SYMPATHIQUE
concourent à la formation du plexus commun, c’est le trijumeau qui en est l’origine principale ou le foyer, dont les nombreux filets gris s’adjoignent tous les autres à leur passage. Sous ce rapport, ce nerf parait bien une annexe du grand sympathique, intermédiaire entre les deux systèmes nerveux ganglionnaires et cérébro-spinal, et justifie par sa structure non moins que par ses rapports anatomiques, le surnom de nerf petit sympathique, qui lui a été donné par les physiologistes.
Enfin, considérés d'ensemble, dans leur chaine commune de liaison, les trois genres d’organes nerveux de la région sus-sphénoïdale offrent sept variétés d’anastomoses.
A. Pour le même côté, d’avant en arrière, la jonction, par les artères communicantes postérieures, des deux appareils nerveux carotidien et vertébral.
B. D'un côté à l’autre, six espèces d’anastomoses sur le plan moyen.
Pour le courant vertébro-basilaire :
1° Des deux appareils vertébraux dans la gaine médiane du tronc basilaire.
2° Des gaines des artères communicantes postérieures avec l'infundibulum.
Et pour le courant carotidien et le plexus des six premiers nerfs céphaliques, tant par leurs filets isolés que par leurs filets unis :
3° Le vaste plexus basilaire.
4° Le plexus sus-sphénoïdal et les plexus latéraux pituitaires, anastomosés avec le précédent, et en communication euxmêmes avec le ganglion central.
5° L'immersion en commun, dans le ganglion pituitaire ou céphalique, des faisceaux du grand sympathique et des filets gris des nerfs céphaliques.
6° La réunion médiane, sur l’artère communicante antérieure, des derniers rameaux du grand sympathique, anastomosés euxmêmes de chaque côté, sur les artères carotides et cérébrales avec les filets émanés du ganglion pituitaire, de l’infundibulum et du plexus des nerfs céphaliques.
Dans cet ensemble, ce n’est pas moins que tous les points de la masse encéphalique, et les origines des nerfs propres de la face, mis en communication avec l'extrémité céphalique du système nerveux splanchnique ; et, si l’on y ajoute la chaine entière du grand sympathique et de ses annexes, c’est tout le système nerveux central cérébro-spinal en rapport, point par point, avec tout le système nerveux splanchnique. L’anatomie complète ici positivement l’image du canevas sphérique, sans commencement ni fin, que figure le système nerveux dans l'organisme,
Cette disposition anatomique me semble d’une haute importance. L’étroite connexion mutuelle du ganglion pituitaire et du grand sympathique entre eux et avec les nerfs céphaliques et l’encéphale, vient donner à tous ces organes une signification, tant partielle que d'ensemble, qui rend solidaires les unes des autres, et relie en un seul organisme toutes les parties des deux grands systèmes nerveux de la vie organique et de la vie animale. Et suivant que l’on considère les organes nerveux isolés ou réunis, cette double disposition de demi-indépendance ou de solidarité se prête, en physiologie, à un jeu multiple des combinaisons les plus variées. Elle montre clairement la raison anatomique du consensus, aussi prompt que l'éclair, qui se manifeste entre tous les organes nerveux, et surtout entre les organes céphaliques. Elle motive cette influence caractéristique des affections viscérales sur la physionomie, d’où résulte le facies propre
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à chacune d’elles. Si elle n’explique pas dans leurscauses, elle suit au moins dans leurs trajets, par des communications nerveuses, c’est-à-dire qu’elle traduit et localise matériellement les brusques substitutions mutuelles et si variées d’une névralgie à une autre, du même côté ou entre des côtés différens, à proximité ou à distance, d’un nerf cérébro-spinal à son congénère, à un nerf du même genre, ou même à un nerf splanchnique. Elle fait comprendre ces enchainemens si funestes des phlegmasies , causes secondaires les unes des autres; elle explique l’intervention si commune et si redoutée des accidens cérébraux; enfin elle donne la raison de tous ces retentissemens si fréquens et si rapides d’une surface nerveuse à une autre, qui jouent un si grand rôle en physiologie et en médecine. Mais surtout, et c’est là le point essentiel, parce que c’est le fait le plus général auquel se subordonnent tous les autres, cette liaison des centres nerveux psychologiques et de leurs agens avec les organes de la vie végétative, jetteune vive lumiere sur ces mille influences réciproques et perpétuelles du physique et du moral, causes incessantes de troubles fonctionnels , c’est-à-dire de maladies et de complications qui rendent si complexes la physiologie et la médecine de l’homme. C’est quelque chose, à ce qu’il me semble, que de dépouiller de leur caractère mystérieux tant de phénomènes si graves et si remarquables que, faute d’une liaison nerveuse connue en anatomie, on avait, jusqu'à présent, si vaguement englobés sous la dénomination générique de sympathies. Non pourtant que ce mot, dont on a tant abusé, ou son équivalent, puisse étreencore, parlesseuls progrès del’anatomie, entièrement banni de la science ; dans une chaïne continue on ne voit point de raison anatomique pour que les effets secondaires , ou les échos de sensibilité, se restreignent d’une surface à une autre. Il faudrait donc encore avoir recours aux sympathies, c'est-àdire aux rapports de sensibilité spéciale entre les nerfs, si lon voulait expliquer, soit l’action élective des causes morbides et des agens thérapeutiques, soit les influences mutuelles entre les organes formés d’un même tissu; et si l’on cherchait à se rendre compte pourquoi, entre des tissus différens , dans le jeu multipledes fonctions et dans les désordres variés des maladies, les effets dits sympathiques, dans une circonstance donnée, s’opèrent invariablement de telle à telle surface nerveuse plutôt que de telle à telle autre. Mais si l'anatomie, par ses seules lumières, est impuissante à éclairer du même coup, avec les corrélations et les mystéres des fonctions, les réactions secondaires et les complications des maladies, du moins est-ce déjà beaucoup que, venant en aide à la physiologie et à la médecine, elle puisse leur montrer les voies par lesquelles s’accomplissent tant de phénomènes si complexes.