‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 37 sur 470 · ZÔNE INFÉRIEURE OU PELVIENNE · texte numérisé non relu

ZÔNE INFÉRIEURE OU PELVIENNE

Limitée en haut par la ligne sus-ombilicale, elle comprend trois régions appartenant à la paroi antérieure de l'abdomen : au milieu, la région kypogastrique, et de chaque côté la région inguino-abdominale.

RÉGION HYPOGASTRIQUE :.

Situation, configuration, délimitation. Située à la partie moyenne et inférieure de la paroi abdominale antérieure, où elle constitue l'hypogastre proprement dit, de forme triangulaire de haut en bas, elle s'étend de la ligne sous-ombilicale aux pubis, au-devant de l'extrémité inférieure des muscles grands droits, dont elle indique à l'extérieur, dans les sujets maigres, la double saillie, entre le sillon médian de la ligne blanche et les sillons latéraux indiquant les bords externes des deux muscles. :

PARTIES CONSTITUANTES. 1° Peau. Lisse, unie et garnie au milieu de poils dont l’abondance augmente en s’approchant du pénil. 2° Couche sous-cutanée. Elle est formée par le fascia superficialis qui, dans les sujets gras ou seulement d’un médiocre embonpoint, se dispose en deux plans, l’un formé par la distension des mailles les plus superficielles, remplies par une grande quantité de tissu adipeux, et constituant le pannicule sous-cutané; l’autre, plus profond, également imprégné de graisse, mais où néanmoins la texture aréolaire du fascia superficialis est plus apparente. 3° Couche musculaire. D'avant en arrière, on y trouve : (a) l’aponévrose du grand oblique doublée par le feuillet antérieur de celle du petit oblique, et, en bas, celui du transverse, tous trois formant l’enveloppe antérieure du muscle sterno-pubien ; (b) l’extrémité inférieure du sterno -pubien lui-même, et le pyramidal ou tenseur de la ligne blanche; (c) en arrière, le double feuillet postérieur aponévrotique qui cesse à un pouce et demi au-dessous de l’ombilic ; en bas la surface musculaire n’est plus tapissée que par le feuillet cellulo-fibreux sous-péritonéal, que double le péritoine. Entre ces deux derniers feuillets, monte verticalement l'ouraque, flanqué latéralement des deux artères ombilicales fœtales, tous trois convertis, après la naissance, en des cordons ligamenteux.

1 Planche 1, n° 28; et planches 4, 7, 8.

TOPOGRAPHIE ORGANIQUE. mA

Sur le plan moyen se continue la suture des aponévroses formant la ligne blanche; sa largeur diminue de l’anneau ombilical aux pubis, où, par le rapprochement des muscles, elle se transforme en une cloison antéro-postérieure, sur les faces latérales de laquelle s’insérent les muscles pyramidaux. Inférieurement elle s'attache de chaque côté sur les pubis par une expansion triangulaire. 4° Vaisseaux sanguins. Les artères et veines sous-cutanées sont fournies par les inguino-abdominales ou tégumentaires et par les honteuses externes ; les artères et veines profondes sont les épigastriques, qui montent verticalement derrière le muscle sterno-pubien dans sa gaîne. 5° Les nerfs proviennent des branches antérieures des lombaires.

À cette portion de la paroi abdominale correspondent, en arrière, dans les deux sexes, l’intestin grêle, le grand épiploon, et le sommet de la vessie, qui, dans un état de distension exagérée, peut remonter jusqu’au voisinage de l’ombilic; chez la femme, à cette paroi correspond aussi médiatement l'utérus.

La région hypogastrique est le siége de la cystotomie sus-pubienne. Il n’est pas rare, après les fortes distensions abdominales, que la ligne blanche, malgré son étroitesse normale, ne vienne à s’élargir et à s’érailler, en donnant lieu à des hernies ventrales formées dans certains cas par l’intestin et l’épiploon, ou même par la vessie ou l'utérus. (Rousset, Ruysch.)

RÉGION INGUINO-ABDOMINALE :.

Situation, configuration, délimitation. Située de chaque côté de la précédente, sa forme est celle d’un triangle qui a pour base la ligne sous-ombilicale, et dont les lignes concaves des côtés sont formées en dedans par le sillon du bord externe du muscle sterno-pubien, et en dehors par le pli inguinal correspondant profondément au ligament de Poupart. Toutefois, en raison de son importance, nous considérerons plus loin le pli inguinal en lui-même comme une région particulière.

PARTIES CONSTITUANTES. 1° Peau. Lisse et fine, garnie de follicules sébacés au voisinage de laine et du pubis, couverte de quelques poils dans l’homme, elle est généralement glabre dans la femme, coupée de rides transversales et de vergetures chez celle qui a eu des enfants. 2° Couche sous-cutanée. Ses caractères sont les mêmes et encore plus prononcés qu’à la région précédente. Le pannicule adipeux y est très-abondant, et le fascia superficialis, à partir de l’ombilic, augmente graduellement d'épaisseur jusque vers le pli inguinal. 3° Couche musculaire. On y trouve d’arrière en avant : (a) l’aponévrose du grand oblique, disposée par bandelettes concaves, qui s'étendent des fibres musculaires à la ligne blanche et aux pubis. Au-dessus du pli de laine, cette aponévrose forme l'enveloppe extérieure du canal inguinal, et inscrit auprès du pubis, par l’écartement de ses bandelettes, l’orifice nommé anneau inguinal externe, qui donne passage aux vaisseaux spermatiques. Nous ne reviendrons pas sur la description de l'anneau inguinal et de ses annexes, l'ayant donnée dans l’anatomie de communicaion. (b) Le second et le troisième plan sont formés par la partie inférieure du petit oblique et du transverse ; tous deux s'implantent en bas dans la gouttière du ligament de Poupart, et inscrivent par leur bord inférieur libre une arcade de passage au-dessus du canal inguinal. (c) Derrière la couche musculaire se présente le fascia transversalis, duplicature interne ascendante de l’aponévrose du grand oblique, doublée ellemême en dedans par le feuillet sous-péritonéal et le péritoine

1 Planche 1, n° 29; et planches #4, 7, 8.

Page 1