‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 406 sur 470 · TOME VI. PLANCHES 59 ET · texte numérisé non relu

TOME VI. PLANCHES 59 ET

RÉSECTIONS.

ADULTE, DEMI-NATURE

RÉSECTION DE L’ARTICULATION TIBIO-TARSIENNE (côté droit).

Dans cette opération, la chirurgie a eu pour objet d’extraire à volonté, suivant le besoin, soit l’extrémité inférieure isolée dutibia et du péroné, soit celle de ces deux os, séparément ou coïncidemment avec la résection de la partie supérieure de l’astragale. Indépendamment des difficultés et du danger communs à toutes les résections, les mauvais résultats que donnent, même en cas de guérison, celles du membre abdominal en général, principalement pour l'articulation tibio-tarsienne, ont engagé la plupart des chirurgiens à leur préférer l’amputation. La résection isolée de l'extrémité tarsienne du péroné est peut-être la seule que l’on puisse pratiquer raisonnablement. Celle du tibia ne nous paraît pas supporter l'examen ; ce n’est donc que pour mémoire que nous l'avons fait figurer ici. a Ficure 1. A. ésection isolée de l'extrémité tarsienne du tibia. L'opération

est représentée à sa terminaison, lorsqu'on achève la luxation de l'os.

(a). Lambeau cutané rectangulaire rejeté en avant. (b). Section du corps du tibia.

(c). Tendons du jambier antérieur et du long extenseur bornant la

lèvre antérieure de la plaie.

(d). Tendons du long fléchisseur commun et du jambier postérieur qui bordent la lèvre postérieure,

Au fond de la plaie : (e). Portion de l'extrémité inférieure du

péroné.

(f). Muscle péronier antérieur.

(8). Muscle long fléchisseur propre du gros orteil.

(h). Veine saphène interne isolée au-devant de la plaie.

(i). Surface de l’astragale.

(k). Extrémité inférieure du tibia luxée,

(1). Bistouri qui achève la section des ligaments,

B. Extraction du premier os métatarsien.

(m). Lambeau cutané rectangulaire rejeté sur la face dorsale. (n). Tendon du long extenseur propre.

(o). Tendon du long fléchisseur propre.

(p)}. Muscle inter-osseux.

(q). Premier os cunéiforme.

(r). Cavité articulaire de la première phalange et des os sésamoïdes.

Au fond de la plaie se voient les vaisseaux inter-osseux. (s). Premier os métatarsien que l’on extrait de la plaie. FiGures 2 et 3. Résection de l'extrémuté tarsienne du péroné, L'opération est représentée : dans la figure 2, au moment où l’on pratique la secj ie de l'os, et dans la figure 3, lorsqu'on achève la désarticulation de (a). Lambeau cutané.

(b). Tendon des deux péroniers.

+ (ce). Bande passée sous l’os pour préserver les chairs. (d). Scie à chaine.

(e). Extrémité de l’os dont on pratique la résection. (f). Surface malléolaire de l’astragale. Au-dessus de.cet os se voit la petite facette articulaire péronienne du tibia. (8). Bistouri qui achève la section des ligaments.

RÉSECTION EN MASSE DE L’ARTICULATION TIBIO-TARSIENNE. (Procédé de M. Moreau.)

Cette opération, qui réunit les deux précédentes, se compose de la section et de l'extraction successive des deux extrémités articulaires des deux os de la jambe et au besoin de celle de l’astragale. L’extrème difficulté de cette opération et qui ne saurait être reproduite par le dessin, consiste dans l'isolement des deux os pour leur extraction partielle, l’opération en masse ne pouvant être pratiquée qu’autant qu’ou n’enlève qu’une portion restreinte des extrémités articulaires. Dans la figure, l’opération est supposée au moment de sa terminaison, Le membre est vu de trois quarts par son côté interne.

(a). Lambeau cutané.

(b). Faisceau des tendons antérieurs, extenseurs des orteils et jambier antérieur, renfermant les vaisseaux et nerfs tibiaux.

(c). Faisceau postérieur. Il renferme les tendons et les muscles fléchisseurs des orteils, péroniers, jambier postérieur et le tendon d’Achille, outre les vaisseaux tibiaux postérieurs avec leur nerf, et les vaisseaux péroniers.

(d). Surface de section du tibia et du péroné,

(e). Surface articulaire, dont on peut au besoin pratiquer la résection avec l’ostéotome de M. Heine.

Nous avons réuni dans cette planche deux applications au poignet et au coude-pied de notre procédé de résection entre les chairs.

RÉSECTION COMPLÈTE DE L'ARTICULATION RADIO-CARPIENNE. (Procédé de l'auteur.)

L’extrème gravité de cette résection, comme de celle de articulation tibio-tarsienne , par les anciens procédés, ayant principalement pour causes l’isolement des tendons, la dissection et la dilacération des parties molles, des vaisseaux et des nerfs, et leur exposition à l'air dans une grande étendue, l’objet de ce nouveau procédé est de pratiquer immédiatement, par deux traits de scie, la résection des extrémités cariées en plein air, au milieu des parties molles, les os étant préalablement isolés des chairs, au moyen de deux incisions latérales longitudinales.

Dans cette manière d'opérer, les parties molles sont séparées en deux masses, antérieure et postérieure, où les divers organes, intacts, sont laissés dans leurs rapports. On n’a intéressé que les gaines inévitables des tendons, qui ont leurs gouttières de glissement sur les os.

Il est évident que par ce procédé on peut, suivant le besoin, enlever soit l’articulation entière, affectée de carie sur les deux surfaces, ou seulement l'extrémité carpienne des os de l’avant-bras,

FIGURE 1. /ésection de l'articulation radio-carpienne. Les chairs étant écartées du trajet de la scie, un premier trait a séparé la première rangée des os du carpe. L'opération est représentée au moment où, par un second trait de scie, on sépare d’un seul coup l'extrémité carpienne des os de l’avant-bras. |

A. Anse formée par une bande qui soulève et détache en masse toutes les parties molles de la région antérieure.

B. Anse postérieure qui écarte et isole également les parties molles en ce sens.

C. Scie à chaîne occupée à pratiquer la résection des os de l’avantbras.

FiGure 2. Vue de l'opération après l'extraction au travers de la plaie de l'articulation radio-curpienne en totalité et non ouverte.

FIGURE 3. Æéunion des parties après la section opérée. L'opération, au pan-

sement, ne présente que deux incisions, faciles à réunir, et dont l’aspect est celui des plaies d’un séton.

FIGURE 2 bis. Fragments des os enlevés. Ils se composent des extrémités articulaires du radius et du cubitus, et de la première rangée du carpe.

RÉSECTION COMPLÈTE DE L'ARTICULATION TIBIO-TARSIENNE (côté gauche).

(Procédé de l’auteur.) FIGURE 4. Aésection de l'extrémité tibio-péronienne.

Le membre étant couché sur sa face postérieure, le pied contenu par les deux mains d’un aide, dont on n’a figuré que celle qui maintient le talon, une incision longitudinale, pratiquée de chaque côté, le long de la partie moyenne du tibia et du péroné, a permis d'isoler la surface de l'articulation, et de glisser, sous chaque masse antérieure et postérieure, une bande ployée en double et enduite de cérat, qui écarte les parties molles et les préserve de l’action de la scie. Le chirurgien étant placé en regard de la face externe du membre, abaisse de sa main gauche, D, les deux bouts de la bande postérieure, tandis que la bande antérieure est soulevée par la main du même côté d’un aide de face, E : tous deux sont occupés de la main droite à faire agir du haut en bas la scie à chaine, F, qui opère d’un seul trait la section du péroné et du tibia.

Les seules parties en vue sont les tendons péroniers, G.

FIGURE 5. Aésection de l'astragale. Le membre, dans la mème situation, est vu par sa face interne.

E. Bande de la masse charnue antérieure. — D, bande contentive de la masse charnue postérieure. — F, scie à chaîne occupée à pratiquer, d’arrière en avant, ou, quant à la position, de bas en haut, la résection de l’extrémité articulaire de l’astragale. La section est plus commode à pratiquer de cette manière, mais peut néanmoins s’opérer en sens inverse. — H, plan de section de l'extrémité inférieure des os de la jambe. Sur le tibia rampe la veine saphène interne (1), écartée en avant.

FIGURE 6. Æéunion. Comme pour l'opération radio-carpienne, l’aspect des parties est celui des deux plaies d’un séton,

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