‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 112 sur 470 · COMPRESSION DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COMPRESSION DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL

Nous avons vu que la compression agissait par aplatissement, d’où il suit que, pour les vaisseaux, son effet est d'effacer leur calibre par accolement des parois en regard, et conséquem ment de suspendre le cours du sang par une oblitération provisoire. Quel que soit le moyen que l'on emploie, la compression exactement faite, dès l’'abord, doit étre maintenue avec soin et vigilance pendant tout le cours de l'opération.

D'après la théorie que nous avons donnée plus haut, toute artère, pour être convenablement comprimée, exige la réunion de deux conditions indispensables : 1° une situation superficielle ou assez peu profonde pour pouvoir être atteinte par pression ou refoulement des tissus ; 2° le voisinage d’un point d'appui solide, soit une surface osseuse ou fibreuse qui réagit sur la pression.

Moyens et procédés de compression.

La compression s'opère directement avec les doigts ou à l'aide de divers instruments ou appareils; les précautions qu’elle exige donnent lieu à un certain nombre de préceptes généraux.

1° Avant d'appliquer le corps comprimant, s'assurer exactement au toucher de la position, de la profondeur, de la direction et du plus ou moins de mobilité de l'artère, reconnaissable à ses battements. |

2° Déterminer, dans l'épaisseur des parties, la profondeur et la direction relative du levier ou point d'appui osseux par rapport à l'artère, et, par quelques pressions lentes, ménagées avec douceur, reconnaître dans quelle direction le vaisseau tend à se déplacer pour y adapter la pression.

3 Dans l'application du corps comprimant, soit le doigt, une pelote ou tout autre objet de forme appropriée, diriger la résultante de la pression suivant une ligne perpendiculaire à la fois au vaisseau et à son poiut d’appui, en ramenant au besoin le vaisseau à cette direction commune, s’il s’en écarte dans le point où l’on agit, par sa direction normale ou accidentelle.

4° Graduer la pression peu-àa-peu, mais sans trop de lenteur, de manière à ce qu’elle soit aussi légère que possible, et suflisante seulement pour accoler les parois de l'artère. Une compression efficace dépend moins de l'intensité que de la bonne direction de la force de pression. Pour en gouverner les effets, à mesure que l’on appuie d’une main, il faut, autant que pos-

sible, s'assurer de l’autre main, par le toucher d'une autre artère superficielle au dessous, de l’affaiblissement graduel, puis de l'extinction de la circulation artérielle dans le membre.

Les préceptes ultérieurs varient suivant que la compression est physiologique ou mécanique ; en d’autres termes, qu'elle se fait dans un cas avec la main seule ou armée d’une pelote, et dans l’autre par les instruments.

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