‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 225 sur 470 · AMPUTATIONS DANS LA CONTINUITÉ · texte numérisé non relu

AMPUTATIONS DANS LA CONTINUITÉ

MEMBRE THORACIQUE

Historique général, Les amputations du membre thoracique ont moins occupé l'attention des anciens que celles du membre abdominal, ou parce qu'ils les pratiquaient plus rarement, ou bien encore parce qu’elles leur paraissaient avoir moins d’importance; du reste, nous ne devons pas nous étonner de notre défaut de renseignements aussi bien pour les unes que pour les autres : car les procédés opératoires reposèrent longtemps sur des données souvent fausses à force d’être simples. Les diverses améliorations qu’on y apporta furent lentes, mal raisonnées et encore plus mal décrites par des chirurgiens qui s’attachaient bien plus à des questions étranges qu'a des descriptions minutieuses, ou du moins exactes, d'opérations qu'ils confiérent si longtemps aux mains des barbiers.

Ces considérations nous ont engagés à présenter d'ensemble l'historique général des amputations du membre thoracique, afin de lui donner un peu plus d'intérêt.

Doïigts. Hippocrate en indique l’amputation, Celse ne la mentionne pas. Héliodore ne parle que de leur désarticulation ; Guy de Chauliac les coupait aussi dans la jointure métacarpophalangienne; Paré les excisait avec une tenaille soit dans la continuité, soit dans les articulations. Fabrice de Hilden prohibe la hache, les ciseaux et les tenailles pour l’amputation des doigts; il veut qu’on les coupe soit dans la jointure avec un rasoir (xovaculd), soit dans la continuité avec un scalpel et une scie. Scultet figure l’amputation du pouce avec la grande tenaille ; Verduin, Garengeot et Sharp conseillent de séparer toujours le doigt dans son articulation métacarpo-phalangienne ; Heister préfère enlever en même temps la tête du métacarpien correspondant; Boyer lui-même n'approuve pas l’amputation dans la continuité des phalanges, et paraît avoir suivi l'exemple de Sabatier : Ledran, Guthrie et S. Cowper ne partagent pas cette manière de voir. Nier l'utilité des amputations dans la continuité des phalanges, bien plus, lui préférer l’ablation totale du doigt, y compris même la tête du métacarpien, c'est

méconnaître à la fois les principes de la physiologie et de la bonne chirurgie. 11 ressort de cette esquisse que les anciens n’amputaient pas exclusivement dans la continuité, comme l'ont avancé quelques auteurs modernes après Garengeot; la proposition contraire rentrerait bien plus dans la vérité.

Main. Nous ne trouvons rien sur ce sujet avant F, de Hilden; encore ne parle-t-il que des désarticulations, mais avec assez d’étendue : il en est de même de Scultet, qui approuve l’usage du ciseau et du maillet. Non-seulement Heister ne dit rien de l'amputation du métacarpe dans la continuité, mais encore il préfère l’amputation de l’avant-bras à la désarticulation radiocarpienne. Louis a amputé dans la continuité des métaearpiens, mais l’amputation régulière de ces os ne remonte pas audelà de notre époque.

Avant-bras. Fabrice de Hilden veut qu’on ampute l’avantbras très-bas, après avoir fixé le bras sur le banc; les chairs coupées d’un seul coup, il scie les os. Les figures de Scultet nous montrent les chairs et l’os coupés au même niveau ; Louis, suivi par Heister, donne des règles plus satisfaisantes, et que nous mettrons à profit dans la description des procédés et dans l'examen anatomique de l’avant-bras.

Bras. Ce que nous dirons en détail pour la cuisse s'applique également à l’amputation du bras dans la continuité; mêmes principes donnés déjà par A. Paré pour le lieu de l'opération, mêmes règles pour la pratiquer : et, par des raisons semblables, absence complète de descriptions spéciales. Louis, à qui la chirurgie doit tant de perfectionnements, a le premier tracé pour l’'amputation du bras des préceptes raisonnés.

Dans les amputations du membre thoracique, sauf quelques exceptions pour l’avant-bras et la main, tous les chirurgiens anciens et modernes se sont accordés à ne pas admettre de lieu d'élection et ont montré en cela un bon sens chirurgical dont on aurait tout aussi bien fait de ne pas s’écarter pour les amputations de la jambe.

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