NERFS INTERCOSTAUX
l'extrémité antérieure du second espace intercostal ; il donne quelques filets aux intercostaux, se dirige d’arrière en avant, perce le grand pectoral sur la face antérieure duquel il se divise en deux ou trois rameaux qui se réfléchissent immédiatement de dedans en dehors, sous la peau dans laquelle ils se ramifient en s'anastomosant avec les suivants et avec le précédent.
(b). Rameau perforant cutané dit brachial. D'un volume assez considérable, il perce le muscle intercostal externe, auquel il laisse quelques filets, immédiatement au-dessous de la seconde côte et au niveau de sa partie moyenne ; caché à son origine, par le muscle petit pectoral, derrière lequel il se réfléchit en dehors pour gagner le creux de l’aisselle qu'il traverse, placé au-dessous et en dedans de la veine axillaire, ilreçoit quelquefois, pendant ce trajet, un petit filet du nerf cutané interne ou de son accessoire (v. pl. 5o), croise la face antérieure du tendon du grand dorsal, s’accole à la peau de la partie interne du bras, et descend le long de la partie interne et postérieure du bras, en donnant divers filets, parmi lesquels un se contourne sur la partie postérieure, et l’autre descend parallèlement à l’accessoire du brachial, cutané interne. Parvenu jusqu’auprès du coude, où il est facile de le suivre, il se partage en un grand nombre de filamens qui se perdent dans cette région. Tous ces filets sont destinés à la peau de la partie interne du bras. Quelquefois ce nerf se divise en deux rameaux dans le creux de l’aisselle, mais alors, le second rameau se comporte comme s’il était un filet du précédent.
Branche antérieure du troisième nerf dorsal. Depuis son origine jusque vers le milieu du bord inférieur de la troisième côte, il se comporte comme nous l’avons dit dans la description générale. Arrivé en ce point, il se divise comme le précédent, en deux rameaux: rameau intercostal et rameau perforant cutané brachial.
(a). Le rameau intercostal continue à suivre la côte, s’engage sous le triangulaire du sternum, fournit en cet endroit deux ou trois filets très visibles, à ce muscle et à l’intercostal interne, et se réfléchit comme les précédens, d’arrière en avant, pour se répandre dans la peau qui couvre la face antérieure du grand pectoral.
(b). Le rameau perforant externe, dit brachial, perce l'intercostal externe, sort entre la digitation du grand dentelé, et se porte immédiatement vers le creux de l’aisselle, en se réfléchissant sur lui-même, d'avant en arrière, croise le bord externe du grand pectoral et parvient à la partie supérieure du bras, où il se termine plus haut que le précédent. Dans son trajet, il donne un filet qui se réfléchit en avant et va se répandre dans la mamelle, puis il en fournit beaucoup à la peau qui tapisse le creux axillaire, et la partie supérieure et interne du bras.
Branches antérieures des quatrième, cinquième, sixième et septième nerfs dorsaux. Les branches antérieures de ces nerfs sont, en grande partie, connues par la description générale que nous avons donnée ; elles parcourent les espaces intercostaux qui leur correspondent, fournissent de nombreux rameaux aux muscles intercostaux, et se divisent en deux branches vers le milieu de leur trajet.
(a). Les rameaux intercostaux parviennent jusqu’au sternum, LS 1 €
donnent beaucoup de filets au triangulaire; le dernier fournit aussi quelques filets à la partie supérieure du muscle sterno-pubien, ou grand droit, puis, tous se réfléchissent d’arrière en avant, sur la face antérieure du grand pectoral , où ils rampent jusqu’à son bord inférieur et externe, sous lequel ils se réfléchissent et se perdent ; dans ce trajet, ils jettent un assez grand nombre de filets dans la glande mammaire.
(b). Les rameaux pectoraux externes où perforans cutanés, après avoir traversé les intercostaux externes et les digitations du muscle grand dentelé, se divisent chacun en deux filets. Les
filets postérieurs se réfléchissent d’avant en arrière sur la face
postérieure de l’omoplate et du muscle grand dorsal, et se répandent dans la peau qui les recouvre ; les antérieurs se recourbent de dehors en dedans, et viennent, les uns dans la peau qui tapisse la face antérieure du grand pectoral et dans la mamelle, et les autres dans celle qui recouvre la partie inférieure et latérale du thorax. Avant de passer outre, nous devons indiquer ici les nerfs qui se jettent dans la glande mammaire.
Nerfs de la glande mammaire fournis par les intercostaux.
Non-seulement la peau de la mamelle, mais encore la glande elle-même reçoivent des nerfs venant des branches antérieures des nerfs dorsaux (pour connaître les sources d’où émanent tous les nerfs de la mamelle, voyez l’article glandes mammaires). D’après ce qui précède nous avons vu que la glande mammaire reçoit ses principaux nerfs des rameaux intercostaux et des rameaux externes, des second, troisième et quatrième nerfs intercostaux, et qu’il lui en vient rarement des rameaux analogues du premier et du cinquième. M. Cruveilhier (4nat., t. in; p- 827) dit au contraire que les branches perforantes cutanées (rameaux externes) des troisième, quatrième et cinquième nerfs dorsaux fournissent chacune un rameau destiné à la mamelle. C’est en effet ce qui a toujours lieu.
Branche antérieure des huitième, neuvième, dixième et onzième nerfs dorsaux. Le trajet de ces branches se fait dans les espaces intercostaux formés par les fausses côtes; il est à peu près le même que celui des précédentes. Elles fournissent comme elles de nombreux filets par leur partie postérieure aux muscles qui les remplissent, mais dans leur partie antérieure, elles en différent complétement; ainsi, comme le remarque Bichat; et comme il est facile de le voir, les rameaux perforans cutanés (thoraciques externes) s'en séparent plus près de l’extrémité antérieure de chaque intervalle, et cela d’autant plus qu’on les considère plus bas, ce qui tient à ce que les intervalles vont successivement en se raccourcissant, et que dans chacun la division se fait toujours à peu près à la même distance du trou de con-
Jugaison.
Ces rameaux perforans percent les muscles intercostaux, traversent les digitations du grand oblique, et se divisent en deux filets ; les postérieurs se réfléchissent d'avant en arrière pour se ramifier dans la peau qui tapisse la face postérieure du grand dorsal ; les antérieurs se dirigent d’arrière en avant et de dehors en dedans, sur la face externe du muscle grand oblique, et se distribuent dans la peau de la région antérieure de l'abdomen; leurs derniers filets s'étendent jusqu’au-delà de la ligne blanche,
où ils s’anastomosent avec ceux de l’autre côté.
272 NERFS RACHIDIENS.
Les rameaux intercostaux des branches en question, parvenus à l'extrémité antérieure des intervalles des fausses côtes, abandonnent ces intervalles au moment où les cartilages costaux changent de direction pour devenir ascendants, passent derrière ces cartilages, traversent le diaphragme dans les points où il s’y attache sans lui laisser de filets, à ce qu’on croit généralement ; cependant, Valentin dit qu'ils lui distribuent quelques ramuscules (Æncycl. anat., t. ir. p. 537 et suivantes), puis ils traversent en suivant leur direction primitive dans l’épaisseur des parois abdominales, où ils se placent entre les muscles petit oblique et transverse, auxquels ils fournissent un grand nombre de filets, ainsi qu’au grand oblique, et marchent entre eux, comme ils marchaient entre les intercostaux. Arrivés au bord externe de la gaine des muscles droits ou sterno-pubiens, ils fournissent, avant de la traverser, un ou deux filets perforans cutanés qui percent directement d’arrière en avant le petit et le grand oblique, et marchent alors de haut en bas et de dedans en dehors sous la peau à laquelle ils se distribuent (v. pl. bo, du n°14e à 18e); puis ils pénètrent dans cette gaine par des trous qui sont pratiqués le long de son côté externe, et entrent dans l’épaisseur du muscle qu’ils traversent obliquement d’arrière en avant; pendant leur trajet, ils lui laissent une multitude de filets; ce sont les filets musculaires qui vont en divergeant et s’anastomosent avec ceux qui sont au-dessus et ceux qui sont au-dessous ; puis ils se rapprochent beaucoup de la face antérieure, de façon que près de son bord interne et de la ligne blanche, ils percent l’aponévrose antérieure et se réfléchissent obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, sous la peau de l’abdomen dans laquelle ils se terminent par de petits filets qu’on appelle cutanés. Dans la planche 5o, du n° 15 c au n° 21 c, on voit tous ces rameaux à nu sur la face antérieure du muscle transverse, et dans l'épaisseur du muscle sterno-pubien, dont on a enlevé une couche constituée à peu près par la moitié de son épaisseur ; il est curieux de faire observer le nombre immense de nerfs qu’il renferme relativement à son volume, circonstance qui trouve son explication dans les fonctions auxiliaires qu’il remplit, eu égard à la respiration et à la digestion, dans le sommeil comme dans la veille; la même observation s'applique, quoique à un moindre degré, aux trois grands muscles larges de l'abdomen ; les nerfs que ces derniers muscles reçoivent sont coupés sur
cette figure.
Branche antérieure du douzième nerf dorsal. Peu après son origine, elle passe comme les précédentes derrière le filet d'union des ganglions du grand sympathique, reçoit un filet du ganglion qui est immédiatement au-dessus, puis un autre très long du ganglion qui est immédiatement au-dessous de la seconde paire lombaire. Ce filet passe au-devant de la première paire lombaire sans lui rien laisser, et se réfléchit un peu avant d’arriver à la branche en question de haut en bas et de dedans en dehors pour descendre avec elle parallèlement à ses fibres le long du bord inférieur de la douzième côte. Entre ces deux filets, la branche antérieure du douzième nerf dorsal en donne un (v. pl. 12, n° 38) qui descend de haut en bas, et un peu de dedans en dehors audevant du muscle carré des lombes, pour aller s’anastomoser avec la branche antérieure du premier nerf lombaire (v. pl. 12, n° 32). Dans son trajet, ce filet en laisse échapper un qui pénètre dans le carré lombaire; l’origine de ce nerf n’est pas toujours dans le point où elle est indiquée sur cette planche, elle naît quelquefois beaucoup plus en dehors. ; après avoir reçu et
donné ces filets, cette branche descend le long du bord antérieur de la douzième côte, sur la face antérieure du carré des lombes; arrivée au bord externe de ce muscle, elle perce les fibres du muscle transverse, et se place, comme les précédentes, entre la face antéro-latérale et le petit oblique, alors elle se divise en deux branches, savoir : en rameau abdominal et en rameau perforant cutané (rameau externe), on les nomme encore rameau profond et rameau superficiel.
(a). Rameau abdominal profond. W continue la branche antérieure du douzième nerf dorsal; en passant entre les muscles larges de l’abdomen, il répand dans leur épaisseur un grand nombre de filets et se divise en deux rameaux qui marchent parallèlement jusqu'au bord externe du muscle droit, donnent un filet qui traverse les muscles grand et petit oblique, et devient sous-cutané, puis ils perforent la gaine du muscle droit dans l’épaisseur duquel ils pénètrent pour s’y comporter comme les précédens. C’est de ce rameau abdominal que vient le filet du muscle pyramidal; ce filet, long et mince, rampe d’abord dans l’épaisseur du muscle droit, et se divise en trois ou quatre filets dans le pyramidal (e. pl. 50, n° 20 c.).
(b). Rameau perforant (ou externe), rameau abdominal superficiel. La disposition de ce rameau n’est pas constante, tantôt, et c'est là ce qui arrive le plus souvent, ainsi que nous l’avons établi dans notre planche br, n° 20 c, il se comporte exactement comme ceux qui précèdent, c’est-à-dire qu'après avoir traversé le muscle grand oblique de l’abdomen, il devient sous-cutané et se divise en deux branches, l’une postérieure qui se distribue dans la peau de la partie postérieure du muscle grand dorsal, et l’autre antérieure, dans la peau qui tapisse la partie inférieure de l'abdomen. Tantôt il traverse obliquement de haut en bas les deux obliques, leur fournit beaucoup de filets, descend verticalement sur la face externe du grand, sur laquelle il en répand ainsi que dans la peau, arrive à la crête de l’os des iles où il se: termine en se divisant en deux ou trois petites branches qui vont en avant, en arrière et en bas se terminer dans la peau de la région externe de la fesse. Cette dernière descend quelquefois jusqu’au grand trochanter.
Le plus souvent, la disposition dont nous venons de parler, appartient à la branche antérieure de la première paire lombaire qui fournit la branche cutanée fessière.
En résumé, on voit, par la description que nous venons de donner des nerfs dorsaux, qu'ils sont destinés aux muscles et à la peau des cavités thoraciques et abdominales; quelques filets vont se distribuer à la peau du bras et de l’aisselle. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c’est cette immense quantité de filets et d’anastomoses qui se répandent dans les muscles droits de l'abdomen.
Les nerfs lombaires sont au nombre de cinq. Le premier de ces nerfs sort du trou de conjugaison, entre les deux premières vertèbres lombaires, et le dernier entre le sacrum et la cinquième. Leurs racines antérieures et postérieures sont très rapprochées les unes des autres à leur sortie de la moelle; elles sont à peine séparées par des intervalles distincts, elles proviennent du renflement médullaire inférieur, et n’occupent sur elle qu’un petit espace qui correspond à la dernière vertèbre dorsale et à la pre-
mière lombaire. Chaque racine est constituée par plusieurs filets qui n’ont aucune communication entre elles, dans le canal vertébral. Les faisceaux antérieurs et postérieurs sont d’autant plus gros et plus longs qu’on les considère plus inférieurement. Lorsque ceux qui appartiennent au même nerf lombaire ont pénétré dans le canal fibreux de la dure-mère, et se sont réunis, comme nous l’avons dit dans les généralités, en un tronc unique, celuici se sépare, comme les précédens , en deux branches un peu avant de sortir du trou de conjugaison ; une de ces branches est postérieure ou lombaire, et l’autre antérieure on abdominale.
Branches postérieures des nerfs lombaires.
Ces branches postérieures se divisent, comme les branches postérieures des nerfs dorsaux , en rameaux internes et en rameaux externes. Pour les mettre à découvert, il faut enlever l’aponévrose de la masse commune aux muscles sacro-lombaires et long-dorsal, et une légère couche de fibres musculaires, alors on les aperçoit qui se répandent dans ces fibres.
1° Branches internes. Très petites, beaucoup plus petites que les branches analogues des nerfs dorsaux, elles se distribuent dans les faisceaux inférieurs du muscle transversaire épineux, et dans la masse commune au sacro-lombaire et au long-dorsal.
2° Branches externes. La première, plus volumineuse que les suivantes, se porte en arrière entre les apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires, puis elle descend en bas et en dehors, traverse la masse commune au sacro-lombaire et au long-dorsal, y laisse quelques filets, devient ensuite superficielle, se place entre la face postérieure de ces muscles et l’aponévrose qui les recouvre, descend quelque temps au devant d’elle, la perce un peu au-dessus de la crête iliaque, devient sous-cutanée, et se distribue aux tégumens de la fesse cù elle se divise en un grand nombre de filets. On les voit parfaitement planche 53, n° r1, et planche 54, n° 20.
La deuxième sort entre les apophyses transverses des deuxième et troisième vertèbres lombaires, se porte, comme la précédente, en arrière entre les faisceaux du muscle transversaire épineux, marche ensuite en bas et en dehors, traverse les fibres de la masse commune, se place entre elles et l’aponévrose qu'elle perfore au niveau de la précédente, pour aller, elle aussi, répandre ses filets dans les tégumens de la fesse (. pl. 54, n° 2r).
La troisième sort entre les fibres du muscle transversaire épineux, traverse obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et d’avant en arrière les fibres de la masse commune, descend entre elles, leur donne, pendant son trajet, quelques filets et arrive sous l’aponévrose, qu’elle perce au niveau de la crête iliaque, et va se diviser dans la peau de la fesse.
La quatrième et la cinquième sont très petites, elles diffèrent des précédentes en ce qu’elles deviennent rarement cutanées ; ordinairement lorsqu'elles ont traversé les fibres du transversaire épineux , elles se répandent sur sa surface postérieure, entre lui et la masse commune, quelquefois cependant leurs filets pénetrent dans les fibres de cette masse commune et parviennent Jusqu'à la face antérieure de l’aponévrose qui la recouvre, mais ne la traversent point.
Branches antérieures des nerfs lombaires.
Préparation. On commence par enlever la paroi antérieure
de l’abdomen ; puis on scie le tronc au milieu de la huitième vertèbre dorsale, ou bien un peu plus bas, et pour mettre à découvert les nerfs lombaires au moment où ils sortent du trou de conjugaison, et le plexus lombaire qu’ils forment ; on divise avec précaution le muscle psoas au milieu duquel on les trouve.
Les branches antérieures sont, comme les postérieures, au nombre de cinq qu’on désigne sous les noms de première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième, elles vont graduellement en grossissant, depuis la première jusqu’à la cinquième. Elles passent, comme les paires dorsales, derrière les cordons d'union des ganglions du grand sympathique, dont elles reçoivent chacune deux filets, en envoient quelques-uns dans le muscle psoas, et s’anastomosent entre elles pour constituer le plexus lombaire.
Branche antérieure de la première lombaire. Immédiatement après sa sortie du trou de conjugaison, situé entre les deux premières vertèbres lombaires, cette branche, qui est plus petite que les suivantes, et qui est placée derrière le muscle psoas, reçoit trois filets venant du ganglion lombaire situé au-dessous d’elle, puis elle en envoie un à la branche antérieure de la douzième paire dorsale, et se divise en trois branches secondaires, dont deux sont externes, ce sont les branches /éo-scrotales, et une interne; cette dernière descend presque verticalement et concourt à former le plexus lombaire, avec lequel nous décrirons ces trois branches.
Branche antérieure de la deuxième paire lombaire. D'un volume à peu près double de celui de la précédente, et cachée à son origine par le muscle psoas, auquel elle donne des rameaux considérables, elle descend presque verticalement, et fournit 1° une branche externe appelée érguinale externe (inguino-cutanée de Chaussier) ; 2° une branche antérieure nommée inguinale interne (génito-crurale de Bichat, ». pl. 65 a et n° 1 et 4). Après avoir émis ces deux branches et un rameau interne qui contribue à former le nerf obturateur, la deuxième paire lombaire s’unit avec la troisième et contribue à former le plexus lombaire.
Branche antérieure de la troisième paire lombaire. Elle sort du canal vertébral par le trou de conjugaison qui existe entre la troisième et la quatrième vertèbre lombaire, au niveau de la crête iliaque. Son volume est à peu près double de la précédente, elle est cachée à son origine par le muscle psoas, derrière lequel elle descend en marchant obliquement de dedans en dehors. Peu après sa naissance, elle se divise en deux branches de volume inégal ; l’une interne, s’anastomose chemin faisant avec la branche interne de la deuxième paire, et avec une branche descendante venant de la quatrième pour former le nerf obturateur:; l’autre externe, avec un autre rameau de la seconde paire, etavec le rameau externe de la quatrième pour former le nerf crural, derrière le muscle psoas, et devant le muscle iliaque.
Branche antérieure de la quatrième paire lombaire. Elle fait issue au dehors entre la quatrième et la cinquième vertèbre lombaire. Dés son origine, placée comme les précédentes, derrière le muscle psoas, elle se divise presque immédiatement en trois branches, 1° une externe qui se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, pour s’anastomoser avec des branches venant de la deuxième et de la troisième paire et former le
274 NERFS RACHIDIENS.
nerf crural ; 2° une moyenne qui va concourir à former le nerf obturateur; et 3 une interne qui est la continuation du tronc principal, et va se terminer à la cinquième paire, en passant en dehors d'elle sur le bord de la marge du bassin et derrière les
vaisseaux iliaques.
Branche antérieure de la cinquième paire lombaire. Plus volumineuse que la précédente, et la plus volumineuse de toutes, elle sort des trous de conjugaison entre la cinquième vertèbre lombaire et lesacrum, descend, elle aussi, derrière le muscle psoas d’abord, puis derrière les vaisseaux iliaques, au devant de la marge du bassin et le long du bord interne de la quatrième, avec laquelle elle se réunit pour aller se jeter dans le plexus sacré. C’est cette branche que Bichat a désignée sous le nom de nerf lombo-sacré; cette branche, sur laquelle nous reviendrons plusloin, parce qu’elle concourt à former le plexus sacré, ne fournit dans son trajet qu’une seule branche, la fessière supérieure.
Le plexus lombaire, appelé /ombo-abdominal par Bichat, est constitué par les anastomoses des branches antérieures des nerfs lombaires. Nous savons, en effet, par ce que nous avons dit dans l’article précédent, que ces branches forment par elles-mêmes, et par les rameaux qui en émanent, une série de communications. Ce plexus, étroit supérieurement, va en s’élargissant à mesure qu’on s'approche de sa partie inférieure, d’où il résulte qu'il a une forme triangulaire dont le sommet répond à la colonne vertébrale. Pour bien le voir, Bichat donne le conseil de fendre le muscle psoas suivant sa longueur, et près de son bord postérieur ; alors, dit-il, on l’aperçoit placé sur les parties latérales du corps des vertèbres lombaires, et au devant de leurs apophyses transverses.
Les branches fournies par le plexus lombaire sont de deux ordres : les unes sont appelées collatérales et les autres terminales. (A) Les branches collatérales principales sont désignées par Bichat sous les noms de branches externes musculo-cutanées ou abdomino-crurales, parce qu’elles sontcommunes à l'abdomen et à la cuisse, et sous celui de branches internes ou génito-crurales, parce qu’elles sont communes aux parties génitales et à la cuisse ; les branches abdomino-crurales sont au nombre de trois, désignées par les noms de supérieure, moyenne et inférieure (Bichat, Anat., t. m1, p. 285). M. Cruveilhier distingue également quatre branches collatérales qu’il divise en deux ordres : 1° en abdominales subdivisées en grande et en petite ; 2° en inguinales divisées en interne et en externe. Au reste, toutes ces branches offrent beaucoup de variétés que nous aurons le soin de signaler, au fur et à mesure qu’elles se présenteront. Bichat indique encore plusieurs branches collatérales qui n’ont pas reçu de nom particulier, parce qu’elles ne sont pas constantes. (B) Les branches terminales sont au nombre de trois, savoir : le nerf crural, l’obturateur et le lombo-sacré.
Branches collatérales du plexus lombaire.
A. Branches externes (musculo-cutanées, ou abdomino-crurales de Bichat; grande et petite abdominale, et branche inguinale externe de Cruveilhier).
Les noms différens qu’on a donnés à ces branches nerveuses, ont amené dans leur description beaucoup de confusion, en
sorte que pour y rétablir l’ordre et l'exactitude, il faut nécessairement recourir à la dissection ; c’est ce que Bichat avait fait, aussi sa description, quoique succincte, est-elle une des plus claires. Voici ce que nous montrent les sujets d'anatomie aux variétés près :
Les branches externes sont an nombre de trois. Lorsqu'on a enlevé le péritoine et fendu le muscle psoas, comme nous l’avons dit plus haut, on les voit se porter en dehors vers la crête iliaque pour traverser les muscles abdominaux et devenir cutanées ; les deux supérieures sont fournies par la branche antérieure du premier nerf lombaire, et l’inférieure par la branche antérieure du second.
(a). Première branche externe où iléo-scrotale.C’est la branche musculo-cutanée ou abdomino-crurale supérieure de Bichat, la grande branche abdominale de Cruveilhier, et le nerf que Schmidt, Bock et Valentin ont décrit sous le nom de nerf iléohypogastrique; mais la dénomination d’iléo-scrotale qui lui a été assignée par Chaussier, est généralement adoptée aujourd’hui. Elle est très bien marquée planche 55, n°3.
Cette branche, qui vient manifestement de la branche antérieure de la première paire lombaire, est la plus élevée de tout le plexus, elle traverse la partie supérieure du muscle grand psoas, lui donne quelquefois un filet, descend obliquement en bas et en dehors, en passant au devant du muscle carré des lombes et arrive à la partie postérieure de la crête iliaque, où elle se place dans la gouttière qui existe entre celte crête et le muscle transverse, auquel elle donne quelques rameaux, puis elle le traverse, se place entre sa face externe et le petit oblique, leur donne quelques filets, et se divise en deux rameaux après avoir continué à longer un peu la crèteiliaque, et à une distance de l’épine antérieure et supérieure qui n’est pas toujours la même. Les auteurs sont peu d’accord sur la disposition de ces deux rameaux, Bichat les désigne sous les noms d’externe et d’interne, et M. Cruveilhier sous les noms d’abdominal et de pubien. Quant à nous, voici ce que nous avons observé le plus souvent : cette branche se comporte exactement comme les nerfs intercostaux que nous avons étudiés précédemment ; c’est-à-dire qu’arrivée sur les parties latérales du tronc, elle fournit une branche perforante (rameau externe), et continue ensuite son trajet.
Branche perforante (rameau externe). Cette branche descend verticalement entre les muscles transverse et petit oblique, perce le petit et le grand oblique au niveau de la crête iliaque, devient sous-cutanée et prend le nom de sous-cutanée fessière; aussitôt après être arrivée sous la peau, elle se divise en deux rameaux, l'un antérieur qui descend jusque vers le grand trochanter et sur la partie externe de la cuisse, et l’autre postérieur qui se répand sur la partie postérieure de la fesse, en croisant les rameaux fessiers des branches postérieures des première et deuxième paires lombaires (v. pl. 50 un peu au-dessous du n° r1, et pl. 5r au niveau du n° 20 d, et vers le point où le muscle grand oblique commence à s’insérer à la crête iliaque). Cette branche postérieure se termine par des rameaux ascendans , descendans et transverses. Néanmoins, cette disposition n’est pas constante ; quelquefois ce rameau perforant n'existe pas, c’est lorsque le rameau perforant de la douzième paire dorsale perce le muscle transverse très près de la crête iliaque, et qu'il est trés développé, comme dans la planche 64, lettre C, car alors il suffit à lui seul avec ses nombreuses branches pour animer la peau de la région externe et postérieure de la fesse.
Lorsque ce rameau existe, après l’avoir fourni, la branche en question (ilio-scrotale) se divise presque immédiatement en deux rameaux (#. pl. 5o, n° 20 c.), un supérieur et l’autre inférieur, qui peuvent être nommés avec juste raison rameau abdominal et rameau pubien, comme l'a fait M. Cruveilhier.
1° Rameau abdominal. | descend un peu obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, entre le muscle transverse et le petit oblique, leur distribue plusieurs rameaux et se divise en trois ou quatre filets avant d'arriver au bord externe du muscle droit. Ces filets percent l’aponévrose qui enveloppe ce muscle, et pénètrent dans son épaisseur ; le plus supérieur arrive jusqu’à la ligne blanche, perce l’aponévrose et se répand dans la peau de l’hypogastre, comme les filets analogues des branches intercostales. Ce filet s’anastomose dans son trajet, à travers le muscle droit, avec plusieurs filets venant du douzième intercostal. Les filets inférieurs se perdent tous dans l’épaisseur du muscle droit, en se répendant jusque derrière le muscle pyramidal.
2° Le rameau pubien, placé, comme le précédent, entre le muscle transverse et le petit oblique, descend un peu plus obliquement que lui de haut en bas et de dehors en dedans, et se divise au niveau de l’épine iliaque antérieure et supérieure, en deux filets : le supérieur donne au transverse, au sterno-pubien et au pubis (v. pl. bo, 21-c); l’inférieur, arrivé au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure, s’anastomose avec un filet de la seconde branche externe du plexus lombaire, et quelquefois avec cette branche elle-même, parce que le muscle petit oblique glisse entre lui et le muscle grand oblique, le long de l’arcade crurale, rencontre le cordon testiculaire chez l’homme, et le ligament rond chez la femme, et les accompagne jusqu’à l’orifice externe du canal inguinal; tantôt il reste unique jusque-là, tantôt il se divise en plusieurs filets qui percent l’aponévrose du muscle grand oblique, et s’épanouissent en filets internes qui se répandent dans la pean du pubis et du mont de Vénus, en filets externes qui vont aux ligamens du pli de l’aine, et en filets descendans qui vont à la peau de la partie interne de la cuisse et dans ceux des bourses ; pour bien voir tous ces filets, il faut recourir à la planche 63, lettres E E.
Deuxième branche externe du plexus lombaire. C’est la branche musculo-cutanée ou abdomino-crurale moyenne de Bichat, la petite branche abdominale de Cruveilhier. Du reste si la dénomination d’élio-scrotale devait être conservée à la précédente, ce dernier auteur pense qu’on pourrait donner à celle-cile nom de petit ilio-scrotal.
Elle naît, comme la précédente, de la branche antérieure de la première paire lombaire, mais un peu plus bas ; tantôt elle n’en est qu’une dépendance, tantôt elle en est complétement séparée, et n’a avec elle que des anastomoses plus ou moins fréquentes. Dans la planche 55, elle est représentée isolée de la première, marchant au-dessus d’elle, et suivant une direction qui lui est parallèle, c'est-à-dire oblique de haut en bas et de dedans en dehors; elle croise le muscle carré des lombes, un peu plus loin, la crête iliaque, puis le muscle iliaque, perce le muscle transverse, se place entre lui et le petit oblique; arrivée au niveau de l’épine iliaque, envoie un filet d’anastomose au nerf ilio-scrotal, et souvent se confond avec lui, ou bien se termine dans les deux muscles entre lesquels elle se trouve, ou bien en-
T. III
fin, ce qui arrive le plus souvent, elle perce le petit oblique, continue à marcher parallèlement à la précédente, le long de l’arcade crurale, derrière le grand oblique et se termine de la même manière, c’est-à-dire sur le cordon testiculaire chez l’homme, sur le ligament rond chez la femme, dans la peau du pubis et du mont de Vénus, dans les tégumens du pli de l’aine de la partie interne de la cuisse et dans le scrotum.
Troisième branche externe du plexus lombaire. C’est la bran: che musculo-cutanée inférieure de Bichat, la branche énguinale externe de Cruveilhier, l’érxguino-cutanée de Chaussier ; les dénominations les pläs usitées sont les deux dernières.
Cette branche, qui est entièrement destinée à la peau de là région externe et postérieure de la cuisse, naît du plexus lombaire au-dessous des précédentes, et vient ordinairement de la deuxième paire lombaire (v. pl. 55, n° 8, à droite et à gauche). M. Cruveilhier dit l'avoir vue naître d’un tronc commun à la deuxième et à la troisième paire lombaire, et quelquefois se détacher du côté externe du nerf crural; enfin, son origine est quelquefois double, et les deux rameaux qui sont destinés à la former se réunissent dans l'épaisseur du muscle psoas, ou bien après en être sortis. Du reste, de quelque manière que cette branche soit formée, elle traverse obliquement le psoas, croise la faceantérieure du muscle iliaque contre lequel elleest maintenue, par une lame aponévrotique, se porte en marchant de haut en bas et de dedans en dehors, jusque auprès de l’épine iliaque antérieure et supérieure, passe entre elle et l’inférieure, quelquefois même au-dessous de celle-ci, sort de l’abdomen en passant derrière l’arcade fémorale, et gagne la partie supérieure de la cuisse. Au moment deson passage de la fosse iliaque à la cuisse, ce nerf grossit un peu et présente souvent des variétés. Après avoir franchi l’arcade fémorale, il se trouve placé au-dessous de laponévrose /ascia-lata (v. pl. 63, À, on a divisé l’aponévrose pour montrer son trajet au-dessous, et pl. 55, n° 9, à droite et à gauche), où il se divise en deux rameaux, l’un qui est externe et postérieur, et l’autre qui est interne.
1° Rameau externe et postérieur. C'est le plus petit, ilse sépare du tronc principal, avant où immédiatement après qu’il a franchi l’arcade crurale, se dirige de suite en dehors, au-dessous du grand trochanter, croise le muscle fascia-lata, perce l'aponévrose, et se divise en plusieurs filets qui se répandent sur la partie inférieure de la fesse, et la face postérieure de la cuisse, où ils s’'anastomosent avec le petit sciatique, etse terminentdans la peau qui recouvre ses parties ; du reste, ce rameau n'existe pas toujours , et il ne se montre qu’à l’état de vestige, lorsque le rameau fessier de la branche ilio-scrotale existe lui-même. Sur le sujet modèle de la planche 63, le rameau externe qu’on appelle aussi fessier ou trochantérien n'existait pas, et était suppléé par des filets GG de la branche fessière de la douzième paire intercostale.
2° Rameau antérieur. Divisé à son origine en deux filets, tantôt il perce l’aponévrose un peu au-dessous de l’arcade crurale, tantôt il ne la perce qu'après avoir parcouru sous elle un assez long trajet.
(a) Le filet externe (v. pl. 63, n° 2) se divise immédiatement en plusieurs autres, qui se dirigent obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, et vont se répandre dans la peau de la
région externe et antérieure de la cuisse, vers le tiers inférieur
de laquelle ils se terminent.
(b) Le filet antérieur, qui est le principal filet (v. pl. 63;in#5)), descend verticalement le long de la partie antérieure de la cuisse, et ne se termine que vers la partie supérieure et interne de la rotule. Dans son trajet sous la peau, ce filet émet, par son côté externe, une grande quantité de filamens à concavité supérieure. Ces filamens se distribuent à la partie antérieure et externe de la peau de la cuisse. Sur la planche 63, n° 4, et au dessus et audessous de ce numéro, on en voit plusieurs qui contournent le côté externe de la cuisse, et qui viennent se répandre sur sa face postérieure, où ils se terminent dans la peau, eten s’anastomosant avec des filets du nerf petit sciatique. La planche 64 montre tous ces rameaux et filets fort distincts, au moment où ils contournent la cuisse ; ainsi, en E, on voit le rameau externe et postérieur ou trochantérien qui manquait planche 63, eten I, I, Lesrameaux externes, fournis par la branche externe dans son trajet.
Assez souvent, la branche érguinale externe fournit par son côté interne, et au niveau de l’arcade crurale, un rameau interne très grêle qui descend de haut en bas et de dehors en dedans. Ce rameau rampe sous la pean jusque vers le tiers supérieur de la cuisse, où il s’anastomose avec une branche cutanée du nerf crural. Il était parfaitement marqué sur les sujets des planches
55, 65 n° 3, et 63.
B. Branche interne , ou inguinale interne.
C’est la branche génito-crurale de Bichat, le rameau sous-pubien de Chaussier, et la branche inguinale interne de Cruveilhier.
Ce nerf naît de la deuxième paire et de la partie supérieure du plexus lombaire, se dirige obliquement de haut en bas et d’arrière en avant dans l'épaisseur du muscle psoas, lui laisse quelques filets, le traverse, et en sort très près de la partie antérieure ducorps des vertèbres lombaires. Devenu superficiel à ce muscle, il descend au devant de sa face antérieure, contre laquelle il est maintenu par une lamelle aponévrotique très mince, et par le péritoine. Arrivé près de la dernière vertèbre lombaire, il se dirige un peu en devant et en dehors, dans le même sens que l'artère iliaque, jette quelques filets dans le bassin par son côté interne, et se divise en deux rameaux, à une distance plus ou moins grande de l’arcade crurale. Ces deux rameaux offent beaucoup de variété dans leur distribution. Celle qu’on observe le
plus ordinairement est la suivante:
1 Rameau interne ou scrotal. I se dirige de dehors en dedans, croise l'artère iliaque externe au devant de laquelle il est placé, et gagne l’orifice interne du canal inguinal; avant d’y pénétrer il abandonne quelques filets aux muscles transverses et petit o blique, puis il se place en dessous et en arrière du cordon des vaisseaux spermatiques qu'il accompagne dans son trajet, le long du canal inguinal, sort de ce canal, se réfléchit de haut en bas sur l'extrémité inférieure du pilier externe, descend verticalement derrière le cordon, et se divise eu plusieurs filets qui s’accolent à la peau du scrotum chez l'homme, à celle de la grande lèvre chez la femme, et s’y répandent en partie, et en partie dans les tégumens de la faceinternedela cuisse (v. pl. 55, n° 12).
> Ramoau externe ou fémoral cutané. 1 continue le tronc
NERFS RACHIDIENS.
génito-crural, arrive à l’arcade crurale avec les rameaux cruraux qu'il accompagne, donne plusieurs filets qui se répandent dans les muscles psoas iliaque et transverse, s'engage dans l’orifice supérieur du canal crural, puis dans ce canal lui-même de son côté externe, croise l’origine de l'artère circonflexe iliaque, traverse les ganglions et le tissu cellulaire ambiant , arrive à son orifice inférieur, se place au devant de la veine saphène interne, et se divise en plusieurs filets (v. pl. 55, un peu au-dessous du n° 12, et pl. 63, B); l’un d'eux accompagne la veine saphène interne, jusqu’au tiers inférieur de la cuisse (v. pl. 65, n° 5 et 6). Sur cette planche il y a deux filets, le premier est promptement épuisé, et le second, n° 6, le supplée. On le voit sur la planche 64, contourner le côté interne de la cuisse avec cette veine, donner un filet qui la contourne et se diviser en filamens qui l’accompagnent jusqu’au genou. Entre ce filet qu'on pourrait appeler moyen, le rameau fémoral cutané en donne quelques autres qui se dirigent en dehors, et vont se terminer dans la peau de la partie antérieure de la cuisse, en s’anastomosant avec un rameau cutané du nerf crural. Enfin, le rameau principal qui descend verticalement et ne se termine que vers la partie inférieure de la cuisse, fournit par son côté interne plusieurs filets, qui de la face interne de la cuisse passent à sa face postérieure, et vont se terminer dans la peau, après s'être anastomosés avec des filets du petit nerf sciatique.
Pour faciliter la mémoire, M. Cruveilhier donne le nom de rameau du trajet inguinal où rameau interne, et de rameau de l'anneau crural où rameau fémoral cutané (v. Anat. t. 3, p- 838).
Pour pouvoir suivre exactement la description que nous venons de donner, il faut surtout consulter la planche 55, côté gauche. On y voit le trajet tout entier de la branche inguinale interne. La planche 63 montre les deux rameaux de l’inguinale interne après leur sortie de l’abdomen, et leur distribution dans la peau, encore le rameau scrotal est-il peu apparent.
Du reste, il ya beaucoup de variétés dans la disposition de la branche inguinale interne. Nous allons en signaler une qui se trouvait sur le sujet de la planche 65 ; dans ce cas, la branche inguinale interne se divisait assez haut dans le bassin, en deux rameaux, un externeet l’autreinterne. Le rameau externe (pl. 65, n° 5) qui n’était, dans ce cas, autre chose que le rameau postérieur ou fessier, que fournit ordinairement la branche inguinale externe, se dirigeait de haut en bas et de dedans en dehors, croisait le muscle iliaque et la branche inguinale externe, perçait l’arcade crurale un peu au-dessous de l’épine iliaque antérieure et supérieure, passait au devant de l'insertion supérieure du couturier, croisait le muscle tenseur de l’aponévrose, le long duquel elle descendait verticalement, en admettant par son côté externe de nombreux filets qui contournaient la hanche, et allaient se perdre dans la peau de la fesse, en s’anastomosant avec les filets fessiers. Quant à la branche interne, elle se comportait comme nous l’avons dit plus haut.
Branches terminales du plexus lombaire.
Elles sont au nombre de trois principales. Elles prennent les noms de nerf crural, nerf obturateur et nerf lombo-sacré.
Nerf crural (v. pl. 55, n° 13 et 65 1).
Le nerf crural est le plus externe des trois branches terminales
du plexus lombaire ; très gros, très volumineux, la seconde, la troisième et la quatrième paire lombaire contribuent à le former, la seconde et la troisième surtout y entrent presque entièrement ; il fournit des rameaux à tous les muscles de la partie antérieure de la cuisse, et aux tégumens de la partie antérieure de tout lé membre inférieur et au dos du pied.
Il est complétement formé, et isolé du plexus au niveau du fibro-cartilage intermédiaire à la quatrième età la cinquième vertébre, il se dirige obliquement de hauten bas et de dedans en dehors, derrière le muscle psoas et parvenu au côté externe de ce muscle, il se place dans la gouttière qui existe entre lui et le muscle iliaque, parvient au ligament de l’arcade crurale en suivant le trajet de son tendon qui le recouvre un peu, et l’enveloppe dans sa propre gaine ; arrivé en ce point, il sort de l’ab. domen par l’orifice supérieur du canal crural, qu’il traverse en accompagnant les vaisseaux cruraux, qui sont placés au dedans de lui et en sont séparés par une lame aponévrotique. Au niveau de l’arcade fémorale, il s’aplatit, s'élargit et se partage en une multitude de rameaux dont nous allons bientôt parler.
Dans ce trajet, ce nerf présente quelques variétés, ordinairement il ne se divise pas avant d’être arrivé à l’arcadé crurale, quelquefois, cependant, ses filets commencent à se séparer au milieu de la fosse iliaque, et marchent contigus les uns aux autres jusqu'au dehors de l’abdomen.
Ses rapports méritent quelque attention ; pendant son trajet dans la fosse iliaque, il est séparé des vaisseaux cruraux par le muscle psoas, il est maintenu par l’aponévroseiliaque contre la face antérieure du muscle de ce nom, et lorsqu'il est parvenu au-dessous du ligament de Fallope, il est placé au devant des tendons réunis des muscles psoas et iliaque, et en dehors de l'artère crurale, dans une gaine complétement isolée des vaisseaux fémoraux, par une lame aponévrotique qui vient du fasciailiaca et va s'unir au fascia-lata.
Le nerf crural fournit des rameaux intra-pelviens et extrapelviens.
Rameaur intra: pelviens. Ws sont destinés aux muscles iliaques et psoas. Les rameaux iliaques, en nombre indéterminé, naissent en dehors, et rampent quelque temps à sa surface, où ils forment un réseau bien représenté par Fischer, avant de pénétrer dans son épaisseur où ils se terminent ; lun d’eux, indiqué par quelques auteurs, est très long, descend sur la face antérieure du muscle iliaque, contourne son bord externe et s'enfonce dans son épaisseur (v. pl. 55, côté gauche). Les filets du psoas viennent tous d’un seul rameau qui naît du côté interne du nerf crural. On les voit, pl. 65, n° 7, qui pénètrent dans l’épaisseur de ce muscle qui est coupé.
Rameaux extra-pelviens. Ces rameaux sont excessivement nombreux et exigent la plus grande attention pour être étudiés convenablement ; ces branches n’ont pas été observées par tout le monde de la même manière; ainsi, Bichat décrit seulement des branches exclusivement cutanées et des branches exclusivement musculaires, tandis que les auteurs plus récens considèrent le nerf crural comme étant composé de deux branches, l’une appelée musculo-cutanée et l’autre musculaire. C'est cette dernière division que nous suivrons.
À. Branche musculo-cutanée crurale.
On donne ce nom à une branche qui fournit à la fois des ra-
meaux musculaires et cutanés ; cette branche naît à la partie antérieure et interne du nerf crural, au niveau du ligament de Fallope, et même un peu au-dessus de lui, se dirige en bas et en dehors, entre le muscle couturier et le tendon commun à au muscle psoas et iliaque, et se divise immédiatement en rameaux musculaires et'en rameaux cutanés.
1° Rameaux musculaires de la branche musculo-cutanée. Ils sont tous destinés au muscle couturier, les uns se distribuent à sa partie supérieure, et les autres à sa partie inférieure. Les premiers sont beaucoup plus courts que les seconds, nés au niveau du ligament de Fallope, Les courts, au nombre de deux ou trois, se réfléchissent immédiatement de bas en haut, et de dedans en dehors, en formant des anses à concavité supérieure, sur Ja face postérieure du muscle couturier ét pénètrent dans son bout supérieur. Les plus longs descendent de dehors en dedans, derrière le muscle couturier, et pénètrent dans son épaisseur, vers le point où il passe à la partie interne de la cuisse pour contourner le genou. A l’origine, il n’y a qu’un seul rameau, qui, dans son trajet, se divise en deux ou trois, lesquels se subdivisent en filets très fins, au moment de pénétrer dans le muscle. Sur la planche 65 on voit parfaitement ces filets qui pénètrent dans les deux bouts du muscle coupé transversalement.
2° Rameaux cutanés de la branche musculo-cutanée. Leur nombre n’est pas toujours le même, Fischer en a représenté quatre principaux ; Bichat dit en avoir trouvé souvent six, et quelquefois deux seulement; M. Cruveilhier, dit qu’ils sont’ au nombre de trois. Il désigne les deux premiers sous le nom de rameaux perforans et les deux autres sous celui de rameau accessoire du nerf saphène.
(a) Rameaux perforans cutanés supérieurs. Ordinairement il n'yena qu'un, mais sur le sujet modèle de la planche 63, il y en avait deux ; ils sont marqués par les lettres C et D, l’un est externe et l’autre interne. 1° Le rameau externe la sépare de là branche musculo-cutanée au niveau de l’arcade crurale où bien un peu au-dessous, traverse très 6bliquement la partie supérieure du muscle couturier, perce l’aponévrose, et devient souscutané, de là, il descend jusque sur la face externe de l’articulation du genou. Chemin faisant, il donne, surtout par son côté externe, beaucoup de filets qui se portent jusque sur la face postérieure de la cuisse. 2° Le rameau interne (on l'appelle ainsi par rapport au premier, car il est directement antérieur pour la cuisse) se porte verticalement en bas, parallèlement au nerf inguinal cutané externe ; arrivé vers le milieu de la cuisse, il se divise en deux filets à peu près d’égal volume, qui descendent jusqu’au devant de la rotule et de la partie interne du genou, où ils se terminent dans la peau par dé nombreux filets en s’anastomosant par arcades à concavité supérieure avec le rameau perforant inférieur du nerf musculo-cutäné crural marqué H sur la planche 63. Avant de se bifurquer, ce rameau nerveux fournit, dans son trajet, des filets cutanés internes et externes qui se répandent dans les tégumens de la partie antérieure de la cuisse
(FApINGS 5 ere 15 CP pl 66, n°15)
(b) Rarneau perforant cutané inférieur. Né comme les précé dens de la branche musculo-cutanée du nerf crural, il se place au bord interne du muscle couturier dans la gaine duquelil est situé ; arrivé vers sa partie moyenne, il le trouve d’arrière en
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avant, continue à descendre sous l’aponévrose, jusqu’à quelques centimètres au-dessus du genou, la perfore, et continue à descendre verticalement sous la peau jusqu’au niveau du condyle interne du fémur, où il se réfléchit sur lui-même d’arrière en avant de manière à former une courbe à concavité supérieure (#. pl. 63et n° 10, 11, 12); arrivé au-dessous de la rotule, il se divise en un grand nombre de filets; dans son trajet, marqué par les lettres m, m (pl. Gbet n° 19, pl. 66), ce rameau perforant fournit plusieurs filets. D'abord sous l’aponévrose, dans la gaine du muscle couturier (pl. 66, n° 20), il donne un filet qui descend sur le vaste interne, et va se terminer au devant de la rotule. A peu près au niveau du n° 19, planche 66, sur le sujet modèle, un second filet, venant de l’accessoire du saphène, allait s’anastomoser avec un rameau du perforant, lequel rameau est entièrement destiné au muscle couturier. Plus-bas, le rameau perforant cutané antérieur ne fournit de filets qu’après avoir perforé J’aponévrose. Là il fournit par son côté antérieur, plusieurs filets qui se dirigent en avant, et viennent s’anastomoser dans la peau qui recouvre la rotule avec les filets réfléchis du perforant cutané supérieur (v. pl. 63,,n°,,10,,11; 12), enfin, tout à fait à sa terminaison, ses filets s’anastomosent au côté interne de l’articulation avec ceux de la branche réfléchie du nerf saphène.
(e) Rameau accessoire du nerf saphène interne. Ce rameau, qui est représenté, planche 66, n° 27, tire son origine du nerf musculo-cutané crural par plusieurs petits rameaux qui sortent en dedans des précédens, descend le long du bord interne du muscle couturier jusqu’au tiers supérieur de la cuisse arrivé en ce point, il se divise en deux rameaux secondaires ; le premier, très mince et très superficiel, placé dans la gaine du couturier, continue à suivre son bord interne jusqu’à la partie moyenne de la cuisse, alors il croise le muscle grand adducteur, se place auprès de la veine saphène interne, et l’accompagne jusqu’à la partie interne du genou où il croise le muscle droit interne et où il s’anastomose avec le nerf saphène interne ; un peu plus bas, il forme sur la saillie du condyle interne du fémur avec d’autres filets émanés du musculo-cutané crural et du nerf saphène un
petit plexus très visible au n° 30 de la planche 66, plexus d’où partent d’autres filets cutanés qui se distribuent à la face postérieure de la jambe. Le second rameau, appelé par M. Cruveillier satellite de l'artère fémorale, descend presque parallèlement au précédent, croise très obliquement le nerf saphène interne, puis l'artère fémorale le long de laquelle il marche dans sa partie inférieure, parvient au niveau de la gaine du grand adducteur qui est traversée par l'artère fémorale et se divise en plusieurs filets dont les uns vont se perdre dans le muscle couturier et les autres dans la peau,
Dans son trajet, le nerf accessoire du saphène interne fournit plusieurs filets : 1° l’un d’eux s’en détache un peu au-dessus du point où il se partage en deux, se réfléchit de bas en haut et d’avant en arrière, en formant une anse à concavité supérieure et va s’anastomoser avec les filets du nerf obturateur; 2° un autre, né un peu plus bas que le précédent, va s’anastomoser avec le nerf saphène interne au niveau du point où commence la gaîne du grand adducteur; 3° un troisième s’unit au nerf satellite de la veine saphène, et 4° un quatrième, plus volumineux et qui semble étre la continuation du tronc principal (». pl. 66, n°28), descend obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, croise le muscle droit interne, émet à son niveau plusieurs filets qui pénètrent dans son épaisseur, et se termine
par plusieurs filets qui traversent l’aponévrose de la partie postérieure de la cuisse à des hauteurs différentes (v. pl. 64, H, H,) se subdivisent en nombreux filets, s’anastomosent avec le petit nerf sciatique et forment un plexus qui envoie des ramifications dans la peau de la partie postérieure de la jambe.
B. Petite branche de la gaine des vaisseaux fémoraux.
Ce rameau naît de même que le nerf musculo-cutané au devant du nerf crural, et se divise, immédiatement après son origine en plusieurs filets qui entourent les vaisseaux fémoraux, et descendent en suivant leur direction. Un de ces filets très mince passe au devant de l’artère et de la veine, et s’anastomose avec la branche inguinale interne (v. pl. 65, n° 6) avant que celle-ci ne sorte par l’ouverture de la veine saphène. D’autres accompagnent cette artère et cette veine, répandent dans leur trajet des filets dans le petit adducteur et l'adducteur superficiel, et en émettent d’autres qui traversent l’aponévrose et vont se terminer dans la peau L
Du reste, le rameau en question présente de nombreuses variétés, tant par rapport à son origine que par rapport à sa distribution.