‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 159 sur 470 · GRANDES VENTOUSES · texte numérisé non relu

GRANDES VENTOUSES

ment de la circulation générale et dépression du pouls; päleur de la face et en général de la peau exposée à l'air; sensation de vide et légèreté au cerveau. Si l'effet persiste trop longtemps, ou si la pression est accrue brusquement, nausées, lipothymies, syncopes.

Dès que l’appareil est enlevé, transpiration générale et retour graduel des fonctions dans leur état normal; sensation générale de bien-être et de liberté des fonctions.

2 Pression par refoulement.

Phénomènes locaux. Diminution de volume du membre, affaissement des veines superficielles, pâleur de la peau. Si l’effet est trop intense, suspension de la circulation.

Phénomènes généraux. Sensation de pléthore dans les cavités splanchniques, dyspnée; symptômes de tendance à l’apoplexie cérébrale. ! ;

Comme déduction des faits physiologiques, consignons cette double expérience inverse: Si on agit à la fois sur les deux membres thoraciques et abdominaux en sens contraire, au même degré, d’un côté par le vide, et de l’autre par refoulement, les phénomènes locaux propres à chacun d’eux se développent; mais l’état général n’est pas changé, les deux modes d'action se neutralisant.

Procédé opératotre.

Si l’on ne veut produire qu'un effet peu intense, un seul membre soit thoracique, soit abdominal, est mis sous la ventouse; et on le change pour celui du côté opposé, lorsque ce membre se fatigue par une action prolongée. Pour obtenir un effet plus énergique, on applique à la fois l'appareil sur un membre thoracique et abdominal ou sur les deux membres abdominaux.

Le membre étant mis à nu, on arme le cylindre d’un ajutage proportionné à son volume et on l’introduit dans l’intérieur du tube. Dès les premiers coups de piston la succion happe et allonge le membre, l’ajutage refoule les téguments et en forme unsbourrelet circulaire qui interrompt aussitôt la communication de l'air avec l’intérieur de l'appareil. Procédant avec lenteur et ménagement, on élève graduellement la pression à 6 centimètres et peu à peu à 8 ou 9, mais en surveillant le malade et en le gouvernant d’après les signes généraux. Si on juge l’effet produit trop énergique, on fait entrer un peu d’air dans l'appareil et on essaie par tâtonnement le degré de tension que le malade peut supporter,

La pression une fois commencée, on l’entretient par des coups de piston prudemment ménagés, un mouvement trop brusque donnant lieu aussitôt à un sentiment de tension des vaisseaux très-douloureux.

Le temps que doit durer l'application varie d’après la cause pour laquelle on en fait usage et surtout d’après les effets produits, On n’agit pas moins d’un quart d'heure ni plus d’une heure, sauf à récidiver l'application après un laps de temps, s’il en est besoin.

Pour enlever l'appareil, on rend peu à peu l’air dans l’intérieur de la cloche jusqu’à ce que l'équilibre soit rétabli; le Cylindre alors se relâche de lui-même et on en dégage le membre avec précaution. Il faut de suite l’essuyer et le recouvrir pour éviter le refroidissement dans l’état de transpiration abondante où il se trouve.

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