‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 36 sur 470 · RÉGION OMBILICALE · texte numérisé non relu

RÉGION OMBILICALE

Situation, configuration, délimitation. De forme rectangu-

Jaire, elle est inscrite de haut en bas entre les deux lignes

précitées, limitée latéralement par les deux sillons externes des muscles sternopubiens, et partagée au milieu par le sillon vertical médian. Saillante chez l'enfant et chez le sujet obèse, elle

est déprimée au milieu par l’enfoncement que détermine la cicatrice ombilicale.

La peau, lisse et couverte de quelques poils dans l’homme adulte, est garnie de follicules sébacés au pourtour de l’anneau ombilical. La couche sous-cutance se charge, dans les sujets obèses, d’une quantité considérable de graisse. La couche musculaire est formée, comme à la région épigastrique, par le muscle sterno-pubien, encastré dans sa quadruple enveloppe fibreuse ; la suture aponévrotique de la ligne blanche, plus large en ce lieu par l’écartement des muscles sterno-pubiens en regard de l’anneau, prend une forme rhomboïdale trèsallongée de haut en bas. Cet élargissement de l’aponévrose est la première cause prédisposante des éraillements donnant lieu à la hernie dite ombilicale, quoique étrangère à l’anneau, à laquelle sont sujets les individus qui ont éprouvé des dilatations considérables de la paroi abdominale. L’anneau ombilical lui-même présente une texture différente, suivant les couches des tissus superposés. A la peau, la cicatrice a l'aspect d’un nœud qui adhère très-intimement à l’aponévrose sous-jacente par un prolongement fibreux ; quant à l’aponévrose elle-même, elle présente un foramen quadrilatère rempli par le prolongement dont nous avons parlé, et dont les bords, unis fortement à ce dernier, sont formés par quatre faisceaux entrecroisés. La grande résistance de l’anneau ombilical explique l’impossibilité des hernies au travers de cet orifice quand la cicatrisation en a été opérée : aussi la hernie véritablement ombilicale est-elle toujours congéniale, En dehors des muscles droits, les éraillements aponévrotiques qui surviennent après la grossesse et l’ascite donnent lieu aux hernies dites ventrales, moins communes que les précédentes.

RÉGION ILIO-COSTALE ?.

Situation, configuration, délimitation. Comprise de haut eri bas entre la ligne sous-ombilicale et la crête iliaque, cette région, qui constitue le flanc, est limitée transversalement entre les deux sillons verticaux du sterno-pubien en avant, et de la masse du sacro-spinal en arrière. Étranglée au contour, elle forme l’adossement des deux cônes tronqués du thorax et du bassin, qui constitue le mince de la taille, indiquant la ligne transversale de flexion du tronc.

La peau n'offre rien de remarquable que ses dégradations d'épaisseur d’arrière en avant, et l’abondance du pannicule adipeux sous-cutané commun aux téguments de l'abdomen, Dans la portion antérieure commence, à la hauteur de l’ombilic, l’épaississement du fascia superficialis, qui augmente graduellement en descendant vers le pli inguinal, La couche musculaire est constituée en arrière par le grand dorsal et son aponévrose, et plus profondément par le petit dentelé postérieur ; en avant et sur le côté, par les trois muscles larges de l'abdomen, les grand et petit obliques et le transverse, dont les aponévroses s'unissent à chaque extrémité, et se séparent

1 Planche 4, n° 25, ? Planche 1, no 26; et planche 5,

au delà, pour former en avant la gaine à deux feuillets doubles du muscle grand droit, et en arrière, les deux gaînes du sacrospinal et du carré des lombes, renfermés entre les trois feuillets de l’aponévrose postérieure, dite du transverse. Inférieurement, en arrière, entre les bords du grand oblique et du grand dorsal et le sommet de la crête iliaque, existe un espace triangulaire, qui n’est formé que par les aponévroses. Profondément, toute la surface ilio-costale est tapissée par le feuillet fibreux sous-pleural et par le feuillet pariétal du péritoine. Les vaisseaux sanguins sont les branches antérieures des artères et veines lombaires, qui parcourent en direction diagonale le contour du tronc; il s'y joint les deux branches abdominales des vaisseaux circonflexes iliaques, qui montent verticalement de la crête du bassin vers la dernière côte, intermédiaires entre les vaisseaux lombaires et épigastriques, avec lesquels ils s’anastomosent. Les nerfs sont les branches antérieures lombaires qui accompagnent d’abord les vaisseaux du même nom, se continuent au delà jusque vers le plan moyen, et plus bas envoient des filets aux téguments de la ceinture pelvienne. Le squelette est représenté, dans la région ilio-costale, à ses extrémités, par les deux dernières côtes et le ligament cintré pour la supérieure, et par la crête iliaque pour l’inférieure ; au milieu, seulement en arrière, par la suture des aponévroses du transverse.

La région ilio-costale, comme toute la surface des parois abdominales, est souvent le siége de blessures dont la parfaite réunion est assez difficile à obtenir, vu la direction inverse ou oblique des divers plans de fibres musculaires. Sous le rebord costal s'ouvrent fréquemment des abcès par congestion ; mais le lieu de sa surface le plus important en chirurgie est le triangle aponévrotique postérieur, dit triangle de I.-L. Petit, devenu célèbre par la hernie que ce grand chirurgien y a observée. Le peu d'épaisseur des parties molles en ce point, où la cavité abdominale n’est séparée de la couche sous-cutanée que par des aponévroses, a fait proposer"ce trajet pour pénétrer dans l'abdomen, soit pour l'extraction des calculs rénaux (Verdier), qui, dans certains cas, s’y sont engagés d'eux-mêmes, soit pour la formation d’un anus artificiel chez les nouveaux-nés, dont le rectum est imperforé (Callisen).

RÉGION LOMPAIRE :.

Situation, configuration, délimitation, Située à la partie postérieure et inférieure du tronc, de forme rectangulaire verticalement, elle est limitée de haut en bas par la douzième côte et une ligne étendue en travers de l’une à l’autre crête iliaque; et, horizontalement elle est comprise entre les deux sillons verticaux des bords externes des sacro-spinaux, et séparée en deux moitiés par le sillon lombaire médian, A l'extérieur, les deux régions lombaires latérales, concaves de haut en bas, forment en travers une saillie verticale considérable, déterminée par le relief des muscles.

La peau, très-épaisse, est coupée de rides transversales au milieu de cette région, correspondant au pli de l'extension du tronc. La couche celluleuse sous-cutanée, de texture fibreuse et très-adhérente dans le sillon vertébral, où elle adhère trèsintimement au ligament sur-épineux, est assez lâche en dehors où elle se charge d’une grande quantité de graisse, à mesure qu'elle s'approche de la région ilio-costale. La couche musculaire et aponévrotique est très-épaisse. On y trouve d’arrière en avant, par plans superposés, 1° l’aponévrose du grand dorsal ; 2° celle du petit oblique, ou le feuillet postérieur du transverse,

4 Pianche 1, n° 27; et planche 5.

qui se confond à sa partie supérieure avec celui du petit dentelé postérieur et inférieur; 3° l’aponévrose lombo-iliaque, forte lame fibreuse d'insertion de la masse du sacro-spinal ; 4° l'épaisseur du sacro-spinal; 5° le feuillet moyen très-résistant de l’aponévrose du transverse, fixé par des faisceaux convergents au sommet des apophyses transverses lombaires ; 6° l'épaisseur du muscle carré des lombes ; 7° enfin, le feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse, dont la suture avec le précédent sur la douzième côte, constitue le ligament cintré. Les vaisseaux et les nerfs sont fournis par les lombaires dont les branches postérieures se distribuent dans la masse du sacrospinal, les muscles superficiels et la peau, et dont les branches de continuation longent l’aponévrose moyenne du transverse pour gagner les parois de l'abdomen ou du bassin. Au-devant du carré des lombes, dans la gouttière vertébrale et dans l'épaisseur du psoas, est logé le plexus lombaire, formé par les branches antérieures des nerfs du même nom. Le squelette est constitué par les cinq vertèbres lombaires, dont les apophyses transverses élargissent la surface osseuse, que continue par sa résistance le feuillet moyen de l’aponévrose du transverse.

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