‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 194 sur 470 · VE · texte numérisé non relu

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vaise nature, où la tumeur est toujours vaguement circonscrite, il ne s’agit pas seulement de l’isoler des tissus voisins, ces tissus, quoique sains en apparence, participant au contact de la dégénérescence qui s’y mêle et les envahit par tous les prolongements celluleux et vasculaires; il est de précepte, pour plus de sûreté, d’en enlever une certaine épaisseur.

3° Dans la dissection des parties, pour abréger la douleur on incise à grands coups dans toute la longueur du tranchant du bistouri, tant que l’on agit dans les chairs, sans trop s’inquiéter des rameaux nerveux et des vaisseaux sanguins secondaires. Au contraire on avance avec précaution et lenteur quand on se trouve dans le voisinage des troncs nerveux et des gros vaisseaux, jusqu'à ce que, certain de leur position, on puisse les faire écarter par un aide de la voie du tranchant.

4° Si la tumeur est située profondément et adhère aux tissus fibreux et aux os, on doit enlever les uns et, sinon emporter les autres, du moins les entamer et les ruginer profondément, jusqu’à ce que leur tissu paraisse intact. L’impossibilité d’observer franchement ces préceptes quand on opère dans les cavités de la face est la cause principale des récidives bien plus fréquentes dans les opérations sur la tête que dans celles sur les membres.

5° Dès que la masse principale est enlevée, on doit examiner avec soin à la vue et au toucher les parois et le fond de l’excavation pour reconnaître s’il ne reste point quelque débris de la tumeur ou quelque racine que l’on excise. Il n’est pas rare qu’en découvrant un prolongement douteux il mène plus loin, dans un espace celluleux, à quelque masse ou noyau d'induration dans un état de dégénérescence plus ou moins avancé, et que l’on doit extirper avec soin.

6° Si néanmoins il reste du doute sur l'intégrité des surfaces dans certains points et que, comme il arrive si souvent dans les cavités de la face, en raison de l'importance des organes voisins ou de l’étroitesse de l’espace dans lequel on agit l’on n'ose ou l’on ne puisse tout extraire, il est prudent de détruire les derniers germes par le cautère actuel.

7° Lorsque, l'opération ayant été laborieuse, des prolongements à extirper causeraient le risque de trop prolonger les souffrances du malade, il vaut mieux interrompre l’opération et faire un pansement provisoire, en remettant le reste à quelques jours d'intervalle.

8° Si le lieu de l'opération permet de suspendre le cours du sang par la compression temporaire du tronc artériel principal, on se hâte de terminer sans s’occuper des vaisseaux divisés dont on fera la ligature à la fin en une seule fois. Si, au contraire, une compression préalable ne peut être faite, comme à la tête où le danger est d’autant plus grand que souvent le sang coule par des artères coupées encastrées dans des canaux osseux, il faut, toute manœuvre cessante, cautériser avec le feu les orifices béants à mesure qu'il s’en présente, Dupuytren préférait ce parti, malgré ses lenteurs, à la ligature préalable d’un gros tronc artériel, soit, par exemple, la carotide externe dans les opérations sur les fosses nasales, les nombreuses anastomoses rendant presque toujours insuffisante cette dernière opération.

9° L'opération terminée, on absterge la plaie et on procède à la ligature de tous les vaisseaux. Quand la tumeur extraite est un squirre ou un cancer, on réunit la plaie par première intention ; mais si c’est un fongus ou une tumeur érectile, comme on doit toujours craindre une hémorrhagie capillaire, il est préférable de panser provisoirement à plat, de manière à pouvoir découvrir la plaie au besoin jusqu’à ce que toute crainte soit dissipée.

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