COMPRESSION DE L’ARTÈRE SOUS-CLAVIÈRE
Comme nous l’avons dit de l’artère carotide dans la planche précédente, jusqu’à ce jour on n’a également possédé aucun instrument qui opérât la compression permanente de l’artère sous-elavière. Sans insister ici sur l’utilité trop évidente de pouvoir se rendre maître à volonté du cours du sang dans le membre thoracique, surtout d’après la remarque que nous avons faite du peu de certitude ou de l'impossibilité absolue que présente la compression de l'artère axillaire, nous proposons ici aux chirurgiens un nouvel instrument qui, par les conditions qu’il remplit, arrète immédiatement la circulation dans l’artère sousclavière chez les divers sujets, les plus fortement musculés comme les plus maigres, et peut s'appliquer indifféremment de l’un ou de Pautre côté.
DÉTAILS DU COMPRESSEUR DE LA SOUS-CLAVIÈRE, FIGURES À ET 2. L’instrament se compose de quatre parties principales :
1° Une pelote fixe d’appui (A), de forme rectangulaire, cousue sur une plaque métallique percée de deux mortaises (a) aux extrémités. Cette pelote s'applique en travers sur les attaches du grand pectoral, audessous de la clavicule qui lui sert d'appui. La pelote a une épaisseur double à une de ses extrémités qui doit entrer dans le creux souscoracoïdien, tandis que l’autre extrémité, plus mince, correspond à l'articulation sterno-claviculaire. En changeant le bord, la même pelote peut s'appliquer de l’autre côté, de sorte que le même instrument peut servir pour la compression de l’une ou de l’autre artère sousclavière.
2° Une seconde plaque d’acier (B), de. même forme que la précédente, sur laquelle elle s'applique exactement. Elle y est maintenue par deux petites clefs tournantes (b) qui entrent dans les mortaises dont nous avons parlé précédemment. Cette seconde plaque sert de point fixe pour le reste de l’appareil ; elle porte à ses extrémités des boutons de cuivre (c) pour attacher les courroies de contention.
3° Une lame d’acier tournante (C}, fixée par une vis sur la plaque (B),
s'inclinant en quart de cercle à droite et à gauche, pour compenser l’obliquité de l’une ou l’autre clavicule. Cette lame sert de point fixe au levier de la pelote mobile de compression. En haut, elle s’articule de chaque côté par une charnière en (d), avec une lamè d’acier demielliptique en fer à cheval (D), dont la mobilité a pour objet de s’adapter à toute saillie quelconque du trapèze. Cette lame elliptique est garnie en dessous d’une pelote de même forme , et présente deux boutons (c) pour l’attache des courroies postérieures ; l’espace qu’elle renferme sert de passage à la pelote mobile,
4° La dernière partie de l'appareil est le levier-coudé qui supporte la pe-
lote mobile. Ce levier se compose d’un montant (E), dont la base évasée (e) tourne par une vis sur la plaque (C), et peut être fixée en position par une clef (f). En haut, le montant se termine par une cavité de réception (8), dans laquelle est reçue la boule du bras de levier horizontal, maintenue par une vis (h). Le levier horizontal (F), formant en arrière une articulation orbiculaire, permet toutes les inclinaisons de la pelote qu’il supporte à l’autre extrémité, Enfin vient la pelote elle-même (G) en forme de cône allongé, de manière à pénétrer facilement dans l’écartement des scalènes; les diverses inclinaisons dont elle est susceptible sont déterminées par celles du levier horizontal (F) que traverse Ta vis de rappel (i) et ses deux tiges conductrices (k).
L'instrument étant connu, la pelote (A) s'applique parallèlement à la
clavieule; la lame métallique (C) s'incline latéralement du côté voulu;
le fer à cheval (D) s’abaisse sur le trapèze ; les deux leviers (E et F)
prennent l’inclinaison convenable pour que la pelote, appuyant sur la première côte, se trouve perpendiculaire à l’axe de l'artère. c’est-à-dire oblique de haut en bas, un peu de dehors en dedans, et d’arrière en avant. L’instrument est maintenu en position sur le bandage de corps (H), par les courroies antérieures (1) et les courroies postérieures (K).