II. Branches antérieures des nerfs sacrés
La préparation des branches antérieures des nerfs sacrés peut
se faire de plusieurs manières :
1° On peut, si l’on veut, faire une coupe antéro-postérieure
282 NERFS RACHIDIENS.
sur la ligne médiane, comme dans la préparation de l'artère hypogastrique ; c’est celle que conseille M. Cruveilhier (4natomie, t. nr, p. 848). C'est celle que nous avons représentée planche 66. Elle permet de découvrir en même temps toutes les branches antérieures des nerfs sacrés, le plexus sacré, et les nerfs qui en émanent.
2° L'autre consiste à scier toute la partie antérieure du bassin suivant une ligne qui passerait au milieu des deux cavités cotyloïdes. C’est cette préparation qui est représentée planche r2. Elle met à découvert les nerfs sacrés et le plexus sacré des deux côtés ; elle permet aussi de voir leur communication avec les ganglions sacrés du grand sympathique, mais elle ne met pas en évidence, comme l’autre, toutesles branches qui émanent du plexus.
1° Branche antérieure de la première paire sacrée(v. pl. 66, c). Cette branche, qui est très volumineuse, sort par le premier trou sacré antérieur. Immédiatement après sa sortie, elle reçoit deux filets volumineux, mais courts, du premier ganglion sacré, se porte obliquement en bas et en dehors, et se réunit promptement au-dessus et au devant du muscle pyramidal, savoir, en haut, au nerf lombo-sacré, et en bas, à la branche antérieure du second nerf sacré, pour concourir à la formation du plexus
de ce nom.
2° Branche antérieure de la deuxième paire sacrée. Un peu moins volumineuse que la précédente , elle reçoit, immédiatement après sa sortie du second trou sacré antérieur, deux filets courts du second ganglion sacré, se trouve placée entre les deux languettes du muscle pyramidal, passe au devant de lui, descend obliquement en dehors et se jette dans le plexus sacré en s’unissant à la première et à la troisième (v. pl. 66, d).
3° Branche antérieure de la troisième paire sacrée. Elle est beaucoup plus petite que la première et la seconde, puisqu'on estime à peine son volume au quart de celui de la seconde ; sur la planche 66, elles paraissent pourtant à peu près égales. Elle communique, elle aussi, avec les ganglions sacrés, puis elle marche beaucoup plus horizontalement que les deux autres, au devant du muscle pyramidal pour aller, encore, se jeter dans le plexus sacré en s’anastomosant avec la deuxième et la quatrième. Entre cette branche et la deuxième, on voit à découvert une grande partie du muscle pyramidal. Cette troisième branche antérieure donne plusieurs rameaux que nous décrirons en traitant du plexus sacré (2. pl. 66, e).
4 Branche antérieure de lu quatrième paire sacrée. Son volume est à peu près le tiers de celui de la troisième (v. pl. 66, f). Immédiatement après sa sortie du quatrième trou sacré, elle se divise en deux parties dont l’une, supérieure, concourt à former le plexus sacré, tandis que l’autre y est entièrement étrangère, et fournit, 1° des filets vésicaux qui se jettent ensuite dans le plexus hypogastrique, 2° en envoie un à la cinquième paire, 3 donne un ou deux rameaux au muscle ischio-coccygien, 4° enfin, émet un rameau appelé coccygien cutané, qui longe le bord du sacrum , s'engage dans l’épaisseur du grand ligament sacro-sciatique, contourne son bord inférieur, traverse la partie du grand fessier qui s’insère au coccyx, et s’épuise dans ce muscle et dans la peau.
5° Branche antérieure de la cinquième paire sacrée. Cette
branche est très petite. Après sa sortie de l’espace compris entre le sacrum et le coccyx, elle se trouve réduite à un ou deux filets et présente à peu près le tiers du volume de la quatrième. Complétement étrangère au plexus sacré, elle donne quelques filets ascendans qui s'unissent avec la précédente, des filets descendans qui s'unissent avec la sixième, et se termine par un filet assez fort qui va se répandre en entier dans le muscle releveur de l’anus.
6° Branche antérieure du sixième nerf sacré, très petite et souvent difficile à découvrir, ce qui a fait dire qu'elle n'existait pas, mais M. Cruveilhier prétend qu'elle existe toujours. Quoi qu'il en soit, elle est, comme la cinquième, étrangère au plexus sacré, elle donne : 1° quelques filets ascendans très déliés, qui s’unissent avec les descendans dela cinquième, et 2° une branche terminale qui descend verticalement le long de la face antérieure du coccyx, puis dans l'épaisseur du grand ligament sacro-sciatique, et se partage en trois filets qui se contournent sous le bord inférieur du muscle grand fessier, s’avancent assez loin sur sa face postérieure, et se terminent dans son épaisseur et dans la peau qui le recouvre (v. pl. 66, n° 3).