CINQUIÈME PAIRE DE NERFS
NERF TRIFACIAL.
Le nerf de la cinquième paire est un des nerfs des plus volumineux de la face, destiné à la sensibilité dans sa plus grande portion. Par la nature des organes auxquels il se distribue, il doit être considéré comme un des nerfs les plus importans du corps.
Origine. Le nerf de la cinquième paire prend naissance sur les côtés de la protubérance annulaire dans un point qui sert précisément de limite entre le pédoncule cérébelleux moyen et la protubérance elle-même. Le tronc originel du nerf de la cinquième paire, qui est volumineux et aplati, émerge à travers un écartement des fibres transversales du pont de varole.
Il prend origine par deux racines, l’une ganglionaire ou sensitive et l’autre motrice ou non-ganglionaire. Constitué par ces deux racines, le tronc du nerf trijumeau se porte en avant et un peu en dehors et bientôt se divise en trois branches destinées aux diverses parties de la face.
1° Racine sensitive ou grosse racine. Cette racine présente à son origine apparente, c’est-à-dire à son point d’émergence de la protubérance annulaire, une sorte de collet où d’étranglement. Ainsi que l'avait déjà remarqué Bichat, lorsque l’on vient à arracher cette racine, on observe à la place une petite éminence analogue à un tubercule mammillaire. Cela tient à ce que ses filets, qui sont au nombre de 30-40 (Vicq-d’Azyr), se déchirent à des hauteurs inégales.
Si l’on poursuit cette grosse racine à travers la protubérance annulaire, on peut la suivre dans le bulbe rachidien jusqu’à la partie moyenne des corps olivaires. En ce point elle forme un faisceau arrondi dont l'extrémité inférieure se perd dans le corps restiforme en devenant de plus en plus grêle. M. Ludovic Hirschfeld a décrit et figuré des communications entre la grosse racine de la cinquième paire et le nerf acoustique, au moyen de fibres qui se dirigent en avant et avec le faisceau latéral du bulbe à l’aide de fibres qui se dirigent en arrière. C’est sur le trajet de la grosse racine qu’on observe bientôt un renflement appelé ganglion de Gasser d’où prennent naissance les trois branches terminales de la cinquième paire qui sortent du cräne, chacune par un trou particulier.
2° Petite racine ou racine motrice. Très rapprochée de la grosse racine de la cinquième paire, elle en est cependant bien distincte dès son origine. Elle se trouve un peu plus élevée et plus rapprochée de la ligne médiane.
Il n’est pas possible de poursuivre la petite racine au-delà de la protubérance annulaire; cependant on admet qu’elle se continue avec le faisceau intermédiaire du bulbe qui fait suite au cordon antéro-latéral ou moteur de la moelle. Toutefois, cette opinion ne se trouve pas démontrée anatomiquement et elle est fondée sur une analogie d’origine avec les autres nerfs moteurs.
La petite racine ne présente point de renflement sur son trajet, les filets qui la composent, seulement au nombre de 6 ou 8, ne laissent pas apercevoir d’éminence à leur place si on les arrache.
Les deux racines de la cinquième paire présentent donc des différences qui sont analogues à celles qui existent entre les racines antérieures et postérieures d’une paire rachidienne.
Trajet intra-cränien et rapports. — Ganglion de Gasser.
Après son origine par deux racines, le tronc du nerf trijumeau se dirige obliquement en haut, en dehors et en avant vers le sommet du rocher et se place dans une dépression qui y existe et qui se trouve transformée en un orifice ovalaire par un repli de la dure-mère. Ensuite il change de direction, se porte en bas et en avant vers le ganglion de Gasser qui se trouve dans la fosse temporale moyenne.
Les rapports du tronc de la cinquième paire, depuis son origine jusqu’au ganglion de Gasser, sont donc :
Sur les côtés, avec l’apophyse clinoïde postérieure et la dépression du rocher. Dans ce court trajet les deux racines sont contigués l’une à l’autre, et la petite racine contourne la plus grosse, de manière qu’étant placée d’abord à son côté supérieur, elle descend à sa face interne et vient se placer ensuite à son côté inférieur.
Le feuillet viscéral de l’arachnoïde entoure le tronc de la cinquième paire, depuis son origine jusqu’au ganglion de Gasser.
Le ganglion de Gasser, situé dans la fosse temporale moyenne, occupe une petite excavation creusée sur la face antérieure du rocher. On a comparé sa forme à celle d’un croissant dont la concavité est tournée en hautet en dedans et la convexité en bas et en dehors. Par sa concavité, il recoit les fibres de la grosse racine du trijumeau, et par sa convexité il donne naissance aux trois branches de la cinquième paire.
Le ganglion de Gasser a une direction oblique, ce qui fait que l’une de ses faces est tournée en avant et en dehors, et l'autre en arrière et en dedans. La première répond à la duremère qui la recouvre, la seconde est recouverte également par un feuillet mince de la dure-mère, qui la sépare de l'artère carotide interne et du nerf pétreux qui sont en rapport avec elle. On trouve également à la face postérieure et interne du ganglion de. Gasser la petite racine motrice qui est restée séparée et qui se dirige en bas, en avant et en dehors vers la branche maxillaire inférieure avec laquelle elle sort du crâne.
Le ganglion de Gasser, que nous avons représenté à divers grossissemens, offre une structure analogue à celle des ganglions nerveux rachidiens : il est formé par un mélange de fibres nerveuses et de corpuscules ganglionaires. On aperçoit d’une maniere très évidente la subdivision et l’intrication que subissent ces fibres originaires de la grosse racine de la cinquième paire à leur passage dans le ganglion de Gasser, tandis que la petite racine conserve complétement son indépendance primitive.
Le ganglion fournit lui-même des rameaux nerveux qui se distribuent à la membrane dure-mère. Ils naissent sur sa partie antérieure et externe, rampent dans l’épaisseur de la dure-mère, en suivant parallèlement les rameaux de l'artère méningée moyenne. Ces filets nerveux, admis par beaucoup d’anatomistes, ont été niés par Meckel, Haller, Lobstein et Wrisberg. M. Sappey dit également ne pas avoir réussi à les découvrir.
D'après Winslow, Duverney, Blandin, etc., il y aurait encore des filets nerveux allant à la dure-mère qui se détachent de la grosse racine du trijumeau avant le ganglion de Gasser.
La concavité de ce ganglion donne naissance, ainsi qu'il a été dit, à trois branches nerveuses considérables qui sont :
1° La branche supérieure, ou branche ophthalmique de Willis, qui sort du crâne par la fente sphénoïdale;
2° Une branche moyenne, ou nerf maxillaire supérieur, qui sort du cräne par le trou grand rond ;
3° Une brancheinférieure, ou nerf maxillaire inférieur, qui sort du crâne par le trou ovale.
Branche ophthalmique de Willis.
La branche ophthalmique de la cinquième paire, appelée branche supérieure par Vieussens, première branche par Sœmmering et Meckel, nerf orbito-frontal par Chaussier, émerge de la partie antérieure et interne du ganglion de Gasser et se trouve placée dès son origine dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux. De là elle se dirige en avant vers la fente sphénoïdale, en suivant une direction un peu oblique en haut. Elle se trouve en rapport avec le nerf moteur oculaire commun qu'elle croise à angle aigu, avec le nerf pathétique qui lui est parallèle dans toute son étendue, et avec le nerf moteur oculaire externe dont elle croise la direction à son entrée dans l'orbite.
Dans ce point, c’est-à-dire au niveau du sinus caverneux, la branche ophthalmique reçoit deux filets d’anastomose du grand sympathique, en même temps qu’elle en fournit plusieurs aux divers nerfs moteurs de l’œil avec lesquels elle est en rapport par son côté interne.
Il existe une anastomose de la branche ophthalmique avec le nerf pathétique qui est ordinairement double et se fait par deux filets, dont l’un se détache du bord supérieur de la branche ophthalmique immédiatement au-devant du ganglion de Gasser, tandis que l’autre s’en détache un peu plus loin.
Arrivée dans la fente sphénoïdale et avant de se distribuer dans l’orbite, la branche ophthalmique se divise en plusieurs rameaux que nous allons décrire successivement.
1° Nerf lacrymal. Ce rameau est le plus petit et le plus externe de ceux qui terminent la branche ophthalmique. Il naît de son bord externe au niveau de l'extrémité antérieure du sinus caverneux, et il arrive dans l’orbite par la portion la plus étroite et la plus élevée de la fente sphénoïdale. Ensuite ce nerf longe la paroi externe de l’orbite en se dirigeant vers la glande lacrymale, qu’il traverse en lui abandonnant plusieurs filets pour aller ensuite se terminer dans la paupière supérieure.
Durant ce trajet il est en rapport avec la dure-mère à laquelle il adhère intimement vers son point d’origine: il suit dans l’orbite le bord supérieur du droit externe et se trouve en contact avec ce muscle et le périoste orbitaire.
Avant d'arriver à la glande lacrymale, ce filet s’anastomose
avec le nerf pathétique et avec le rameau orbitaire la branche maxillaire supérieure de la cinquième paire.
Les filets destinés à la glande lacrymale se ramifient dans l'épaisseur de son tissu; ils naissent par un ou plusieurs troncs, des rameaux qui traversent la glande pour aller à la paupière supérieure.
Les filets palpébraux entrent dans la paupière supérieure au niveau de son tiers externe avec ses deux tiers internes. Ils se ramifient dans la conjonctive palpébrale, et envoient ensuite des filets antérieurs dans la peau de la paupière supérieure et des filets en dehors qui contournent l’apophyse orbitaire externe et se distribuent dans les tégumens de la partie antérieure de la tempe. Ce rameau s’anastomose avec le nerf facial et avec le rameau temporal profond de la branche maxillaire inférieure de
la cinquième paire.
2 Nerf frontal. I est le plus volumineux des trois rameaux qui terminent la branche ophthalmique : il pénètre dans l'orbite par la partie moyenne de la fente sphénoïdale, se porte obliquement en avant et en dehors, puis se divise vers le tiers antérieur de l'orbite environ, en deux branches : le frontal interne et le frontal externe.
Dans tout ce trajet le nerf frontal est placé très superficiellement et peut être aperçu aussitôt qu'on a enlevé la paroï supérieure de l'orbite et le périoste.
À son entrée dans l'orbite, il est en rapport en haut avec la voûte orbitaire, en bas avec l'insertion du muscle élévateur supérieur de la paupière, en dedans avec le pathétique auquel il est contigu et en dehors avec le lacrymal dont il est séparé par un intervalle de quelques millimètres. Lerameau frontal ne contracte aucune anastomose, si ce n’est quelquefois un filet qu’il donne au nerf nasal externe.
Le rameau frontal externe constitue, en général, la division la plus forte du nerf frontal primitif, il se dirige en avant, s’engage dans le trou sus-orbitaire avec l’artère du même nom et se divise en se terminant en filets descendans très grêles qui sont destinés à la paupière, et en filets ascendans ou frontaux.
On voit parmi les filets frontaux quelques-uns qui sont destinés aux os. Un petit filet parcourt un conduit osseux qui se dirige vers l’os coronal, et donne ensuite quelques ramuscules à la membrane des sinus frontaux.
Le nerf frontal interne sort en dedans de l'orbite, entre le trou sus-orbitaire et la poulie du muscle grand oblique; il se recourbe ensuite et se dirige obliquement en haut et en dedans, entre le périoste et le muscle frontal.
Les filets terminaux se rendent, les uns à la membrane muqueuse, les autres à la peau de la paupière supérieure.
Des ramifications plus internes se distribuent à la peau de la racine du nez. Parmi ces derniers filets, on en remarque qui pénètrent dans l'os, au niveau de la bosse frontale et qui se ramifient dans la membrane des sinus frontaux.
Enfin, des ramifications ascendantes du frontal interne se rendent à la peau du front. Ce sont ces derniers filets qui constituent quelquefois, par exception, une petite branche appelée rameau sus-trochléaire d’Arnold.
Nerf nasal. Moyen pour le volume, entre les trois branches du nerf ophthalmique de Willis; le nerf nasal émerge de son bord interne, au niveau de son tiers antérieur et de ses deux
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
tiers extérieurs, et sur la paroi externe du sinus caverneux. Après son origine il se dirige vers l'orbite, et il pénètre par la partie la plus large de la fente sphénoïdale. Il passe à travers l’anneau qui sépare les deux tendons d’origine du muscle droit externe. Il longe ensuite la paroi interne de l'orbite et se trouve en rapport, près de son origine, en haut avec le nerf frontal, en dedans avec le nerf moteur oculaire commun, en bas et en dehors avec le nerf moteur oculaire externe.
Dans l'intérieur de l'orbite, le nerf nasal est situé plus profondément que les nerfs frontal et lacrymal, et il se trouve placé dans la couche sous-musculaire, entre le nerf optique et le muscle droit supérieur.
Ce nerf fournit successivement, à partir de son origine:
1° Un filet long et gréle qui se rend au ganglion ophthalmique pour constituer sa longue racine ou racine sensitive.
2 Deux ou trois filets ciliaires directs c'est-à-dire qui, sans passer par le ganglion ophthalmique, se dirigent vers la sclérotique et pénètrent dans le globe de l’œil.
3 Des filets plus ou moins nombreux qui suivent les artères musculaires pour se rendre avec elles dans les muscles.
4° Enfin, un ganglion d’anastomose existe quelquefois entre le nerf nasal et la branche supérieure du nerf moteur oculaire commun.
Parvenu au niveau du trou orbitaire interne antérieur, le nerf nasal se divise en deux rameaux terminaux qui sont: le nasal externe et le nasal interne.
Le rameau nasal externe, nommé par Meckel et Arnold, rameau sous-trochléaire, peut être considéré comme la continuation du tronc primitif du nerf nasal. Il continue en effet son trajet parallèlement au bord supérieur du muscle droit interne, s’anastomose avec le nerf frontal, enfin sort de l’orbite au-dessous de la poulie du grand oblique, et se termine par des filets qui se distribuent à la paupière supérieure et inférieure, au sac et aux conduits lacrymaux, ainsi qu’à la caroncule; enfin, il est encore des filets ascendans qui se rendent à la racine du nez et à la peau de la région interne sous-ciliaire.
Le rameau nasal interne, nommé par Chaussier rameau ethmoïdal, s'engage dès son origine dans le trou orbitaire interne et antérieur, se dirige ensuite obliquement en bas et en avant, puis pénètre vers la partie antérieure de la fosse ethmoïdale et vient se placer sur les côtés de l’apophyse crista-galli. I] entre ensuite par la partie supérieure des fosses nasales, longe la face postérieure des os propres du nez, et se divise bientôt en un rameau interne qui se distribue à la muqueuse de la cloison des fosses nasales et en un rameau externe, qui va en partie à la membrane muqueuse qui tapisse les cornets et les méats, et en partie à la peau du bout du nez, par un rameau 724a50lobaire, traversant le tissu fibreux qui unit le bord inférieur de los du nez au cartilage latéral de l’aile du nez. Ce sont des filets du rameau interne qu’on a signalé comme s’anastomosant avec les nerfs sphéno-palatins ou nasaux postérieurs , ainsi qu'avec des divisions des nerfs olfactifs.
Nerf maxillaire supérieur.
Émané comme les autres branches de la cinquième paire, du bord antérieur ou convexe du ganglion de Gasser, le nerf maxillaire supérieur se dirige un peu en dehors, et presque aussitôt après son origine, sort du crâne par le trou rond. Dans sa partie intra-cranienne , le nerf est entouré par la dure-mére à la-
quelle il fournit, d’après Valentin, quelques filets nerveux très déliés.
Le nerf maxillaire supérieur change de direction aussitôt qu’il est sorti du crâne par le trou rond; son tronc décrit alors une légère arcade dont la concavité regarde en arrière et en bas, et il se dirige d’arrière en avant vers le point d’adossement de la fente sphéno-maxillaire et de la fente sphénoïdale. Bientôt il pénètre dans le canal sous-orbitaire, où il forme un second coude à concavité tournée en dedans et en arrière, et enfin, il sort par le trou sous-orbitaire où il se termine.
Durant tout ce trajet, le nerf maxillaire supérieur contracte des rapporis différens. À sa sortie du crâne, dans sa portion sphéno-maxillaire, il est en contact avec le tissu cellulaire adipeux qui l'entoure. À son entrée dans le canal sous-orbitaire il est d’abord logé en arrière, dans un canal demi-membraneux, et en avant, dans un canal tout à fait osseux.
Les rameaux que le nerf maxillaire supérieur fournit sont les suivans, d’après leur ordre de succession :
1° Rameau orbitaire. I naît de l’origine même du maxillaire supérieur, au moment même où ce nerf traverse le trou grand rond pour sortir du crâne. Il se porte ensuite en avant et en dehors, vers la partie antérieure de la fente sphéno-maxillaire ; il pénètre dans l'orbite, au-dessous du muscle droit inférieur de l'œil, et au côté externe du muscle droit externe. Peu après son entrée dans l'orbite, ce nerf se divise en deux rameaux qui sont: 1° le filet lacrymo-palpébral qui se dirige en partie vers la glande lacrymale, pour s’anastomoser avec un filet du rameau lacrymal de la branche ophthalmique, et en partie vers l’angle externe de la paupière dans laquelle il se termine; 2° le filet temporo-malaire qui se divise en deux filets secondaires, dont l’un interne ou malaire s'engage dans le conduit malaire, pour aller se distribuer à la peau de la pommette, dont l’autre traverse la portion orhitaire de l’os malaire, pour aller s’anastomoser avec le rameau temporal-profond antérieur du nerf maxillaire inférieur, et se terminer dans la peau de la tempe.
2° Les racines sensitives du ganglion sphéno-palatin sur lesquelles nous reviendrons plus loin, à propos de la description de ce ganglion nerveux.
3 Rameaux dentaires postérieurs. Au nombre de deux ou trois, ces rameaux prennent naissance du maxillaire supérieur dans le point où ce nerf s'engage dans la gouttière sous-orbitaire, ilsse dirigent en bas et en avant vers la tubérosité maxillaire, et se distribuent en partie à la membrane muqueuse, buccale et gingivale, et en partie aux dents de la mâchoire supérieure. Les filets dentaires proprement dits parcourent des conduits creusés dans l’os, en s’envoyant réciproquement des filets d’anastomoses qui constituent des plexus ou mailles, d’où émanent des filets dentaires qui pénètrent dans les racines des grosses et petites molaires; des filets alvéolo-dentaires qui, après avoir traversé les parois des alvéoles, se distribuent à leur périoste; des filets osseux dans le tissu spongieux de l'os maxillaire supérieur et plus spécialement dans son bord alvéolaire.
4° Rameau dentaire antérieur. Ce rameau se détache du maxillaire supérieur à cinq ou six millimètres au-dessus du trou sous-orbitaire; il pénètre dans un canal osseux particu-
T. Ille
lier, et se dirige en bas, en dedans et en avant, en formant une ligne courbe.
Dans ce trajet, ce rameau est placé d’abord profondément dans l'épaisseur de l’os maxillaire, et ensuite il devient très superficiel et se rapproche de sa surface externe, ainsi que du plancher des fosses nasales.
Les filets terminaux du rameau dentaire antérieur sont destinés, les uns à s’anastomoser avec des rameaux dentaires postérieurs ; les autres à la pulpe des dents incisives, de la canine, et quelquefois à la première molaire. Enfin, quelques ramuscules se distribuent encore au tissu spongieux de l'os, au périoste alvéolo-dentaire et à la membrane muqueuse du canal nasal.
5o Rameaux sous-orbitaires. Ce sont les derniers que fournit le nerf maxillaire supérieur à sa terminaison proprement dite. Ils s’épanouissent en rayonnant, au moment où le nerf sort par le trou sous-orbitaire, et se dirigent dans tous les sens en s’intriquant et s’anastomosant avec les filets du nerf facial, pour former un plexus désigné sous le nom de plexus sousorbitaire. On peut diviser les filets terminaux du maxillaire supérieur en rameaux ascendans qui se distribuent à la conjonctive et à la paupière inférieure, en rameaux descendans pour la peau et la lèvre supérieure, ainsi que pour sa membrane muqueuse et en rameaux internes pour la muqueuse et la peau de l'aile du nez.
Ganglion sphéno-palatin.
Le ganglion sphéno-palatin, ou ganglion de Meckel, présente généralement une forme triangulaire dont les bords seraient arrondis; on lui distingue un bord supérieur, un antérieur et un postérieur.
Ce ganglion est situé dans la fosse ptérygo-maxillaire , au niveau du canal palatin postérieur, et au-dessous du nerf maxillaire supérieur, au-devant du trou vidien ou ptérygoïdien, et en dehors du trou sphéno-épineux.
Ce ganglion donne un grand nombre de filets nerveux, dont les uns sont considérés comme des rameaux afférens ou racines, et les autres comme des rameaux efférens ou de distribution , et enfin, d’autres comme des rameaux de communication avec d’autres ganglions du grand sympathique.
Les rameaux qui servent de racines au ganglion sphéno-palatin sont: 1° des nerfs qui viennent du nerf maxillaire supérieur; 2° des rameaux qui viendraient du nerf facial.
La racine sensitive est fournie par le nerf maxillaire supérieur. Elle se détache sous la forme de deux ou trois filets qui se rendent dans le ganglion sphéno-palatin. Ces filets ont une direction verticale, et ne dépassent pas en longueur 3 ou 4 millimètres. Ils pénètrent , les uns dans l'épaisseur même du ganglion, tandis que les autres s’accolant seulement à sa surface, peuvent être suivis directement dans les nerfs palatins et sphéno-palatins, à la formation desquels ils concourent.
La racine motrice du ganglion de Meckel serait constituée, d’après Bidder et M. Longet, par le nerf grand pétreux superficiel provenant du facial, et entrant dans le gauglion par sa partie postérieure et externe.
Avec le même filet du facial se trouverait uni un autre filet sympathique provenant du plexus carotidien, qui constituerait la racine sympathique du ganglion sphéno-palatin.
220 SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
On voit d’après cette théorie, que le ganglion de Meckel communiquerait avec un nerf de sentiment, la branche maxillaire supérieure du nerf de la cinquième paire, avec un nerf de mouvement, le nerf facial: avec un rameau du plexus carotidien qui établirait une communication entre le ganglion de Meckel et le ganglion cervical supérieur.
Les rameaux de distribution du ganglion sphéno-palatin sont: les nerfs palatins proprement dits, le nerf sphéno-palatin et le nerf pharyngien.
Les nerfs palatins naissent de la partie inférieure du ganglion et ils se distinguent, d’après leur position, en nerfs palatins antérieurs, moyens et postérieurs.
Le nerf palatin antérieur ou nerf grand palatin, passe dans le conduit palatin postérieur pour arriver à la voûte palatine, au niveau de laquelle il se bifurque, après s’être réfléchi d’avant en arrière. Dans son trajet dans le conduit palatin, il s’en détache un filet appelé filet nasal postérieur et inférieur, qui se ramifie dans la membrane muqueuse du méat moyen, du cornet inférieur et du méat inférieur. À sa terminaison, ce nerf fournit deux branches se divisant en rameaux, dont les uns vont à la membrane muqueuse et aux glandules de la voûte du palais, dont les autres se perdent dans la muqueuse de la gencive.
Le nerf palatin moyen descend dans le conduit palatin commun, mais quelquefois cependant, dans un conduit qui lui est particulier. Ce filet se termine dans la membrane muqueuse et les glandules du voile du palais.
Le nerf palatin postérieur accompagne les deux nerfs précédens ; il parvient à la voûte palatine où il se divise en plusieurs filets, dont les uns vont aux muscles péristaphylin interne et palato-staphylin, et en filets pour la membrane muqueuse du voile du palais.
Les nerfs sphéno-palatins partent de la partie antérieure du ganglion de Meckel, ils se divisent en nerfs sphéno-palatins internes et externes.
Les nerfs sphéno-palatins externes sont destinés à la membrane muqueuse qui revêt les cornets supérieur et moyen.
Le nerf sphéno-palatin interne ou nerf naso-palatin de Scarpa, marche de dehors en dedans, passe au devant du sinus sphénoïdal, et arrive sur la cloison des fosses nasales pour se diriger de là obliquement, en bas et en avant, vers le conduit palatin antérieur. Arrivé dans ce point, ce filet pénètre dans le conduit sphéno-palatin, et s'accolle à sa partie inférieure avec le nerf sphéno-palatin du côté opposé, et se termine par des ramifications très fines dans la partie antérieure de la membrane muqueuse palatine.
Au moment où les deux nerfs sphéno-palatins se rencontrent dans le conduit palatin antérieur, il se formerait, suivant H. Cloquet, un ganglion qui unirait les deux nerfs.
Les anatomistes modernes n’admettent pas l’existence de ce ganglion, et suivant M. Sappey, l’aspect ganglionaire serait dû à la présence d’un petit corps fibro-cartilagineux résistant qui occupe. cette région.
Le nerf pharyngien ou nerf de Bock est un petit filet nerveux qui prend naissance à la partie postérieure et interne du ganglion de Meckel. Il s’introduit dans le conduit ptérygo-palatin dont il sort, pour aller se ramifier dans la partie postérieure et supérieure des fosses nasales, et à la membrane muqueuse qui revêt la partie supérieure du pharynx ainsi que le voisinage de la trompe d’Eustache.
Nerf maxillaire inférieur.
Le nerf maxillaire inférieur se distingue des deux autres branches de la cinquième paire, en ce qu’il est constitué à la fois par la grosse portion ganglionaire et par la petite portion motrice, tandis que les branches ophthalmique et maxillaire supérieure sont constituées exclusivement par la grosse portion ganglionaire.
Cette branche, qui est la plus volumineuse des trois, sort du crâne par le trou ovale. Avant sa sortie, les deux branches d’origine du nerf maxillaire inférieur sont simplement accolées l’une à l’autre. La branche ganglionaire est plus volumineuse et plexiforme, tandis que la branche motrice non ganglionaire est d’une couleur plus blanche, et formée de fibres plus parallèles ; elle est située en arrière de la grosse branche et se dirige un peu obliquement en bas et en avant.
A la sortie du trou ovale, les deux branches qui composent le nerf maxillaire inférieur s’accollent plus intimement, et se confondent en un seul nerf. Toutefois, bien que l’accollement soit devenu très intime, on peut cependant, sur des pièces convenablement macérées, suivre la terminaison des deux branches, et constater que la distribution dela petite racine non gangliopaire est plus spécialement motrice. Cependant, nous décrirons indistinctement tous les nerfs qui proviennent de la branche maxillaire inférieure comme d’un nerf mixte.
De plus, il existe sur le trajet du nerf maxillaire inférieur plusieurs ganglions, qui sont : les ganglions otique, sous-maxillaire et sub-lingual.
Les rameaux qui en émanent sont :
1° Les rameaux externes, savoir: le nerf temporal profond moyen, le nerf massétérin et le nerf buccal.
2° Un rameau interne, le nerf ptérygoïdien interne.
3° Un rameau postérieur, le nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal.
4° Des rameaux inférieurs, le nerf lingual et le nerf dentaire inférieur.
1° Nerf temporal profond moyen. I prend naissance très peu au-dessous du trou ovale et émerge de la partie antérieure et externe du tronc du maxillaire inférieur. Il décrit une courbe à concavité supérieure, en se dirigeant d’abord horizontalement en avant, puis obliquement en haut et en dehors.
Ce nerf se place entre le muscle ptérygoïdien externe et la paroi supérieure de la fosse zygomatique, et il se divise en deux rameaux, qui, après avoir contracté des anastomoses avec les nerfs buccal et massétérin, se distribuent exclusivement au mus-
cle crotaphite.
2° Nerf massétérin. Ce nerf accompagne le précédent dans la première portion de son trajet, et il se trouve placé entre la paroi supérieure de la fosse zygomatique et le muscle ptérygoidien externe. Mais bientôt il se porte obliquement en bas et en dehors, passe par l’échancrure sygmoiïde où il se trouve en rapport avec le bord postérieur du tendon du temporal et va se terminer en pénétrant dans la partie moyenne et profonde du muscle massétérin.
Dans son trajet, le nerf massétérin fournit successivement : 1° un filet temporal profond postérieur qui se distribue dans le muscle crotaphite, en s’anastomosant avec le temporal moyen, et en envoyant un filet qui traverse l’aponévrose temporale pour
aller s'anastomoser avec le nerf temporal superficiel ; cette anastomose, mentionnée par beaucoup d'auteurs, n'est pas admise par M. Sappey. 2° Un rameau destiné à l'articulation temporo-maxillaire.
3° Nerf buccal. 1] naït par une ou plusieurs racines et traverse aussitôt le muscle ptérygoïdien externe. Il se porte en avant et en bas, entre la tubérosité de l’os maxillaire supérieur et le bord antérieur de l’apophyse coronoïde, et il se termine sur le muscle buccinateur, où il s'épanouit en plusieurs rameaux.
Les filets collatéraux que fournit le nerf buccal sont destinés au muscle ptérygoidien et au muscle temporal; ces derniers constituent le nerf temporal profond antérieur. Quelques-uns d’entre eux traversent l’aponévrose temporale, pour aller se terminer à la peau de la tempe, et s’anastomoser avec les filets du nerf facial.
Les filets terminaux du nerf buccal sont: des branches cutanées pour la peau de la joue; des filets qui arrivent à la membrane muqueuse de la bouche, après avoir traversé le muscle buccinateur; mais sans lui avoir fourni des filets moteurs comme le croyaient d’anciens auteurs.
Parmi ces rameaux de terminaison du nerf buccal, il en est un certain nombre qui s’anastomose avec le nerf facial, sur la face externe du muscle buccinateur.
4° Nerf du muscle ptérygoïdien interne. 11 se détache du côté antérieur et interne du nerf maxillaire inférieur. Le ganglion otique est placé à côté de ce filet dès son origine, et semble concourir à sa formation. Il se distribue dans le muscle ptérygoïdien interne et dans le muscle péristaphylin externe.
5° Nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal. Plus volumineux que les nerfs précédens, ce nerf a également une distribution beaucoup plus étendue. Né du maxillaire inférieur par deux racines qui s’écartent, pour laisser passer entre elles l'artère méningée moyenne, et qui se réunissent ensemble derrière le col du condyle de la màächoire, ce nerf se porte en haut, entre le pavillon de l'oreille et la base de l’apophyse zygomatique, pour aller se terminer dans la région temporale.
Parmi les filets de ce nerf, les plus intéressans sont: des rameaux anastomotiques, généralement au nombre de deux, qui se dirigent en avant pour venir se joindre au niveau du bord postérieur du muscle masséter avec la branche supérieure du nerf facial ; il y a de plus quelques ramuscules d’anastomoses avec le grand sympathique, dans le plexus nerveux qui entoure l'artère maxillaire interne, et un filet qui s’unit au nerf dentaire inférieur à son entrée dans le canal du même nom.
Les rameaux de terminaison du nerf temporal superficiel sont: un ou deux filets pour l'articulation temporo-maxillaire; des rameaux auriculaires pour la peau du conduitauditifexterne, les glandes cérumineuses, le lobule et la partie antérieure du pavillon de l’oreille; des rameaux parotidiens pour le tissu de la glande, et enfin des rameaux pour la peau de la tempe et pour le cuir chevelu.
6° Nerf dentaire inférieur. Ce nerf, par son volume et par sa direction, peut être considéré comme la continuation la plus directe du nerf maxillaire inférieur. 11 se trouve situé entre le pharynx et le ptérygoiïdien interne, et comme accolé au nerf lingual ;
mais parvenu au niveau de l’orifice du canal dentaire inférieur, il y pénètre et le parcourt dans toute son étendue, pour sortir par le trou mentonnier, après avoir fourni un grand nombre de filets collatéraux.
Parmi ces filets, le plus important est le rarneau mylo-hyoidien qui se sépare du nerf lingual au moment où il pénètre dans le canal dentaire, et se trouve logé dans un canal demifibreux, demi-osseux , creusé dans la face interne de la màchoire inférieure. C’est au niveau du muscle mylo-hyoïdien que ce filet se dégage de son canal, pour se distribuer au muscle mylo-hyoïdien, et en même temps au ventre antérieur du muscle digastrique. M. Sappey signale un filet qui, ne faisant que traverser le muscle mylo-hyoïdien, va se joindre ensuite au nerf lingual, et sert ainsi à établir une relation entre la langue et là branche motrice de la cinquième paire.
Le nerf dentaire, en parcourant le canal du même nom, envoie des filets au gros et au petit molaire, et donne d’autres filets destinés au bord alvéolaire de la mâchoire et au tissu gingival.
Parvenu au niveau du trou mentonnier, le nerf dentaire inférieur se divise en deux branches. 1° Le rarmeau incisif qui continue le trajet primitif du nerf, et se distribue à la dent canine et aux deux incisives inférieures du côté correspondant. 2° Le rameau mentonnier qui sort par le trou du même nom, pour s'épanouir en filets divergens, qui s’entre-croisent et s’anastomosent avec les filets du nerf facial, pour former le plexus mentonnier. Parmi ces filets terminaux du nerf mentonnier, les uns se distribuent à la peau du menton, de la lévre inférieure et de la partie inférieure de la joue; les autres aux glandes salivaires voisines et à la muqueuse buccale.
7° Nerf lingual. De concert avec le nerf dentaire inférieur, il continue le nerf maxillaire inférieur ; il se sépare du dentaire et se place d’abord entre les deux ptérygoïdiens, et ensuite entre le ptérygoïdien interne et la branche de la mâchoire. A dater de ce point, le lingual suit une direction horizontale et marche audessous de lamembrane muqueuse de la bouche, en se dirigeant du côté de la langue.
Dans son trajet, ce nerf se trouve en rapport avec les muscles ptérygoiïdiens, avec le muscle hyo-glosse et le canal de Wharton, et croisant ce dernier à angle aigu, il marche dans l’interstice des muscles lingual et génio-glosse, pour aller se terminer dans la langue.
Les rameaux que le nerf lingual fournit sont: des rameaux destinés à la glande sous-maxillaireet sous linguale, desrameaux d’anastomose avec le grand hypoglosse, et enfin ses rameaux terminaux dans la muqueuse de la langue et dans la glande de Nuhn.
Enfin, il recoit une branche d’anastomose très importante du facial, la corde du tympan.
Les rameaux du nerf lingual qui vont dans la glande sousmaxillaire et sub-linguale, passent d’abord dans les ganglions du même nom, et seraient considérés comme leurs racines sensitives.
Les filets d’anastomose entre le nerf lingual et le grand hypoglosse sont nombreux, et ils décrivent des anses dont la concavité regarde en arrière. Enfin, les branches de terminaison se distribuent à la membrane muqueuse qui tapisse la face inférieure de la langue, et aux deux tiers antérieurs de celle qui revêt sa partie dorsale et latérale. Avant de parvenir à la mem-
brane muqueuse proprement dite, ces filets traversent l’épaisseur des muscles linguaux, mais sans leur abandonner aucun filet.
C'est près de l’origine du lingual que la corde du tympan vient s’accoler pour l’accompagner ensuite. Les anatomistes ont considéré, tantôt la corde du tympan comme intimement unie au nerf lingual, tantôt comme lui étant simplement accolée, pour s’en séparer ensuite.
Arnold, M. Longet, etc., pensent qu’au niveau du ganglion sous-maxillaire, la corde du tympan se détache pour s'unir à la partie postérieure du ganglion dont elle constituerait la racine motrice. D’autres auteurs, parmi lesquels se trouvent M. CI. Bernard, M. Sappey, admettent que si quelques filets de la corde du tympan se rendent au ganglion sous-maxillaire, la plus grande partie reste accolée au nerf lingual et l’accompagne jusqu’à sa terminaison dans la langue.
Ganglion otique.
Ce ganglion de forme ovoïde est situé à la partie interne du nerf maxillaire inférieur, immédiatement au-dessous de sa sortie par le trou ovale. On lui considère deux faces, une interne qui répond au muscle péristaphylin externe et une externe qui est en rapport avec le nerf maxillaire inférieur, et particulièrement avec sa portion non ganglionaire.
On considère, d’après la théorie d’Arnold, ce ganglion comme ayant des branches afférentes ou radiculaires ; des branches de terminaison et des filets sympathiques de communication avec d’autres ganglions.
Les rameaux afférens seraient : 1° une branche motrice provenant du facial, que M. Longet a décrit sous le nom de nerf petit pétreux ou superficiel. 2° une branche sensitive provenant du glosso-pharyngien, par l'intermédiaire de l’anastomose de Jacobson. 3° Le filet sympathique de communication ou branche végétative, se détacherait du plexus qui entoure l’artère sphéno-épineuse, et qui provient du plexus inter-carotidien auquel concourent le glosso-pharyngien et le ganglion cervical supérieur.
Les rameaux de distribution du ganglion otique sont: les uns antérieurs, se dirigeant un peu obliquement en bas et en avant, pour se terminer dans le muscle péristaphylin externe ; les autres remontant en haut et en arrière, pour se distribuer dans le muscle interne du marteau. Enfin, le ganglion otique fournit encore des filets, qui s'appliquent d’abord au nerf temporal-superficiel et qui s’en séparent bientôt, pour aller se distribuer à la membrane muqueuse de la caisse du tympan.
Ganglions sous-maxillaire et sub-lingual.
Le ganglion sous-maxillaire est placé sur le trajet du nerf lingual , à sa partie inférieure et au niveau de la glande sousmaxillaire; il présente une forme ovoïde et offre des rameaux qui sont divisés : en rameaux afférens ou radiculaires ; en rameaux efférens ou de terminaison, et en rameaux de communication avec les autres parties du grand sympathique.
Les rameaux radiculaires seraient représentés: 1° par des filets provenant de la corde du tympan, ainsi qu'il a été dit plus haut, et constituant la racine motrice; 2° par d’autres filets venant directement du nerf lingual et pénétrant le ganglion par sa partie supérieure.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
Les filets de distribution du ganglion vont: les uns dans les parois du conduit de Wharton, et les autres dans le tissu de la glande sous-maxillaire. Il existe un autre filet, décrit par M. CI. Bernard, qui part de la partie postérieure du ganglion, et va se distribuer à la muqueuse des parois latérales et supérieures du pharynx.
Le filet sympathique qui constitue la racine végétative proviendrait du plexus que le grand sympathique fournit à l'artère faciale.
Le ganglion sub-lingual décrit par Blandin serait soumis aux mêmes lois que les autres ganglions qui sont sur le trajet des branches de la cinquième paire. Mais ce ganglion, étant très petit, et même nié par certains anatomistes, n’a pas été suffisamment étudié à ce point de vue; on peut dire seulement qu'il est placé sur le trajet du nerf lingual avec lequel il communique par plusieurs rameaux, et que les filets qui s’en détachent sont spécialement destinés à la glande sub-linguale.