séparées solides, c'est l'hémisphère qu’on peut considérer comme un énorme ganglion rattaché à l’axe central et duquel se séparent les nerfs cérébraux.
Dans chacun de cesélémens, le noyau cérébral et l'hémisphère
se prolongent en trois faisceaux distincts dans chaque moitié de la moelle épinière.
Toutes les surfaces libres du noyau cérébral, c’est-à-dire la surface du ventricule, celle de l’espace perforé, la surface extraventriculaire du corps calleux, sont formées de couches fibreuses ou de masses grises rattachées aux prolongemens encéphaliques du faisceau postérieur.
Toutes les surfaces libres de l’hémisphère, c’est-à-dire la surface des circonvolutions, appartiennent à la membrane corticale, dans laquelle se continuent également, en contribuant à la constituer ce qu’elle est, des émanations du faisceau postérieur.
Les surfaces libres du noyau central, les surfaces libres de l'hémisphère s’unissent les unes aux autres ; c’est avec elles aussi que se combinent les nerfs cérébraux, et nous avons fait voir d’ailleurs qu’il en est de même pour le cervelet.
Les prolongemens du faisceau antérieur et latéral occupent toujours une situation profonde dans le cerveau.
Dès que la région fasciculée du pédoncule cérébral a franchi l'anneau dont l’entourent la couche et les tractus optiques, il ne faut plus chercher ces prolongemens à des surfaces libres.
Qu'on les étudie dans le noyau central ou dans l’hémisphère, ils sont toujours enveloppés par les développemens du faisceau postérieur : ils peuvent approcher des surfaces par leurs dernières ramifications, mais jamais ils ne s’épanouissent dans les surfaces.
Les prolongemens cérébraux du faisceau postérieur occupent dans cet organe la situation qu’occupent dans le corps la peau et les membranes muqueuses animées par les nerfs du faisceau postérieur, et auxquelles ne parviennent pas les nerfs du faisceau antérieur.
Les prolongemens cérébraux du faisceau antérieur contenus dans l’ensemble des épanouissemens membraneux du faisceau postérieur, occupent dans le cerveau la place qu’occupe dans le corps le système musculaire animé par des nerfs issus du faisceau antérieur.
Idée générale sur le cerveau d'après M. Cruveilhier.
L’entre-croisement des faisceaux pyramidaux du bulbe, leur partage à travers la protubérance dont ils forment l'étage inférieur, leur passage à travers la couche optique, leur épanouissement dans les corps striés à travers lesquels ils peuvent être suivis jusque dans les circonvolutions des hémisphèéres, sont des faits incontestables. Un autre fait non moins positif, c'est que les faisceaux pyramidaux n’éprouvent point (comme le pensait Gall) de renforcement en traversant la protubérance.
D'une autre part, les faisceaux innominés du bulbe, unis aux faisceaux sous-olivaires, se prolongent au-dessus de la protubérance cérébrale dans les pédoncules cérébraux dont ils forment l'étage supérieur, pour se continuer dans la ligne de démarcation avec la couche optique sont hors de doute. Ces faisceaux innominés s’entre-croisent-ils ?
On voit au-dessus de la protubérance, au niveau des tubercules quadrijumeaux , ces faisceaux jusque-là distincts, bien qu’accolés, s'unir intimement; ils m'ont paru s’entre-croiser, mais cela est encore incertain.
De tous les points de la surface de la couche optique, à l’exception de son côté interne et supérieur, partent comme d’un centre, et s’irradient en rayonnant des faisceaux de fibres dont les uns antérieurs se portent directement en avant, les moyens
en dehors, les postérieurs en arrière : c’est le grand éventail, la couronne rayonnante de Reil.
Elles sont au moment de leur émergence bridées par d’autres fibres blanches curvilignes dont la réunion constitue la bandelette demi-circulaire.
Tous les faisceaux blancs des corps striés, à l'exception de ceux qui continuent les pyramides, émanent des couches optiques : aucun faisceau blanc ne naît directement du corps strié.
Quelques-uns de ces faisceaux m'ont paru se terminer dans les corps striés sous la forme de filets extrêmement déliés : le plus grand nombre traversent les corps striés pour s’enfoncer dans les hémisphères. Les corps striés ne sont donc autre chose qu’une masse grise, pulpeuse, que traversent et les radiations blanches de la circonférence de la couche optique et les radiations blanches des pyramides. La substance grise n’est nullement disposée en stries linéaires alternes avec les stries blanches (reconnues déjà par Gall). La substance grise des corps striés ne présente nullement la disposition fibreuse.
Bien loin de penser avec Reïl, Gall, Tiedemann, que les fibres qui sortent des corps striés sont beaucoup plus multipliées que celles qui y entrent, j'ai été conduit à admettre qu’un certain nombre de fibres émanées des couches optiques, se terminaient dans l'épaisseur du corps strié dont la substance grise représente, à l'égard de ces fibres, la substance grise des circonvolutions (Gall).
De ce fait, qu’un certain nombre de fibres blanches se terminent dans le corps strié, de cet autre fait que le volume du corps strié est quelquefois dans la série animale, en raison inverse de celui des hémisphères, il m’a paru résulter que les corps striés pouvaient être considérés comme des circonvolutions intérieures, aboutissant d’un certain nombre de fibres médullaires.
Il est facile d’énucléer le corps strié de la coque qne lui forme le cerveau au niveau de la scissure de Sylvius.
Le corps strié ne tient au cerveau que par des radiations qui partent de sa circonférence au voisinage du corps calleux.
La couche optique et son faisceau d’origine ne présentent en aucune manière la texture linéaire. à,
Avec de l’attention, on reconnait dans la couche optique des filets blancs extrémement déliés, que leur ténuité et la cohérence du tissu ambiant ne permettent pas d'isoler.
Si la dénomination de ganglion est applicable quelque part, c'est bien là. Le ganglion est en effet un appareil particulier dans lequel se disséminent des filets nerveux pour entrer dans de nouvelles combinaisons. Je considère les couches optiques comme le prolongement renflé des faisceaux innominés du bulbe.
Un des points fondamentaux, dans la structure du cerveau, consiste à déterminer le trajet ultérieur des radiations des couches optiques et des corps striés, et les rapports de ces radiations avec les circonvolutions du cerveau et avec le corps calleux.
Il n’y a pas entre-croisement entre le corps calleux et les couches optiques, mais par contre il y a continuité.
De plus, il y a continuité entre le corps calleux et les fibres de l’hémisphère.
La doctrine des fibres convergentes et divergentes rend compte de la continuité entre l'hémisphère et le corps calleux, mais non de celui-ci avec les couches optiques.
Tiedemann établit que le corps calleux est formé par la réunion des fibres pédonculaires, après leur épanouissement dans les hémisphères.
M. Foville, après avoir montré la continuité du corps calleux avec un certain nombre de radiations émanées des corps striés et des couches optiques, affirme au contraire que le corps calleux n’a rien de commun avec les hémisphères. Nous avons montré ailleurs comment M. Cruveilhier admet cette double continuité par un entre-croisement latéral. Les fibres des couches optiques et striées, après avoir formé le corps calleux, se rendent dans les hémisphères, et, vers ce point, elles s’entrecroisent avec les fibres émanées de ces mêmes organes du côté opposé.
La voûte à trois piliers est-elle une commissure antéro-postérieure ?
M. Cruveilhier a vu un cas où la moitié droite de cette voûte atrophiée coïncidant avec la destruction des circonvolutions cérébrales du même côté et répondant à la tente du cervelet.
La commissure antérieure était, pour Willis, destinée à réunir les corps striés; Reiïl la croyait destinée à réunir les circonvolutions antérieures et de la scissure sylvienne; Chaussier, Gall, en font une dépendance des pédoncules cérébraux.
Ce qu'il y a de positif au sujet de cette commissure, c’est que le cordon qui la constitue traverse la partie antérieure des corps striés et s’épanouit dans les circonvolutions antérieures et inférieures, derrière la scissure de Sylvius.
Tels sont les principales vues exposées ‘par M. Cruveilhier, sur l’ensemble du cerveau.