PLEXUS SACRÉ OU SCIATIQUE
Le plexus sacré est constitué par cinq branches nerveuses qui sont la branche antérieure de la cinquième paire lombaire et les branches antérieures des quatre premières paires sacrées. Car, ainsi que nous venons de le voir dans leur description spéciale, les branches antérieures des deux dernières paires sacrées y sont complétement étrangères. On pourrait aussi bien le considérer comme formé par six paires de nerfs, car une grande partie de la branche antérieure de la quatrième paire lombaire se réunit au nerf lombo-sacré avant que celui-ci ne soit entrecroisé avec les paires sacrées.
Voici comment le plexus est formé : le nerf lombo-sacré descend presque verticalement en bas et en dehors au devant du muscle pyramidal, et atteint un peu au-dessous du bord de ce muscle le premier nerf sacré, qui se dirige très obliquement en bas et en dehors, et ne se réunit avec le précédent et le second nerf sacré qu'après quatre centimètres de trajet. Ce dernier, et les deux suivans, affectent une marche qui se rapproche d’autant plus de la ligne horizontale qu’on le considère plus bas, et ne se réunissent entre eux et avec le premier, au devant du muscle pyramidal, qu'après deux à trois centimètres de trajet.
De la disposition qu’affectent chacun des nerfs qui constituent le plexus sacré, il résulte qu'ils convergent les uns vers les autres au devant du muscle pyramidal, et vers la grande échancrure sciatique, et que ce plexus a la forme d’un triangle dont la base s’étend dans presque toute la longueur du sacrum, et dont le sommet correspond à la partie de l’échancrure sciatique, qui est au-dessus de l’épine de ce nom.
Le plexus sacré, dit Bichat (nat., 23, p. 299), présente une disposition toute différente de celle des autres plexus. En effet, dans tous on voit ordinairement les nerfs qui en font partie s'envoyer mutuellement des branches de communication, qui forment quelquefois des réseaux séparés par des espaces vides, tandis qu'ici, tous forment un réseau unique, complet et sans interruption. Après avoir entreéroisé leurs filets d’une manière inextricable, ils forment enfin un véritable tronc nerveux qui ne diffère du nerf sciatique qui y fait suite que parce qu'il est aplati d'avant en arrière ; Bichat considère sa structure comme
tellement identique avec celle des autres nerfs de la vie animale qu'il le considère comme le plus propre à donner une idée de la structure de chaque nerf, à cause de son volume.
Rapports du plexus sacré. I repose en arrière sur la face antérieure du muscle pyramidal, en avant il est recouvert immédiatement par une lame aponévrotique, par les vaisseaux hyÿpogastriques, par une grande quantité de tissu cellulaire et par la partie postérieure du rectum, puis médiatement par le péritoine, par la vessie et la matrice. En dedans, il est limité par les trous sacrés d’où sortent les cordons qui le constituent , enfin, en dehors, il se confond avec le nerf sciatique qui sort immédiates ment au-dessous du bord inférieur du musele pyramidal.
Branches qui émanent du plexus sacré.
Bichat le divise en branches antérieures et postérieures, et M. Cruveilhier, selon son habitude, en branches collatérales, et en branches terminales. Cette dernière division doit être préférée. Les branches collatérales sont celles qui naissent en avant et en arrière du plexus, et les terminales celles qui le terminent.
À. Branches collatérales.
Les antérieures sont appelées : 1° les branches vésicales ; 2° la branche du releveur de l’anus; 3° celle de l’obturateur interne; 4° le nerf honteux interne. Et les postérieures portent les noms de : 1° nerf fessier supérieur; 2° nerf fessier inférieur ou du petit sciatique ; 3° le rameau du pyramidal ; 4° celui des jumeaux et du carré.