RÉSECTION DU PREMIER OS MÉTATARSIEN
On peut faire la résection d’une partie ou pratiquer l’ablation complète de cet os. Les caries, le spina-ventosa, les fractures comminutives et les luxations compliquées motivent le plus souvent ces opérations.
1° Résection partielle du premier métatarsien. S'W s’agit d’enlever l'extrémité antérieure de l’os, à l'exemple de M. Blandin pratiquer en dedans un lambeau quadrilatère à base postérieure : le lambeau disséqué et les lèvres de la plaie écartées, déjeter le tendon extenseur sur le côté; puis, après avoir ouvert l'articulation métatarso-phalangienne, attirer et luxer la tête de l’os, eten même temps l’isoler sur les parties latérales avec le bistouri. Il ne reste plus alors qu’à protéger convenablement les parties molles et à pratiquer, au moyen d’une scie cultellaire ou mieux de la scie à chaine, l’ablation de la partie malade en sciant l'os perpendiculairement à son axe.
Suivant certains cas spéciaux, cette opération a dù être modifiée; c’est ainsi qu’en raison des adhérences et de l’induration des parties molles qui recouvraient l'os M. Barbottin fit une plaie ovalaire dont il extirpa le lambeau. M. Malgaigne considère comme plus convenable une incision longitudinale avec deux autres perpendiculaires à chaque extrémité : c’est à l’aide d’une semblable incision que M, Champion fit dans deux cas (1813 et 1814) l’extirpation du cinquième métatarsien. M. Roux, qui recommande une incision en T couché, préfère également pratiquer d’abord la section de l’os avec la scie d’Aitken et terminer par la désarticulation.
2° Extraction complète du premier métatarsien (pl. 59, fig. 1). Tracer sur le côté interne de l’os et parallèlement à son axe une incision étendue depuis le scaphoïde jusqu’au dos de la première phalange; au moyen de deux autres incisions transversales dirigées sur le dos du pied, circonscrire un lambeau quadrilatère qu’on renverse en haut. L'os étant dénudé et isolé convenablement, avec la précaution de ménager les vaisseaux inter-osseux et les tendons extenseurs, qui seront déjetés au côté interne de la plaie, il s'agira d’attaquer d’abord l'articulation métatarso-phalangienne, qui est plus lèche; puis soulevant et attirant la tète de l'os, on incisera en même temps ef successivement toutes les adhérences qui le retiennent et on terminera en ouvrant l’articulation du métatarsien avec le cunéiforme. M. Velpeau trouve plus commode de scier l'os par le milieu, avec la scie à chaine, et d'en extraire ensuite les deux moitiés séparément.
Cette opération, qui semble avoir été pratiquée pour la première fois en 1795 par M. Barbier du Val-de-Grâce, a été depuis répétée un assez grand nombre de fois également avec succès. Il reste toujours, après l’ablation complète du métatarsien, un enfoncement considérable, que la cicatrice ne rem-
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plit jamais entièrement. Il n’y a pas ordinairement de reproduction osseuse; d’où il résulte une grande mobilité de la phalange, qui se retire en arrière, reste flottante, inerte et de peu d'utilité pour la station. La résection partielle de l'os n'offre pas en général cet inconvénient, le vide se comble plus facilement; et l’orteil, pouvant retrouver un soutien en arrière, constitue encore pour le pied un point d'appui assez solide, comme l’a fait remarquer M. Blandin.
On conçoit que si l’on voulait faire la résection des autres métatarsiens il serait facile d'y transporter les procédés que nous venons de décrire, en les modifiant un peu suivant l'exigence des cas; mais on préfère alors avec raison l’amputation, qui est plus simple et fournit un meilleur résultat.