C. Branche musculaire du nerf crural
Dès son origine, cette branche, qui naît du nerf crural derrière la précédente, est divisée en plusieurs rameaux qui varient beaucoup pour le nombre et le volume. Ces variations tiennent à ce que chaque muscle en reçoit un plus où moins grand nombre. Bichat divise ces rameaux en externes et en internes, il range les rameaux supérieurs du couturier qui viennent de la branche musculo-cutanée. En suivant cette division, nous nous trouverions exposés à répéter ce que nous avons déjà dit en parlant de cette branche musculo-cutanée, il nous parait donc préférable de désigner ces rameaux comme l’a fait M. Cruveilhier par les noms des muscles auxquels ils vont se distribuer, et nous trouvons alors les rameaux : 1° du muscle droit antérieur ; 2° du vaste externe ; 3° du vaste interne; 4° le nerf appelé saphène interne.
a. Rameau du muscle droit antérieur.
Ce rameau est un des plus gros du nerf crural, il y en a quelquefois deux, mais le plus souvent il n’y en a qu’un seul. Sur la planche 65, ce rameau forme la branche la plus externe du nerf crural. Il descend verticalement et se divise, après un trajet de quelques centimètres, en deux filets ; l'un est supérieur, et se partage en plusieurs filamens qui se réfléchissent de bas en haut et de dedans en dehors, et pénètrent dans la partie supérieure du muscle droit, ils correspondent, dans la planche 65, au n° 9. L'autre continue à descendre verticalement derrière le muscle droit, jusque vers la partie moyenne de la face postérieure; là il pénètre dans son épaisseur et s’y divise en nombreux filets. Dans la planche 66, n° 13, on voit ce nerf dans ce muscle, à travers une échancrure qui a été pratiquée dans ses fibres.
b. Rameau du muscle vaste externe (portion externe du triceps).
Ce nerf est vu à son origine sur la planche 65 où il est le second rameau du nerf crural, en comptant de dehors en
dedans, se divise promptement en deux rameaux secondaires qui correspondent aux lettres p et g. Ceux-ci sé dirigent obliquement en bas et en dehors, et passent derrière le muscle droit antérieur auquel ils fournissent un petit rameau; arrivés au bord externe de ce muscle, ils s'éloignent l’un de l’autre : 1° Z supérieur se divise en deux ou trois filets assez volumineux, qui pénètrent dans la partie supérieure du muscle vaste externe, et se subdivisent dans son épaisseur en une multitude de filamens ; 2° le rameau inférieur descend en dedans du précédent, donne dans sa route un ou deux filets qui pénètrent dans le muscle vaste interne, et gagne ensuite la partie moyenne du muscle vaste externe dans lequel il s'enfonce pour y répandre ses filets jusque vers sa partie inférieure. Sur la planche 65, on a enlevé une portion assez considérable du muscle vaste externe pour montrer la distribution de ces nerfs dans son épaisseur.
c. Rameau du muscle vaste interne (portion interne du triceps fémoral).
Ces rameaux sont au nombre de deux, l’un externe et l’autre interne : 1° rameau externe. Ce nerf unique depuis son origine jusqu’au point où il pénètre dans le muscle vaste interne, est le quatrième rameau du nerf crural en comptant de dehors en dedans et correspond à la lettre 7 dans la planche 65. D'un volume assez considérable, il se porte verticalement en bas, en passant derrière le muscle droit, croise la face antérieure des petit et moyen adducteurs et pénètre dans la portion du vaste interne qui recouvre la face antérieure du fémur. Foy. planche 65. Ce muscle a été échancré pour montrer dons son intérieur le nerf dont il s’agit avec ses filets qui peuvent être suivis jusqu’à la partie inférieure du muscle, quelques-uns même, quoique très déliés, pénètrent jusque dans le périoste et dans l'articulation, et sont désignés par cette raison sous les noms de filets périostiques et articulaires ; 2° rameau interne. Plus volumineux que le précédent, il naît quelquefois du nerf crural par un tronc commun avec le nerf saphène interne ; dans tous les cas, ilse place immédiatement à son côté externe, d’abord en dehors et en avant de l'artère crurale, qu’il croise au niveau du muscle premier adducteur, descend ensuite verticalement le long de la face antérieure de ce vaisseau jusqu’au moment où il pénètre dans la gaine du grand adducteur ; alors toujours plus superficiellement placé que lui et toujours marchant dans la même direction que le nerfsaphène interne, il pénètre dans l'épaisseur du muscle vaste interne en se rapprochant de la rotule, tandis que le nerf saphène s’en éloigne. Dans son trajet à travers les fibres du muscle en question, il se divise en deux filets; l’un de ceux-ci, appelé filet articulaire, se dirige d’arrière en avant et de dedans en dehors et s’enfonce derrière le ligament rotulien où il se termine dans le tissu adipeux qui y est très abondant. L’autre, plus gros, et appelé filet périostique, perce le muscle vaste interne au niveau du bord supérieur de la rotule, et se réfléchit d’arrière en avant sous l’aponévrose, et sur la face antérieure de cet os pour se ramifier dans son périoste. Avant de se diviser en ces deux filets terminaux, ce rameau interne donne plusieurs filets dont la plupart se répandent dans le muscle vaste interne. L'un d'eux long et grêle, correspondant à 0,15, planche 65, passe derrière le muscle droit antérieur et vient se terminer dans le muscle vaste externe.
T. III
d. Nerf saphène interne.
Ce nerf, le plus gros detous lesrameaux fournis par la branché musculaire du nerf crural, naît de la partie interne de cette branche; Bichat le range parmi les rameaux internes du nerf crural; il correspond aux lettres n, n, de la planche 65, et aux n° 21 et 25 de la planche 66, est visible jusqu’au niveau’du muscle premier adducteur, c’est-à-dire dans l'étendue de quelques centimètres. Ce nerfestsitué en dehors de l'artère crurale, mais bientôt il passe au devant d’elle pour gagner son côté interne, se place dans la gaîne fibreuse et l’accompagne en la côtoyant, jusqu’au moment où l'artère pénètre dans la gaine du grand adducteur, pour devenir poplitée ; là, il l’abandonne, croise très obliquement, d’avant en arrière, le tendon de ce muscle, en passant au devant de lui, se place dans la coulisse qui existe entre lui et le muscle droit interne, puis dans celle qui existe entre ce muscle.et le couturier, contourne ainsi le condyle interne du femur, et se termine par deux branches. Cette division se fait ordinairement au niveau du point où le tendon du muscle grand adducteur s’insère au condyle interne du fémur.
Dans son trajet, le nerf saphène interne reçoit et émet plusieurs rameaux : 1° le nerf obturateur lui en envoie un au niveau du point où l'artère crurale fournit la profonde. Ce rameau se porte d’arrière en avant, et en donne un autre qui passe entre le muscle couturier et le droit interne, et va se distribuer à la peau dé la partie postérieure de la cuisse ; 2° une autre part du saphèné interne, au moment où l'artère fémorale traverse la gaine du grand adducteur, il pénètre entre le muscle couturier et le droit interne, contourne ce dernier muscle, descend verticalement et parallèlement au nerf saphène, et se divise en plusieurs filets, dont quelques-uns s’anastomosent avec le nerf saphènelui-même, et les autres se perdent dans la région interne et postérieure dé la jambe ; 3° M. Cruveilhier signale un troisième filet qui se détache du nerf saphène, dans la gaine du troisième adducteur, se porte verticalement en bas, dans l’épaisseur de la cloison intermusculaire interne, gagne l’articulation du genou, traverse la couche fibreuse, et peut être suivi dans le tissu adipeux synovial (Anat. t.xr, p. 846).
Les deux branches qui terminent le nerf saphène interne se distribuent de la manière suivante :
1° Branche antérieure. On l'appelle aussi branche rotulienne presque aussitôt après sa séparation du tronc principal; cette branche qui rampe derrière le couturier traverse ce muscle, se réfléchit d’arrière en avant, et se divise en rameaux transverses et en rameaux descendans. Les rameaux transverses qui sont les plus volumineux, contournent le condyle interne du fémur, viennent passer!au devant du ligament rotulien et se terminer au bord externe de la rotule, en s’anastomosant avec les rameaux cutanés antérieurs et externes. Les rameaux descendans suivent l’expansion aponévrotique des muscles de la partie interne de la jambe, s’anastomosent avec les filets de la branche postérieure du saphène, et se terminent dans la peau de la partie antérieure interne et supérieure du tibia.
2° Branche postérieure. C'est elle qui forme la véritable continuation du tronc principal; elle est plus grosse que la précédente, elle se place d’abord au devant du tendon du muscle droit interne, puis entre ce tendon et le muscle couturier; arrivée au-dessous du genou, au niveau du point où les tendons des