OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES DENTS
La chirurgie dentaire constitue dans les grandes villes un art spécial séparé de l'exercice de la grande chirurgie. Néanmoins, comme cette distinction purement professionnelle n’existe plus nulle part ailleurs, les chirurgiens pratiquant les opérations sur les dents au même titre que toutes les autres, nous reprenons à l’art du dentiste tout ce qui est du domaine de la médecine opératoire, laissant de côté les divers procédés cosmétiques étrangers à la thérapeutique chirurgicale.
La chirurgie dentaire a trois objets déterminés : 1° l’entretien des dents encore saines ; 2° la guérison de leurs maladies quand elles sont curables ; 3° leur ablation, lorsque la conservation de la dent malade n’est plus possible.
A. Nerroyace pes Dents. L'objet de cette opération estd’enlever toutes les impuretés qui surviennent par défaut de soins et de propreté; le dépôt dentaire, dit vulgairement le tartre, est composé d’un mucus concrété mêlé de diverses substances étrangères qui revêt l'émail des dents, remplit leurs interstices, et s'insinue avec la couronne dans la cavité alvéolaire en repoussant en dehors le tissu gingival qui devient fongueux en même temps que la dent se déchausse.
Instruments. Dans le nombre prodigieux d’instraments imaginés par les dentistes, qui suppléent par le luxe de l'appareil à la faible importance des opérations, quelques-uns seulement sont indispensables : ce sont des rugines et des poinçons, sortes de grattoirs de formes variées, carrés ou aigus, rectilignes ou curvilignes, dits ez langue de carpe, en becs de cuiller, ete., auxquels s'ajoute un petit miroir mobile à manche.
Ces instruments servent à couper et à détacher le tartre en râclant. Leur emploi est soumis à certains règles : (a) À mesure que l’on opère sur une dent,les mains se servant mutuellement de points d’appui, diviser le tartre par fragments que l’on enlève isolément sans secousses, et fixer au besoin la dent sur laquelle on agit ou les dents voisines, si elles sont vacillantes. (b) Agir
revêtement. Pour l’ablation d’une moitié isolée, il vaut mieux fendre longitudinalement l’ongle par une seconde incision longitudinale avant la section à plat.
Dans un second procédé, le bistouri étant tenu à pleine main, coupe d’abord perpendiculairement la peau en arrière, puis, offert à plat, enlève d’un seul coup le lambeau onguéal. Ce mode opératoire, analogue à l’enlévement d’un copeau de bois avec un couteau, est très-expéditif, mais peu méthodique et pas assez chirurgical, le chirurgiea n'étant pas certain de l’épaisseur de tissu qu’il enlève,
Enfin, par un troisième procédé proposé par M. Malgaigne, non encore essayé, mais qui nous paraît ingénieux, l'opération pourrait se borner à l’ablation de l'étendue nécessaire de la matrice de l’ongle qui lui-même tomberait bientôt inévitablement sans danger qu'il se reproduise.
Au reste, quel que soit le procédé dont on fasse usage, l'opération terminée, il faut s'assurer que la matrice de l’ongle a été enlevée complétement, pour prévenir toute reproduction qui nécessiterait une excision ultérieure.