COMPRESSION AVEC LA MAIN
5° L'aide chargé exclusivement de la compression doit y apporter la plus grande vigilance, et s’être placé de manière à suivre les progrès de l’opération pendant tout le temps qu’elle dure.
6° Si, par un mouvement de la main ou le plus souvent du malade lui-même, la pression se détourne de sa ligne, au lieu d'appuyer immédiatement avec plus de force dans le mauvais rapport où l’on se trouve, il vaut mieux reprendre de suite avec promptitude la direction première perpendiculaire au plan osseux.
7° La pression doit être continuée sans interruption jusqu’à ce queles ligatures soient effectuées. L'aide, attentif à surveiller les besoins de l'opérateur, se tient prèt à lâcher, puis à reprendre rapidement la compression, pour indiquer, dans l’intervalle, par un jet de sang, une artère difficile à trouver.
1° Compression avec les doigts. Elle se fait avec le pouce isolément ou avec plusieurs doigts. L'une et l’autre manière d'agir est commandée plus particulièrement par la situation anatomique du vaisseau. Ainsi, l'artère sous-clavière sur la premiére côte, située profondément sur un plan osseux, accessible seulement par un espace étroit, la fémorale sur le pubis, sont faciles à comprimer avec le pouce. Ce doigt, offert perpendiculairement en travers du vaisseau, agit à la manière d’une pelote ou d’un cachet. Au contraire, pour les troncs artériels du bras et de la cuisse, éloignés des leviers osseux et roulant dans l'épaisseur des parties molles, l'absence d’un point de contact osseux nettement limité oblige à disséminer la compression sur une plus grande longueur du vaisseau. On l'opère avec les trois ou quatre derniers doigts rapprochés parallèlement, en disposant leur pulpe sur un même plan, de manière à comprimer tous à la fois suivant la longueur de l'artère, tandis que, la voûte de la main embrassant le membre ou les masses musculaires voisines, le pouce réagit en sens opposé ou en s'appuyant sur une saillie osseuse voisine.
En comparant ces deux procédés, on conçoit que le pouce, lui seul, et de prime-abord, doit suspendre complétement la circulation : dans l’autre mode, au contraire, quelque force que l'on apporte à maintenir sur un même plan la pulpe des quatre doigts, la résistance Ces parties molles, surtout à la cuisse, fait que les doigts tracent en commun un sillon courbe; de sorte que l'oblitération du vaisseau n'est que commencée par le premier doigt, continuée par le second et complétée seulement sous le troisième, le dernier doigt, soulevé par la réaction des muscles, ne servant presque que de point d'appui.
Si les doigts se fatiguent, sans attendre la douleur, immédiatement suivie d’un tremblotement de la main qui rend la compession incertaine, l’aide, sans quitter le vaisseau, raffermit les doigts en les maintenant de l’autre main; mais, s'il est forcé de substituer celle-ci à la première, il en présente d’abord les doigts en position convenable au-dessus des
HÉMOSTATIQUE CHIRURGICALE. 101
autres, sur le trajet du vaisseau, de manière à comprimer d'abord, avant de lâcher les premiers doigts, que les seconds remplacent en glissant dans leur lieu. C’est de la même manière qu'un aide doit se substituer à un autre, dans le cas où le premier est contraint de se reposer, surtout à cause de la fatigue si commune des muscles des lombes dans les attitudes forcées qu'exigent les opérations.
2° La main, dans son entier, s'emploie, en cas d’urgence, our comprimer l'aorte dans les hémorrhagies utérines. P P :
3° Compression avec la pelote ou le cachet. La pelote, avonsnous dit, agit à la manière du pouce et lui est par conséquent très inférieure, l’aide ne sentant pas ce qu'il fait. Aussi son usage est-il réservé pour certains cas spéciaux : telle est la compression de l'artère sous-clavière lorsqu'elle est très-profonde et que l’écartement des scalènes est très-étroit ; encore est-il rare, dans ce cas, qu’on ne puisse suppléer efficacement au pouce par le médius : telle est aussi la compression de l'aorte abdominale. La forme de la pelote est appropriée à celle du lieu où elle doit agir : mince et allongée pour l'artère sousclavière, large et plate pour l'aorte. Pour la fixer et la gouverner, On la transforme en cachet par un manche court qui n'éloigne pas trop la pression intelligente de la main.