‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 140 sur 470 · CICATRICES VICIEUSES · texte numérisé non relu

CICATRICES VICIEUSES

que le caractère et le degré de volonté et de susceptibilité nerveuse du malade doivent étre d’une grande influence sur la détermination du chirurgien avant de l'entreprendre.

Les cas pour lesquels s'emploie la méthode italienne sont plus particulièrement les pertes de substance à la face, et les régions dont on emprunte le lambeau sont les faces antérieure et externe du bras ou de l’avant-bras. L'objet principal que l’on se propose est d'éviter la nouvelle cause de difformité qui résulte de la section du lambeau à la face. Cette considération de peu d'importance pour le chirurgien, d'autant qu’une première difformité est inévitable, a plus d'influence sur le malade, qui volontiers réclame de lui-même le choix de la méthodeitalienne.

Quoi qu'il en soit, l’opération étant décidée, après avoir ravivé les bords de la solution de continuité on en calque la forme avec de la cire, un morceau d'’étoffe ou du papier; on applique ce modèle sur la portion du membre qui peut le plus facilement se rapprocher de la plaie, et on taille, puis on dissèque un lambeau de même forme, mais un peu plus étendu, en conservant un pédicule d'autant plus large que le tégument du membre est moins pourvu de vaisseaux. On fait rapprocher les deux surfaces l’une de l’autre, et, pendant que des aides contiennent le malade, on applique sur la plaie le lambeau retourné et on le fixe par des points de suture. L'opération terminée, le chirurgien, par un bandage approprié, formé de bandes non extensibles, telles que le linge écru et la soie, fixe solidement, en rapport, le membre avec la tête, de manière à ce qu'ils ne puissent se mouvoir qu'en masse, sans causer le moindre tiraillement sur la plaie. Une fois l'appareil posé, on ne doit plus y toucher. Si des liens se relâchent, au lieu de les changer il vaut mieux les tendre, par raccourcissement, en formant des plis fixés par des coutures. Après quelques jours, dés que la réunion est opérée, on lève l'appareil, on coupe le

pédicule du lambeau et on réunit la plaie du membre pour la faire cicatriser. On peut, par prudence, attendre encore un Jour ou deux pour enlever les sutures.

Ce mode de réunion, tel qu’on le pratique aujourd’hui, par première intention, est dû à M. Græfe, Tagliacozzi, à une époque moins avancée, laissait suppurer le lambeau avant de l'appliquer, Cette modification de M. Græfe est une application fort louable mais toute simple de la théorie régnante et des procédés usités à notre époque, et ne suffit pas pour légitimer le nom de méthode allemande qu'il lui a donnée.

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