RÉGION MAMMAIRE
Situation, configuration, délimitation. Située à la partie latérale et antérieure de la poitrine, inscrite de haut en bas entre la clavicule et la région diapbragmatique, et de dedans en dehors entre les régions sternale et sous-claviculaire, son étendue est représentée par la masse du muscle grand pectoral, sur laquelle s'applique la glande mammaire dans la femme.
PARTIES CONSTITUANTES. 1° Peau. Lisse, fine, principalement chez la femme, elle est caractérisée dans les deux sexes par la présence du mamelon, situé en bas et en dehors, près du bord axillaire du grand pectoral. Le mamelon lui-même se compose d'un petit appendice demi-ovoïde, qui surmonte une base ou aréole aplatie et circulaire, d’un pouce de diamètre ; sa texture est spongieuse et érectile, sa couleur rosée. Cet organe, doué d’une vive sensibilité, est dans la femme le sommet de convergence des vaisseaux galactophores, dont les nombreux orifices viennent s’ouvrir à sa surface ; il renferme dans sa portion aréolaire des follicules sébacés. 2° Couche sous-cutanée. Elle est remarquable dans les deux sexes par l'épaisseur du tissu adipeux qui s'y rencontre. 3° Vaësseauæ. Ce sont principalement les thoraciques externes longs et courts, auxquels se joignent des branches de terminaison des intercostaux. Ces vaisseaux n’ont qu'un assez faible volume dans l’état normal, mais leur calibre s’augmentant beaucoup dans les maladies de la glande mammaire, les moindres rameaux sont susceptibles de donner lieu à des hémorrhagies graves. Les veines principales sont satellites des artères; mais dans les cas morbides les veinules cutanées chez la femme acquérant un grand volume, se développent fréquemment en lacis variqueux, qui donnent au sein un aspect bleuâtre et marbré. Les vaisseaux lymphatiques, en petit nombre chez l’homme, sont peu apparents dans la femme vierge, mais ilsse dilatent pendant la lactation ou dans les affections morbides de la glande mammaire. 4° Verfs. Les plus superficiels sont fournis par les rameaux sus-claviculaires du plexus cervical, auxquels se joignent les derniers filets des intercostaux et des thoraciques. Ce sont les branches thoraciques elles-mêmes qui vont se distribuer à la glande mammaire. 5° Glande mammaire. À peine rudimentaire chez l’homme, cet organe dans la femme forme une masse demi-sphérique, inégale, granulée, située sous le pannicule adipeux au-devant du muscle grand pectoral, sur l’aponévrose duquel elle s'applique par une surface plano-concave. Assez vaguement circonscrite dans son contour à sa base, elle se prolonge ordinairement un peu plus du côté de l’aisselle. Ce manque de limites précises, qui tient à l'absence d’une enveloppe fibreuse spéciale, est la véritable cause de l'extension par continuité, dans le tissu cellulaire, des affections cancéreuses , qui a si souvent pour effet la repullulation de la maladie après une première ablation; d’où le précepte si important pour le succès de l'opération, d’emporter plutôt plus que moins, sans même respecter le muscle grand pectoral et les trainées lymphatiques qui vont aux ganglions de l’aisselle. 6° Squelette. I est formé, pour cette région, par l'arc osseux antérieur des côtes, de la seconde à la sixième.
La région mammaire peut être le siége d’une multitude de petites opérations communes à toute la surface de la peau;
1 Planche 1, n° 19; et planche 6.
mais celles qui lui sont particulières sont nécessitées par les accidents traumatiques, plus communs chez l’homme, et surtout, dans la femme, par les nombreuses maladies de la glande mammaire.
RÉGION DORSALE !
Situation, configuration, délimitation. Située de chaque côté à la partie médiane et postérieure du dos, séparée de sa congénère par le grand sillon vertical, au fond duquel se distingue la saillie des apophyses épineuses, chacune des régions dorsales, convexe de haut en bas et en travers, est représentée par la saillie du sacro-spinal et de ses annexes qui remplissent les gouttières vertébrales. La peau y est épaisse et rude, comme dans toute la face postérieure, et fortement adhérente au milieu à la suture des aponévroses avec le ligament sur-épineux. Les muscles sont : en plan superficiel, le trapèze et le grand dorsal ; en plan profond, le sacro-spinal et ses annexes. Les vaisseaux et les nerfs sont fournis par les branches postérieures des intercostaux.
La région dorsale ne se distingue au point de vue chirurgical que par rapport aux fractures des apophyses épineuses ou des lames vertébrales. Sous tout autre aspect, sa valeur est pour ainsi dire négative, eu égard aux accidents et aux opérations, en raison du coussin protecteur épais que forment les muscles tendineux de cette région, appliqués eux-mêmes sur la carapace ostéo-fibreuse formée par les arcs postérieurs des vertébres et des côtes, et par leurs appareils ligamenteux.
RÉGION COSTALE?.
Situation, configuration, délimitation. Sous la dénomination de région costale on a coutume de décrire cette vaste étendue latérale du thorax située de haut en bas entre les régions axillaire et diaphragmatique, et d’avant en arrière entre les régions mammaire et dorsale. Entre les sillons du grand pectoral et du sacro-spinal, qui forment les deux limites suivant le diamètre transversal, on distingue à l’extérieur : 1° en avant, le triangle axillaire compris entre les bords adjacents du grand pectoral et du grand dorsal, et coupé diagonalement par la saillie des languettes et des digitations du grand dentelé et du grand oblique abdominal ; 2° en arrière, la vaste surface triangulaire lisse du grand dorsal qui est sillonnée dans les sujets maigres par les saillies obliques des côtes et les dépressions intermédiaires.
La peau, lisse et fine en avant, devient épaisse et rugueuse en arrière ; elle n’adhère au feuillet fibro-celluleux des muscles que par un tissu cellulaire assez lâche, et qui permet une grande mobilité aux téguments. La couche musculaire, après le grand dentelé et le grand dorsal déjà indiqués, ne se compose plus que des deux plans des intercostaux. Les vaisseaux sont fournis en avant, en plan superficiel, par les thoraciques longs, dont la direction est verticale, et en plan profond, dans toute l'étendue, par les branches obliques ou transversales des intercostaux. Les /ymphatiques et les nerfs se composent également de rameaux thoraciques et intercostaux. Le squelette est formé par les côtes, de la troisième ou quatrième à la huitième. Le plan costal, complété par les petits faisceaux aponévrotiques des muscles intermédiaires, est doublé en dedans par le feuillet sous-pleural et par la plèvre pariétale.
1 Planche 1, n° 21.
2Planche 1, n° 22,
La région costale, dans les divers points de son étendue, a une grande importance en chirurgie relativement à la proximité des organes thoraciques, dont elle forme la paroi. Parmi les accidents chirurgicaux, les plus communs sont: 1° les fractures des côtes, dont les fragments ou les esquilles peuvent donner lieu à des lésions profondes; 2° les plaies par divers instruments ou par des projectiles, dont la gravité diffère suivant qu’elles sont ou non pénétrantes. Quant aux opérations qui se pratiquent sur les parois de la poitrine, la plus formidable est l’'empyème, dont le lieu d'élection est souvent si difficile à déterminer pour chaque cas particulier. Mais, en outre, les parois de la poitrine sont le siége de fréquentes opérations nécessitées par leurs propres maladies, les phlegmons, les abcès, l’anthrax, les diverses tumeurs; dans les affections thoraciques, on y applique fréquemment des cautères, des moxas, et quelquefois même des sétons,