RÉGION CERVICALE POSTÉRIEURE
Situation, configuralion, délimitation. Formée par la partie postérieure du cou constituant la nuque, elle se compose de la masse des muscles extenseurs de la tête, limitée en haut par la bosse occipitale externe et la ligne courbe supérieure, en bas par le bord supérieur de l’omoplate, latéralement par la région sus-claviculaire et la ligne osseuse en fer à cheval, qui a pour centre l'articulation acromio-claviculaire. A l'extérieur la nuque est partagée par le sillon vertical qui en sépare les deux moitiés. À la bosse occipitale correspond intérieurement le confluent des sinus; au dessous est une fossette intermédiaire des complexus, où l’on pose des cautères. Un peu plus bas se prononce la saillie de la vertèbre axis, au-dessus de laquelle l'intervalle correspondant aux deux premières vertèbres expose aux lésions traumatiques de la moëlle. Dans l’espace intermédiaire jusqu’à la vertèbre proéminente, les apophyses épineuses sont peu sensibles en dehors; c’est dans la partie moyenne de la nuque que l’on pratique ordinairement les sétons.
PARTIES CONSTITUANTES. 1° Peau. D'une épaisseur considé-
! Planche 1, n° 17; et planche 10, fig. 4.
rable, comme en général à la partie postérieure du tronc, sa texture est fibreuse et peu vasculaire, circonstance qui explique la rareté des exanthèmes cutanés en ce point, et, au contraire, la fréquence des inflammations avec étranglement, telles que le furoncle et l’anthrax. Recouverte par les cheveux à la partie supérieure, elle est glabre inférieurement. 2° Couche celluleuse sous-cutanée. Dense et très-adhérente à la peau et au ligament cervical avec lequel elle se confond, elle est, dans l'érysipèle phlegmoneux, le siége d’infiltrations qui gagnent facilement en profondeur, vu la résistance de la peau. 3° 4ponévrose. Elle ne forme point une couche isolée, et ne se compose en fait que de la réunion des enveloppes fibro-celluleuses des muscles superficiels. Sur le sillon moyen, le ligament cervical, de nature fibro-celluleuse, forme une cloison de séparation entre les deux côtés. 4° Muscles. Ce sont les extenuseurs de la tête et du cou, logés dans les deux gouttières en quart de cercle, comprises entre les apophyses épineuses et le ligament cervical sur le plan moyen, et la masse apophysaire sur le plan latéral. Ces muscles sont, d’arrière en avant : le trapèze, le splénius, les deux complexus, les demi-épineux du cou et du dos, le transversaire épineux, et les petits droits et obliques postérieurs de la tête. 5° Vaisseaux. En petit nombre, ils se composent en haut des branches occipitales, inférieurement de quelques branches des scapulaires, et dans la hauteur du cou des vaisseaux cervicaux postérieurs et des petits rameaux des vertébraux. Outre les veines satellites des artères, il existe, en veines surauméraires, la jugulaire postérieure et le réseau vertébral postérieur. 6° Nerfs. Ils sont fournis par les branches postérieures des paires cervicales et le nerf spinal. Les plus nombreux, émanés du sous-occipital et du plexus cervical, forment une couche entre le complexus et les muscles profonds. 7° Squelette. 11 se compose de la moitié inférieure de l’occipital et des sept vertèbres cervicales. L'occipital est parfois le siége de fractures, et, comme tous les os du crâne, de nécroses et de perforations produites par les fongus de la dure-mère. Les masses postérieures des vertèbres sont quelquefois le siége de fractures mortelles; mais l'accident le plus commun et le plus inévitablement grave est la luxation de l’apophyse odontoide de l'axis.