PARTIES GÉNITALES DANS L'HOMME
1° Pémis, Appendu au pubis par un ligament suspenseur, cet organe cylindroiïde, renflé à son extrémité libre, le gland, se présente au-devant et au-dessus du scrotum, et se prolonge en arrière au milieu de la région ano-périnéale. La peau en est fine, trés-extensible pour s'adapter à l’augmentation accidentelle de volume produite par l'érection, et mobile en raison du tissu cellulaire séreux très-lâche qui l’unit aux tissus sous-jacents, condition nécessitée par les usages du pénis, et qui rend raison de sa fréquente disposition à l’œdème. Le g/and et son enveloppe cutanée libre, le prépuce, forment une cavité muqueuse, avec un repli circulaire à l’étranglement de la couronne, garni d’un grand nombre de follicules qui secrètent un fluide sébacé très-abondant. Dans la couche sous-cutanée du pénis rampent de chaque côté les artères dorsales, la grande veine dorsale de la verge, de nombreux lymphatiques, et de longs rameaux du nerf honteux interne. Dans sa structure spéciale, cet organe se compose de deux enveloppes fibreuses cylindroïdes , juxtaposées, renfermant le tissu érectile aréolaire, dit corps caverneux. Ces deux cylindres sont séparés par une cloison fibreuse médiane, dont un prolongement inférieur sur le gland constitue le frein, environné par la membrane muqueuse. Entre les corps caverneux, à la face inférieure, est situé le canal de l’urèthre, conduit excréteur de l’urine, du sperme et de diverses mucosités, tapissé en dedans par une membrane muqueuse , doublé par une couche cellulofibreuse et un tissu spongieux qui prend en arrière une grande épaisseur, dans la portion nommée le bulbe de l'urèthre. La membrane fibreuse des corps caverneux est trèsdense, quoique extensible. Les vaisseaux de cette partie sont les branches profondes, dites caverneuses , de l’artère et de la veine honteuses internes, en sorte que l’appareil vasculaire de la verge se compose de deux plans: l’un superficiel, dont fait partie le tissu érectile du gland; l’autre profond, constitué par les vaisseaux propres du corps caverneux. Les lymphatiques superficiels se rendent dans les ganglions inguinaux, disposition anatomique qui est la cause des bubons dans les infections syphilitiques.
La verge est le siége assez fréquent de lésions traumatiques, toujours dangereuses en raison de sa texture vasculaire. Le canal de l’urèthre, outre les plaies, est souvent affecté de fistules toujours difficiles à guérir. Enfin, les inflammations de la membrane muqueuse du gland et surtout de celle de l’urèthre sont des plus communes ; la dernière, en particulier, donne lieu à de nombreuses opérations dans le cas de rétrécissement.
2° ScroTum. Le scrotum en lui-même n’est qu’un appendice ou sac cutané; mais il prend une importance considérable en physiologie et en chirurgie par les organes qu’il renferme, les testicules et leurs cordons, et par les maladies
graves qui s’y rencontrent, Voici de dehors en dedans l’ordre de superposition des couches : (a) Peau. Épaisse, de couleur brune, rétractile sous l'influence du froid et des excitants, froncée par des rides transversales, garnie de poils et de follicules sébacés. Le sac, formé par l'enveloppe commune, élargi en haut, à la sortie des cordons, est divisé inférieurement, sur le plan moyen, par un raphé, en deux prolongements latéraux remplis par les testicules. (b) Couche sous-cutanée. Formée par une membrane fibreuse à plusieurs feuillets superposés, le dartos, composé de deux sacs, un de chaque côté, accolés en dedans, où ils forment, par leur adossement, une cloison médiane d'isolement. Fixé en haut, au contour du pubis, et continu avec les enveloppes du cordon, on l’a considéré, en théorie, comme un prolongement du fascia superficialis refoulé en bas au-devant du testicule, à l'époque de la descente de cet organe dans l’état fœtal. En arrière, ilse confond, sans démarcation bien sensible, avec l’aponévrose superficielle du périnée, La couche de tissu cellulaire séreux qui unit les dartos au scrotum est le siége de nombreuses collections, l’æœdème des bourses, les abcès, et ces graves infiltrations urineuses si promptement suivies de gangrène. (c) Tunique fibreuse, Fixée au pourtour de l'anneau inguinal externe, elle constitue une enveloppe cylindroïde propre au cordon; c’est elle qui, dans les hernies anciennes, en augmentant beaucoup d'épaisseur, présente à l’incision une superposition de feuillets, qui souvent cause de l'hésitation au chirurgien incertain de la profondeur à laquelle il est parvenu. (d) Tunique musculeuse. Elle est formée par l'épanouissement du crémaster, constituant la couche musculeuse, dite tunique érythroiïde, dont l'épaisseur, qui augmente aussi dans les hernies, a fait supposer à tort à quelques chirurgiens la possibilité d’une réduction spontanée par simple contraction musculaire, (e) Tunique fibro-celluleuse. Enveloppe spéciale du cordon et du testicule, ce n’est qu’en théorie qu’on a pu la considérer comme un prolongement du fascia transversalis ou du feuillet fibreux sous-péritonéal. Dans les sujets gras, cette membrane offre parfois à sa surface une légère couche graisseuse, dont l'accumulation dans les cas de hernie peut embarrasser l’opérateur, en masquant l'aspect des tissus, C’est aussi dans cette couche que se développent les poches de tissu séreux accidentel simples, multiloculaires ou en chapelet, qui constituent l’hydropisie enkystée du cordon. (f) Membrane séreuse testiculaire où tunique vaginale. Prolongement du péritoine dans le fœtus, elle constitue, dans l’adulte, un petit sac sans ouverture, isolé, avec un feuillet pariétal qui double l’enveloppe fibro-musculaire, et un feuillet viscéral qui environne le testicule, excepté dans la portion de l’organe correspondant à l’entrée ou à la sortie des vaisseaux. Dans l'adulte, la tunique vaginale se prolonge souvent jusqu’à l'anneau inguinal par un petit ruban fibro-celluleux qui n’est que le vestige du prolongement péritonéal oblitéré. Dans des cas rares, la persistance du cordon péritonéal, entrainant la libre communication avec l'abdomen, est la cause de l’hydrocèle et de la hernie dites congéniales. Dans l’état normal, la séreuse testiculaire est le siége de différentes variétés d’hydrocèle proprement dite. f'aisseaux et nerfs des enveloppes testiculaires. Les vaisseaux sanguins rampent dans la couche sous-cutanée, épanouis en nombreuses ramifications à la surface du dartos; il est de précepte de les lier immédiatement après leur section dans les opérations, vu leur rétractilité, qui peut donner lieu à des hémorrhagies consécutives. Les artères et les veines sont fournies par les honteuses internes et les honteuses externes des fémorales, Les veines, en particulier, deviennent fréquemment variqueuses ; les lymphatiques se rendent dans les ganglions inguinaux. Les
nerfs sont fournis superficiellement par le honteux interne, et profondément par les derniers filets de l’iléo-scrotal.
3° Tesricuce. Organe essentiel de la fécondation, dont les parties que nous venons d’énumérer ne sont que les enveloppes protectrices, le testicule, suspendu à son cordon, remplit la double cavité des dartos. Pourvu d’une enveloppe fibreuse spéciale, épaisse et trés-résistante, /a tunique albuginée, il se compose, dans sa texture, d’une masse de canaux séminifères soutenus par des cloisons fibreuses, et présente latéralement une saillie formée par ses vaisseaux sanguins et son canal excréteur. Le cordon des vaisseaux spermatiques se compose de la juxtaposition des différents canaux, l'artère, les veines nombreuses dont la dilatation donne lieu au varicocèle, les nerfs dont le génito-crural, l’iléo-scrotal et un filet du grand sympathique, et enfin le conduit excréteur ou canal déférent, les uns et les autres réunis par un tissu cellulaire délié sous l'enveloppe propre du cordon,
Le testicule est le siége de nombreuses maladies, dont la plus commune est le sarcocèle, Le cordon, outre les affections de ses vaisseaux ou de ses enveloppes, est en quelque sorte, par son trajet au travers de la paroi abdominale, l'organe conducteur de la hernie inguinale.
Dans la femme, les parties génitales externes, par leur situation plus en arrière, appartiennent plus particulièrement à la région ano-périnéale : c'est à l’occasion de celle-ci qu’il en sera fait mention.
RÉGION ANO-PÉRINÉALE:.
Situation, configuration, délimitation, Située à la partie inférieure du bassin, elle ferme en bas la grande cavité abdomino-pelvienne, et constitue un plancher mobile et rétractile, sorte de diaphragme inférieur composé d’un grand nombre de parties molles, superposées et variables de direction, pour s’adapter à la forme des orifices cutanés qui le traversent, l’orifice anal dans les deux sexes, et, en outre, celui du vagin, auquel s’adjoint le méat urinaire ou l’orifice uréthral dans la femme. Dans sa disposition générale, le périnée présente d’avant en arrière une forme rhomboïdale, limitée dans le triangle antérieur par l’arcade des pubis, les branches descendantes de ces os et les deux tubérosités des ischions; dans le triangle postérieur par les deux ligaments sacro-sciatiques, étendus de l’épine et de la tubérosité sciatiques au sacrum, par ce dernier os et le coccyx. Dans ce contour ostéo-fibreux, qui représente à la fois les limites périphériques du périnée et la circonférence du détroit inférieur du bassin, le triangle antérieur, entièrement osseux, échancré en haut et en avant par l’arcade des pubis, descend très-bas latéralement par les deux tubérosités sciatiques, et ne présente de dilatation possible dans la femme que par l’écartement de la symphyse pubienne, soit par ramollissement, soit par une incision, Le triangle postérieur ne forme de saillie que sur le milieu, par le coccyx; il descend moins bas latéralement, et est susceptible de dilatation par le déjettement des ligaments sacro-sciatiques.
Dans l'aire rhomboïdale du périnée s’accomplissent, par les orifices cutanés médians, les fonctions qui ont pour objet l’expulsion des corps étrangers de dedans au dehors, les féces par le rectnm, l'urine par le canal de l’urèthre, et, dans la femme, le fœtus par le vagin. C’est également par cet espace que la chirurgie se fraÿe un trajet de dehors en dedans pour pénétrer
1 Planche 3.
au milieu de la cavité du bassin dans une foule d’opérations, dont les principales ont pour objet l'extraction des calculs de la vessie, et surtout les manœuvres qui doivent faciliter l’accouchement. Ainsi, l’espace à travers lequel doit opérer le chirurgien, compris, pour les surfaces osseuses, entre des diamétres dont la moyenne est de quatre pouces, est déjà singulièrement rétréci par la présence des parties molles et l’augmentation d'épaisseur résultant des écartements nécessaires ; mais, en outre, les manœuvres chirurgicales sont hérissées de trèsgrandes difficultés par l’intrication et le grand nombre des pare ties qu’il faut ménager, et par l'impossibilité d’éviter la lésion de certains vaisseaux, dont la rétraction au milieu des chairs, abondamment garnies d’anastomoses et sans point d'appui, donne lieu à des hémorrhagies d’autant plus redoutables, qu’elles fournissent beaucoup de sang, et qu’il est souvent très-difficile d’en arrêter l’écoulement.
PARTIES CONSTITUANTES. D’après l'idée générale que nous avons donnée du périnée figurant une sorte de diaphragme inférieur, on conçoit qu'il forme une cloison horizontale, légèrement oblique d’arrière en avant et de bas en haut, tendue entre les quatre bords adjacents du contour inférieur du bassin. Situé sur le plan moyen, il se compose de deux moitiés symétriques, formées chacune de plusieurs plans de muscles, séparés par des cloisons aponévrotiques, les uns et les autres fixés en dehors, de chaque côté, sur la demi-ceinture ostéofibreuse, et confondus en dedans par l’entrecroisement de leurs fibres en un raphé médian mi-partie fibreux et aponévrotique, interrompu par des muscles impairs circulaires ou ellipsoides, les sphincters de l’anus et du vagin. Dans le sillon qui longe le contour ostéo-fibreux rampent les gros vaisseaux et les nerfs dont les nombreuses ramifications croisent le plan moyen par des anastomoses multipliées.